Boislisle, op. cit., p
4. «Vous entendes bien que je l'entens au cas que le Roy totalement « seroit délibéré de le [René de Lorraine] favoriser et qu'il ne voul- « droit entendre à ce quej'ayescrit. Je tiendrai la main à dissimulation « jusques à la venue de Monsieur de Faucon » (Arch. nat., K, 73, n° 2 ; lettre de Balue à Etienne de Vesc, 21 oct. 1489).
qui se traitait, et d'un autre, il répétait à qui voulait l'entendre que Charles VIII allait venir en Italie : il favorisait la paix et prêchait la guerre. « Quel singulier caractère que « ce Balue ! » écrivait l'ambassadeur florentin à son maître ; (c à l'un il déclare qu'il soutient les droits de René, et il parle « à un autre du grand désir qu'il a de voir réussir l'œuvre (( de paix^ »
La politique du cardinal d'Angers était cependant fort habile ; s'il paraissait partisan de la paix, c'est que « ce seroit « grant reputacion au Roy si par sa main le dict accord se « fasoit^ » ; mais comme il ignore les projets de Charles VIII et qu'il désire en secret son arrivée en Italie, il ne s'avance pas, parle tout haut de la guerre et annonce à Etienne de Vesc qu'il tiendra « la main a dissimulation jusqu'à ce que « Monsieur de Faucon soit arrivé porteur d'instructions force melles^ ».
Durant ces événements, Clérieux, après avoir cru au succès de sa négociation, en vit bientôt le résultat compromis. Laurent de Médicis tira profit de cet échec et, croyant enlever tout prétexte à une intervention française, il proposa de servir à son tour d'intermédiaire entre le Pape et Ferdinand ; Innocent, le roi de Naples et Clérieux lui-même y consentirent.
Mais, comme on l'a vu, la France avait en Italie d'autres intérêts. L'ambassadeur, qui retournait auprès de Charles VIII, fut chargé de les défendre. Après avoir entendu les recommandations de Balue, il s'arrêta à Milan, se plaignit du traitement infligé à Bonne par Ludovic le More, et des retards apportés aune entente définitive au sujet de Gênes. « Charles, « disait le Pape, cherche une occasion pour entrer dans (( notre pays. » Ce brusque revirement semblait bien l'indiquer en efi'et, et l'influence française triomphait de nouveau à la cour pontificale.
Telle était la situation lorsque Faucon arriva à Milan ; (( cerveau remuant, fait à l'image de Balue, auquel il est