‹ Jean BaudryChapitre 60 sur 72 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

BARENTIN

Ordinairement.

ANDRÉE

Est-ce qu'il ne l'a pas laissée aujourd'hui?

BARE^■TI^^ Tout à l'heure, en rangeant sa chambre, je ne l'ai pas vue où il a coutume de la mettre. Il l'a peut-être emportée par distraction.

ANDRÉE

Ou bien il l'a égarée. Quelqu'un peut l'avoir trouvée, et alors la maison est ouverte.

BARENTIN, effrayé.

Tout de même, oui.

ANDRÉE

Vous ne pouvez pas empêcher d'entrer quelqu'un qui aurait cette clé?

BARENTIN

On pourrait se garantir avec l'autre serrure.

ANDRÉE

Quelle autre serrure?

BARENTIN

La porte d'entrée a une serrure à secret; mais on ne s'en sert jamais, parce que monsieur dit que c'est assez d'une.

ANDRÉE

Je suis comme vous, j'ai peur. Ne pourriez-vous

pas, ce soir, sans le dire à monsieur Baudry, fermer les deux serrures ?

BARENTIN

Sans le dire à monsieur? c'est lui qui a la clé du

secret!

ANDRÉE

Vous ne savez pas où il la met?

BARENTIN

Il ne le sait pas lui-même. Quand vous êtes venue ici, je lui ai dit que les femmes c'était timide, et que, pour vous, nous ferions peut-être bien de fermer le secret; il m'a dit qu'il avait perdu la clé. Il n'a pas voulu se donner la peine de la chercher. Mais si mademoiselle la demandait, je suis sûr que monsieur la chercherait pour elle.

ANDRÉE

Oui, je la demanderai.

BARENTIN

Merci 1 Au moins, vous n'êtes pas brave, vous ! Je vais être très bien avec vous. Je déteste les maîtres braves! (n sort.)

ANDRÉE, seule.

Oui, il a emporté sa clé. S'il ne peut pas ouvrir, quelquefois le moindre obstacle imprévu fait renoncer à un mauvais dessein. Enfin j'aurai fait tout ce

que j'aurai pu. (Entre Bruel.)

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