‹ Jean Bart et Louis XIVChapitre 99 sur 120 · V. S, |,ps apostilles à te* divers articles snnl de · texte numérisé non relu

V. S, |,ps apostilles à te* divers articles snnl de

observations /chics nu lt.ivi.ii (le là main de Tutirnlle.

Il semil nécessaire d'être informé du nombre cl force du* raii«eaux de (t hit rf ilcrartuceennciuiu; il ne faudrait pas hésiter a Ici alt.i<|ucr , ai leura força» n'étaient aupérieitrc> nuv notre* que d un petit nombre de vaisseaux, de ail, sept, jusqu'à huit.

Comme j'ai déjà eu I'Iioiineiir de te dira au roi, de* le moment nue dciu armée» aont en présence, cl en état do ae pouvoir reconnaître, il cal impôts ible d 'éviter un comb.it quand une arm'e ennemie voirdra enpucer l'autre et qu'elle nu ri lu vent, dîna une taim i.i où la nuit n'esl que de trois 6 quatre heure*, et où te* coup* (le vent ne peuvent pa* faciliter une séparation ; il n'y aurait d'autre eiDcdicul que d'abandonner loui les v»iss«aut qui ne acronl pis lins de voile*, ce qui ne ao peut pat pratiquer, car ce «erait nue matueuvre qui inlimiiler.nl de telle minière le» équipa»**, qu'il aérait tiès-dilfi" ite de le* pouvoir rassurer lorsqu'il faudrait combattre : tous les ofliciera généraux , et ceux qui uni de la pratiqua à la nier, conviendront da ee fait, et que le meilleur parti i quoique inférieur | eut d'attendre l'ennemi en Ihmi ordre et de tenir une br.ive coiiten.iucn.

chercher les vaisseaux ennemis dans la Manche; elle veut seulement qu'il croise a l'outert de ladite Manche, afin d'y pouvoir entrer si son service le demandait.

Comme la principale vue de Sa Majesté est de garantir ses eûtes des descentes des ennemis et de tâcher de rendre leurs armements inutiles , plie vent qu'il attende , dans la cro sière qu'elle lui a marquée ci-dessus, de& nouvelles des mouvements des ennemis

En cas qu'ils sortent de la Manche et qu'ils soient en nombre supérieur, Sa Majesté ne veut pas qu'il les attaque; elle veut, au contraire, qu'il les évite, en ménageant cependant autant qu'il se pourra la réputation de son armée navale , et profitant des occasions favorables que su capacité et son expérience peuvent faire naître, étant certain qu'il peut y avoir des dispositions telles, a la mer, que le petit nombre peut devenir supérieur au grand.

Mais, en cas que les ennemis sortent de la Manche avec un nombre de vaisseaux inférieur ou égal à ceux de Sa Majesté, elle veut que ledit sieur de Tourville les attaque, qu'il les combatte, et qu'il tache, pour cela, de les attirer autant qu'il se pourra sur les côtes de France.

Si les ennemis, étant sortis de la Manche, prenaient la route des côtes de France , romme la baie de Bourg-Neuf, la Rochelle , ou la rivière de Bordeaux, l'intention de Sa Majesté est que ledil sieur de Tourville les suive, qu'il les attaque sans marchander, et qu il les combatte quoique nombre égal , se remettant à lui de prendre les précautions convenables en pareille occasion.

Mais si les ennemis, étant sortis de la Manche, faisaient route en Irlande, Sa Majesté veut que ledit sieur de Tourville les suive; et. s'ils entraient dans la rivière de Galloway ou dans celle de Limerick, qu'il les y attaque de la même manière qu'il lui est ordonné sur les eôtei de Firancedans l'ariicli préeédi m.

Je aui< persuadé que n'y avant point Je troopet wrnuroérairesembirquécssur la flotta ennemie , elle ne peut faire de défense d'aucune considération , ci qu'elle n'en entreprendrait aue pour engager l'armée u roi à entrer dana la Manche , «4 il est certain qu'une armée qui viendrait pour en combattre une autre ne «émit pas en état de (aire aucun détachement de ses équipages. La seule chose qu il me parait que les ennemi» puissent exécuter, étant beaucoup supérieurs en nombre de vaisseaux , c'eat d'en employer quelques-uns pour soutenir les galiotes à bombes qu'ils destineraient à bombarder Dieppe; il me parait, par le raisonnement des pilotes de Sainl- Malo, que tout ce que peuvent Taire le» ennemis est d'y (aire approcher deux ou trois galiotes , qui cependant aéraient i plus de doute cents toises de la

. à moins qu'Us

servir de la

marée pour approcher les galiotes, ce qui ne pourrait pis être de longue durée et trca-diifiole à i '

Il ne paraît pas a Sa Majesté que les ennemis puissent faire d'autres entreprises en sortant de la Manche que celles ci-dessus expliquées; mais, en cas que leur dessein fût de rester dans la Manche, d'y faire quelque descente et d'attaquer quelque ville, Sa Majesté veut que, si c'est à l'ouest du cap de la H ogue, c'est à-dire entre ce cap et Brest, il y entre, qu'il les attaque en quelque nombre qu'ils soient; mats qu'il attende de nouveaux ordres de Sa Majesté si l'attaque se fait entre ce cap et Dunkerque. Il concevra aisément qu'il sera difficile que les ennemis puissent laisser les vaisseaux qu'il faudra pour soutenir leur attaque, et venir avec un assez grand nombre au-devant de lui; d'ailleurs, comme ils n'ont point de troupes surnuméraires embarquées sur leurs vaisseaux, et que les gens qui seront à terre feront des détachements des équipages, il sera difficile que les vaisseaux qui viendront audevant de lui soient en état de rendre un combat bien opiniâtre. Ainsi, en quelque nombre que les ennemis puissent être , il est vraisemblable que les vaisseaux de Sa Majesté seront plus forts; et, en en cas qu'il eût le honneur de remporter un grand avantage sur les ennemis, Sa Majesté veut qu'il les pousse le plus loin qu'il se pourra, et que, si les ennemis prenaient la fuite devant lui, il les poursuive jusque dans leurs ports.

En cas que les choses se passent de part et d'autre de manière qu'il n'y ait aucun combat jusqu'au mois d'août, Sa Majesté est persuadée que les ennemis seront en ce temps peu en état d'attaquer, par le nombre de malades qu'ils auront immanquablement, étant informée qu'ils en ont déjà plusieurs; en ce cas elle s'attend que ses vaisseaux pourront en ce temps entreprendre quelque chose contre eux. Ellecspère que la santé se conservera mieux parmi les équipages de ses vaisseaux que par le passé , par le soin qu'elle a pris qu'il ne fût embarqué que de bons vivres; et elle recommande encore audit sieur de Tourville d'examiner avec beaucoup d'attention les causes principales des maladies qui arrivent sur les vaisseaux, et de donner les ordres qu'il estimera nécessaires pour les éviter.

Sa Majesté est bien aise de l'informer qu'elle fait état de faire passer à Brest ou à Rochcfort, aussitôt que cela se

Courra , les sept vaisseaux qui sont à unkprque; et, comme ces vaisspaux pourront le joindre à l'entrée de la Manche ou sur les côtes d'Irlande s'il était obligé d'y aller, Sa Majesté désire qu'il lui envoie les signaux de reconnaissance, afin qu'elle les fasse tenir au

On relâchera i Belle-Ile, (uivant l'intention du roi, autant qu'on le pourra , le lieu des relâches dépendant des vents et des accidents qui arrivent à la mer; ainsi je ne peui point déterminer l'endroit ou l'armée pourrait relâcher, les uns pouvant être obligés d'entrer dans U Manche , d'autres i Brest , d'autres à Belle -Ile et d'autres aux rades de la Rochelle; il est de la dernière importance que toute l'année reUelie en même lieu et ensemble par les inconvénients qui pourraient résulter d'une séparation.

commandant de ces vaisseaux; il faut aussi qu'il en laisse une copie au sieur Desclouseaux et qu'il en envoie aux sieurs Begon, Gabaret, Louvigny et Patoulet, afin qu'ils s'en puissent servir pour les bâtiments qu'ils auront à lui envoyer pendant qu il tiendra la mer.

xvir.

Sa Majesté veut absolument que ledit sieur de Tourville tienne la mer depuis le jour qu'il mettra à la voile jusqu'au

f rentier du mois de septembre prochain, ependanl, en cas que, par quelque accident que Sa Majesté ne peut prévoir, il soit obligé de se rendre dans un port, elle veut que ce soit à la rade de Belle- Ile, à celle de Groye ou autre do la côte, à l'exception de celles de Bertheaume et de Brest, lui défendant d'y entrer, à moins que tous ses vaisseaux ne fussent incommodés après un combat à un point qu'ils fussent hors d'état de tenir la mer le reste de la campagne; mais, en cas qu'en ce temps , premier septembre, ledit sieur de Tourville n'ait point d'ordre contraire, Sa Majesté désire qu'il renvoie ses vaisseaux dans les ports, qu'il rentre avec trente-cinq à Brest, qu'il en envoie dix à Port-Louis, et vingt-cinq à Rochefort, et Sa Majesté désire qu'il lui fasse savoir son avis sur le choix des vaisseaux qu'il faudra envoyer en i de ses porls.

FaitâMarly, le 26 mai 1691.

LOUIS

Et plus bas :

PumrEUTt

(Archives de la

Il ressort évidemment du texte de cette instruction que la mission de Tourville, dans la Mauche, roulait sur trois points principaux ;

1* D'attaquer le convoi de Smyrne;

2" De défendre les côtes de France contre toute insulte;

3° De tenir la mer dans la Manche jusqu'au mois de septembre.

Et généralement de ne pas hasarder le combat contre les flottes alliées dans le cas on elles seraient en nombre trop supérieur.

Pour ne pas anticiper sur les faits qui prouveront si Tourville remplit ou non les conditions expresses de sa mission, on va donner d'abord une lettre de cet amiral, qui répond, d une façon fort détaillée, à un supplément d'instruction que M. de Pontchartrain lui avait envoyé au sujet d'une descente dans les rades de Spithead et de Torbay.

On compte d'autant plus sur l'intérêt que doivent exciter ces Mémoires de Tourville à propos de sa navigation dans la Manche, que ces travaux, comme roux de du Quesne et de Valbelle à propos de leur navigation dans la Méditerranée, pourraient servir à la fois de grave et utile enseignement ou de point de comparaison d'une haute importance, si les circonstances obligées d'une pareille manœuvre se rencontraient de nouveau.

Dans celte letlre, Tourville se montre fort opposé à ces visées de descente à Torbay et à Spithead, et il donne les solides et saiues raisons de son peu d'adhésion à ce projet.

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