PROCÉDURE ET ARRÊT DES GAP1T0UL
ville parlait. Le jeune barbier ne résista pas à la tentation dese donner de l'importance devant ses pratiques et prétendit avoir entendu une voix, qu'il avait reconnue pour celle de Marc-Antoine Calas, crier: Ah I mon Dieu l on nC étrangle I Ahl mon Dieu l on m'assassine I Selon frère Barthélémy, Ëspaillac aurait dit, déplus, que cette même voix avait ^é: Ahl mon père, vous m'étranglez.
Il va sans dire que le propos arriva à la justice. Es-* paillacfut appelé en témoignage. Tout ce qu'il déclara c'est qu'à dix heures il avait vu de la lumière dans la boutique des Galas, avait entendu pleurer et frapper du pied et qu'à ce moment il vit sortir Lavaysse. . . .
Frère Joseph voulut être sûr qu'Espaiilac avait répété devant la justice tout ce qu'il avait dit chez les Frères ; il le pressa de questions, et l'étourdi lui répondit (( qu'il n'en avait pas dit la moitié. » Deux fois depuis, frère Joseph l'engagea, devant trois autres membres de sa société, à aller révéler cette autre moitié de son récit; il s'y refusa obstinément (1).
Qui ne comprend que le perruquier avaitfaitun conte aux trois frères-tailleurs, et qu'il recula devant l'infamie de persister dans ce conte en présence d'un juge d'instruction, après avoir prêté serment , et quand il y allait de la vie de cinq personnes innocentes ? Quoi de plus simple, de plus vulgaire qu'un tel fait? On aima mieux supposer qu'Espaiilac était un témoin infidèle, qui refusait dédire ce qu'il savait. Il fut décrété de prise de corpsle 5 novembre; mais l'alerte barbier avait prévu où aboutiraient les charitables semonces de frère Joseph
(i) C'est d'après le texte même de» cjuatre dépositions (^ue noua rapportons ces faits.
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et ne se laissa pas prendre. Il disparut et ne revint plus, mais le décret subsista; cet incident eut sa large place dans les conversations des Toulousains, et tout le monde sut à quoi Ton s'exposait en rétractant un propos hostile aux Galas (1). L'intimidation, on le voit, était au comble.
Tant que les Gapitouls restèrent saisis du procès, il ne parut aucun Mémoire d'avocat en faveur des accusés. Il est probable que ce n'était pas l'usage devant cette juridiction inférieure à laquelle aucun ordre d'avocats n'était attaché. U ne parut en faveur des Galas que les quatre ou cinq pages de la déclaration de Louis. Gependant David Lavaysse, sans perdre de temps, avait tenté de sauver son ûls. Il écrivit un Mémoire secret, qui est encore inédit et qu'il envoya au comte de Saint* Florentin. Il en ût passer une copie au comte de Rochechouart, son ami, envoyé de France à Parme, et probablement à d'autres. Ge travail a dû être fait immédiatement, en octobre et novembre, puisque M. de Rochechouart, dans une lettre du 5 décembre, écrite au Ministre pour lui recommander le jeune Lavaysse et les Galas, s'appuie sur ce Mémoire qu'il venait de lire et y renvoie Saint-Florentin. Nous avons trouvé ce manuscrit aux Archives, à Paris (section historique, Le). Gomme cette pièce est tout à fait inconnue, nous eu donnerons un court extrait.
Nous retrouvons dans ce document, qui date des premières semaines du procès, des circonstances qu'on ac-
(i) II a Boffi qu'Espaillac eûl refusé de Taire, d'an conte en l'air débité à ses pratiques, une dénonciation meurtrière et parjure, pour qa'on ait yu en lui un partisan des Galas et qu'on lui ait prêté, comme nous l'ayons dit, un rôle dans de prétendus conciliabules avec MoDjer et Louis,
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