TORTURE ET SUPPLICE DE JEAN GALAS
faire amende honorable et demander pardon à Dieu, au roi et à la justice de ses méfaits; » S"" l'ayant remonté sur ledit chariot, l'exécuteur le conduira à la place Saint-Georges (1) où, sur un échafaud, a il lui rompra et brisera bras, jambes, cuisses et reins ; » 4** il le portera sur une roue et l'y couchera le visage tourné vers le ciel, « pour y vivre en peine et repentance de ses dits crimes et méfaits et servir d'exemple et donner de la terreur aux méchants tout autant qu'il plaira à Dieu de lui donner de vie. »
Cette sentence, qui serait cruelle, quand il s'agirait d'un véritable assassin, fut prononcée contre Jean Galas le 9 mars et exécutée dans tous ses affreux détails le lendemain.
Nous croyons devoir insérer ici le procès-verbal de cette hideuse boucherie, tel que le signa un homme que nous devions retrouver sur l' échafaud de sa victime, David de Beaudrigue. Ce procès-verbal est un monument historique d'une haute valeur, parce que l'innocence du condamné y éclate à chaque instant à travers les ruses de ses interrogateurs et l'atrocité de ses tourments (2).
(i)Plus d'une Toisj'ai tristement examiné cette place fatale, dont une fontaine occupe le centre, au lieu de la colonne votée plus tard par la Convention. Peut être vaul-il mieux quMl en soit ainsi; pour moi, le monument le plus éloquent à la mémoire de Calas, c'étaient quelques anciennes maisons qui sont demeurées debout çà et M, les mêmes qu'il y a cent ans. Si ces façades de bois et de brique noircie pouvaient dire ce qu'elles ont vu, ou n'écrirait pas aujourd'hui i Toulouse que Jean Calas était un assassin et un parricide. On n'eût osé le prétendre, le jour où ces mômes fenêtres legorgaient de témoins émus qui le virent mourir comme meurent les martyrs.
En i7fi4laplaceSaint-Goorge8reçut le nom de place Calas, qu'elle a perdu depuis longtemps.
(2) Ce procès-verbal, abrégé de moitié, a été f ubiié par M. Fré-