V. - 1469, 8 MAI
a mectre ledit temporel en nostre main, les commissaires aussi qui cliascun jour vacquent et vacqueront au fait du dit procès, la despense d'iceulx delinquans et de ceulx qui en ont la garde, les messageries, voiaiges, commissions et vacquacions au fait desdiz procès ou autrement en quelque manière que ce soit. Et lesquelles tauxacions, ordonnances et appoinctemens, dont il apperra par les lectres et mandement d'iceulx noz commissaires ou les cinq, quatre, trois, ou deux d'iceulx, signez du seing manuel du greffier par nous ordonné ou fait desdiz procès et de ladicte commission. Nous voulons estre d'autel efTect et valleur et entièrement paiez par ledit Receveur général et autres a qui il sera mandé, tout ainsi et par la forme et manière que se nous de nostre certaine science les avions faictes et ordonnées sans ce qu'il soit besoing ausdiz Receveurs en avoir autre acquict de nous. Et par rapportant le videmus de cesdictes présentes signées de nostre main avec Icsdictes tauxacions, ordonnances ou appoinctemens, et les quictances des particuliers a qui les paiemens auront ainsi esté faiz. Nous voulons les sommes qui pour ce auront este paiées estre allouées es comptes desdiz Receveurs gênerai et particuliers, et rabatuz de leursdictes receptes par nos amez et feaulx gens de nos comptes ou autres qui seront commis a oyr et affiner lesdiz comptes et par tout ailleurs ou il appartiendra sans aucune difficulté. Et générallement de faire ordonner, appoincter et besongner touchant les choses dessusdictes et chascunes d'icelles, leurs circonstances et deppendances, tout ce qu'ilz verront estre a faire pour le bien desdictes matières. Lesquelles choses nous voulons estre d'autel effect et vertu comme se nousmesmes les avions faictes ; jaçoit ce qu'il y eust chose qui requist povoir ou mandement plus especial, non obstant quelsconques ordonnances, mandemens ou defFenses, opposicions ou appellations quelsconques pour lesquelles ne voulons estre aucunement difipéré. En tesmoing de ce, nous avons fait mectre nostre scel à cesdictes présentes. Donné au Montilz-lez- Tours le huictiesme jour de May l'an de grâce mil cccc soixante-neuf et de nostre règne le huictiesme. Ainsi signé soubz lereply: LOYS, et sur ledit reply: par le Roy, le marquis du Pont, l'admirai, le Sire du Lude, Messire Guillaume Cou-
sinot, chevalier, M^ Pierre Doriolle, général, et autres presens. — J. Desmoulins.
[Bibl. Nat., fs. fr. 4887, fol. 17-19, parch., xv^ s.].
1469, 13 mai. — Interrogatoire de Macé de Brée, sernteur du cardinal d'Angers.
Du xiii*^ jour de May cccclxix.
Maistre Macé de Brée, aagé de xxiiii ans ou environ, natif du Mayne, après serement par lui fait de dire vérité, dit, sur ce interrogué, qu'il ne s'est point meslé de la dexime, et que au regart de la taxe des diocèses, de la recepte des deniers et de la distribution d'iceulx, maistre Nicolle Guischart en a eu la principal chiarge soubz le cardinal d'Angiers, et ne scet point que autre de la maison s'en soit meslé que lui. Et que ledit Guischart aussi scet bien les autres qui ont eu chiarge, par diverses parties du Royaume, de recevoir ladite dexime, et que par lui on pourra plus scavoir desdites matières que par nul autre.
Dit aussi, sur ce interrogué, qu'il a bien oy dire a ceulz du diocèse d'Angiers qu'il y a eu tare touchant le fait de ladite dexime, mais quelle, il ne scet, ne s'il y a point d'autre tare es autres diocèses.
Dit, sur ce interrogué, que de l'argent que ledit cardinal rapporta du voiaige de Liège, quant ilz furent a Senlis, lui qui parle reprint les bouges pour les mectre en lieu seur, et que a son advis il n'y povoit point avoir plus de quatre a cinq mille escuz ; et du demourant ne saroit dire ce qu'il est devenu.
Interrogué quel argent donna monseigneur de Bourgoigne audit cardinal pour faire les appoinctemens du Roy et de lui, dit qu'il n'en scet riens, et qu'il ne s'est point trouvé tant que ledit monseigneur de Bourgoigne et ledit cardin|l ont esté ensemble sinon a une foiz qu'ilz estoient à Saint Gueslin.
Interrogué ou ledit cardinal tenoit ses biens, dit qu'il ne scet ou estoit son argent, mais il lui semble que la pluspart de ses biens estoit cheux Mesmin Boileaue, comme sa vaisselle et autres choses; et le surplus de son mesnage estoit en sa maison, en laquelle il avoit trois grans cofFres, ou il y avoit plusieurs sacs plains de lettres et plusieurs livres.
Interrogué quant il vint demourer avec ledit cardinal, dit que il y vint demourer lors que le cardinal estoit a Chartres au retour que le Roy fist de Normandie, mil cccclxv.
Interrogué quantes foiz, depuis ledit temps, ledit cardinal envoia en Bretaigne devers le duc et autres et quel chose il leur mandoit, dit qu'il ne scet. Bien est recors que au premier voyaige que ledit cardinal fist (en) en Bretaigne, ou estoit le feu admirai, quant vint au retour dudit voiage, estant le Roy a Mehun-sur-Loire et ledit cardinal aussi, pour lors evesque d'Evreux, ledit cardinal se trouva embroillé, et luy oyt lors dire ledit qui parle que ce avoit fait ledit admirai. Et adonc va dire ledit cardinal que ledit admirai, parlans ensemble madamoiselle de Villequier et icellui cardinal en l'ostel de l'evesque de Nantes près dudit lieu de Nantes, il avoit veu ledit feu admirai qui faisoit le serment au duc derrière une haye et le dist ledit cardinal a ladite damoiselle de Villequier, laquelle dist qu'il estoit vray. Mais qu'il sache autre chose de l'intelligence qui estoit entre ledit duc et ledit cardinal, dit qu'il n'en scet riens.
Interrogué quel autre voiage ledit cardinal fist devers ledit duc et qu'il y fist, dit que ledit cardinal y fist ung autre voiage; mais qu'il y fist, il ne scet, car il estoit tousjours dans la maison dudit duc et n'avoit avec lui que son chappellain; et que lui qui parle et les autres demouroient tousjours en son logeis h Nantes.
Interrogué s'il a point sceu que, estant le Roy a Estampes, a Chartres, a Meslay ou ailleurs en la Beausse, a Paris, au Mans, a Tours ou autre part, et ledit cardinal en sa compaignie, — icellui cardinal ait eu aucun messaige, lettres ou autres advertissemens du duc de quelque matière que ce soit, ou s'il a point envoie devers ledit duc ou aucunement mandé escript, ou fait savoir touchant les matières qui estoient entre le Roy et ledit duc, ou autrement — dit qu'il ne scet,
et qu'il n'a point eu de cognoissance d'aucune chose touchant les interrogatoires dessusdits, sinon que le Roy estant en ladite ville du Mans, ledit cardinal et le légat furent long temps en une chambre tous seulz ; et fut le jour que ledit légat partit pour aler en Bretaigne ; niaiz qu'ilz dirent, ne qu'ilz firent ensemble, ledit qui parle ne scet ; et n'a point eu cognoissance que ledit duc luy ait envoie aucuns messaiges ne ledit cardinal a luy.
Interrogué si ledit cardinal a riens escript ou fait savoir a nostre Saint Père au préjudice du Roy, dit qu'il n'en scet riens; et s'il lui a riens fait savoir par escript, il fault que maistre Lyenart ou maistre Paul en sachent parler, car c'estoient ceulz qui faisoient les lettres que ledit cardinal escripvoit a nostre dit Saint Père; et s'il y a eu autres advertissemens de bouche, il lui semble que maistre Pierre Durand, qui y a esté, ou maistre Jehan Potier qui est encores a Homme, les ont faiz.
Interrogué du voiage que ledit cardinal fist a Han, de celui que fist après a Lyons en Santers, et tiercement de celui que que ledit cardinal fist après a Peronne et quelle intelligence il V avoit entre mondit seigneur de Bourgoigne et ledit cardinal, et aussi entre ledit cardinal et les gens de mondit seigneur de Bourgogne, et qui meut ledit cardinal de conseiller que le Roy alast audit lieu de Peronne pour parler a mondit seigneur de Bourgogne, dit que riens n'en scet, et que, au regard de Han, il oyt dire a maistre Règne Tardif, qui estoit pour lors secrétaire et valet de chambre dudit cardinal, qu'il avoit veu unes lettres que le Roy escripvoit audit cardinal contenant en efFect : a Cardinals, n'empesche (( point la veue, car elle se fera » ; et entendoit ledit qui parle que se fust du Roy et de mondit seigneur de Bourgogne ; et n'a autre chose sceu de ce qui fut fait a Han quant ledit cardinal y estoit. Et au regard du voiage de Lyons en Xanters et de Peronne, dit qu'il n'y estoit point, et qu'il estoit demouré a Noyon pour entretenir mcssire Falco, et ne se trouva avec ledit cardinal en lieu ou ledit monseigneur de Bourgoigne et ledit cardinal assemblassent, sinon audit lieu de Saint Gueslin.
Interrogué se il scet point que ledit cardinal eut aucun
serement a mondit seigneur ne en quel lieu il le fist, dit que non.
Interrogué se il scet quelle chiarge ledit cardinal bailla a maistre Pierre Durand quant il l'envoia par devers mondit seigneur de Bourgoigne, ne quelle responce il eut sur ce, ne si ledit Durand porta aucunes lettres de créance a mondit seigneur de Bourgoigne de par ledit cardinal, ne quelle estoit la créance, — dit qu'il n'en scet riens fors qu'il oyt dire audit Durant a son retour et aussi a l'escollastre d'Arras que ledit Durand avoit dit du Roy des biens beaucoup, et autre chose n'en scet.
Interrogué qui c'est qui escripvit de devers le Roy audit cardinal que Navarrot avoit apporté au Roy le double de la lettre de créance que ledit cardinal a envoyée a mondit seigneur de Bourgoigne par ledit Durand et la créance que ledit Durand avoit dicté a mondit seigneur de Bourgoigne de par ledit cardinal, dit qu'il ne scet et que jamaiz n'en oyt parler; et que autre chose ne scet des choses dessusdites, sur ce diligemment interrogué et enquis.
[Bibl. Nat., Nouv. acq. fr. 1001, fol. 58 et h^,pap. XV* s.].
VI bis.
1469, 14 mai. — Second interrogatoire de Macé de Brée.
Du xiiii® jour de May ensuivant cccclxix.
Ledit maistre Mace de Brée retourna devers lesdits commissaires et leur dit que il avoit fort pensé aux interrogatoires qui lui avoient esté faiz le jour précèdent et que de toutes les choses dont lui souviendroit, qu'il estoit délibéré d'en advertir le Roy et lesdits commissaires et de dire et declerer au vray tout ce qu'il en savoit.
En ensuivant lesquelles choses, il dist ausdits commissaires en adjoustant a sa première depposition que estant ledit cardinal en ung lieu appelle Léon au voiage de Liège, iceluy cardinal dist a il qui parle qu'il meist hors des bouges ou avoient esté mis lesdits xv™ escuz pour départir a aticuns des