‹ Jean BleuChapitre 34 sur 39 · TAN ER · texte numérisé non relu

TAN ER

blanc émergeant d’un fichu de dentelle qui se croisait sur une robe de soie grise.

Elle resta ainsi une seconde, une main retenant le rideau, l’autre sur la poitrine, semblant inquiète et si splendidement belle que Potard avait, dans sa cachette, des envies furieuses de laisser échapper son admiration au moyen de longs discours sonores.

— Qui donc m'appelle? dit la jeune femme.

— C'est moi, votre ami.

— Ahlte voilà, comme tu as été longtemps absent, Jean-Marie.

— Il le fallait.

— Et tu ne l’as pas retrouvé.

— Non.

— Tu ne le retrouveras donc jamais! jamais! et cependant lui, il me l’avait promis. La dernière fois que je l’ai vu il me dit, — il était très pâle et avait au cœur une tache rouge — il me dit : « Dieu permettra que nous nous retrouvions un jour, au revoir, ma bien-aimée. » Tu vois bien, Jean-Marie, tu vois bien que je le reverrai.

— Éh oui, c’est possible; mais aujourd’hui il faut s’occuper d’autre chose. Regardez sur le canapé.

La jeune femme se retourna, poussa un cri et chancela, puis se jetant presque sur le corps de Louis, elle parlait, riant et pleurant tout à la fois.

— Te voilà donc enfin revenu... comme tu as froidl Et Jean-Marie qui ne me prévenait pas. Pourquoi fermes-tu les yeux, tes yeux où j'aimais tant à me voir toute petite. si petite... La joie revient dans mon cœur et mon sang coule plus chaud et plus rapide... Je croyais bien que tu reviendrais... mais parle-moi donc... parle-moi... Ah! chutl fit-elle en se relevant tout à coup et en mettant un doigt à ses lèvres. il dort... laissons-le reposer. je reviendrai tout à l’heure.. à tout à l’heure... mon Henri bienaimé | “Ai

Elle déposa un rapide baiser sur le front blanc du jeune homme et disparut comme si elle se fut évanouie.

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