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En ei'fel If canon îles forls et les cloches commencèrent j resonner.
— Eh bien! dit Yivonne en bâillant avec force, le sénat m'attendra.
— Mais songez donc, monseigneur, combien ces gens-là sont formalistes, combien ils sont esclaves des dehors.
— S'ils sont esclaves des dehors, mons d'Antiége, apprenez qu'ils sont encore plus esclaves des forts et de l'artillerie ; or, nous avons ces forts et cette artillerie-là. grâce à laquelle je puis... c'est-à-dire ie pouvais dormir ma grasse matinée, sans ton infernal réveil, bourreau que lu es...
A ce moment, Dominique et Louvain parurent à la porte, saluèrent respectueusement, et semblèrent attendre 1 ordre de leur maître pour entrer.
— Allons, allons, venez, dit Yivonne. est-ce que monsieur ne l'ordonne pas! dit-il en montrant d'Antiége d'un air à la fois railleur et fâché.
Les valets de chambre commencèrent alors décoiffer et d'habiller leur maître, qui se prêtait à leur service avec la complète indolence d'un nabab, et interrompait seulement ses bâillements réitérés pour s'écrier : — Que le ciel confonde la cérémonie ! imbécile sénat!... Je dormais si bienlquelles pécores avec leurs serments!... et autres exclamations qui prouvaient assez le peu d'importance morale attachée par Yivonne à cet acte solennel.
— A propos, dit-il à d'Antiége, et cet insolent archevêque nu manquera pas de venir là, j'espère?
— Monseigneur, son grand vicaire, que j'ai vu hier, m'en a du moins assuré.
— C'est heureux... Sardanapale! s'il n'était pas venu, s'il s'était rebecquè, je l'envoyais brutalement quérir par deux de mes officiers bien accompagnés , cl ce au nom «lu roi mon inaitre.
A ce moment un des gentilshommes de H. de Yivonne ayant fait demander par un huissier s'il pouvait se présenter, entra.
— Eh bien ! qu'est-ce, Sainte-Croix? lui demanda Yivonne.
— Monseigneur, répondit ce dernier tout stupéfait et ne pouvant cacher son êtonnement de trouver le vice-roi encore en déshabillé, la vedette que j'avais postée au bas de la place Marine vient de in'annoncer que le cortège du sénat parait à l'entrée de la place d'il Tbeatro
— Eh bien!... après...
— Après, monseigneur!... Eh bien! le cortège va être ici dans dix minutes.
— Eh bien! après... répéta Vivonne en bâillant avec un calme désespérant.
— Ma foi! monseigneur, après... je ne sais rien de plus, si ce n'est que MM. de Vallavoire et de Valbelle, et tous les officiers de terre et de mer. ainsi que ceux de votre maison, sont, en attendant, rangés dans la galerie.
— C'est à merveille ; si le sénat me demande, qu'on le fasse monter, et qu'on lui dise... qu'on lui dise de m'atlendre!
Ce disant, Vivonne se détira de nouveau, et Sainte-Croix sortit.
Voyant l'air étonné de d'Antiége, Vivonne lui dit : — Vous n'êtes qu'un sot, monsieur mon secrétaire : si vous entrez dans la cage d'une bête fauve avec des précautions et l'air effrayé, « elle vous dévorera; enlrez-y-le bâton haut, elle rampera. Votre maître et le mien en a agi ainsi en entrant le fouet à la main dans la cage de messieurs du parlement , qui , par seule différence des bêtes que j'ai dit, étaient rouges au lieu d'être fauves... eh bien, le beau-frère ne s'en est pas plus mal trouvé.
— Mais... monseigneur... l'affection du peuple.
— Sottise, niaiserie, quand on a pour répondre aux questionneurs ces honnêtes canons qui disent tant de leur large bouche muette.
— Alors, monseigneur, nos soldats se conduisent fort bien d'après les maximes de Votre Excellence, car ils traitent les Messinois en véritables partisans; et si monseigneur veut nue je lui lise, pendant qu'on finit de l'h.*biller, le dernier rapport secret, il verra bien.
— Est-ce amusant?
— Assez, monseigneur, il v a de la comédie et de la tragédie.
— Est-ce long?
— Non, monseigneur, ceci, dit d'Antiége, en montrant une feuille de papier qu'il tira du sac qu'il avait apporté.
— Lis donc, pendant que cet autre bourreau va me faire un menton imberbe.
Et d'Antiége lut ce rapport, fort important en cela qu'il constate que déjà les Français mettaient singulièrement à l'épreuve la patience de leurs nouveaux alliés.
— « Le 23 du courant, trois cavaliers des dragons d'Hautfort. « étant ivres, ont chargé de coups un moitié de Tordre de Saiw- « François qu'ils ont trouvé hors la ville, et l'ont obligé de por- I ter l'un desdits trois cavaliers, qui pouvait à peine se mou- « voir, vu l'état de complète ivresse dudit troisième cavalier. i>
— Bon , la piteuse monture ! et que ce pauvre dragon devait être mal porté parce tonsuré. Après, continue, dit Yivonne.
— « Le même jour, il y a eu quelques rioltes entre des mu- « riniers de galères et de vaisseaux, à propos d une esclave grec- « que; deux mariniers du vaisseau le Scepîre ont été blessés. *
— El l'esclave i ait-elle jolie?
— Je l'ignore, monseigneur.
— Que font donc alors les espions? Une fois pour toutes, quand il s'agit de femmes, qu'il soit toujours dit si ellqp sont laides ou jolies. .. Injustice de leur cause en dépend. Continue.
— « Le 26 du courant, un officier et un volontaire des vaisi seaux sont entrés de force dans la maison du nommé Paolo « Perino, située place Marine, et pendant que le volontaire for- « çait la chambre de la femme dudit Paolo, vieux et infirme, « l'officier retenait ce dernier malgré ses cris : on ne sait si le « volontaire s'est porté aux derniers outrages sur lad* femme. »
— Par Vénus, si c'était un volontaire, la chose est certaine ; et la femme était-elle jolie?
D'Antiége allait répondre, lorsqu'il se fit un grand retentissement de clameurs et de voix; les tambours, les trompettes, les cymbales résonnèrent; les canons des vaisseaux, avertis par un signal de l'entrée du sénat chez le vice-roi, tirèrent en volée, et les cloches leur répondirent, car le cortège entrait en effet dans une longue galerie où se trouvaient tous les officiers français réunis autour du fauteuil à dais du vice-roi.
— Le sénat!... le sénat!... monseigneur, le sénat! vint dire un second gentilhomme tout ému.
Vivonne lui fil de la main un signe des plus dédaigneux, puis se tournant vers On laquais : — Va me chercher ce potage, et recommande bien au maître d'hôtel d'y faire mettre ce coulis qu'il sait, et aussi de monter de ce vin de Malvoisie de Madère que j'ai rapporte de Hollande.
— Monseigneur! dit d Antiége d'un air suppliant, en entendant donner cet ordre.
— Sardanapale!... s'écria Vivonne d'un air irrité, cette fois pas un mot de plus. Il serait, pardieu! plaisant que pour ces ânes en robe noire j'allasse mourir de faim. Tudieu! mon secrétaire, vous en voulez donc à ma vie?... Puis, faisant approcher de lui un merveilleux miroir de Venise, Vivonne s'v mira, et, se voyant magnifiquement vêtu, il se prit à sourire avec complaisance.
— Je suis content de cet habit; qu'en dis-tu, d'Antiége?
— Il vous sied à ravir, monseigneur; c'est celui que Courville a fait venir pour Votre Excellence.
— A propos de Courville, dit Vivonne en se retournant avec nonchalance du côté de son secrétaire, il parait, monsieur le drôle, que votre ami rauçonne singulièrement notre bonne ville de Messine, et qu'il revend dix ce qu'il achète un.
— Monseigneur, ce sont de pures calomnies : j'ai là un tableau comparatif des prix d'achat, d'entrée, de frais de traversée et différence de change, et si Votre Exceljence veut v jeter un coup d'oeil...
— Cest toi que je jetterai par les fenêtres... bourreau , aije le temps ou la volonté de m appesantir sur de pareilles sottises?
A ce moment un maître d hôtel apporta le potage, servi avec soin sur un merveilleux plateau d'argent ciselé, cl peu d'in-
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slants après H. de Vallavoire entra lui-même d'un air affairé
— Pour Dieu ! monsieur, dit-il à Vivonne , êtes-vous donc mort? Le sénat vous attend depuis plus d'un quart d'heure.
Vivonne ne répondit qu'en riant et montrant d'un peste significatif son potage qui répaudait une savoureuse fumée.
— Ah! je comprends, dit Vallavoire, on brûlerait .Messine que rien ne pourrait vous distraire à cette heure. Je vais donc tacher de faire patienter messieurs les jurais qui commencent tort a murmurer.
Kt Vallavoire se retira sur un signe approbalif de Vivonne
Son potage mangé et copieusement arrosé de quelques verres de vin de Malvoisie, le vice-roi prit son chapeau et dit en soupirant : — Ah! quel ennui! quelle peste de sénat! se déranger pour de pareilles pécores! ah! que j'aimais bien mieux ma vie de Paris et mes ehers soupers en joyeuse et folle compagnie.
Puis Vivonne se dirigea d'un air soucieux vers la porte qui conduisait à la galerie.
Il y trouva les sénateurs et les consuls debout et découverts, et, autour du trône ou dais ou se trouvait le fauteuil du viceroi, MM. de Valbelle et de Vallavoire aussi debout, entourés des officier? des troupes de terre et de mer.
Lorsque Vivonne entra, il put voir d'un rapide coup d'oeil, sur la figure des jurais, combien ils se trouvaient choqués de l'avoiremendu aussi longtemps; mais, selon son système, il n'y lit pas la moindre attention, et dit seulement :
— Messieurs, je lisais une dépêche du roi notre maître a sa bonne ville de Messine, et il y traitait si longuement de ses paternelles vues sur elle, que c'est à l'intérêt seul que me causait celle lecture (pie vous devez attribuer un retard .pu vient d'ailleurs d'une cause si flatteuse et si honorable pour vous. Je vous suivrai don*, messieurs, quaud il vous plaira.
Cette excuse satisfit médiocrement le sénat, cl Vivonne, descendant le premier le vaste escalier du palais, prit sa place au milieu du cortège, qui commença de défiler dans un ordre admirable :
Cent chevaliers, magnifiquement vêtus, appelés de L'Etoile, et qui tenaient a Messine le premier rang parmi la noblesse, ouvraient la marche, précédés de trompettes et de tambours, dont les justaucorps de velours ponceau étaient chamarrés de galons d'or et d'argent, ainsi que les banderoles de leurs trompettes et les housses de leurs tambours aussi brodées d'étoiles d'argent.
Puis venaient les gardes de M. de Vivonne^ avant leur capitaine en tête, et. après lui, vingt trompettes, dix hautbois et dix timbaliers vêtus de ses livrées; ensuite, devant Vivonne, marchaient immédiatement les officiers du sénat, en velours violet, chamarré de galons d'or, et précédés de cinquante hallcbardiers du sénat, vêtus de livrées vertes et or.
Knfin, venait M. de Vivonne seul, un peu en avant de deux sénateurs qu'il avait à sa droite, et de MM. de Valbelle et de Vallavoire qu'il avait à sa gauche; puis les membres du sénat habillés de robes de salin noir, avec nne fraise et une grosse chaîne d'or au cou, et au relroussis de leur toque une riche rose de diamants, surmontée d'une aigrette magnifique. Après les sénateurs c'étaient les officiers de terre et de mer, les officiers et gentilshommes de M de Vivonne. puis les consuls des métiers, portant un étendard où se voyaient les attributs de leur profession.
En tête de ces consuls marchaient les travailleurs en soie, des cousurt représentant l'industrie la plus productive de la Sicile; puis venaient les corporations des droguistes, des orfèvres, des argentiers, les confituriers, des tailleurs, de ceux qu'on appelait gepponan, des barbiers, des charpentiers, des cordonniers, des selliers, des corroyeurs, des cordiers, des faiseurs de gobelets; puis, enfin, uu détachement des gardes de M. de Vivonne et cinquante maîtres de cavalerie fermaient la marche.
I.e temps était magnifique, le canon et les cloches retentissaient a grand bruit; les rues étaient bordées d'une haie de soldats, et à chaque fenêtre se balançaient de nombreux pavillons de toutes couleurs. Puis, comme le commerce de soieries clail un des plus importants de Messine, les fabricants avaient décoré leurs maisons de magnifiques étoffes en pièces : aussi ne
voyait-on dans leurs quartiers que brocart et broralelle d'or et d'argent, sans compter que toutes les rues étaient jonchées de feuillage et de fleurs.
Celte population si avide de fêtes se rnail à celle-ci avec ivresse, et, malgré la haie des soldats, c'est à pente si le cortège put arriver au portail de la cathédrale au milieu de celle foule pressée.
L'aspect de celle église était imposant : rien de plus majestueux que son portail immense, couronné d'une foule de petites coloimelles sculptées a jour avec une adresse et une habileté infinies; mais, lorsque le cortège entra dans l'intérieur de la cathédrale, il put admirer un spectacle éblouissant; le maîtreautel surtout resplendissait de lumières. Celte partie de f édifice était, selon la coutume de Sicile, de telle dimension, qu'atteignant presque les deux côlés de la uef, il s'élevait encore jusqu'à sa voûte. Dans ce vaste espace on avail accumule, avec plus de richesse que de goût, l'or, l'argent, les glaces, les marbres, les pierres précieuses, qui représentaient assez grossièrement des figures d'hommes et d'animaux; joignez à cela une infinité de bouquets de fleurs naturelles et une innombrable quantité de bougies, et vous aurez un crayon de cette pompe singulière. J'oubliais qu'au-dessus du maître-autel, et suspendu par un fil invisible, on vovail l'ostensoir de cristal contenant les cheveux et la lettre autographe de la Vierge, avec uue couronne d'or au-dessus.
A gauche de la nef, en face de la chaire à prêcher, toute revêtue do marbre et de mosaïque, et l'iiu des plus beaux ouvrages de Cagini, un des meilleurs sculpteurs italiens du seizième siècle, on avait élevé un trône avec uu dais de velours cramoisi frangé d'or pour le nouveau vice-roi ; un autre, mais uu peu plus bas, pour l'archevêque, et pour les sénateurs des chaises i bras de brocart d'or, avec un tapis de pied, au-dessous du trône de l'archevêque ; enfin, les officiers de la justice s'assirent et prirent place sur les degrés du trône de M. de Vivonne ; les plus qualifiés de la noblesse curent des chaises de l'autre coté.
l:nc fois que le cortège fui en place, on commença les prières et une grand'messe, après laquelle s'accomplit la cérémonie du serment.
D'Antiége. vêtu de noir, s'avança donc au pied du trône de Vivonne, et lut en italien le serment suivant :
« Nous, sénateurs de la noble et exemplaire ville de Messine, « ville de Marie la mère de Dieu, don" Thomas Caffaro, l'ran- « cesco Maria Maiorana ,* don Vicenzo Marullo , duc di Cian- « paulo, Cosmo Caloria, don Raymondo Marchesi, duc di Bel-
* viso, et Antonino Chinigo, fondés en pouvoir spécial pour les
* choses ci-après («rites, à nous donne par le conseil général de « ladite ville, tenu le 25 d'avril, les genoux en terre et avec i tout le respect requis et convenable, faisons hommage lige de « fidélité à 1 invincible Louis XIV. roi de Fiance et de Navarre, « et ses successeurs : entre les maius de V. E. Louis-Victor « de Rocbechouarl. prince do Tonoay-Charcntc, duc et pair de n France, gouverneur et lieutenant général do Sa Majesté ès « mers et armées du Levant, > ii e-roi el lieutenant général r«- « présentant la personne du roi de France dans la ville de Mes- « sine et daus les autres lieux de l'île dans lesquels les peuples < auront secoué le joug de la domination espagnole. Et ainsi,
« nous le promettons et jurons sur la croix de Notre-Seigneur • « Jésus-Christ, et sur les quatre saints Evangiles que nous tou- « chons avec nos mains, que la ville de. Messiue, ses citoyens el « habitants seront très-fidèles vassaux el sujets de Sa Majesté el « de ses successeurs, jusqu'au dernier soupir de la vie, et ne se- « ronl jamais en conseil, aide ou de fait sciemment que Sa Mali jeslé et ses successeurs perdent la vie ou quelque membre ; « ou qu'ils reçoivent en leurs personnes offense ou injure au- « cune, ou dans les honneurs qu ils ont aujourd'hui ou qu'ils « auront à l'avenir; et s'ils savent uu entendent quelqu'un qui « veuille faire une des choses susdites, ils donneront autant
* qu'ils pourront empécliemenl qu'elle ne se fasse ; ou, s'ils ne m le peuvent faire, ils en donneront avis le plus dit qu'il leur •i sera possible a Sa Majesté, ;i laquelle pareillement ils donne- « ront secours de toutes leurs forces contre celui qui tentera
« les choses ci-dessus ; et si Sa Majesté révèle un secret à ladite t ville, il* ne le déclareront à personne sans sa permission ; el, g si elle lui demande conseil, ils le donneront comme il leur
• paraîtra plus expédient à son royal service; et ne feront ja- « mais chose aucune <|ui appartienne ou puisse appartenir a 10- « jure et offense de Sadite Majesté et de ses successeurs ; de « plus, ils feront et observeront toutes ces choses auxquelles « ils sont obliges par les lois, suivant la forme des constitu- « tions. capitulations du royaume, et coutume de ladite ville, « lesquelles choses étant ainsi établies. »
Après quoi chaque sénateur se mit à genoux devant M. de Vivonne, après avoir étendu la main sur les saints Evangiles, présentés par l'archevêque sur un coussin de drap d'or. " Alors M. de Vivonne se leva, étendit aussi la main sur les saints Evangiles, et «lit d'une voix haute el claire :
— Nous, viec-roi susdit, prêtons a vous, sénateurs, le serment contenu dans la eédulc ci-après, que notre secrétaire va vous lire.
Alors d'Antiège lut fort la formule suivante :
» Nous, Louis-Victor de Uochechouarl , priuee de Tonnay- « Charente, duc et pair de France, gouverneur et lieutenant « général des provinces de Champagne et Crie, général de toutes « les galères (le France, et lieutenant général de Sa Majesté ès « mers et armées du Levant, vice-roi et lieutenant gênerai ret présentant la personne du roi de France en cette ville de Mes- « sine, et dans les autres lieux de l'île dans lesquels les peu-
• pics auront secoue le joug de la domination espagnole, pro- « mettons et jurons sur la croix de Nôtre-Seigneur Jesus-Chiïst « el sur les quatre saints Evangiles, mis devant nous, el par « nous touchés, à vous, sénateurs, établis spécialement devant t notre personne, de la part de toute la ville, d'observer à la- « dite ville son district et ses droits, les capitulations, privilè- « ges, immunités et libertés accordes par quelque roi que ce i soit, el empereur; les rites, coutumes et les bonnes usa n ces « de ladite ville, comme ils eu ont use jusqu à présent, el autres « qui s'accorderont ci-après; que nous les garderons, observe- « rons, el commanderons être gardes et observes par tous et « un chacun les officiers. En témoin de toutes lesquelles choses,
• et chacune d'elles, nous voulons et commandons, à la prière « desdits sénateurs, que, des choses susdites, il en soit lait el
• donné instruments originaux par notre secrétaire ci-dessous
• nomme, autant que vous et les autres, à qui il appartient d en
• avoir, eu demanderez «1 en demanderont. Nous promettons « encore, par le présent jurement, de la part du roi de France « et de Navarre, la ratification de notre jurement dans le- terme « de quatre mois, sous la foi royale. »
Cette cérémonie terminée, Yivoune retourna au palais avec le même cortège et dans le même ordre. Le soir, ce lurent des rùjouissauces et des fêtes sans lin, et l'on parlait encore longtemps après, dans Messiue. des merveilleux festins, et de la non moins merveilleuse fêle donnes par Yivoune aux Messinois.
Depuis l'arrivée de Vivonne jusqu'au jour de sa réception, comme vice-roi. il s'était passé quelques événements importants, dont le rapport du chevalier de \a!ln Ile, qui embrasse depuis le ôO mars jusqu au G mai, donne un compte exact cl détaillé. Tous les passages soulignes, sont chiffres dans la dépêche originale.
UUTIOH BJIVOïiK PAR M. I.B r.llBVAUl « VALUKI.LK Dt CB QUI s'usT CASSÉ A NESStftE DEMIS LE ÔO MA US JUSQUH M MAI 107$.
« l'our vous obéir, je continue a vous écrire ce que je sais des affaires de Messine. Le 50 mars, on v arrêta un prêtre qui découvrit une grande conjuration, et accusa don Joseph Mania, gentilhomme de celte ville, d'en être l'auteur et le chef.
« M. le duc de Vivons le lit arrêter el conduire su château de Laiidria. el l'abandonna aux formes ordinaires de la justice. Trois jours après, il fut décapité et expose au public. Certes, le peuple parut extrêmement satisfait de cet exemple; nous en avions besoin pour rassurer les esprits, que la doua-tir naturelle
« noire nation m utent effrayé*, et pour rendre sages ( eux qui pourraient avoir songé à de pareilles entreprises.
i Huit jours durant, on prenait un prèlre le matin, el le soir
* un autre, qui accusaient indifféremment toutes sortes de per-
* sonnes. » Nous croyons que c'est un stratagème el une ruse des Espagnols, afin d'embarrasser monsieur le gênerai, qui ne se laissera point surprendre à la colère, mais à la défiance que ces avis peuvent faire naître. Il me fil l'honneur de me demander le mien sur ces ecclésiastiques, et de m'appeler au conseil qu'il tint avec M. de Yallavoire et le sénat sur ladite conjuration. Je le lui dis avec toute la sincérité possible el selon la disposition des meenrs des Messinois, qui ne nous sont pas entièrement soumis. Toutes les fois qu'il me fera la même grâce, je continuerai de le lui dire avec une grande liberté de jugement et sans aucune attache ni aux malvizii ni aux merli, qui sonl les deux termes des factions de cette ville.
m Us nouvelles même de Melauo sont que la patronne de Sicile ella galère Sainte-fllaire, de l'escadre de Naples, se sonl perdues dans le golfe de Salerne ; il ne s'est sauvé de ce naufrage que quarante ou cinquante personnes, et il s'est noyé beaucoup dfofliciers et de gens de qualité, parmi lesquels on compte le juge de la monarchie, dou Antoine (îénaro, le commandeur llrngamonte, et Cerimaldi, qui avait trahi les Messinois en introduisant les Espagnols à la tour qui est au sud du phare.
« M. de Vivonne l'a fait réparer, et il fait travailler en diligence au poste des Capucins, à la tour Yittoria et aux autres lieux qui n'étaient pas hors d'insnlle. M. de Yallavoire et lui sont présentement, en bonne intelligence, et je crois qu'elle durera, puiupte ec moroim a rendu te* retpeet* à il. d'Anùètje. Tout le monde en est fort aise, parce que c'est le bien du service, et que nous savons, par expérience, qu'il n'y; a rien de plus propre à ruiner et gâter les affaires que la division de ceux qui les manient el les conduisent.
n 11 me semble que les Messinois n'en ont point aujourd'hui de plus grande que de briguer des voix. Leur principale application est de faire des cabales pour être jurais ou pour faire nommer leurs parents. M. le duc de Vivonne a nommé pour delégal M. de Yallavoire. c'est-à-dire pour président de l'assemblée qui se tiendra au palais le 23 de ce mois, jour de la nomination.de.» sénateurs. Je vous assure d'avance qu'elle se fera fort tranquillement.
« Je ne me suis point trompé de mon opinion : l'élection s'est faite très-paisiblement. Dans trois jours, nous saurons les six jurais ; il v en a deux que je ne voudrais pas. Je l'ai dit, et à M. le duc de Vivonne, cl a M. de Yallavoire; mais ils ne peuvent se résoudre à faire ce que je leur ai proposé, et qu'ils avaient déjà pensé. Cela étant, je n'ai d'espérance ni de confiance qu'en la fortune du roi.
« Comme je ne vous écris ce qui se passe qu'à diverses reprises et à mesure que les choses arrivent, je vous dirai qu'aujourd'hui, 26 avril, le sort a fait en notre faveur ce que les ■ puissances n ont osé faire,, puisqu'il nous a donné presque tous les sénateurs que nous désirions : les irois nobles s'appellent don Jean-I'rancisco Chrisaphi, don Francisco Belli, don Gasnare Rederano ; et les trois citadins se nomment Chrislophore Majurane, Francisco Ca rousse, et P. Jacob. Majurane a beaucoup de sens el beaucoup d'esprit ; il a été trois mois a Toulon, et a fait le dernier voyage des galères avec monsieur le général. C'est sa créature, el son fils sort seulement de la juralie ; mais il est timide, ses collègues le sonl aussi, et, de plus, on ne les estime pas habiles, « Je crois qu'il vaut mieux pour nous qu'ils ■ soient tels que s'ils avaient du courage et de la science. » Chrisaphi el Carousse sont mes bons amis.
« Les eottsolenti, qui sonl ceux qui les assistent, suppléeront à leurs défauts. Heureusement pour nous, il n'j eu a point de suspects. Don Philippe Cigale en est un ; les autres sont don Joseph Marchèse, ennemi irréconciliable des Espagnols, don Pedro Faraonc, don Pedro Chrisaphi et don Jean Arcos; ce dernier a du mérite et de la bravoure. Je vous supplie très-hnmhlement de le ri commander a monsieur le général, el de croire que. dan- la prière que je vous fais pour lui, je ne regarde que
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le. pur service tlu roi; il vil a déjà rendu d importants el m'a toujours donné de bons avis. J'ai peur, el peut-èlre avec raison, qu'on ne le rebute.
« Plusieurs dévots que nous avons dans le royaume sont étonnés et surpris de voir le P. Lipari juge de la monarchie, parce ([ne c'est une dignité qui n'a jamais été possédée que par des gens de la première sphère et de la plus grande qualité ; et plusieurs Messinois sont dégoûtés à cause de la domination des juges de la cour astradigociale et du juge des appellations, quoique les personnes qui remplissent ces charges soient habiles el vertueuses.
« On dit que (apolitique ne voulait pas qu'on les donnât encore, et qu'il fallait, pour le bien du service, les faire exercer par commission, aujourd'hui par un docteur et demain par uu nuire, afin de ne pas dissiperl espérance d'une infinité de prétendaatl qui ont ires-bien servi, et qui sont fichés du choix qu'on a fait à leur préjudice. Pour moi, je pense que la nouvelle du voyage de M. de Terron a précipité cette nomination. Dieu veuille que les autres ne se fassent qu'après son arrivée. Nos équipages commencent i sentir les bons effets que produira le départ de M. de Courville, qui a cessé de faire \endr.- les victuailles. Il a fait des profils extraordinaires, particulièrement sur le vin : ce qu'il en avait eu à Toulon pour un écu, il l'a vendu ici sept, voire davantage ; les moutons achetés à Tunis à une piastre el un quart la pièce se vendent ici cinq, encore faut-il ' être de la faveur pour les avoir a ce prix-là ; il est vrai qu'il en est mort beaucoup en chemin ; mais il n'y a que les malades qui souffrent de cette perle, car, faute d'aliments, ils ne peuvent reprendre leurs forces. « Si toutes les vérités étaient bon- « nés a dire, je ne vous mettrais pas à deviner celles q^eje supi prime. »
* M de Preully est revenu de Barbarie avec deux barques chargées d'huile, trois de légumes et une de blé; deux jours après lui sont arrivés en ce port un vaisseau français chargé de blé aussi, et deux barques chargées de toute sorte de victuailles; cela réjouit extrêmement le peuple.
a Nous attendons d'un moment à l'autre H. de la Bretesche, qui est allé à la Morèe, comme vous savez : son retour apportera bien de la joie et de la satisfaction, quoique je sois assure que les seconrs de mer, qui ne sont pas naturels et oui sont d'une i iès-grande dépense, ne sauraient nous donner 1 abondance et I'* bon marché. « 11 est certain, et vous le savez mieux que moi, » que ces avantages ne peuvent se tirer que du pays, et qu'il n'y « a que la Sicile qui puisse entretenir une ville d'une aussi « grande consommation que Messine. Vous n'êtes pas a faire « ces réflexions, et, néanmoins, il n'a pas été en ma puissance » de m'empêcher de vous les écrire. »
« Les Espagnols, qui connaissent cela, font comme le renard qui tourne le dos au soleil pour en connaître le levant, et, voyant qu'ils n'ont pas assez de force pour réduire une ville si puissante, ils ne s'occupent qu'à se fortifier sur les avenues et ne songent, à mon avis, de nous vaincre que par leur patience. Je prie Dieu qu'ils n'y réussissent pas el que nous conservions Messine. « Je ne vois rien de plus glorieux pour Sa Majesté ni « de plus utile pour ses sujets ; car je suis persuadé que le Phare i nous est plus important qu'au peuple du Nord le détroit du « Sund, et qu'à la Méditerranée relui de Gibraltar. » Tous les
Iirinces d'Italie, qui en voient les conséquences, pestent contre e conseil d'Espagne, et nous souhaitenl un mauvais succès; les Barbares mêmes sont fâchés de nous voir si près et si voisins de leurs côtes.
« Monsieur le général a de bonnes nouvelles de Calania, et je ne voudrais pas jurer qu'à la venue de nos troupes et de nos galères cette ville ne fasse le saut; la disposition des habitants ne saurait être meilleure. Que nous serons heureux s'ils n'en demeurent pas à leur bonne volonté, et si nous sommes bientôt en état de les aider à secouer entièrement le joug t Le marquis de Ferrandine eu a peur, et le marquis d'Aslorgue tremble pour Naples et pour la Calabre.
< Tous les transfuges disent qu'il y a beaucoup de troupes à Oggio el qu'il y en vient incessamment. Je ne saurais croire IJHV ces préparatifs soient pour défendre la côte el conserver
BAKT
les peuples dans I obéissance , c'est assurément contre nous qu'ils se font , je veux dire qu'on n'assemble du monde que pour le transporter dudit Beggio à I Escalette, dès qu ils sauront la force du secours que nous attendons et qu'ils nous sauront en campagne, afin d éluder tous nos efforts et s'opposer à nos progrès; mais, si nous sommes maîtres de la mer, et par conséquent du canal, nous leur donnerons bien de la peine.
« Leur flotte ne saurait être prêle qu'à la fin du mois de juin, et peut-être plus tard, les guerres passées nous ont appris qu'elle ne sort des navres et des rades qu au mois d'août; c est sur quoi nous devons prendre des mesures Le prince de Montesarcio commandera ladite flotte. « Don Melchior de la Cueva et don « Joseph Sentine, son vice-amirâl, sont prisonniers ao château « de Baye : on les accuse d'avoir reçu trois mille pistoles du ror i notre maître, à la charge de le laisser secourir Messine et ne ï s'opposer point à l'entrée de M. de Vivonne dans le Phare, el « on publie que je leur ai envoyé cet argent par l'officier qui fut t demander de ma part le passe-port qui fui accordé à monsieur « votre frère pour aller à Malte. Bon Dieul quelle imposture et « quelle calomnie! »
« On parle toujours du voyage de don Jehan d'Austria, et on nous menace de temps en temps d'une escadre de vaisseaux hollandais; mais nous pourrions bien insulter les Espagnols à Baye avant que Tromp soit en ces mers. Dès que M. du Quesnc sera . ici, on verra ce qu'il y a lieu d'entreprendre sur eux; je ne le tiens pas difficile; et, si nous étions assez heureux pour réussir, nous ne craindrions ni le nombre, ni la force, ni l'habileté de ces bourgmestres. « Enfin M. le duc de Vivonne a pris pos- « session, et le 28 de ce mois, après avoir fait un peu trop bayer « messieurs du sénat, qui demeurèrent près d'une demi-heure à * l'attendre , * on le proclama vice-roi avec les cris de joie el les applaudissements qui suivent d'ordinaire ces fêtes : les châteaux et les vaisseaux la célébrèrent à coups de canon. Le même jour, les sénateurs prêtèrent le serment de fidélité, el on remarque que c'est le même jour que le roi Bené, dernier comte de Provence , perdit ce royaume, et que celui qui commandait pour lui, passa de celte ville à Beggio, et se sauva des Vêpres siciliennes. Agréez que je vous fasse souvenir que celui qui lui porta cette mauvaise nouvelle le trouva faisant le crayon d'une perdrix.
« Nous sommes au I "' de mai. el il vient d'arriver deux barques chargées de légumes et un vaisseau chargé de blé, et il y a treize jours qu'ils sont partis de Livourne A ne vous rien cacher, nous avions besoin de ce secours pour soulager les inquiétudes de M. le duc de Vivonne. car il n y avait dans la ville du blé que jusqu'au 15 de ce mois, et maintenant nous en avons jusqu'à la hn, mais grassement. Je suis persuadé que monsieur le général baillera des ordres pour empêcher qu'on n'en vende ni à droite ni à gauche ; au moins il ne saurait rien faire de mieux pour le bien du service et pour son repos.
« Il est revenu quelque monde dans la ville , mais non pas tant qu'on nous voulait faire accroire : l'induit ou l'amnistie n'en a attiré que très-peu. Pour les faire revenir, il faut les galères, du blé, des troupes et de l'argent. Quelques-uns des absents et de grosses têtes ont des négociations vives avec monsieur le général; mais j'estime toutes les propositions qu'ils font des amusements, et ne puis croire qu'ils se déclarent que lorsqu'ils nous verront forts en campagne et les Espagnols faibles.
•i M. le duc de Vivonne a remis à M. de Vallavoire le soin de choisir les personnes propres i commander quatre régiments messinois qui se doivent faire; on parle d'y mettre les lieutenants-colonels et deux capitaines français. « Ce mélange n'est « pas au gré de bien des gens, et moi j'en appréhende les sui- « tes. Nos gens sont forts décriés déjà pour leurs débauches et « leurs insolences; aussi les levées ne se feront pas avec la fa- « cilitè qu'on se figure. Je vous ferai savoir le succès de ce des- « sein, qui pourrait échouer, à cause que les soldats qui sont ici « ne s'accommoderont pas de la paycjle cinq sous, n en ayant « jamais eu moins de quinze el le pain. »
« M. de Moissac el M. de Rouys se retirent el n'attendent qu'une commodité sûre pour passer à Toulon ou à Marseille; l< premier s'en va parce qu'il na pas l'honneur d être dans les
bonnes pires de Son Excellence, el l'autre, parce qu'il n est pas employé sur les états venus de la cour, comme on lui faisait espérer, font le monde les voit partir avec regret : ce sont assurément deux bons acteurs; ils ont très-bien servi, et dans le temps difficile. Les autres qui viendront après eux, ce sera comme I on dit en méchant proverbe : pane facto.
* Aujourd'hui, 4 de ce mois, M. de la Brelesche parait et entre dans le Phare, avec dôme barques et cinq vaisseaux : voilà un convoi très-couaidérable; c'est un • secours miraculeux, si tous les bâtiments sont chargés de victuailles, car nous n'attendions de lui qne trois ou quatre mille charges de Hé. Si nous nous réjouissons de le voir revenir avec beaucoup d'avantage, les ennemis
3ui le regardent e Iteggio s'en affligent et perdent absolument l'espérance de nous affamer. Je quitte U plume pour aller aux nouvelles, je les ajouterai ici.
t M. de la Bretesche vient de me d i r qu'il y a dans ces bâtiments, venus avec Ini, quatre mille charges de blé, trois mille quintaux de rit, mille salines <le vin , trois cenl%
Juin taux de viande e cochon , une grande quantité de légumes, cent bœufs, cinq cents poules, et du bois.
Le convoi est considérable , et il y a assurément aujourd'hui abondance de tout dans la ville pour deux mois, il m'a dit qu'on lui a confirmé à Zanthe et à Corfou la nouvelle que nous avions Jes Allemands qui passent par Venise pour venir ici . et qu'il en a déjà passé environ trois cents. C'est tout ce que je sais. Je suis, avec plus de respect que personne du monde, votre très-humble et très-obéissant serviteur.
* 6 mai 1075.
a J'ai oublié de voua dire qu'un docteur, nommé Laurence Scopa, merle avéré, ayant été introduit dana la aecrétairerie de Son Excellence, le sénat el généralement tout le monde s'en scandalisa; on s'en plaignit, ce qui fut cause qu'on l' éloigna.
Vi««nne f de Neuine , reçoit
mais avec bien de la peine; « et, deux jours après, il fut tué à * l'entrée de la nuit, et par nui? l'on ue le sait pas; mais on s croit qu'il y entre de la prudence politique. *
i Je viens d'apprendre que le sénat a déclaré pour résident en France don Antooino Caffaro, qui est en cour, et que, par conséquent, les vieux sénateurs prétendaient être échoué. Vous saurez aussi qu'on a donné au seigneur Vicentio Pelegrioe, que vous avez vu à Saint-Germain, la charge du secret, qui n'avait
jamais été possédée par des citadins, mais tonjours par des personnes de qualité.
Le dernier qui l'avait donna trentetrois mille éens pour l'obtenir du vice-roi. C'est un office qui a inspection sur les gabelles et les douanes.
« On vient de fairedèfense à toutes sortes de personnes d'acheter de l'huile à d'autres que de H. de Courvtlle, caril est ici le maitre de toutes les victuailles qui arrivent.
Je ne sais s'il est bon de lui permettre cela ; mais je .sais bien que cela fait crier miséricorde à tout le inonde, parce qu'il ôte la liberté de commerce, et c'eat ce qui désespère ceux qui ne subsistent et n'entretiennent leurs familles qu'en achetant en gros et à bon marché pour vendre après et en détail.
■ Le chevalier de Valdelu- »