‹ Jean Balue, cardinal d'Angers (1421?-1491)Chapitre 85 sur 187 · Bibl. Nat., fs. fr. 3884, fol. 240 v · texte numérisé non relu

Bibl. Nat., fs. fr. 3884, fol. 240 v

5. Pastor, op. cit., t. II, p. 354, trad. fr. t. IV, p. 98; Guettée, Histoire de VÈglise de France, t. VIII, p. 33.

6. M. Gaillard, au cours d'un article publié dans les Notices et Extraits des manuscrits de la Bibl. Nat. (t. IV, p. 191), est le seul qui ait fait cette distinction. L'historien Duclos a imprimé en grande partie le procès-verbal ei n'a pas conn\x\direlation. Tous les autres l'ont suivi ; quant à nous, nous remarquerons que la relation plus complète et rédigée presque exclusivement au point de vue qui nous occupe,

Cousinotet Le Franc quittèrent Tours, passèrent par Suse et Veillane\ où ils trouvèrent Falco de Sinibaldis, le 8 octobre 1469. Le lendemain, ils étaient à Turin, et y restaient deux jours ^; ils passèrent ensuite par les terres du marquis de Montferrat et du duc de Milan. Partout, à Asti, à Milan, à Bologne, à Florence, ils furent « grandement et lionnora- (( blement receus ».

Pendant ce voyage, on les prévint qu'ils faisaient une démarche inutile : « Le pape et les cardinaux », leur dit-on, (( sont décidés à ne pas les entendre, et, en outre, le parti « bourguignon, avec Ferri de Cluni à sa tête, est en force à « Rome. » Cousinot reçut aussi des avis tout opposés : « On (( m'affirmoit, écrit-il, que Paul II me feroit bonne chère et « bon recueil^ »

Les ambassadeurs continuèrent leur route. Non loin de Rome, ils rencontrèrent le président du Parlement de Dauphiné, venant au devant d'eux. Le lendemain, ils entraient dans la ville au milieu d'un brillant cortège envoyé par le Pape.

Pendant plusieurs jours, Paul II, malade, ne put les recevoir. Bientôt après, cependant, il leur donna audience en leur interdisant de porter leurs lettres, ni de parler de l'objet de leur mission; il voulait simplement s'enquérir du « bon estât (( et prospérité du roy ». Tout alla au mieux; ce fut en cette occasion que le Pape déclara, raconte le narrateur de l'ambassade en s'adressant à Louis XI, « que, pour les grans « biens et les grans honneurs qu'il avoit veuz et leuz, qui « estoient en laditte maison de France, et les grans services « qu'ils avoient fait a la foy et a l'Eglise, il avoit délibéré de « vous nommer tousjours très chrestien, et qu'il luy sembloit « qu'il le devoit ainsi faire, nonobstant que ses prédécesseurs (( n'eussent pas accoutumé de ainsi le faire^ ». Ainsi, ce titre que les Papes, jusqu'alors, accordaient seulement quelquefois

doit avoir la préférence. Aussi, utiliserons-nous ces deux sources, mais en nous servant surtout du manuscrit 3884 (re/a^fo/i) et en complétant ces renseignements par J. de Pavie, Comment., liv. VII.

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