‹ Jean Calas et sa familleChapitre 52 sur 100 · AU SUJET DES GALAS · texte numérisé non relu

AU SUJET DES GALAS

très-populaire, qui fournissait l'occasion de louer Fidole du jour et de continuer la guerre, justd et bonne cette fois , qu'il n'avait cessé de faire au fanatisme. On mit sous le nom des Galas de déclamations ampoulées, et souvent incrédules, qui n'étaient, nullement conformes à ses convictions.

Harie-Joseph Ghénier fut le premier qui s'en avisa. Entre les séances de la Convention, il travaillait à aligner ses hexamètres philosophiques, fort beaux quelquefois, mais souvent prosaïques et surtout déclamatoires. Deux autres écrivains le gagnèrent de vitesse. Avant qu'il eût fini son oeuvre, parurent à la fois au Théâtre-Fraoçais (Odéon) Jean Calas^ tragédie en cinq actes et en vers, par J. L. Laya, et au théâtre du Palais-Royal, Calas ou le fanatisme^ drame en quatre actes et eu prose, par Lemierred'Argy. Ënûn, le Théâtrede la République donna la pièce de Ghénier, Jean Calas ou V Ecole des Juges, Monyel jouait Galas, etTalma la Salle. Depuis, bien d'autres mirent sur la scène quelque épisode de ce pathétique sujet ; ce fut tantôt la Bienfaisance de Voltaire, par Villemain d'Abancourt, tantôt la Veuve Calas à Partie par Pujoulx (1).

Nous citons ces titres pour prouver qu'à cette époque le public ne se lassait pas d'applaudir l'acte généreux qui coûta à Voltaire tant d'efforts et lui valut su gloire la plus belle et la plus pure. Du reste, aucune de ces pièces n'a de valeur littéraire, et celle de Ghénier, malgré quelques beaux vers, est déparée par l'abus de la maidme et de la tirade philosophique. Gette faute dont

COPonr ces pièces et plusieurs autres, Toyez Bibliographie, V* seciioD,

31*4 HiSTomE DE L^onmoir bu frahcs

Vollaire fie fat jamais exempt, et que dans aamflkiw il poussa jusqu'à l'excès, fat exagéréepar ses disdpkiM point derendre leursœuvres insupportables. On esagèreà peine en affinnant que dans le CaUu de Ghénier toitk monde est voltairien, depuis le martyr liugoenoCJBiqi*k son confesseur, moine de Saint-Dominique ! Ce qd ert plus révoltant encore, la pieuse et malhememjrtff de Maro-Antoine y parle longuement de se tner IM tour et discute la questi<m du suicide avec un sentencieux.

Ces défauts, ni choquants anjourd'hui, étaient visibles pour la foule, comme l'air que toat le meadeiv* pirait; c'était la seule langue qu'il fût permis de palffi et le public n'en apiriaudissait que plus chataâw ment les vers du conventionnel

Un autre tort de toutes ces tentatives théfttrales, mv essentiel en morale et inévitable en littérature, fiitA contribuer à changer très-vite l'histoire des Gdvtt une véritable légende surchargée d'éléments imaginairB. En 1819 le Calas de Victor Ducange, drame en trois acte (1), conservait à peine quelques traces de Thisloire réelle. Marc- Antoine y est amoureux; on exige deU qu'il abjure pour épouser Hortense. De désespoir il ^ pend, après avoir écrit la lettre qu'écrivent tous te suicidés de théâtre, lettre qui s'égare et qu'on retroi^ précisément au moment où Jean Galas,qu'elledevaitsi>' ver, expire sur Téchafaud. Lavaysse épouse M"*Gai»;l n'y a pas jusqu'à la vieille Jeannette qui n'y soit rajenit de trente ans et fiancée au jardinier. Nombre de goi

(i) SoMr^nt repris à Paris et ailleurs. (En 184 1 au Uiéfttrs ^ ^ Gatié, cic.) j

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