XV. — U69, RKSUME DE L'INTERROGATOIRE DE JEAN RALUE
Item, faignoit envoyer ledit Lastic devers mondit seigneur pour autre cause, et cuydoit le Roy qu'il fust ainsi, et soubz ceste couleur luy donna congié d'aller en Bretaigne ce qu'il n'eust pas fait.
Item, fault declerer la manière comment Simon Bellée a esté prins et la chose descouverte myraculeusement.
Au regart du fait de la decyme, nous v trouvons beaucoup de faultes.
Premièrement es taxes dont aucunes ne sont pasvrayes, les autres ont esté faictes a diverses foiz et creues et y a-on fait plusieurs opérations indeus et plusieurs abbuz, qui ne viennent point au proffit de nostre sainct père, et sont a la grant charge du clergé;
Secondement, il y a tant de non valloirs, de recommandes, de remissions et suspensions que merveilles ;
Pareillement les collecteurs et subcollecteurs font de grans demandes pour voyaiges ;
Il V a aussi de l'argent plus largement receu beaucoup que ce qui a esté baillé a nostre sainct père ou a ses gens et depputez, surquoy ledit cardinal dit avoir fait plusieurs despences, dont d'une grant part il n'est resté. Et ne vouldroit pour le Rov que nostre sainct père y fust deceu, mais vouldroit que la manière fust bien esclercye et clarifyée au profïit de nostre dit sainct père. Et que aussi les abbuz fussent corrigés et pugnis, ainsi que la matière le requiert; et que en tout fut procédé par bonne raison, et que l'argent fust employé ainsi que la bulle le porte. Car de la part du Roy n'a esté fait, ne ne vouldroit souffrir estre fait chose préjudiciable a nostre dit sainct père. Et au regard de la provision qu'il a donnée touchant ceste matière depuis l'empeschement du cardinal, ce n'a esté que pour la conservation de nostre sainct père et du sainct siège appostolique et affin que les deniers ne fussent degastez et qu'ils tombassent en autres mains et usaiges que en ceulx pourquoy ilz ont esté ordonnez par la bulle : a quoy le Roy liberallement s'est consenti, ainsi que raison est et que la chose luy touche de si près et de tout son royaume.
[Bibl. Nat., Nouv. acq. fv. 1001, fol. 52 et 53, paip. XY^ s.].