‹ Jean Calas et sa familleChapitre 11 sur 100 · PRÉFACE XVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XVII

de faire admirer chez Calas un héroïsme dont la simplicité ne doit pas faire méconnaître la grandeur ; chez sa veuve j la fermeté d'âme des matrones antiques, profondément pénétrée et attendrie par la foi chrétienne; chez Paul Rabaut et dans la part hardie qu'il prit à cette tragique histoire, l'intrépide dévouement d'un champion de l'Évangile qui, sous le coup d'une condamnation à mort, continue cinquante ans, sans orgueil ni faiblesse, son périlleuxministère, ne s'irrite jamais contre ses persécuteurs, et n'a qu'un seul jour de colère dans sa vie, celui où l'Église qu'il sert est accusée d'un fanatisme atroce et dénaturé. Sous l'ignoble règne de Louis XV, de pareils hommes sont l'honneur de leur pays, en même temps que la gloire de leur communion. Héritier de leur foi, j'ai été heureux de leur rendre hommage; mais j'ai résisté à l'entraînement de mon admiration.

En résumé, j'ai cherché dans ce livre à traiter chacun selon ce qui lui est dû, avec une justice qui a dû quelquefois être sévère, mais qui n'est jamais malveillante. La règle de mon travail a été cette maxime excellente, citée souvent et rarement pratiquée : Suum cuique,

ÀTH. C. F.

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