‹ Jean-Baptiste GreuzeChapitre 25 sur 322 · Voir chapitre VI · texte numérisé non relu

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tard, du nom de Greuze sous sa plume, n’est rien moins qu’aimable. Voici ces lignes :

Les Greuze ne sont pas merveilleux cette année. Le faire en est raide et la couleur fade et blanchâtre. J'en étais tenté autrefois; je ne m'en soucie plus.

Diderot a de ces à-coups plutôt rudes. Soucieux de dire la vérité à un degré d’honnêteté extraordinaire, absolument indifférent à ses amitiés, intègre au delà de toute expression, ne connaissant plus personne quand il s’agit de juger une œuvre, il est pourtant injuste et fantasque parce qu'il juge avec son sentiment et ses idées préconçues. La critique de Diderot est ce qui peut nous dérouter le plus. Nous avons accoutumé de penser qu'il n’y a que deux formes de critique qui se légitiment. D'abord la critique dogmatique, qui arrive devant les œuvres avec un critérium esthétique dûment établi, et les y mesure. Cette critique, dont celle de M. Brunetière dans les lettres, celle de M. Péladan dans la peinture, nous fournissent des exemples précis, peut, selon le tact et l'humeur de qui la manie, être une sorte de lit de Procuste, ou prendre prétexte des œuvres pour s'élever à des considérations générales sur la philosophie de l’art. Elle est le fait des théoriciens, des sectaires, c’est presque toujours une critique de combat. Ensuite nous concevons une critique toute différente, la critique de constatations, qui admet en principe un égal intérêt dans toutes les conceptions, et a pour règle de demander simplement à tout artiste d’aller jusqu’au bout de sa conception, quelle qu’elle soit. Elle le laisse libre du choix, mais elle exige qu’il s’énonce entièrement dans le sens choisi. Elle est donc impartiale et assiste à une époque sans prétendre la diriger. Elle est, malgré l'apparence, bien moins sentimentale et bien plus historique que l’autre : moins sentimentale, parce que dans tout système préconçu, quelle que soit la croyance où l'on est d’avoir fondé son dogmatisme sur des constatations logiques et immuables, le sentiment personnel, dissimulé sous le raisonnement, l'influence énormément et d'autant plus gravement qu’il semble impartial; plus historique parce que la critique est toujours plus ou moins encline à se référer au passé, y ayant puisé ses principes esthétiques, et à incriminer en leur nom les tentatives de l’avenir, tandis que la critique de constatations admet l’évolution, la nécessité éternelle de toute manifestation, et envisage le présent comme un chapitre nouveau d'histoire, que son rôle consiste à présenter complet et clair à l'examen des âges futurs.

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