‹ Jean Calas et sa familleChapitre 4 sur 100 · PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE VII

Elle avait remis ses papiers de famille au dernier successeurde son mari, M. Marron, qui était devenu pasteui' de l'Eglise réformée de Paris quand le culte protestant fut réorganisé par le premier consul. M. Marron laissa ces documents à mon oncle Charles Coquerel, auteur de V Histoire des Eglises du Désert^ où lé malheur des Calas est raconté. C'est de lui-même que je les tiens, et il m'a plus d'une fois recommandé de faire paraître les Lettres adressées par la Sœur A.-J, Fraisse à i¥°*® Duvoisin^ si jamais ce grand procès, considéré longtemps comme définitivement jugé et gagné, occupait de nouveau l'attention. Peu de semaines avant sa mort, en m'iudiquant ses dernières volontés au sujet des papiers qu'il me léguait, il me fit promettre de publier un jour cette correspondance.

Quand je vis reparaître, il y a trois ans, le nom de Calas dans des brochures et des journaux hostiles à sa mémoire, je compris que le moment venait de payer cette dette, sacrée pour moi. Je croyais m'en acquitter en me faisant simplement l'éditeur des Lettres de la religieuse. J'étais vivement exhorte à les publier par mi ou deux excellents juges qui les avaient lues et qui se trouvaient sous le charme de cette parole à la fois naïve, touchante et spirituelle, de ces sentiments pieux, si équitables et si élevés. Je pensais qu'il suffirait de mettre une courte notice en tête de cette correspondance et je m'occupai d'en réunir les matériaux.

Ce futalors que je découvris, à ma grailde surprise, que la question avait été débattue plus récemment que je ne le savais et presque toujours dans un sens hostile aux Calas. Je rencontrai des assertions étranges à contrôler, des calonmies à confondre, des méprises funestes à démêler.

Je ne crains nullement d'avouer qu'en lisant des récits inexacts, de maladroites défenses, il y eut tin moment

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