‹ Jean Balue, cardinal d'Angers (1421?-1491)Chapitre 147 sur 187 · Cf. Chabannes, op. cit., t. II, p · texte numérisé non relu

Cf. Chabannes, op. cit., t. II, p

2. Bibl. Nat., fs. fr., 4487, passim; et Coll. Dupuy, vol. 177, fol. 280- 285, pièce justif. XVII.

3. Nous n'avons pu retrouver cette pièce, analysée dans le catalogue sur fiches de la Bibliothèque Nationale, et munie d'une cote fausse.

Louis XI avait disposé du prieuré de Saint-Eloi et déclaré les autres bénéfices vacants ; aussi, chacun essaya d'en avoir sa part. Le prieur de Saint-Marcel demandait l'abbaye de Saint-Jean-d'Angely (Bibl. Nat., Coll. Le Grand, fs. fr. ms. 6976, fol. 199), tandis qu'Olry de Blamont réclamait l'évêché de Verdun. Le roi proposa ses candidats, mais le Pape refusa de les confirmer dans leur possession. Sixte IV consentit, seulement le 26 janvier 1476, à concéder l'abbaye de Fécamp à l'archevêque de Çéville, cardinal de Saint-Georges, Pedro Gonzalez de Mendoza; (cf. Morel-Fatio, Etudes sur l'Espagne, l»"* série, Paris, 1888, in-12, p. 111, note) à qui il en confia l'administration « ne monasterium illud « insigne ob defectum administrationis iabefactetur » mais à la condition expresse de le restituer à Balue, aussitôt que celui-ci recouvrera la liberté : « ea tamen ratione ut quamprimum Johannes, cardinalis « Andegavensis erit in sua potestate ac libertate constitutus, ipso facto « administratio... cesset, revertaturque monasterium ad praefatum « Johannem Andegavensem, ut illud habeat et possideat sicut prius. » (Martène, Amplissima Colledio, t. II, col. 1524 b.) V. également Gallia, t. Xî, col. 213 et Mémorial historico, t. VI. p. 2337. Nous trouvons, en effet, deux lettres royaux de Charles VIII des 4 novembre 1483 et 24 août 1484 qui ordonnent de ne pas inquiéter Balue dans la possession des abbayes de la Sainte-Trinité de Fécamp et de Saint-Ouen de Rouen, bien qu'il n'ait pas encore prêté le serment de féauté (Arch. Nat., P. 2632, cote Vc xiv et P. 264 2, cote MXII). Le 10 juin 1485, le cardinal d'Angers « bailla son aveu et dénombrement », comme « administrateur

paraît pas s'être occupé de cette question jusqu'à 1484, année où Baluc se trouva en France comme légat.

Anne de Beaujeu, sans doute pour s'attacher le cardinal, résolut de lui rendre ce qu'il possédait avant son arrestation. Aussi, le 9 mai, Charles VIII demandait-il à la Chambre des Comptes « les extraictz clos et scellez de la recepte et (( despence des biens de M. le cardinal, évesque d'Angiers* ».

L'affaire parut des plus compliquées aux gens des comptes. Où retrouver, en effet, cette fortune? Une partie, le roi l'a (( prins a son prouffit et mis en sa bourse, tellement que l'on « ne la pourroit demander que a luy parce qu'elle a esté « receue par ses receveurs généraulx ». L'autre partie « a été « baillée et délivrée a aucuns et par manière de dons, en « paiement de véages, et es aultres pour recompense d'aucuns « services qu'ils disoient avoir fait audict seigneur ». Et ici encore, c'est le roi qui devra payer, car ces dons, on ne les a pas faits à titre gracieux, mais comme paiement d'une dette « cum causa, et non in anima liberali — sur quoy semble « de bon équité que le Roy doit et soit tenu de tous lesdictz (( deniers ». En un mot, remettre les comptes au cardinal serait nuire aux finances royales, « parare arma contra (( regem. » 11 faudrait mieux que Charles VIII passât « double « appoinctement avec Balue » ; on ne montrerait pas les comptes au cardinal, on transigerait. 11 y avait un moyen, toutefois, de décharger la conscience du feu roi, au meilleur marché possible : les biens que Louis XI « a prins a son

« perpétuel de l'abbaye Saincte-Trinité de Fescamp, ou bailliage de « Caux )) (Arch. Nat., P. 284 2 cote vP^ xiv). Enfin, le 24 août 1484, Balue avait prêté serment à Charles VIII « à raison de la temporalité de l'abbaye de Saint-Thierry de Reims «(Arch. Nat., P. 725, cote vni^'^).

1. « Nostre Souverain Seigneur, Nous nous recommandons très « humblement à vostre bonne grâce, et vous plaise sçavoir, nostre « Souverain Seigneur, que en ensuivant ce qu'il vous 'a pieu nous « escripre et mander par vos lectres closes données a Bray-sur-Seine « le ix^ jour de ce moys, nous vous envoions par iM'^ Lienard Baronnat, « maistre de vos comptes, porteur de cestes, les extraitz cloz et sellez « de la recepte et despense des biens de Monsieur le Cardinal évesque « d'Angiers ; et luy avons chargié de vous dire et remonstrer sur ce « aucunes choses pour en ordonner au surplus à vostre bon plaisir, « prians le benoist filz de Dieu qu'il vous doint, nostre Souverain Sei- « gneur, très bonne vie et longue. — Escript à Paris le xxni^ jour de « may [1484] » (Bibl. Nat., Coll. Dupuy, vol. 762, fol. 279, copie xv« siècle).

prouffit » feraient l'objet d'un accord entre les parties intéressées. Quant aux autres, ils sont aux mains de vingt ou trente personnes : qu'on autorise le cardinal à en poursuivre la restitution ; il ne manquera pas de bonnes raisons, car ces deniers ont été a mal prins par les prenans quod bona sunt (( ecclesiastica ». Les possesseurs actuels devront donc les rendre, et n'auront aucun recours contre le roi « cum de « rigore donator non teneatur de evectione rei donate* )>.

Cet avis fut partagé par M. de Beaujeu et le chancelier, aussi les choses traînèrent-elles en longueur.

Charles VIII écrivit de nouveau, et cette fois les gens des comptes durent obéir ; ils envoyèrent Léonard Baronnat, maître des comptes, d'abord à M. de Beaujeu, puis au roi'\

Les conseils de la Chambre furent écoutés et le 24 août il était décidé, en conseil, que M^ Antoine Charbonnier, notaire et secrétaire du roi, ferait une expédition des requêtes du cardinal. Cette expédition, que Jean Mesme signa le 2 octobre suivant, avait pour but de « contraindre ceulx (( qui ont eu les biens de M. le cardinal d'Angiers à les lui « rendre* ». Et le « double appoinctement » fut enfin décidé le 4 novembre : « A esté conclud qu'il [Balue] sera appoincté (( par chacun an sur lesdites finances d'ici à cinq ans, de la (( somme de iiii'" 1. tourn. qui monte pour lesdites cinq a années à la somme de xx™ 1. tourn.

« Item, que du surplus de ses dits biens, et pour le recou- « vrement d'iceux, il aura son action sur les autres déten- « teurs qui ont eu les dits biens ^ »

Les lettres patentes de Charles YIII furent signées le 7 novembre 1484 ^ Nous n'avons rien trouvé sur les procès

1. Bibl. Nat., Coll. Dupuy, vol. 762, fol. 286, Mémoire de maislre Lienard Baronat. — Ce Léonard Baronnat, maître en la Chambre des Comptes, composa en 1491 un ménfioire sur le droit de Charles VIII aux royaumes de Naples, de Sicile et d'Aragon . imp. dans les Additions à V Histoire de Charles VIII, de Godefroy, p. 675.

2. Bibl. Nat., Coll. Dupuy, vol. 762, fol. 279; lettres envoyées au roi, à M. de Beaujeu et au Chancelier par les gens des Comptes, copie xve siècle.

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