ET DE DIX-SEPT GALÈRES
On voulait contiuuer la courte contre les vaisseaux des villes anséaliqu's qui avaient reçu les avocatoires de l'Empereur ; maie, sur ce que les négociants représentèrent que cela troublerait le commerce, on défendit les armements.
On se plaignit aux Hollandais de ce que leurs armateurs prenaient le pavillon de l'archiduc pour continuer leurs pirateries.
On se proposait de s'emparer de l'Ile Maurice comme vacante; mais on craignit que cela n'occasionnât des discussions avec les Hollandais, qui s'en prétendaient en possession.
H ne restait donc plus qu à réprimer les corsaires majorquins et flessinguois, qui troublaient le commerce du Levant, et contre lesquels on arma de nouveau quelques bâtiments.
L'évacuation de Dunkerque fut longtemps à se faire faute de fonds pour le transport des munitions â.Calais, et excita des murmures de la part des Anglais, qui firent sauter les fortifica lions et prirent des mesures pour combler le port.
On fit savoir aux armateurs que les discussions pour lesprises seraient portées devant lesjuridictions ordinaires, Uni en France qu'en Angleterre.
Le roi d'Espagne demanda à Louis XIV deux vaisseaux de 50 canons, et cinq ou six galiotes à bombes, qui furent armés à Toulon pour achever de soumettre les rebelles de Catalogne, et fournis aux frais de l'armement.
On eut quelques avis, mais probablement mal fondés, qu'un Allemand devait mettre le feu aux vaisseaux de Toulon, el on y donna l'ordre d'arrêter les gens suspects.
La paix avait été siguée l'année dernière, avec toutes les puissances maritimes; elle le fut, cette année, 1715, avec l'Empereur et avec toutes les autres puissances de l'Europe. ,
Il ne resta à soumeUrc que les Maiorquins et quelques révoltés de Catalogne, qui obligèrent l'Espagne à demander encore à Louis Xl\ une escadre de quelques vaisseaux el des munitions de guerre qui lui furent fournis de Toulon, el dont le roi ne lui ht pas moins payer la dépense.
M. Ducasse, qui devait commander cette escadre, tomba malade, et M Bellefontaine le remplaça. Avec ce secours, Barcelone et la Catalogne furent reprises, et Majorque réduite l'année suivante, 1715.
Le roi d'Espagne demanda encore au roi des secours pour mettre le sieur Martinet en étal d'exécuter un traité qu'il avait fait avec lui pour l'armement de trois vaisseaux qui devaient aller croiser au Pérou contre les interlopes; le roi s'y prêta el lui permit de lever des équipages français, à condition que le sieur Martinet payerait au trésorier de la marine les effets qu'il tirerait des magasins; que ces vaisseaux seraient commandés par des officiers français, et qu'ils porteraient pavillon de France. On se relâcha, sur cette dernière condition, dans les mers d'Amérique. •
Le roi envoya celte année au secours de Malle, menacé par les Turcs, deux bataillons de cinq cents hommes chacun, I un de la marine, l'autre des galères, el cent canonniers. La religion se chargea des passage, entretien et appointements des troupes depuis leur embarquement à Toulon jusqu'à leur retour.
Mais il s'opposa à ce qu'aucun bâtiment français ne servit sous pavillon a'Espagne, de crainte qu'en cas de prises par les Barbaresques les Français ne fussent réputés esclaves, et il n'y consentit qu'à condition qu'ils seraient escortes par deu\ vaisseaux de guerre français
Enfin celte année Louis XIV mourut .
Telle est la fin de l'histoire maritime de ce règne, histoire qui se peut résumer en quatre époques bien distinctes représentées par les quatre ministres qui furent chargés de ses destinées :
Coimrt, Seiokelav, Louis de Postouktraim , Jérôme uf
PoNTCHARTRAI.V
ET LOUIS XIV. 48r>
</Colbmit trouva la France sans marine militaire et sans marine marchande : il les créa toutes deux. Selon lui, la marine militaire devait surtout, i l'abri de son pavillon de guerre, favoriser le pacifique développement de la marine marchande. Essentiellement ménager des fonds et des navires de l'Etat, au risque de porter atteinte a l'honneur des armes de la France, ce ministre ordonna, lors de plusieurs combats, de refuser aux allies les secours que Louis XIV leur avait promis, et laissa les flottes de France demeurer honteusement spectatrices des batailles on elles auraient dû prendre une part si active.
Sbignblai, lors de la mort de Colbert, se vit maître de disposer d'une flotte' immense, d'arsenaux remplis d'un matériel énorme, d'un trésor riche et abondant : dénaturant alors la sage création de son père, et voulant rivaliser d'ambition avec Louvois, il provoqua les plus terribles guerres, par des motifs aussi frivoles qu'injustes, et engloutit la marine de France dans ces entreprises aussi vaines*, aussi inutiles qu'elles furent téméraires et glorieuses.
Poktchartrain le chancelier, arrivant à ce ministère, ne
trouva que des débris, un trésor obéré, des dettes nombreuses, des arsenaux vides, et un commerce nul. Cherchant du moins â tirer quelque parti de ces raines, il se servit des vaisseaux du roi pour faire la course sur une grande échelle, et quelques prises heureuses augmentèrent quelque peu les finances de la France.
Poutchartraih, fils du précédent, jaloux du pouvoir de M. de Toulouse, amiral de France, porta les derniers coups a la marine, la désorganisa complètement, entrava de toutes ses forces, et avec succès, les améliorations que tenta M. de Toulouse, et surtout démembra ce grand corps par les armements particuliers. Il éteignit ainsi tout sentiment de subordination et de hiérarchie militaire dans cette arme, en soumettant ses officiers a des armateurs.
En un mot, après avoir été la plus (formante, la plus nombreuse, la plus belle et la plus vaillante de l'Europe, a la
MORT DE LOUIS XIV LA MARINE DE FRAKCF. ÉTAIT AUSSI MISI ruill.F
qo'gilr l'Était lors du codronheiiekt de ce roi.