TORTORE ET SUPPLICE DE JEAN GALAS
séances (1). Des treize juges, sept opinèrent immédiatement pour la mort, trois pour la torture seulement (se réservant ainsi de voter la mort plus tard, s'il y avait lieu) ; deux furent d'avis qu'on vérifiât avant tout s'il était possible ou non que Marc-Antoine se fût pendu entre les deux battants de la porte, avec le billot et la corde qui étaient au greffe. Un seul se déclara pour Tacquittement
Ne semble-t-il pas prodigieux qu'on ait refusé i'exalœnde fait, demandé par deux juges? Conçoit-on de nos jours un tribunal passant outre à une condamnation calétale, quand deux ou trois de ses membres demandent une vérification qui n'eût pas exigé une demi-heure? Le parti pris et la légèreté furent-ils jamais plus évidents?
Malgré la majorité de 7 voix sur 13, Galas n'était pas condamné encore ; cette majorité, d'après la loi, était insuffisante pour une sentence capitale. Après un débat prolongé, ce fut, dit-on, le doyen des conseillers, M. de Bojal, qui, en se joignant aux 7 voix déjà obtenues, rendit l'arrêt de mort exécutoire. On l'avait cru favorable aux Galas.
L'arrêt portait l"" que Calas subirait la question ordinaire et extraordinaire « pour tirer de lui l'aveu de son crime, complices et circonstances;» ((2''qu' étant en chemise, tête et pieds nus, il serait conduit dans un chariot des prisons du palais à la cathédrale, et que là devant la porte principale, étant à genoux, <( tenant en ses mains une torche de cire jaune allumée du poids de deux livres, » l'exécuteur de la haute justice « lui fera
(0 Lettre du préiident de Senaux (Corr. St-F. i s).