‹ Jean Balue, cardinal d'Angers (1421?-1491)Chapitre 160 sur 187 · VIL — 1469, 22 MAI · texte numérisé non relu

VIL — 1469, 22 MAI

gens de monseigneur de Bourgogne, la somme de mille escuz, Icsquelz mille escuz avec deux cens escuz que ledit cardinal print en sa boiste, icellui cardinal bailla a Jehan Le Breton, merchant de Paris, pour faire faire de la vaisselle dorée pour ledit cardinal, ainsi qui semble audit qui parle, et par ledit Jehan le Breton pourra l'en savoir ce qui en a esté faiz.

Dit aussi que estant ledit cardinal à Amboise derrenierement et aussi y estoient ceulz de l'ambaxade de Bourgoigne, un nommé maistre Jehan le Viste, demourant a Paris, estoit venu plusieurs fois parler audit cardinal ou soir bien tart, et quant il venoit, ledit cardinal Aùsoit vuider tous ses gens hors de sa chambre et demouroient eulz deux tous sculz et parloient aucunes foiz bien longuement ensemble et mesmes quant maistre Loys Luillier vint audit lieu d'Amboise et qu'il couchat avec ledit cardinal, pour ce que icellui cardinal n'osoit bonnement dire audit maistre Loys qu'il saillist hors de sa chambre et entroit en sa salle et en faisant partir tous ses gens et parloient ensemble bien longuement lesdits cardinal et le Viste, maiz qu'ils disoient ne de quelle manière ilz parloient, ledit qui parle ne scet.

[BibL Nat., Nouv. acq. fr. 1001, fol. 60, pap. xv^ s.].

1469, 22 mai. — Interrogatoire de Thierri des Armoises, serviteur de Guillaume de Harancourt, éçêque de Verdun.

Du XXII® jour de may mil cccclxix.

Theoderic des Armoises, natif de Lorraine, aagé de cinquante ans ou environ, servicteur de l'evesque de Verdun, a esté interrogué et répondu en la manière qui s'ensuit :

Premièrement, dit sur ce interrogué, qu'il a bien demouré avec ledit evesque de Verdun six ou sept ans, mais qu'il y a quatre ans qu'il ne l'avait veu, sinon en personne, et environ XV jours devant Pasques dernier passé, qu'il vint devers luy a Amboise.

Interrogué sur tous les autres [faicts] sur quoy a esté inter-

rogué Claude de Villiers, dit, en tant que touche Bretaigne, qu'il n'y a point esté, ne pareillement en Flandres, et, pour ce, ne sauroit parler de riens qui ait esté faict. Et au fait de Simon Bellée, il a bien sceu qu'il est prins, mais, qu'il alloit faire, il n'en scet riens, sinon qu'on dit qu'il portoit des lettres, et que lesdiz cardinal et evesque de Verdun ont esté arrestez, mais que jamais il sceut quelle chiarge ledit Bellée avoit de par lesdiz cardinal et evesque de Verdun, dit et affirme que non. Et lui avoient aucuns dit, quant il partit de Tours, que ledit Bellée alloit à Amboize pour faire les provisions dudit de Verdun, autres disoient qu'il estoit aie à Rome. Dit qu'il a bien veu lesdiz cardinal et de Verdun parler souvent ensemble, mais pour quoy ne de quoy ils parloient, ne dont est venu la connoissance ensemble, il ne scet.

Dit aussi qu'il a bien oy dire que ung nommé Laurent, escuier de cuisine de monseigneur de Guienne, est venu devers ledit de Verdun, mais il ne l'a point veu, et ne scet qu'il y est venu faire, ne quel depeschement il a eu.

Interrogué qui sont ceux des gens dudit Verdun esquelz icellui de Verdun se fioit et parloit le plus, — dit que c'estoit Loys de Chasdenay et maistre Jehan Merlin ; et, des autres interrogations, dit qu'il n'en scet autres choses que dessus est dict\

[Bibl. Nat., Coll. Legrand, fs. fr. 6976, fol. 71 v^, cop. xvii^ s.].

[1469], 22 mai. — Interrogatoire de Jean Pèrier, sernteiir de Guillaume de Harancourt.

Maistre Jehan Perier, natif d'Angers, aa^é de xxvii ans ou

environ, serviteur de l'evesque de Verdun, a esté interrogué par mesditz seigneurs, et respondu en la manière qui s'ensuit :

Et premièrement, dit, sur ce interrogué, qu'il vint demou-

1. Cette copie du xviF s. est fort mauvaise: nous avons dû en maint endroit rétablir le texte qui nous a paru le plus rationnel.

H. FoRGEOT. Jean Balue. 13

rer avec ledit de Verdun ou mois de febvrier dernier passé, et que, par avant, il demeuroit avec maistre Jehan de la Vignolle, lequel fut content de lui bailler.

Interrogué quelle congnoissance il y avoit entre le cardinal d'Angiers et ledit evesque de Verdun, — dit qu'ils conversoient bien souvent ensemble et qu'on disoit qu'ils jouoient bien souvent aux dez et aux cartes; mais, du surplus, rien n'en scet, et qu'il n'estoit pas encore si près de son maistre qu'il eust congnoissance de ses affaires, ne montoit en sa chambre, s'il ne l'appelloit.

Interrogué quelles lettres il a escriptes pour ledit de Verdun, — dit qu'il n'escripvit oncqucs lettres d'importance pour luy ; bien est recors qu'il a autrefois escript pour ledit de Verdun touchant l'evesque de Palmiers, et aussi au Roy de Sicile, en recommandation d'un sien chappelain qui demeure a Verdun, et autres lettres pour les affaires du Roy de Sicile; mais d'autres matières, touchant le fait du Roy, ne s'en est point meslé.

Interrogué quelles lettres il porta aux ambaxadeurs de monseigneur le duc de Bourgoigne, quant ils aloient en Bretaigne a Langes, — dit qu'il n'en a aucune porté ; mais il est bien vrai qu'il fut a Saint-Micliau-sur-Loire, y cuidant trouver mons. de Chastillon, auquel ledit de Verdun escripvoit, mais il ne le trouva pas ; et que, en s'en retournant, il trouva maistre Ymbert Toussaint, serviteur dudit de Verdun, qui portoit lettres a maistre Albert, serviteur du Roy, pour porter audit seigneur, afin qu'il lui pleust donner congié audit de Verdun, pour ce qu'on disait que maistre Robert Poictevin se mouroit.

Interrogué en quels des serviteurs dudit de Verdun icelluy de Verdun parloit et se fioit le plus, — il dit que, a son advis, c'estoient Claude de Villiers, Loys de Chasdenay et maistre Jehan Merlin ; et au regart de son barbier, et de Philippe, son valet de chambre, ils estoient en la chambre dudit de Verdun ; mais quelle accointance ils avoient avec luy, dit qu'il ne scet.

Interrogué s'il congnoissoit Simon Reliée, et quelle chiarge ledit Reliée avoit du cardinal d'Angiers et dudit de Verdun pour aler devers mondit seigneur de Bourgoigne, et quelle

accointance ledit Bellée avoit avec ledit de Verdun, — dit qu'il congnoist bien ledit Bellée, et qui se mesloit de faire les provisions dudit de Verdun et faisoit aucunes fois la despense en l'absence du maistre d'ostel, mais se il sceust que ledit Bellée eust autre accointance avec ledit de Verdun, dit qu'il ne scet ; et quant à la chiarge que ledit Bellée avoit pour aler devers mondit seigneur de Bourgoigne, et des causes pour quoy, dit que riens n'en scet, et qu'il n'estoit pas si avant de son conseil.

[Bibl. Nat., Coll. Legrand, fs. fr. 6976, fol. 72-73, cop. XYW s.].

Tours, 1469, 22 mai. — Interrogatoire d'Ymhert Toussaint, serviteur de Guillaume de Harancourt, éçécjue de Verdun.

Du XXII® jour de may lxix, à Tours, es présences de Monsieur de Montreul et maistre Guillaume Alegrin.

Maistre Ymbert Toussains, aagé de xxiiii ans ou environ, natif de Verdun, servicteur de l'evesque dudit lieu de Verdun, a esté interrogué, respondit en la manière qui s'ensuit:

Premièrement, dit sur ce interrogué qu'il y a deux ans et demy que demoure avec ledit evesque de Verdun, et y fut mis par le moien de frère Jacques de Varennes, cordelier, chappelain dudit evesque, oncle dudit qui parle ; et a tousjours servi ledit de Verdun de faire sa deppense, et d'autre chose ne s'est meslé, ne a fait autres voiages pour luy ; ne scet aussi quels autres en ont faiz des gens dudit de Verdun ; et aussi n'a point sceu que aucuns des gens du Roy aient esté devers ledit de Verdun, lui estant en Bretaigne ; ne depuis que ledit de Verdun a esté en Bourgoigne et qu'il est retourné, n'a veu aucuns des gens de Monseigneur de Bourgoigne venir devers ledit de Verdun dont il soit recors, car, comme il dit, il n'y prenoit point garde.

Dit, sur ce interrogué, que ledit evesque de Verdun le envoia de Tours porter une cedulle toute ouverte a maistre Albert, secrétaire du duc de Millan, et lui dist qu'il trouveroit a

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