‹ Jean Calas et sa familleChapitre 39 sur 100 · TORTURE ET SUPPUGE DE JEAN GALAS · texte numérisé non relu

TORTURE ET SUPPUGE DE JEAN GALAS

PROCèS-VERBAL D'BXéCUTION DE JEAN GALAS PÈRE.

ff L'an mil sept cent soixante-deux et le dixième jour du unis de mars après-midy, pardevant nous, noble François-UayiBond David de Beaudrigue et M. Léonard Daignan de Sendal, capiiouls, dans le grand consistoire les plaids tenant, a été emmené par l'exécuteur de la haute justice le nommé Jean Gdas père, accusé du crime d'homicide par luy commis sur la personne de Marc- Antoine Galas, son fils aîné, lequel, tète, pieds nuds, eu chemise, ayant la hard au col, et étant à genoux, M. de Pijon, avocat du roy, a dit que le procès ayant été ^t, tant de notre autorité que celle de la souveraine cour de piriement, k sa requête et à celle de M. le procureur général pour cas de crime d'homicide contre ledit Jean Galas père et aatves, ladite souveraine cour de parlement, par son arrêt, rendu le neuvième du courant en la chambre Tournelle, a condimné ledit Galas père à faire amende honorable devant la porte principale de l'église Saint-Etienne de Toulouse, et a être conduit ensuite k la place Saint-Georges, et sur un écliaiaud qui à cet effet y sera dressé, ledit Galas père y sera rompu vif et ensuite expiré sur une roue qui sera dressée tout auprès dodit échafaud, la face tournée vers le ciel, pour y vivre en peine et repentance de ses dits crime et méfaits, tout autant qu'il plaira à Dieu de lui donner la vie, el son corps mort jeté ensuite dans un bûcher ardent préparé à cet effet sur ladite place, pour y être consommé et ensuite les cendres jetées au vent ; piéalablement, ledit Galas père avoir été appliqué à la question

Mrie Thomas, avocat à la Cour impériale, dans les Petites Causes ce- Ubretdujour, n® 7, en juillet 18S5, et inséré dans le journal la Presse le 2 août suivant. Nous avons collationné ce document sur l'acte authentique conservé aux Archives, el nous avons non-seulement rétabli ce qui manquait dans Tabrégé imprimé, mais reproduit le style et jusqu'à Torthographe de l'original. 11 nous a paru important 4e lui laisser toute la froideur technique et barbare du langage officiel.

se trouvait point (1) , et d'éviter soigneusemeat que ce nom fût prononcé. A vrai dire, ce que M. de Saint-Florentin aurait préféré, c'était que Rabaut quittât le pays; c'est dans l'espoir de l'y résoudre parla terreur qu'il consent aux poursuites projetées contre son Mémoire, autorisant même le Procureur général à le faire arrêter, s'il a en^ core l'audace de se montrer après ce décret, mais en prenant de bonnes mesurés pour prévenir toute secousse.

Soit excès de zèle, soit qu'un des membres de la Cour eût prononcé le nom interdit, soit plutôt que la lettre du Ministre qui est du 2 mars ne lui fût point parvenue le 6, M. de Bonrepos nomma (jusqu'à six fois) Paul Rabaut dans ses réquisitoires, mais non dans le texte même de l'arrêt qui fut rendu à sa requête.

Il se plaint de ce que Paul Rabaut prend le titre de Ministre du Saint-Evangile, de ce qu'il a osé dater son ouvrage du Désert^ de ce qu'il prétend tous les protestants enveloppés dans l'accusation de quelques particuliers. — Le lecteur a pu juger si Rabaut avait tort de le prétendre.

Le Procureur général se plaint enfin de ce que l'auteur du Mémoire insulte à la religion en rapprochant la conduite des premiers chrétiens de celle des nouveaux prosélytes de la R, P. R. (2) Ce que veut cet auteur séditieux, en bravant à la fois l'autorité séculière

(i) Nous ne pensons pas qu'il en existe où sou nom se trouve; au moins en avons-nous eu plusieurs entre les mains, tous anonymes, et Rabaut le dit lui-même dans le Mémoire qu'on lira plus loin.

(2) Rabaut avait dit avec raison que pour trouver un exemple d'une calomnie aussi inique, il fallait remonter jusqu'aux crimes fabuleux dont les chrétiens des premiers siècles étaient accusés par leurs persécuteurs.

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