ET LOU
daienl surtout de faire peu de bruit, car on voulait surprendre les Turcs dans leurs ouvrages.
A la tête de l'armée marchaient cinq cents soldats aux gardes du régiment du roi, commandés par MM. de Casteltan et de Vitry ; ces troupes portaient le justaucorps gris-blanc, galonné d'argent sur toutes les tailles, des chausses écarlates et un panache rouge et blanc sur leur chapeau borde. Au centre de ces compagnies venait un officier avec l'enseigne du régiment des gardes; cet étendard était bleu, semé de fleurs de lis d'or, avec une croix d'argent au milieu chargée de quatre couronnes.
Après l'infanterie de la maison du roi. venaient les autres régiments; les troupes de la mariue, portant des justaucorps blancs a larges parements bleus, fermaient la colonne.
Lorsque l'infanterie fut rangée en bataille, on entendit un piétinement sourd et un retentissement sonore d'armes et de cuirasses qui annonçaient la cavalerie.
Kn effet, c'étaient d'abord deux cents mousquetaires de la maison du roi, précédés de leurs tambours et de leurs hautbois.
Tous leurs chevaux étaient blancs ou gris, et leurs housses et bourses de pistolets étaient comme les casaques (ou surtouts sans manches que ces cavaliers portaient sur leur cuirasse), c'est-à-dire bleues, galonnées d'or; ces casaques avaient brodées devant et derrière des croix d'argent avec des fleurs de lis d'or dans les angles, et hissaient voir les manches écarlates du justaucorps, dent les longues basques tombaient carrément sur le haut (les grosses bottes noires de ces mousquetaires.
MM. de Monlbron et- de Mauperluis commandiiient ce détachement sous les ordres de M. le comte Colbrrt de Maulevrier, maréchal de camp, et capilaine-lieuteuant de celle première compagnie rouge, dont le roi s'était réservé la capitainerie.
Ces officiers ne portaient pas la casaque bleue ; leur justaucorps, ainsi que les housses de leurs »elles\ étaient d'ecarlaie, bordées d'argent; une croix de même métal brillait devant et derrière leur cuirasse.
Après 1rs mousquetaires, venaient cinq compagnies de cavalerie, formant en tout trois cent dix-huit hommes.
Ces compagnies particulières, ainsi que les compagnies d'infanterie qui n'appartenaient pas ,'i la maison du roi, n'avaient pas de eostaunes wiiformes , elles portaient des aiguillettes et des écharpes aux couleurs de leur colonel, et on ne trouvait pas en elles l'ensemble et la tenue des soldats aux gardes. Quelquesuns même semblaient plutôt appartenir à un corps de partisans qu'a des troupes réglées.
Lorsque cette armée fut ainsi rangée en bataille, on vit arriver MM. de Beaufort et de Navailles, entourés de leur étatmajor.
A côte du doc, monte sur Phœbus, son beau cheval noir, étaient MM. le chevalier de Vendôme, le chevalier de VHIarceau. le marquis de Schomberg, de Saint-Marc, le comte de Keroualle, et quelques autres gentilshommes et écuyers aussi a cheval.
M. de Navailles, entouré de ses généraux et de ses aides de camp, portait un casque et une cuirasse d'acier bien poli pardessus son justaucorps de buffle richement brodé, et montait une belle jument baie à crins noirs, dont la housse bleue et or disparaissait presque sous le large entonnoir des bottes fortes que M. de Navailles portail, à l'ancienne mode, fort grandes et garnies de petites lames de fer, noircies comme le reste de ceite chaussure défensive; un large sabre pendu à son baudrier, et ses fontes ouvertes, qui, laissant voir les crosses dorées de ses longs pistolets, témoignaient que M. de Navailles pouvait aussi bien agir en soldat qu'en général.
Les généraux, brigadiers et aides de camp de M. de Navailles étaient généralement armés, les uns de cuirasses dont les officiers se servaient encore, quelques-uns seulement de casques, et d'autres de certains bonnets de ratine, garnis à l'intérieur d'une forte croix de fer.
J'oubliais de dire qu'a la droite de M. de Navailles se tenait, monte sur nue mule blanche, un homme robuste cl vigoureux, vetu d une robe de capucin, portant a sa maiu un long crucilix,