Chronique Scandaleuse, édit. Mandrot, t. I, p
2. Balue au roi (Bibl. xNat., fs. fr. 20428, fol. 59 ; orig. papier).
3. Balue au chancelier Pierre de Morvilliers (Arch. Nat., J. 1020). PubUé par Quicherat, Doc. hist. inêd., t. II, p. 238, et analysé dans le Musée des Archives Nationales, p. 275.
4. Balue à Pierre de Morvilliers, Paris [1465J, juin 7. Cette lettre a été imprimée par Lenglet, dans les preuves de son édition de Commines, t. II, p. 476.
chaque nuit on faisait le guet « de minuit jusques au jour « apparent ». Le 2 juillet, ce fut même Balue, tout évêque qu'il était, qui s'en chargea ; il « fîst le guet de nuit parmy « ladicte ville, et menaavecques lui lacompaigniedudit Joa- « chin avec clerons, trompetes et autres instrumens sonnans (( par les rues et sur les murs, qui n'estoit pas acoustumé (( de faire à gens de guet* ».
Trois jours après, le comte de Charolais était à Saint- Denis, attendant l'armée de Bretagne ; celle du roi arriva auparavant. Louis écrivit aussitôt à Rouault (13 juillet) que son intention était de combattre le lendemain et que (( ledit mareschal Rouault feroit bien de s'y trouver ». Le maréchal demanda à Balue et à Melun ce qu'il devait faire. Notre évêque « fut d'opinion que ledit Joachim devait (( aller a toute sa compagnie au devant du roj » mais le lieutenant-général s'y opposa^
Melun trahit-il la cause royale en cette occasion ? Craignitil au contraire une attaque des Bourguignons contre Paris, si la ville était dégarnie de troupes ? Il est fort difficile de se prononcer ; il paraît cependant probable qu'il voulait se ménager les deux adversaires et ouvrir les portes de la capitale au vainqueur, quel qu'il fût. Il n'y en eut pas, on le sait; la bataille de Montlhéry resta indécise (14 juillet), mais Louis XI avait toutefois gagné la partie, puisqu'il n'était pas battu et que Paris lui restait.
Le roi cependant, n'étant pas secondé par Rouault, avait conçu des doutes sur la fidélité des Parisiens; aussi ne se décida-t-il à entrer dans la ville que quelques jours après (19 juillet). Il s'empressa d'accorder aux habitants de la capitale nombre de privilèges, abolit quelques impôts et destitua Charles de Melun. Louis était néanmoins inquiet; il craignait que, malgré ses belles protestations, Paris, où grondaient tant de sourds mécontentements, ne finît par l'abandonner. Aussi, confiant la ville au nouveau lieutenant, le comte d'Eu, il partit, quinze jours après le sacre de Balue, chercher des renforts en Normandie (20 août)'\