‹ Jean Balue, cardinal d'Angers (1421?-1491)Chapitre 82 sur 187 · Bibl. Nat., fs. lat. 5414 a, fol · texte numérisé non relu

Bibl. Nat., fs. lat. 5414 a, fol

2. Cloyes ou Cloyes-sur-Loir, chef-lieu de canton, arrond. Châteaudun, dép. d'Eure-et-Loir.

3. On lui amena Bellée ce samedi même {Interrogatoire de Simon Bellée, pièce justif. n^ III).

4. Bibl. Nat., fs. lat. 5414 a, fol. 218-238, et J. de Pavie, fol. 407-

La comparaison de ces deux textes absolument conformes quant au

Le 8 mai, Louis XI nomma huit commissaires pour instruire le procès des coupables \ C'étaient le sire de TrayneP, chancelier de France ; Jean d'Estouteville^ grand maître des arbalétriers ; Guillaume Cousinot* ; Jean le Boulanger ^ président en la cour du Parlement; Jean de la Drièche^ président de la Chambre des Comptes ; Pierre Doriole'', général des finances ; Guillaume AUegrin, conseiller au Parlement, et enfin le fameux prévôt des maréchaux, Tristan l'Hermite^

Le cardinal Balue ne paraît pas tout d'abord avoir été régulièrement examiné. Du Bouchage ^ envoyé près de lui par le roi, chercha à lui persuader « que liberallement il voul- « sist confesser les choses telles que elles estoient ». Le coupable espéra se sauver par un aveu. Le roi lui pardonnerait peut-être ; la veille encore, ne disait-on pas à la cour que « Louis faisoit plus pour luy que pour prince de son sang et

fond, rappelons-le ici, montre que les ambassadeurs durent remettre leur discours aux cardinaux et J. de Pavie l'a copié presque servilement. Cf. aussi : Interrogaloire de Bellée, pièce justif. n^ III.

1. Bibl. Nat., fs. fr. 4487, reproduit dans la Coll. Le Grand, fs. fr. 6976, fol. 103, pièce justif. n° V.

2. Guillaume Jouvenel des Ursins, baron de Traynel, né à Paris en 1400, nommé chancelier en 1445, destitué en 1461, rétabli en 1465, assista aux Etats de Tours en 1468, et mourut le 23 juin 1473 (le P. Anselme, t. VI, p. 401-2).

3. Jean d'Estouteville, seigneur de Torcy, grand maître des arbalétriers de France, conseiller et chambellan du roi, chevalier de l'ordre de Saint-Michel, prévôt de Paris, mourut très âgé le 11 septembre 1494 (le P. Anselme, t. VIII, p. 87).

4. Guillaume Cousinot, né vers 1400, conseiller du Dauphin depuis 1435 environ; les Etats généraux de 1484 sont le dernier événement important auquel il se trouva mêlé : il mourut vers 1485 (Valet de Viriville. Article CousIiNGT, dans la Nouvelle Biographie générale Didol).

5. Jean le Boulanger, conseiller au Parlement de Paris, président en 1456, membre de la Commission des Trente-six en 1465, pour régler les intérêts de Louis XI et du duc de Bourgogne, devint premier président en 1471. Outre le procès de Balue, auquel il prit part, il fut un des juges du connétable de Saint-Pol en 1475 et du duc de Nemours en 1477. Il mourut le 23 février 1481 (Vaesen, II, 120).

6. Sur Jean de la Drièche, cf. Vaesen, t. III, p. 392, note 2.

7. Pierre Doriole. né à la Rochelle, général des finances, maître des comptes (1456-1461), chancelier le 26 juin 1472, mêlé aux procès du connétable, de Balue, du duc de Nemours, fut destitué en 1483 et mourut le 14 septembre 1485 (le P. Anselme, VI, 411). Cf. également Fougère des Forts, Positions de thèses de l'Ecole des Chartes (189 i).

8. Tristan L'Hermite, chevalier, seigneur de Moulins et du Bouchot, conseiller et chambellan du roi, prévôt des maréchaux de France, eut un grand crédit auprès de Louis XL II vivait encore en 1475 (le P. Anselme, t. VIII, p. 132).

9. Ymbert de Batarnay, seigneur du Bouchage ; cf. sur ce personnage l'ouvrage de M. B. de Mandrot, p. 27.

H. FoRGEOT. Jean Balue. Q

82 CIlAPrrUE IV.

(( lignage^ » et, tout en travaillant à sa chute, ne reconnaissait-on pas que, jusqu'à Péronne, il était « un des premiers (c du palais, ami, familier et conseiller du roi, plein d'autorité (( et honoré de tous^ »; enfin, depuis la malencontreuse entrevue, si Louis l'avait traité avec froideur, il n'avait jamais osé l'abandonner complètement^; était-il donc téméraire d'espérer fléchir le prince en reconnaissant son crime? Il essaya, et cédant aux sollicitations d'Ymbert de Batarnay, il signa « ung (( certain écrit là où il confessoit » que l'original du mémoire envoyé au Téméraire était de sa main*.

Balue fut néanmoins interrogé par les commissaires ; il expliqua comment, mécontent de sa disgrâce, il s'était jeté dans l'intrigue ^ Son but était des plus simples et dévoile toute son ambition; il n'aspirait à rien moins qu'à gouverner le roi, le royaume et les princes. Pour y parvenir, il voulait, d'un côté, perpétuer le désaccord du roi et de son frère, et comme il en avertissait le Bourguignon « qu'il n'aima jamès », il devenait par là son conseiller, ou plutôt il lui imposait ses conseils; d'autre part, il devait regagner aussi la faveur de Louis, car celui-ci, effrayé, se rapprocherait du cardinal. En un mot, grâce à ses menées, maître du roi et du duc de Bourgogne, il commanderait à tout et recevrait des deux mains ^ On voit que Balue avait bien profité des leçons de son maître, puisqu'il appliquait sa maxime favorite: « Diviser pour régner. »

Guillaume de Harancourt ne déguisa rien non plus, et ses dépositions furent conformes à celles de Simon Beilée '.

Pendant les mois d'avril, mai et juin*, les commissaires procédèrent aux interrogatoires; de nombreux témoins, tous serviteurs des deux évêques, avaient été arrêtés : ils compa-

Page 1