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On le répile, on pe sait que penser de celte étrange violation de toute justice, qui parait encore plus brutale et injustement hostile, lorsqu'on lit la dépêche suivante de M Pidou de Saiot- Olon, envoyé de France à Gênes. Louis XIV, voulant hâter le terme de l'expédition, avait ordonné a son envoyé de demander ses passe-ports; mais, H. de Saint Olon ayant un peu lardé parce qu'il ne pensait pas les choses aussi avancées, lut vertement rabroué par 11. de Croissy, au nom dn ni. C'est a cette lettre sévère que répond H. de Saiut-Olon; et on va voir combien la conduite des Génois fut différente de celle de Louis XIV, a propos de l'agent diplomatique de ce prince, qui Tut, au contraire, comblé d'égards par le doge et le conseil, au moment de son départ, bien qu'il ne fût brait dans Gènes que des prépara* tifs du roi dB France conire cette ville. '
et difficiles du démênagemcnlel du transport des meubles d'une maison entière, le peu de sûreté des chemins de terre et de mer n'ont pu me permettre encore, ainsi que Votre Majesté l'ai.ra appris par mes précédentes dépêches, de faire partir avec mes ballots prêts et embarqués, il y a plus de quinze jours, ceux de nies gens que j'avais destinés pour les accompagner ; et que je suis même obligé de laisser ici toutes mes hantes jusqu'à ce que les bâtiments français se puissent croire a couvert des courses et des prises des Majorquins.
« Mais, quel qu'en doive être l'événement, je dois, sire, et suis résolu d'eu abandonner tout le sein pour o en prendre plue d'autre que celui de me conformer entièrement aux volantes de Votre Majesté ; aussi est-ce eo cette vue que, n'en ayant reçu qu'avant hier assez lard ces dernières explications, je me portai
Arrestation du «eur Mari ni, emroji de Géoe*.— mm 1561.
■ A Gênes, It 15 avril 1684
f Sire,
c Ce que Votre Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire le iî avril me donne bien de la confusion et du chagrin, en me faisant connaître combien j'ai su mal interpréter ses royales intentions dans celle du i 7 mars; et, quoique je présume assez de ses grandes bontés pour me flatter qu elle voudra bien ne point donner d'explication contraire a la sincère ingénuité des motifs qui ont relardé les effets de ma prompte obéissance, je veux, pour m'en punir moi-même et pour marquer un plus grand respect à Votre Majesté, supprimer toutes excuses qui pourraient donner à ma conduite une légère justification, et lâcher â réparer par la diligence de mon retour le crime innocent et involontaire du retardement de mon départ.
t 11 eût été néanmoins, sire, assez difficile de l'avancer suivant les termes des premiers ordres de Votre Majesté, qui ne m'enjoignaient que de repasser incessamment dans son royaume avec toute ma famille, puisque, outre les embarras nécessaires
W parti. — laf. Fia»* liK"" «C,r»i Krferlli, 4.
dès le soir même à l'audience des collèges pour m'en congédier, ayant cru, puisqu'il plaisait â Votre Majesté de m'en laisser le choix, qu'il était bon de faire voir à la république que je n'ai pas moins d'honnêteté sur ce qui regarde les devoirs de bienséance qu'elle aurait trouvé de désintéressement en moi sur ce qui aurait pu m'engager en quelques obligations envers elle, si, elle m'en eût donné l'occasion par l'offre de quelque présent; mais, soit pressentiment, épargne, manque de temps ou défaut de volonté, elle ne s'est point mise en état de l'éprouver, rt a seulement répoudu â ma civilité par l'envoi de quatre gentilshommes dont je refusai la visite, que n'ayant plus de meubles cl ne songeant qu'à partir, je n'étais plus en commodité de les recevoir. Je fus au sortir de lâ chez monseigneur l'archevêque, je lis faire le lendemain des compliments â l'envoyé d'Espagne et au prince Doria, lesquels m'ont aussi rendu visite et compliments, et je me suis mis en étal de partir infailliblement demain malin, sous la bonne foi d'un passe' port authentique que j'ai obtenu du comte Melgard, pour me rendre incessammenl, et par la voie la plus courte, aux pieds de Votre Majesté.
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• Cependant, sire, pour ne pas manquer <le rendre connue à Votre Majesté, comme je le dois, de ce que j'apprends de ce
qui se pa'sse ici pendant que j'y suis, je DM donnerai l'honneur de lui dire qu'il u'y parait pas moins de terreur que de certitude d'une prochaine attaque de Gènes ou de Savonc par l'armemenl naval de Votre Majesté, et que les différents avis que ces gens-ci en reçoivent, joints à ce que le sieur de Maiini leur écrit de la réponse peu satisfaisante que Votre Majesté a nouvellement faite aux instances réitérées de milord Preston en leur faveur, les ont jetés dans une consternation si grande et si subite, que rien n'est pareil à la précipitation de leurs conseils et a l'aveuglement de leurs résolutions. Ils s'assemblent soir et matin depuis cinq ou six jours; ils ont fait quantité d'officiers
Cour l'artillerie, pour la marine, pour leurs murailles et pour i commandement des troupes qu'ils prétendent employer a leur défense ; ils ont dépêché a Milan et envoyé prier le résident d'Espagne de joindre ses offices a leurs ins'lances pour hâlerla venue des galères de Sa Majesté Catholique ; et les collèges util enfin fait passer au grand conseil la dérogation si souvent tentée par le doge et la faction d'Espagne, de la loi qui ne permettait pas au consiglietle de faire aucunes ligues, traités, confédérations et autres choses de celte nature, qu'elles ne fussent autorisées par le concours des quatre cents, de leurs suffrages, en sorte que les deux tiers y suffiront dorénavant; et, comme ceux
Sui sont opposés à cette faction ne composent pas ce nombre, est constant qu'on peut dire que la république est aujourd'hui sous l'entière disposition du parti d'Espagne ; mais il y
a beaucoup d'apparence que , sous un chef qui lui sera moins dévoué, cette nouvelle loi. qui donne au consigliclte une autorité irop étendue el trop importante aux intérêts généraux et particuliers de toute la noblesse, pourra bien recevoir des atteintes préjudiciables ., l'union et à la tranquillité de ce gouvernement.
i Les galères qui étaient allées en Corse en sont revenues avant-hier et ont tiré la république par leur retour d'une grande appréhension qu'elle avait conçue sur leur sujet.
« Voilà, sire, toute l'information que le peu de temps qui me reste encore à être ici me permet d'en donner à Votre Majesté, que je supplie très-humblement de n'écouter que les mouvements de sa clémence et de ses bontés ordinaires , dans le compte que je me dispose à lui aller rendre incessamment de ce qui n'a eu pour objet dans toutes les fonctions de mon ministère qu'une obéissance soumise et respectueuse et un désir e*
tréme de faire connaître a Votre Majesté qu'on ajouter à la fidélité parfaite el au zèle inviolable avec lesquels je suis, comme je dois, « Sire,
« Voire très-humble et très-obéissani serviteur,
« PlDOU DE SaMT-OlOW. »
Arch. de* Aff. éir. Gène», 1685-84, p. 411 el suiv.)
Srignelay, voulant bâter lui-même l'armement de la flotte et l'embarquement des troupes, partit pour Toulon, où il arriva le 2;> avril. Le 5 mai il parut avec I armée navale, composée de 14 vaisseaux de guerre, de 20 galères, 10 galiotes, 20 tartanes, 2 brûlots el 8 flûtes.
Bien que du Quesne dût commander en chef cette expédition, ce fut M. de Seignelay qui. en assumant sur lui-même toute la responsabilité, donna, comme ministre, des ordres qu'il exécutait comme général. Le mécontentement de du Quesne , aigri «l'ailleurs par l'Age et de fréquentes et continuelles injustices, fut tel, qu il refusa de prendre aucune pari au commandement de l'expédition, signifiant nettement qu'il la commanderait en chef ri nefon ses rue* . ou qu'il ne mettrait pat le pied non de ta chambre. M. de Seignelay ne tint compte de ces menaces, et du Quesne agit ainsi qu'il l avait dit
La flotte parut donc le 0 mai 1084.
Favorisée par le temps le plus propice, la flotte française arma devant Gènes le 17 mai. Voici deux relations des événements de celle expédition : l'une est adressée a M de Louvois.
el l'autre à M. de l'roissy ; dans la seconde, surtout, on trouve d'étranges détails el particularités sur les ravages occasionnés par le bombardement, cl sur le massacre de plusieurs Français qui furent victimes de l'exaspération des Génois.