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(.4rcA. de la mar. — Punk , ray. n' 63.)
Pour compléter ce qui eut rapport aux aouées 1696 et 1697 (moins l'affaire de Pologne, qu'on dira tout à l'heure), on doit parler de divers armements assez peu importants d'ailleurs,
«lis qui démontrent toujours combien la démoralisation amenée par le mauvais succès de la Hogue fut fatale.
Louis XIV fit apparemment uue nouvelle tentative pour le rétablissement du roi Jacques ; on disposa des bâtiments pour effet tuer une descente de vingt mille hommes, escortés par onie vaisseau de guerre, commandés par M. de Gabarel ; tout était prêt pour le débarquement a Calais, où le roi Jacques s'était rendu en personne; sa lenteur A débarquer, pour attendre le résultat de quelques intrigues qu'il formait en Angleterre, fit avorter celte expédition ; on arrêta à Londres tons les gens suspectés d'attachement a Jacques, et, de longtemps, une pareille
La plus grande partie des vaisseaux étaient désarmés à Toulon, ce qui rendait les enuemis maîtres de la mer do Ponant; M. de Cbateaurenault fut chargé de conduire A Brest une partie des vaisseaux du Levant, et, malgré trente-cinq vaisseaux anglais qui gardaient le détroit de Gibraltar, il leur déroba sa marche : car, selon ses instructions, toutes fort timides depuis l'affaire de la Bogue, il lui était ordonné de ne point risquer an combat inégal. Il remplit sa mission sans coup férir, et fut ensuite chargé d'aller, avec douze vaisseaux, prendre sous Cadix les galions espagnols qui venaient du Mexique ; mais ils lui
échappèrent, et cette entreprise demeura infructueuse, ainsi que le dessein d'attaquer une flotte " port de Saint-Ogoe.
hollandaise et anglaise dans le
On parlait déjà des projets de pacification, que la paix de Ryswick confirma. M. de Ponlchartrain, néanmoins, tourna ses vues du côté de b coursa, ainsi qu'on l'a vu. Il fit donner nombre de vaisseaux I des armateurs particuliers sous des conditions fort avantageuses. Il fournissait (on a omis de le dire a propos des croisières de Jean Bart), il fournissait les vaisseaux armés de eanona, munitions, agrès, et soldait les officiers comme a la mer ; les armateurs n'avaient qu'A pourvoir aux frais de la table des officiers, ainsi qu'à la solde et a la nourriture des équipages; le ministre n'exigeait en retour que le quart du produit net des prises, tous frais faits et déduits, et il consentait que le dixième dû aux équipages fat prélevé avant le quart qui lai revenait; cette mesure s'appliquait a toute somme qui serait au-dessous d'un million, et le trentième pour tout ce qui serait au-dessus ; afin de mettre ces armements plus en honneur, il fit dire a tous les officiers corsaires qu'il les regardait comme a'ils étaient au service du roi, et il ordonna que, dans les rencontres a la mer, lea plus anciens de ces capitaines commanderaient A ceux de la marine royale qui seraient d'un grade plus récent.
On a vu les inutiles tentatives de l'ennemi lors du siège de Donkerque ; les autres ne furent pas plus heureuses. On construisit des pontons A Saint-Malo, aur lesquels on établit des batteries pour défendre l'approche aux ennemis.
On fit aussi armer au Havre, à Morlaix et sur le cap d'Ortégal et de Pinas, A l'entrée de la Garonne, des bAlimcnls légers pour assurer le commerce des côtes. Les ennemis tentèrent une entreprise sur Belle-Isle, qu'ils jugèrent impraticable en y abordant ; et ils firent jeter, sans plus de fruit, quelques bombes aux Iles de Groalx, A Calais. A 111e de Rhé, aux Sables-d'Olonne. Eu Levant, on lit croiser le chevalier de Forbin et M. de Digoine, avec deux vaisseaux chacun, du cap de Gaête au cap de Sardaigne, et quatre galères de Toulon A Marseille.
Le chevalier des Angers fut envoyé, avec six vaisseaux, croiser sur Porto-Rico, en Amérique, ainsi qu'on le verra dans l'histoire dea flibustiers ; il devait ; attendre l'armadille espagnole, faire une descente A la Jamaïque, et en laisser Je commandement au gouverneur de Saint-Domingue, dans le' cas où il s'en pourrait emparer.
On engagea aussi les armateurs de Saint-Malo A faire quelques entreprises aur Surinam et A croiser A l'entrée du golfe de Mexiqne, vers les côtes de la Caroline, de la Virginie, de la Nouvelle-Angleterre et de la Nouvelle-York , pour y faire des prises et obtenir des rançons.
Huit Français d'un bâtiment corsaire, forcés par le mauvais temps de relâcher sur les côtes de la Hollande, ayant été fusillés, eontre Il droit des gens, on menaça les Hollandais de repré-
sailles sur leurs prisonniers ; mais on se contenu de les mettre aux galères.
L'année 1697, malgré les approches de la paix, les armements particuliers continuaient toujours et devinrent même plus considérables, parce qu'ils furent formés des débris dea armées navales.
Un des plus importants fut celui de M. de Pointis, qui, ainsi qu'on le dira en son liea, avec doute vaisseaux que le roi lui confia aux mêmes conditions qu'aux autres armateurs, deux mille soldats embarqués en France, quatre cent cinquante que M. Ducasse, gouverneur de Saint-Domingue, lui fournit, et ce qu'il put assembler d'intrépides flibustiers, assiégea Cartbagène, place extrêmement forte, appartenant aux Espagnols, la prit en trois semaines, en rapporta dix millions en or, argent et pierreries, sans compter ce qui fut pillé par les équipages. Avant de partir il fit embarquer l'artillerie de la ville, qui était considérable, et évita une escadre anglaise de vingt-quatre vaisseaux qui l'attendait au détroit de Bahama, en combattit une de sept avec avantage, et rentra A Brest, le 29 mars, ayant perdu la moitié de son équipage.
M. Duguay-Troum, qui était encore armateur de Saint-Halo, enleva, avec cinq vaisseaux corsaires, uue flotte anglaise et hollandaise venant de Bilbso, escortée de trois gros vaisseaux de guerre qu'il prit A l'abordage et qu'il ramena dans le port avec dix vaisseaux marchands : ce fut pour ce beau fait d'armes que le roi le fit capitaine de vaisseau, ainsi qu'on le verra en son lieu.
M. de Nesmond, avec six vaisseaux de guerre, s'empara d'un convoi richement chargé, tandis que M. d'iberville, avec quatre, prenait au Canada le fort de Nelson sur les Anglais.
En Levant, il y a eu fort peu d'armements.
Quelques bâtiments croisèreot seulement dans la Méditerranée pour mettre fin aux prises des corsaires qui enlevaient des bâtiments marchands jusque dans les rades de Gènes et de
Enfin M. le comte dUstrées fut envoyé avec tout ce qu'on Mit rassembler de vaisseaux et trente galères, e bailli deNoailles, au siège de Barcelonne.