HENRY MARCEL
une
Jeune Jille effeuillant
APPARTIENT À CHARLES Morrison. Es.
{Photographie Braun, Clément et Cie}
AN ENIEPROP(OS
1 nous voulions, suivant l'usage cher au xvm‘ siècle,
recourir à un sous-titre, il faudrait intituler ce livre :
Greuze et Diderot, ou l'Exemple de la peinture littéraire.
Et en effet ces deux noms ne pouvaient être séparés en
cet ouvrage, et ils évoquent à eux deux cette périlleuse
idée de « la peinture littéraire » qui a toujours plus ou moins tenté de modifier l’art pictural et d'en altérer les destinées. Jamais critique ne fut plus heureux de rencontrer l’homme de ses théories ; jamais peintre ne fut plus directement impressionné par les doctrines d'un homme étranger à son art, et leur solidarité est complète.
Soucieux d’un exposé et non d’un éloge de la vie et des œuvres de Greuze, je n'ai pas cru devoir celer qu’à mon sens cette solidarité impliquait une erreur esthétique. C’est rendre le meilleur hommage à Diderot et à Greuze, comme à tous les novateurs, quelle que soit l’innovation, que de les discuter comme s'ils existaient encore : à l'étude historique et glacée ils préféreraient sans nul doute cette discussion qui est une forme attrayante de la survie et prolonge implicitement leur influence. Qu'importe que nous les approuvions? Ils souhaitent seulement n'être pas oubliés, et ils n’eussent rien osé s'ils n'avaient désiré qu'être approuvés. Et puis ils avaient leurs raisons. Il conviendrait au critique de ne point l'oublier : les erreurs esthétiques qu'il croit constater dans le passé ne lui seront jamais d’une exacte possibilité d'appréciation. Il les voit comme l'anatomie voit les muscles détendus et inertes. Le mouvement, la vitalité, la réaction et l'emprise des circonstances ont jadis modifié sérieusement la qualité de l'erreur, et l’histoire des tentatives artistiques est en somme celle d’une série d'erreurs, relativement à une
AMEN En 2.