SUB LA REUT105 DE
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n Premier point. — Qu'il n'y avait que tept vauteanx et troi» brûlot» de l'etcadre de Zélande qui ont combattu teteailre de France.
« Rèpontc. — 11 est certain, par le témoignage de toute Tar-
de Zélande, a combattu contre le prince Rupert
« Il n'est encore que trop certain que llankert a combattu contre l'escadre de France; que le sieur d'Estivalle, capitaine de t Invincible, combattit contre lui, et fut tué sur son vaisseau d'un coup de canon de cet amiral.
< 2' FOtNT. — Que l'etcadre de France t'êloigna de deux grande» lieue» h pleine» voiles arant de revirer sur les ennemi»
« Répon»e. — Quand le prince Rupert a écrit cet endroit de sa relation, il ne s'est pas souvenu qu'il a dit un peu auparavant que le vent était tourné au sud, d'autant qu'il * aurait ■ fallu que le vice-amiral de France avec toute l'escadre eût • mis le cap au sud pour s'éloigner des ennemis , ainsi porter « le cap droit contre le vent; en sorte que cette accusation se < détruit d'elle-même, » et il est asseï difficile de se persuader
JliAN BAHT
comment l'on a pu avancer une fausseté aussi manifeste. Mais, comme M le prince Rupert dit lui-même qu'il alla a toutes voiles pour secourir l'escadre bleue qui n'avait pas trop besoin de son secours, et qui était, ainsi qu il le dit lui-même, i trois grandes lieues sous le vent, « il s'est facilement imaginé, allant « aussi vile qu'il allait, que c'était l'escadre de France qui s'é- < (oignait de lui, » sans faire réflexion qu'avant le vent contraire, elle ne le pouvait pas, et que c'était lui qui s'éloignait d'elle avec on vent fort frais.
« 5* poiht. — Que tescadre de France n'a point reviré le bord assex promplement, et n'a fait aise* de diligence pour profiter de [avantage du vent qu'elle avait pour tenir combattre te* ennemi*.
« Réponse. — M. le prince Rupert ne tint le vent devant Ruyter que jusqu'à huit ou neuf heures du matin , et aussitôt il plia à toutes voiles pour aller au secours de l'escadre bleue ; et, comme l'escadre de Frauce soutint le vent et combattit contre l'escadre de Zélande jusqu'à midi, tous les vaisseaux de celle escadre revirèrent de bord en même temps, et tous les capitaines firent raccommoder dans la route les manoeuvres qui leur avaient été coupées dans le combat. Mais, encore qu'ils fissent force de voiles, M. le prince Rupert s'était si fort éloigné on trois ou quatre heures d'avance qu'il avait sur l'escadre de France, qu'elle ne le put rejoindre que sur les six heures du soir, et • alors cette escadre avait si bien conduit la manœuvre ■ qu'elle se trouva avoir l'avantage du vent » sur les ennemis, M. le prince Rupert étant toujours sous le vent.
4* point. — Que f escadre de France n'a point combattu les ennemi», «uirrtiit le signal qu'il fit du pavillon bleu toi mut d'artimon.
< Réponse. — Il a été vérifié rn présence du roi d'Angleteirc que ce signal « n'élait pas celui du combat, mais celui de se « ranger dans ses eaux. » Mais le vice-amiral de France vopm
Su'eu exécutant ce signal il s'allait mettre sous le vent de In olte ennemie, il conserva son avantage, ne doutant point que de moment à autre M. le prince Rupert changerait son signal « ou lui enverrait porter ordre de combattre, » ce que toutefois il ne lit.point ; et, comme il était déjà sept heures du soir, le vice-amiral de France « conserva le vent, ne doutant point que • M. le prince Rupert ne voulût combattre le lendemain matin. »
« L'on peut dire en général de ce combat que Spragge a fait en brave et galant homme , s'i-taut mis en panne pour attendre Tromp cl le combattre; mais, comme Tromp avait le vent sur lui, et que ses voiles qu'il avait mises en panne ne le soutenaient point, il dévira, et s'éloigna trés-forl de l'escadre rouge.
« Que M. le prince Rupert a voulu avoir trop de soin de l'escadre bleue, qui était a trois lieues de lui. et dont il ne pouvait pas savoir le succès, et que pour aller à son secours il a plié un peu trop devant l'ennemi. A l'égard de l'escadre de France, elle a fait une fort bonne manœuvre, puisqu'elle a « soutenu et i gagné le vent sur l'escadre qui la combattait; » et l'on peut dire certainement que, si le prince n'avait point été si vite au secours de cette escadre bleue, et que celle de France l'eût pu joindre seulement deux heures plus tôt, venant avec vent arriére sur les ennemis, la flotte de Hollande était entièrement perdue, t
{Archives de la marine, à Versailles.) mémoire de m. ut coure d'estrées son la relation do prince
■VPERT, POUR AJOUTER AUX REMARQUES FAITES PAR M. LE MARQUIS DB SMGKELAV SIR LA RELATION DE H. LE PRINCE
« Il dit : « Ruyter et Bankert, avec le reste de leur flotte et « brûlots, vinrent sur moi et sur notre escadre, et le combat « commença environ les huit heures. »
« Il y a lieu de s'étonner qu'il ait voulu avancer une chose si contraire a fo \érité, puisque tout le monde sait que cet amiral de Zél nile. appelé Bankerl, combattit A neuf heures et demie
jusqu'à dix contre les vaisseaux français de la division du viceamiral, et que d'autres vaisseaux zélnndais, qui suivaient ledit amiral, étaient engagés en même temps avec la division de M. Désardans, chef d'escadre de France ; et que, lorsque le vice-amiral de France revira pour couper celui de Zélande, lec> seconds combattaient des deux bords.
t Auquel temps l'air s'èclaircit et le vent tourna est-sud-est, « qui mit les Français, qui avaient alors l'avant garde, au-dessus « du vent des Hollandais. »
« Il y aurait lieu de s'étonner comment le vent en changeant aurait pu mettre les Français au vent et n'y pas mettre M. le prince Rupert, ou du moins d'une très-grande partie des vaisseaux ennemis, puisque l'escadre rouge et la blanche étaient au commencement du combat sur une même ligne, si l'on n'apprenait en même temps que ledit prince commença d'arriver une demi-heure après le combat, et que l'escadre blanche tint toujours le vent autant qu'il lui fut possible.
« Au contraire, ils se retirèrent vers le sud. »
« Cet endroit est une merveilleuse contradiction, puisque des vaisseaux ne vont pas droit du côté que vient le vent; il faut aussi savoir que tous les vaisseaux français ne revirèrent pas en même temps, que toute la division du chef d'escadre combattait, avec quelques vaisseaux de la division du vice-amiral, contre d'autres vaisseaux de l'escadre de Zélande, tandis qu'il coupa en deux la division du vice-amiral, laquelle s'enfuit eu si grand désordre, qu'elle n'approcha pas de M. le prince Rupert. et ne fut en état de retourner que lorsque M. le prince Rupert prétait le côté à de Ruyter, sans faire l'eu de part ni d'autre, comme il est dit dans la 'relation, et même plus lard.
« Ruyter n'eut pas plutôt connu mon dessein qu'il arriva s sur moi avec toute sa flotte pour secourir Tromp, si bien que h tout ce que nous pûmes faire fut de nous prêter le côté, à la t poilèe du canon, sans faire feu de part ni d'autre. »
o II est difficile de voir une plus grande contradiction, puisque arriver et prêter le côté à la portée du canon sont deux choses incompatibles dans un même temps ; mais il n'y a personne qui ne juge qu'au moins celte façùii de combattre à cinq heures durant, n'est pas assez dangereuse pour croire, comme il est dit à la fin de la relation, que jamais il n'a été si assisté de la Providence divine qu'en celte occasion.
« 11 est toutefois constant qu'alors Ruvter mit le cap au nordest, et M. le prince Rupert au nord-nord-ouest.
« Et si alors les Français, qui étaient à une certaine distance « sur le vent, avaient obéi à mon signal, et qu'ils fussent arri- « vés sur les ennemis, conformément à leur devoir, nous aurions « mis les ennemis en déroute, et les eussions entièrement dé- « truits. C'était la plus belle et la plus avantageuse occasion « qui ait jamais été perdue à la mer. »
« Il y a apparence que M. le prince Rupert avait fait des merveilles avant que les Français l'eussent approché ; mais, pour lors, il avait la proue tournée pour faire retraite, et non pas du côté des ennemis. Le vice-amiral de sa division faisait l'arrièrc-gardc et le suivait; et ce rude combat, qui avait recommencé sur les cinq heures, avait fini pour lui à cinq heures et demie du soir, et, ayant duré jusqu'à jour failli pour les autres, était entretenu par quatre ou cinq vaisseaux hollandais qui tiraient sous le vent, pendant que' M. le prince Rupert se retirait avec beaucoup de voiles, et non pas avec peu, comme il est allégué. Les brûlots que I on détacha ne firent aucun effet, parce qu'ils furent envoyés de loin et n'étaient pas soutenus.
« Et ainsi finit celle bataille, lorsqu'il me vint un officier a du comte d'Estrées pour recevoir des ordres et savoir à quelle f intention on avait arboré le pavillon bleu sur la vergue d'ar-
• timon ; de quoi je m'étonnai fort, puisqu'il n'y avait pas d'in-
• trucliou plus claire et plus facile à concevoir entre tous les
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i signaux pour combattre que celui-ci, et, de plus, il ne manf quail pas d'éclaircissement pour les signaux, ni d'instruction f pour lui dire ce qu'il devait avoir fait. »
« Tout le monde sait que l'aidc-major des vaisseaux fiançais fut envoyé a ujic beure et demie dans une barque longue a bord du Souierain, pour recevoir des ordres sur ce que. M. le prince Rupert arrivait si fort, et que l'on n'apercevait plus l'escadre bleue. De sorte que ce fut longtemps devant que le pavillon bleu eût été mis à l'artimon, et que ce n'était pas a dessein d apprendre ce qu'il vuulaitdire qu'on le lit partir; mais il peut l'avoir demandé de luimême, parce qu'il n'avait pas le livre des ordres. On le lit panir dans une barque longue
3 ni d'ordinaire ouble le sillage des grands vaisseaux ; cependant il ue put arriver que sur les cinq à six beurcs ; mais, quoiqu'on l'eût aperçu du .Souverain, on ne lut envoya de * baloupe que sur les huit heures, parce que l'on ne songe pas a toutes choses dans le graud engagement où se trouvait à six heures M. le princo Rupcrl.
« Quand l'obs- « curilé de la nuit « fut venue, lesen- « nemis se retjre- « reolsurleurscô-
• tes, et je crus a- «.voir raison d'en « être satisfait , « m'étant propo-
• sé, si je ne pout vais I éviter, de « ne pas hasarder « un nouvel enga- « gcmenl le jour « suivant, à moins
• qucj'cussemeil- « leure assurance
• du comte d'Eslrées , mais aussi que quelques-uns de nos <ac pitaines eussent résolu et promis de mieux faire, puisqu'ils « m'avaient manqué en celui-ci. »
« Il est vrai que les ennemis se retirèrent ; niais M. le prince Rupert ne lit pas mettre des feux qu'il n'en fût parfaitement assuré, ayant attendu à commander qu'on les allumai qu'il était plus de dix heures et demie, et il est certain qu'il a sujet d'être satisfait des Hollandais, parce qu'ils ue l'ont pas Irop pressé
Ix mm te d'Eslléef.
dans sa retraite ; mais quant à la raison qu'il allègue pour n'avoir pas recommencé le combat le lendemain, il ne fallait pas d'autres assurances des Français et du comte à"Estréei que des trois combats de la campagne, et, pour ce qui regarde les capitaines anglais dont il lui platt de se plaindre, quand ou songe que l'année passée, après avoir été surpris à l'ancre, on poussa le lendemain les ennemis dans leurs bant s. et 00 remporta sur eux de notables avantages, il est bien difficile que l'on puisse
consentira rejeter sur de si braves gens le fondement du dessein de ne pas combattre , mais bieu au peu de désir que M. le prince Rupert a témoigné en toutes les occasions de la campagne de retourner aux ennemis le lendemain.*
( Archive* de la marine, à Versailles. )
Ce mémoire , tout entier de la ■nain du e mte d'Hïlrèes, esteomptélCnWDl récusé par la pièce suivante, le rapport contradictoire de M. de Seuil. Il est impossible de résumer plus de faits. Ce rapport cl celui qui le suit sont extrêmement curieux, ledernier surtout . en cela qu'ils citent l'autorité de chaque officier rcrommandable de l'escadre à propos de la conduite de M. le viceamiral d'EsJrées, el qu'ils conlirment, en un mot, ce qu'on a déjà dit â propos du déni d'assistance lors du dernier combat , et de la bravoure de presque tous les capitaines lors (Incombât du 7 juin. La seconde partie du deuxième rapport offre aussi, pour ainsi dire, une statistique de l'état moral du corps de la marine, admirablement bien résumée ; on découvre dans ce peu de lignes le germe de toutes les dissensions qui souvent furent si nuisibles aux armes de la France.
RApronr or. i.'infoiimatïon secrète son U campagne de
LA MANCHE, PAR M. DE M fil
t h Brest, le 23 norcinbie IG73 < Parce qui m'est revenu de m ètre informe de la conduite et
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JEAN RART
des actions des officiers des vaisseaux du roi produit la dernière campagne de la Manche, j'ai appris :