‹ Jean Bart et Louis XIVChapitre 56 sur 120 · ET LOI · texte numérisé non relu

ET LOI

il fallait eomplcr, sous peine de subir l'inimitié de Vivonne.

Dans h lettre suivante , adressée a Pomponne, M. de Vallavoire rend uu compte général de l'expédition de Melazzo.

à. ». AHSULl» DE POMI'OMJIB.

* A Mewine, ce 56 juin 1(175.

» J'ai bien du déplaisir, monsieur, que la fortune n'ait pas seconde nos desseins dans l'entreprise que nous avions faite sur Melazzo ; et, quoiqu'il ne f oit pas extraordinaire qu'avec deux mille hommes on ne prenne pas une telle place, je ne laisse pas d'avoir la même douleur que si nous eussions été en état d'exécuter ce que nous avions projeté ; ma seule consolation est que le roi verra du moins, par la qualité de cette entreprise, qu on peut appeler téméraire, que je ne manque pas de zélé pour son service, et que je n'ai pas manqué de conduite dans l'exécution de notre dessein.

« D'abord que nos troupes furent arrivées, on tint un conseil -de guerre pour savoir l'us»ge que nous en devions faire, et voici ce qui fut résolu : que j'irais faire camper nos troupes à Saint- Stephauo, qui est un poste prés do Sainte-Placide et de l'Escalelte. pour obliger le* ennemis à y jeter toutes leurs forces, tandis que M. de Valbelle, du côté du nord, irait croiser avec trois vaisseaux et un brûlot, pour empêcher les secours qui pourraient entrer dans Melazzo.

« Toutes ces choses furent exécutées et eurent l'effet que nous nous en étions en quelque façon promis ; car les Espagnols, voyant cette démarche, crurent que nous en voulions à ces premiers postes, et ne laissèrent dans Melazzo que deux cents Espagnols , trois cents Milanais ou tfalabrois et cinq compagnies de cavalerie.

•i Cela m'obligea de partir le soir du 0 de ce mois , avec MM de Moroas et de la Villedieu , pour aller investir cette place.

« Je ne vous dirai point la peine que nous eûmes à passer par des montagnes et des défilés qui sont autant de précipices, et où dix hommes en peuvent arrêter dix mille ; mais je me contenterai de vous marquerseulcmentque notre marche futsi secrète, que les ennemis n'en eurent aucune connaissance.

i Nous primes eu passant tous les environs de Melazzo. qui se rangèrent volontairement sous l'obéissance du roi ; il n'y eut qu'un certain endroit appelé Monll'orl, où les ennemis avaient sept ou huit cents hommes retranchés, qui lit de la résistance ; mais nous le forçâmes l'épée à h main, a la reserre de 1 enceinte du château, où les ennemis se retirèrent, et où nous ne voulûmes pas nous arrêter, parce que nous crûmes qu'il valait mi^ux suivre notre premier dessein, et tacher d'emp cher que 1rs ennemis ne jetassent du secours dans Melazzo.

« Nous continuâmes donc notre marche jusqu'à cinq milles de celte place, et le lendemain nous partîmes dés la pointe du jour pour l'aller investir; mais nous trouvâmes qu'il était difficile au peu de troupes que nous avions d en faire la circonvallalion, parce que la langue de terre sur laquelle nous étions était beaucoup plus grande que l'on ne nous l'avait marqué.

« D'ailleurs, nous croyions y trouver les vaisseaux et les galères, ainsi que nous en étions convenus, et pouvoir, avec une partie de l'armée de mer, nous rendre maîtres du faubourg du côté duquel nous étions, tandis que le reMe des vaisseaux et des galères aurait fait une descente de l'autre côté de la ville.

« Mais tous ces desseins avortèrent par le manquement des- « dits vaisseaux ; et cependant les ennemis ayant assemblé toutes » leurs garnisons, se mirent en état de ne plus rien appréhender * de ootre part.

« Il faut ajouter à cela que M. de Valbelle, qui était, comme je viens de dire, parti pour aller croiser du côté du nord, ne se trouva pas assez tôt â l'entrée du port pour empêcher certains bâtiments majorquins d'y débarquer des troupes allemandes le jour même que je partis pour l'aller investir; et tomes ces choses jointes ensemble produisirent l'effet que je vous dis.

« Il ne se passa rien de remarquable dans le séjour que nous finies près de Melazzo , si ce n'est à l'égard d une sortie d'in-

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