‹ Jean Calas et sa familleChapitre 48 sur 100 · LEG ENFANTS UB J · texte numérisé non relu

LEG ENFANTS UB J

Cilayân prësiil<uit, l^es cnlang de l'iDfnrLuné Calas, vivemenl pénétrés de la juslict^que la ConvenlioD nstionste vicol àe rendre ii la inéiitoire dé leur malheurpu\ pire, viennent jeter S ses pieds le tribut lie leur immortelle gratitude, et te prier, ciloyen prènidenl, de TOoloir être leur organe pour en faire pnEser l'expreniM il l'auguste assemblée. iNos ftmes altérées par le malheur n'ont que la laculté Ue sentir ce bieufaii, sans pouvoir dépeindre l'étendue de leur reconnais^nce. Ali! daigne lire dans la nature tous les sentiments de l'amour lilial, et Ui seras le lldéle inlerprète de nos cœurs.

Il était réservé k des législateurs éclairés par la philosophie d'anëanUr le fanatisme et d'élever un monument pour rétablir les droits de la nature si cruelleroeni outragée. Pérès de la patrie, resitiuraienrs des opprimés, agréez les vœux de vo» enfants et parti cul lËrement l'hommage d'une famille qui a reçu spécialement vos bienfaits.

Salut et fraternité

Louis Calas.

Anne-Rose Calas.

Anne Calas, veuve OuvoiStK*

DBRNIERS ÉTÉIfEHEirrS 303

Le Convention ordonna la mention honorable et Tinsertîon au Bulletin de cette lettre, qui donna lieu, diton dans le procès-yerbal de la séance du 29 brumaire, à une discussion digne des représentants d'un grand peuple. Enfin, le 23 pluviôse, un long et solennel discours ht prononcé par le citoyen Bézard, faisant connaître, à l'aide de documents fournis par les trois derniers membres de la famille Calas, des faits ignorés jusqu'alors et que nous avons relatés plus haut. 11 ne demanda rien pour Louis et ses sœurs, mais il conclut ï ce que la nation prit à sa charge les dettes de Jean Galas, et achevât, en désintéressant tous ses créanciers, la réhabilitation de cette noble mémoire, hommage bien plus digne de lui que tout autre, double réparation due à l'intègre négociant ruiné par ses juges, et à ceux qui s'étaient confiés en lui (1).

A dater de ce moment, nous perdons la trace de Louis Galas. Mais il nous reste à raconter l'histoire de Tune de sessœurs, que nous avons à peine indiquée jusqu'ici et où, après tant de récits pénibles ou tragiques, nous trouverons des souvenirs plus doux.

Nous devons rendre compte d'abord, en quelques

mots rapides, de ce que devinrent deux des acteurs les

plus importants de ce long drame, Gaubert Lavaysse

et David de Beaudrigue.

Le premier, nous écrit une de ses petites-nièces,

(i) « La quittance générale de ses créanciers est une inscription q'ii manquerait à la colonne, » dit Bezard en finissant. Voici les terne» dn décret :

Les créaneiers légitimes de Jean Calas, colloques dans Tarrèt de distribution da ci-devant Parlement de Toalouse du 3 septembre 1763, seront payés par le trésor public des sommes qui leur resteoi dues.

rauiiM ittiintutn

il le jtrojel qu'il avait formé avant ses mal-

.. I se voua au commerce; plus lard il résida qtiel-

que i (ps en AflgleteiTe, pour étendre ses entreprises.

Èlanl uevenu correspoudani de la Gompagoie des Indes

àLorienl, il y vécut jusqu'en 1786, époque de sa mon,

jouissant d'une considéralion due à sa probité, k l'amé-

iiilé de son caractère, au bien que lui permettait de faire

rande fortune. 11 ne fut jamais marié.

de David de Beaudrigue offre uu contraste ter- . uc celle de cet homme de bien qui avait été ime nS viclimes. A mesure que la lumière se fit dans celte affaire si mal jugée, après la mort admirable de Calas, après la publicilé immense donnée par Voltaire à ses malheurs et ii son iniiocence, David se vit l'objet du blfUne et de la réprobation h peu près universels (1).

(I) L'inecdote niTUite, pabllie u«ei ineuetemmil par ptaaienrt Joarnini, * pirn dam le Salieti» ât ta Société â'HUtoirt du PtbttilaMUnu fnMpiù, 1, 4, p. i*T. M. RFid la tenait de H. HnjDiu-

Tandon, membre de l'Instiiul, doDl l'aBlTODoiae R. Tendon rat le bj< ••(«ul malecncl,

• La illle de Montpellier poasédail diji, aiani la rèTolnlion de lllï, unlrèi-bvl obier valoire, btti >ur une dus louri dei anclea* rempirla, que Ici étrangers qui venaient voir la lille ne maDqauenl pudevliller. Ilétall dirige en lisipar Barthélémy Taudon, homme liwtnilt, modeile, jonliaant d'une grande con>id<rallaa, qQolqa'il Idt de la rtlîgiim préltndue rtformée; c'jtill auisl un homme de beaDBDnp d'eaprlt et même tant soit peu rslllear. Il tlait comme chei lui daut cet obtervatoire qui a'èlevalt au fond de aon Jardin et comniuaiquall aiec >on cabinet par le mojen du mur de ville dont

n Peu de tempi après la condamnation du malheurenx Ctlaa, un de> Capitoula qui avalent Joué le raie le pins aetil dans cette grande iniquité, David de Beandrlgoe, étant venu 1 Hontpelller, ae préseals en visiteur 1 l'observatoire. Bar iliélemy Tandon s'y Ironvall eu robe de chambre et eu pinlouDea. Le Capitool prend noire ulronome poni le conderge de l'itabliisemenlj et lui adresse plotleun qoeiUiHU

DERNIERS ÈYÉnÈMEim 305

Nous avons vu qu'il fut destitué le 26 février 1765. — Voici ce qu'on lit à son sujet, quelques mois après, dans un journal du temps (les Affiches de Province, n»49, du 9 octobre 1765) (1) :

On écrit de Toulouse que le sieur David, Capitoul, qui, dans la malheureuse aflaire des Calas, s*est conduit avec la plus coupable passion, est lui-même actuellement dans un fort déplorable état. Sa destitution, le jugement des requêtes de THôtd, et la crainte d'une prise à partie lui ont totalement dérangé la tête. En proie aux idées les plus sinistres, il ne voit que gibets et que bourreaux prêts à lui faire subir la juste peine du talion. On Ta fait conduire à Saint-Papoul (2) auprès de sa femme, qu'il avait chassée depuis longtemps de sa maison. A peine y est-il arrivé, qu'il s'est échappé pour courir les champs. Repris et ramené dans la maison, il s'est précipité d'une fenêtre dans la rue, sans se tuer. Depuis ce trait de fré-

Kvec le loo impertinent d'an personnage ignorant et dédaignem.Daos QD coin de la saUe se trouvait un magnifique télescope donné à la. ville de Montpellier par le gouverneur de la province, sur la demande de rAcadémie royale des sciences et sur les instances de Barthélémy Tandon. L'ayant envisagé, le visiteur demande : « Quel est ce « grand tuyau de poêle ? — Monsieur, répond notre savant, c'est une ^ lonelte d'approche très -remarquable, à l'aide de laquelle on voit « très distinctement en Paradis... l'Ame de Jean Galas ! »

Le Gapitonl rougit de colère, en s'écriant : « Apprenez, l'ami, que «je sois un des premiers magistrats de Toulouse! — Sachez à votre • loor, répliqua Barthélémy Tandon, que vous avez à faire au dircc- « leur de l'observatoire de Montpellier, et qu'il n'est pas votre « ami. »»

« Furieux de l'aventure, le Capitoul se retira en menaçant de se plaindre à l'intendant de la province; il n'y manqua pas. Celui-ci, qui aimait beaucoup notre savant directeur, promit à David de lui i&fliger la punition qu'il méritait. Le soir, il réunit à sa table le Gapitcml et l'astronome. i>

(0 Recueil de M"** de La Beaumelle.

(3) C'était sa ville natale.

3B6 oKinciens évërkmehts

okàe, un le girdo ii vue et quund le irouble et le dèsespoit vienneaLragilci', quatris liomuies ont de la [wine à le cofttfiDir (t).

D'après tm aulre documenl, i! se jeta une sucoiide fois du liaul de ta niaisou et se lua. On ajoule méiue qu'il prononça le nom de Calas en mourant.

Cette liideuse fin est à la fois un clilliment et,eo quelque itiestn'e, une réhabilitation morale, si, comme nous voulons le croire, ses rennirds lui servirent de bourreau (2).

(I] Vuir BUEBJ Griitm (fJitr, litL 19 iirll 11*11 el ti oar. niÈ,)

(3) Ln nu, luu lU'lit.'Illa, TrLalxD Oitvlil d'IiaualauDe, pùiil sur

l'tdinFiiiil, comiop lanl d'nulree pcrsoiinagee que qous aTooB eu

acrulon de nammor. Oa& dit qurlamémaJrf^duCapflBut Evall cod-

li'ltiaé 1 perdre sou deaccnilBnl, dnm ce ICDI)» oâ une roule de

supplice. Celle rt-

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