‹ Jean Cabot [microforme]Chapitre 24 sur 31 · J, Winsor, Ibid · texte numérisé non relu

J, Winsor, Ibid

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Sur la carte de Sébastien Cabot, on voit très bien, à peu de distance de Ongédo (Graspi), une grande île sans nom, qui occupe l'endroit où se trouve l’île d’Anticosti. Plus loin, vers l'est, se voient plusieurs îles dont l'une porte la d'signation Y. de Baculos. Cette île et plusieurs autres, situées au nord et à l’ouest, correspondent parfaitement à la grande île de Terrencuve. S'bastien Cabot connaissait pourtant alors les découvertes récentes de Jacques Jurtier, même celles de Verazzani ; mais il n'a voulu tracer sur sa carte que ce qu'il avait vu, ou cru voir, en la comp} ignie de son père. D'ailleurs, Ramusio n'avait pas encore publié les relations des voyages de Jacques Cartier, qui lui auraient fait voir une seule île là où il en met plusieurs.

Notons, en passant, que dans les écrits officiels, le mot Zsle est toujours uni à celui de la terre ferme. (romara assure que, dans son second voyage, Cabot s'arrêta à ‘“ l'îilo Baccalaos (1)” ‘Hakluyt reproduit une carte signée F, G., où Jon voit, sur la délinéation du “La brador : Baccalaos ab Anqlis, 1496 (2) ; Picrre Martyr déclare que Barchalaos : te découvert vingt-six ans auparavant par Cabot, Bacchalaos anno ahhine vigesimo sexto ex Augli& per Cabotum repertos (3).

IR. Hakluyt, Nav., Voy., ITT, p. 30.

2—J. Winsor, Var, and Crit. H., LIT,

3 De Orbe Novo, D. VII, -C. IT, 471.

Il est donc difficile de supposer que Jear Cabot n'a pas eu connaissance de Fîle de Terrencuve. Si nous avions le “ rapport ”?

et les cartes qu'il présenta lors de son retour, nous trouverions probablement des choses très intéressantes.

Ce qui est certain, c'est que du 24 juin au ler août, Cabot n'eut pas de temps à perdre en longues observations. IT lui fallut s'en retourner, à son grand chagrin, sans avoir trouvé le passage de l'Ouest dans le golfe.

À son arrivée, Jean Cabot annonça à l'abbé Raimondo qu'il avait dessein de faire ur.

second voyage, plus au sud, toujours à la recherche du Zipanqu (1). IT était anxieux de:

faire connaître sa découver : pour arriver à de plus grandes choses, Ce désir, bien naturel, avait probablement hâté son retour tout autant pour le moins que là raison allégute du défaut de vivres, car l'immense quantité de poissons dont il parle aurait pu dissiper toute «rainte

Comme nous lavons vu, Jean Cabot, au retour de son premier voyage, rentra au port de Bristol au commencement d'août 1497 probablement le 6

1— Lettre de Raimondo de Soncino, 18 die 1497. J. Winsor, Nar, and Orit, EEE, 55.

me 2 0 00

Son premier soin fut de dresser une carte et un globe (1) où l'on pât voir ses découvertes. L'affaire fit grande sensation.—Jfean Cabot était à Londres quatre jours plus tard, car Henri VIT, le 10 août 1497 (2), accorda, sur sa caisse privée, 10 louis de reompense à celui qui avait d'couvert lle nouvelle, etune pension annuelle de 20 louis, à partir du 25 mars 1497 jusqu'à révocation, et aux frais des douanes de Bristol. L'ordre émané pour Ja pension du roi est du 13 décembre: 1497, el les sceaux y furent apposés Jde 28 janvicr 1498 (3).

“ Memorandum quod 28a die januarii anno subscripto ist litteræ Jiberatiw fueruut Bo mino Cancellario Angliæ apud Westmonasterlum exequend&æ :—

‘ Fenri, par la grâce de Dicu, roi d'Angleterre et de France, et Seigneur d'frlande, au très révérend Père en Dieu, Jean, Cardinal Archevôque de Cantorbiry, Primat de toute l'Angleterre, ct Légat du Siège apostolique, notre Chancelier, salut :

‘# Nous vous laissons savoir que, pour certaines considérations qui Nous intéressent

1— Lettre de De Ayala, amb, d'Espasne, 24 juillet 1498. J. Winsor, Var. and Crit. IE, [11, 57.

2—Biddle, Memoir…, 80.3. Winsor, Var.

and Crit. H,, IIT. p. 53.

3—J. Winsor, Nr. and (rit. IL, ET, 56.

spécialement, Nous avons donné et accordé à Notre Bien-Aiïmé Jean Cabot, de Venise, une rente annuelle de 20 louis sterling, payable annuellement, en portions égales, aux fêtes de St-Michel et de Pâques, depuis la dernitre fête de l'Annonciation de Notre: Dame.durant Notre bon plaisir, sur les douanes et revenus perçus dans Notre port de Bristol par les employes s de Nos douanes. C’est pourquoi Nous voulons et vous enjoignons de donner à cellesei, Nos lettres patentes, forme bonne et efective par l'apposition de Notre grand sceau.

Donné sous Notre seing privé, en Notre palais de Westminster, le treizième jour de décembre de la treizième anne de Notre règne.”

Le roi était enchanté de l'heureuse issue de l'expédition : by considerations us specially moving ”, dit-il à l'adresse de son bien-aimi (Well-beloved) John Calhot, en lui accordant cette pension de 20 louis. C'était une bien humble subvention, comparée à ce qui se Fait de nos jours, mais suffisante, si nous nous reportons aux temps de Cabot ; car 20 louis ralaient alors 200 louis de notre époque. (1) ——[enri, comme témoisnaswe de gratitude, denna encore un habit de soie (2) et peut-

1—J, Winsor, Var. and Crit. HE, VIT, 56.

2—J, Winsor, Var, and Crit. IL. ibid. [TF,

être le titre de grand amiral : Au moins Cabot est-il quelquefois appelé de la sorte.

Henri VIT ne semble pas avoir fait davantage.

Mais les contemporains de Jean Cabot ne restèrent pas inditdérents en face du résultat obtenu, C'est à que nous irons chercher Îles dernières preuves de nos avances, relativement au voyage de d'couverte, en 14)7.

“ Cette année, 1497, disent les Manuscrits de Bristol (1), le jour de la St-Jean Bte. la terre d'Amérique à (té découverte par des marchands de Bristol, sur un navire de Bristol appelé le “ Matthew ”, qui partit de Bristol le 2 mai et y rentra le 6 août suivant.” C'est le seul document qui donne les dates 2 mai et 6 août ; mais comme les Manuscrits de Bristol prêtent plus où moins matière à suspicion, ny attachons pas trop d'importance. Cette citation donne aussi le nom d'Amérique. Améric Vespuce vivait à cette époque, mais il ne fit ses voyages que plus tard, lorsque Colomb eut lui-même touché à l'Am‘rique du Sud, le 50 mai 1498. Le nom ‘ Amérique ” ne fut donn qu'en 1507, par % Martin Hylacomylus 7 imprimeur à St-Dié en Lorraine. Il faut conclure de à que les Manuscrits de Bristol n'ont été écrits où corrig{s qu'après cette date.

Heureusement les ‘ Registres de Venise donnent une lettre de Lorenzo Pasqualigo (2),

1—J. Winsor, Var. and Crit. H., ILE, 53.

2—J, Winsor, Ibid. LIT, 53.

et dont j'ai déjà fait mention. Ce marchand de Londres écrivit à ses frères à Venise, une

lettre en date du 23 août 1497, dont M. Justin Winsor cite en résumé. “ Le Vénitien, notre compatriote, qui partit avec un navire de Bristol, est revenu, et il dit qu'à 700 lieues d'ici il a découvert une terre dansle territoire du grand Cham. Il a suivi la côte l'espace de 300 lieues et touché terre. Il n'a vu aucun être humain, mais il a apporté au roi certains

filets destins à la prise du gibier et une ai-

guille pour faire les rets. Il a été trois mois à son voyage, Le roi a promis qu'au printemps notre compatriote aura 10 vaisseaux. Le roi lui à aussi donné de l'argent pour son entretien jusque là, et il est maintenant à Bristol avec sa femme, qui est aussi une vénitienne, et'ses fils. Son nom est Zuan Cabot, et il «a le titre de Grand Amiral (he ts styled the Great Adniral).. On lui fait grand honneur. Le découvreur à plante sur sa terre nouvellement découverte (on his new-found land) une grande croix, avec le drapeau d'Angleterre et celui de St-Marc, parce qu'il est Vénitien.—lLondres, 23 août 1497.”

Tel est le langage d'un homme d’afiaires, parlant d'un compatriote qu'il connait assez intimement pour savoir même des détails de sa famille et de sa fortune. [ devait être aussi bien renseigné sur les autres circonstances et incidents qu'il 1apporte au sujet du voyage,

et qu'il tenait probablement de la bouche de Jean Cabot lui-même. A l'étranger, les compatriotes 5C groupent, pour faire revivre les souvenirs de [a patrie absente.

Il y à des documents d’une portée plus grande : les rapports des plénipotentiaires étrangers alors présents à Londres,

Le 24 août 1497, Fabbé Raimondo de Soncino, envoyé du Duc de Milan auprès de Henri VIE, écrivait le passage suivant dans une longue d'pêche à son gouvernement ; elle à té tirée de ‘ Registres vénitiens ”, et imprimée pour la première fois he Imerican : intiquar'ian Society, en octobre 1866 (1).

‘ De plus, dit Raïmondo, 1l y a quelques Lo Sa Majesté a envoyé un Vénitien qui est un très bon marin et qui possède une grande exp'rienee pour la d'couverte des iles nouvelles ; il est revenu sain et sauf après avoir trouvé deux îles nouvelles très grandes et très fertiles, ayant aussi découvert les Sept-Cités, à 400. lieues à l'ouest de l'Angleterre. Le printemps prochain, Sa Majesté se propose de l'envoyer avec 15 où 20 vaisseaux.’

Que veut dire cette découverte des Sept- Cités ?2—-En 1569, Gerard Mercator plaçait au sud-est des Bermudes des îles auxquelles il donne le nom de Sept-Cités.—{Elles n'ont jamais existé que duns l'imagination des géographes. Le nom vient d'un voyage attribué

1—J. Winsor, Var. and Crit. LT, 54.

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ri,

à sept évéques espagnols, fuvant Ja tyrannie des Sarrasins au huitième siecle.— Ce nom est aujourd'hui donné à une partie volcanique de l'Ile St Michel des Açores.

Au mois de décembre de la même année, 1497, Raimondo cCerivit, de Londres, une autre lettre où il fait mention plus sérieuse des découvertes de Jean Cabot et du projet nourri par le roi de les continuer au printemps suivant, Les Archives de Milan (1) ont conserve ce document, qui reffète la simplicité de l’époque ainsi que les illusions, conséquences de cette expédition. Pour lintelligence de cette lettre, il faut remarquer que Raimondo, on disant que le navire cingla vers lÆst, entend déterminer le but du voyage, c'est-à-dire le Levant, où le navire devait arriver par ia voie de l'ouest ; où bien il faut dire qu'il s’est trompé. On ne sait par non plus ce qu'il entend par T'anaïs.

Autrefois, à l'embouchure du Pon, était la ville de Tanaïs, célèbre dans lhistoire de Gênes ; peut-être Raimondo veut-il dire que Cabot est allé bien au delà de cette ville par la voie de l'ouest. Il termine sans parler de l'endroit où s'effectua le d‘barquement.

Voici lu lettre de Raimondo au duc de

Milan :

1—J, Winsor, Nar. and Crit. IT., LIT, 54.

Chem = : NE nl

‘ Mon très illustre et très excellent Seigneur.

“ [ne d'plaira peut-Ctre pas à Votre Excellence, au milieu de ses nombreuses occupann HAPPrPnMS comment Sa Majesté ici a gagné une partie de PAsie sans un coup d' A If y a en ce royaume un ccrtain Vénitien dont le nom est Maître Jean Cabot, homme d'un esprit fin et de grande expérience dans la navigation. Cet homme, voyant que les très illustres rois de Portugal et d'Espagne ont pris possession d'îles inconnues,

s'est déterminé à faire semblable acquisition pour Sa Majesté susdite. Après avoir obtenu les concessions royales requises pour Tui donner l’usufruit de tout ce qu'il pourrait diécouvrir, pouvu que la propriété de ces d 'eouvertes soit réservée à la couronne, il s’est contié à la fortune sur un petit navire portant

1$ hommes d'‘quipage.

« [I partit du port de Bristol, à l’ouest de ce royaume, passa les limites occidentales de l'Ilibernie, et dirigea sa course vers le nord ; mais après quelques jours, il laissa l'étoile du Nord à sa droite pour se diriger vers le Levant. Apris avoir erré assez longtemps, il rencontra enfin la terre ferme où il planta la bannière royale et en prit possession au nom du roi. 11 revint avec quelques objets pris sur ces côtes.

“ Le dit Maître Jean, étranger et pauvre, ne serait pas cru si ses compagnons, qui sont

presque tous Anglais et de Bristol, n'avaient | certitié que ses ri apports sont vrais, Ce Maître

Jean a fait la description du monde sur une

arte et sur un globe solide, et il y montre l'endroit où ila pris terre. Et il dit qu'en

allant vers l'£st (le Levant) il est allé bien

au delà du pays de Tünais. Cette contre

disent les marins, est très bonne et très ter pé-

rée, et ils croient que le bois de Brazil et l'ar-

bre à soie V Croissent,

« Tous aftirment que cette mer est remplie de poissons, que Pon prend non seulement avec des rets mais aussi avec des paniers, pourvu qu'on y attache une pierre pour les faire enfoncer dans l'eau. C'est le r'cit que

j'ai entendu de la bouche de Maître Jean ; et

les susdits Anglais, ses cumarades, disent qu'ils apporteront tant de poissons que ce royaume n'aura plus besoin à l'avenir de l'Islande d'où il vient une très grande quantité de poisson appelé morue (stockfish).

“ Maître Jean a form dans sa tête un plan encore plus vaste ; car il espère aller plus loin versle Levant, à partir du point déjà ocrupé, en rasant constamment le rivage, Jusqu'à ce | qu'il soit au delà d'une île, à laquelle il a donné le nom de ‘# Cipango ”, et située dans la | région cquinoxiale, où 11 pense que toutes les épices du monde originent, ainsi que toutes les pierres précieuses. [Taffirme encore avoir été autrefois À La Mecque, où les pe sont apportées de lomtains pays par les caravanes,

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et qu'à sa demande #“ Où les dites épices croissent-elles ? ? ceux qui les avaient apportées lui dirent qu'ils n'en savaient rien, —que d'autres caravanes avec ces marchandises viennent de loin jusque chez eux, et que ces dernières les reçoivent d'autres caravanes venant de régions éloignées. Et il areumente ainsi : que si les Orientaux ont affirmé aux habitants du Sud que ces épices viennent ainsi de main en main do pays lointains, il peut se faire que les caravanes, au point de d ‘part, les prennent au Septentrion vers l'Ouest, en supposant la rotondité de la terre. Et il à aftirm' cela de telle façon que, n'ayant rien à y gagner ou à y perdre, je le crois aussi. [y à plus encore : ici le roi, qui est sage et peu prodigue, met en lui quelque confiance ; et comme Maître Jean me le dit, depuis son retour, le roi lui à rendu la vie facile, Et l'on dit aussi qu'au printemps, Sa Majesté susdite équipera quelques vaisseaux et lui donnera en outre tous les criminels, et ils iront en cette contrée pour y fonder une colonie au moyen de quoi on esp're établir à Londres un entrepôt d'épices plus considérable que celui d'Alexandrie.

“ Les chefs de l’entreprise sont citoyens de Bristol et grands navigateurs. Maintenant qu'ils savents où aller, dis ls, ce n'est pas un voyage de plus de quinze jours, d'autant plus qu'au delà de l'frlande ïls n'ont jamais essuyé de tempêtes,

6 J'ai aussi conversé avec un Bourguignon,

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‘amarade de Maître Jean, qui confirme tous les faits et désire y retourner parce que lAmiral (é'est le titre que Maitre Jean s'atitribue déjà) lui a donné une île ; il en a aussi donné une autre à son barbier de Castiglhione-de- Gênes.et tous les deux se considèrent déj: comme des contes. Quant à mon seigneur Amiral il ne s'estime rien moins qu'un Prince,

‘ Je pense qu'avec cette expédition 11 parüra aussi bon nombre de pauvres moines italiens : tous ont la promesse d'y avoir des évechés. Et, comme je suis devenu Pami ue lPA.miral, si je voulais aller en ce pays, jy aurais un archevéché. Mais j'ai cru que les bénéfices que Votre Excellence me tient en reserve, sont chose plus sûre.

# C'est pourquoi, dans le cas où ces bénéfices deviendraient vacants en mon absence, Je demande que vous n'en fassiez donner pos:

session, prenant les mesures voulues principalement à où c'est nécessaire, ain qu'il ne me soient pas enlevés par d'autres, qui, à cause de leur pr'sence, peuvent être plus diligents que moi ; Car, dans ce pays, j'en suis reduit à la nécessité de manger de 10 ou 12 plats à chaque repas et à rester à table trois heures durant, deux fois par jour, pour l'amour de Votre Excellence, à qui je me recommande humblement.

“ De Votre Excellence, le très humble serviteur.

‘“ Londres, 18 déc., 1497.”

RAIMUNDUS.

JEAN CABOT 8i

Supprimons les erreurs géographiques dues à l'ignorance de cette époque, et il n’en restera pas moins prouvé que Jean Cabot est le héros de l'expédition de 1497. De Sébastien, pas un mot ; et cependant Pasqualigo et Raimondo connaissaient les membres de l'exptdition, et avaient conversé avec eux : si le rôle principal eût été la part du fils, ils l'auraient dit, et Jean n'aurait pas osc s'intituler “ le grand amiral.” 1] me semble donc évident que la découverte de l'Amcrique du Nord est le résultat de l'expédition de 1497.

Voilà pour le premier voyage de Jean Cabot.

Nous savons déjà quels étaient les projets de Jean Cabot pour l'annte 1498. Les citoyens de Bristol, approuvés par Henri VII, ne voulaient rien moins que l'établissement d’une colonie anglaise pour enlever à Alexandrie le monopole des épices. Mais il fallait trouver ce pays fortuné : Cabot avait son plan tracé à l'avance.

En partant des Terres-neuves dans la direction du sud, il devait trouver sur son chemin l’île de Zipangu et, au delà, la Terre promise !

L'autorisation destinée à faciliter les préparatifs de cette seconde expédition, fut accordée à Jean Cabot seul, en date du 3 février 1457-8, sans pri judice pour les privilèges accordés l’année précedente. En voici la teneur.

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“# Memorandum quod, tertio die februarii anno regni regis Henrici Septimi XIE, ista Billa delibata fuit Domino Cancellario Angliæ apud Westmonasterium exequenda.

“To the Kinge,

‘“ Please it your Highness of your inost noble and habundaunt grace to graunte to John Kabotto, Venecian, your gracious Lettres Patents in due fourme to be made accordyng to the tenor hereufter ensuying, and he shall continually praye to God for the preservacion of your moste Noble and Roïiall astate longe to endure.”

CE à PA à

(24 Rex. 7

‘ À toutes personnes qui les présentes verront, salut ! Sachez que, par faveur spéciale, ot pour diverses raisons de Nous connues, Nous avons donné et accordé, et par ces présentes donnons et accordons à Notre bien-aimé Jean Kabotto, Vénitien, autorité suttisante et pouvoir de pr “enr e, lui-même ou son représentant ou ses représentants dûment qualiiss, et selon son bon plaisir six vaisseaux augtais en quelque port où ports où autre place dans Notre Royaume d'Angleterre ou terre soumise à Notre ob‘dience, pourvu que ces vaisseaux ne soient que d'un tonnage de 200 tonneaux ou au-dessous, avec les appareils requis et nécessaires pour la sécurité des dits vaisseaux ; de les convoyer et diriger à la terre et aux les dernièrement découvertes par le dit

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Jean en Notre nom et par Notre commandement ; payant pour eux et pour chacun d'eux comme nous paierions ex et pour Notre propro besoin, et non autrement. Le dit Jeun, par lui-même, par son ou ses représentants qualifiés, peut prendre et recevoir dans les dits vaisseaux et dans chacun d'eux, tels maîtres, mariniers, compagnons et autres sujets qui, de leur plein gré, voudraient aller et passer avec lui sur les mêmes vaisseaux aux dites terres et îles, sans qu'il soit permis de faire aucun empêchement, obstacle ou trouble par Nos officiers ou ministres ou autres sujets quels qu'ils soient, envers le dit sean, son représentant ou ses représentants, ou tous autres dits sujets où aucun d'entre eux, passant avec le dit Jean sur les dits vaisseaux aux dites terres ou îles. Nous donnons ordre à tous et à chacun de Nos officiers, ministres ou sujets voyant ou entendant lire Nos présentes lettres, sans autre commandement de Notre part, pour eux ou chacun d'eux, de faire en sorte d'aider et secourir le dit Jean, son ou ses représentants et tous Nos autres sujets ainsi voyageant avec lui selon la teneur de Nos lettres patentes. Et cela nonobstant tout statut, acte où ordonnance, passée ou future, venant de quelque manière en opposition aux présentes.”

L'original est en langue anglaise ; Richard Biddle l'a trouvé au bureau des Registres {Rolls chapel), en Angleterre. J'ai tenu à

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