‹ Jean Calas et sa familleChapitre 53 sur 100 · AU SUJET DES CALAS · texte numérisé non relu

AU SUJET DES CALAS

cpii se croient fort instruits de l'affaire des Galas ont appris à l'école de Ducange tout ce qu'ils pensent en savoir.

Pour notre part, il nous est impossible de ne pas dés^ipronver ces représentations^scéniques d'événements contemporains. H y a quelque chose d'odieux à faire apparaître ainsi devant les fils, les erreurs et les crimes de leurs propres pères. Nous blâmons tous ces drames joués à Paris, en province, en Hollande, en Allemagne, où les Calas, David, Gassan-Glairac, et même toute la Tourndle de Toulouse figuraient, soit de leur vivant, soit peu d'années après leur mort. Nous sommes heureux de troaver dans une lettre du fils d'Anne Galas l'expression honnête et vive de ce sentiment (1).

Il est beaucoup plus étrange de trouver dans une brochure intitulée Jean Calas ou rinnocent condamné

(i) « i£ Journal des Débats étant probablement répandu à ToulooM, c'est là qne j'ai dû consigner que la famille Calas étaii de toat temps demeorée étrangère aux motifs politiques qui avaient inspiré à qnelqoes anteors de reproduire sur la scène ses infortunes. U s'en Ue déjà trop à un nom devenu si tristement célèbre, pour lo faire poortoivre de nouveau par des animosités mal à propos ré- "veinées*

m Et Calas et ses juges et son illustre avocat, dorment du sommeil étemeL Leur part de renommée est faite sans retour. La famille de Galas ne demandait que l'oubli. Son petit fils espère avoir fait son devoir en protestant avec la modestie qui lui convient contre tonte participation à une autre règle de conduite. »

Cette leUre (sans date) d'Alexandre Duvoisin, que je dois à la bicn^ TelDanee de M. Henri Lutteroth, est signée te petit fils de Calas et adressée à Monsieur le rédacteur de Varticle Spectacles de la feuille la Renommée^ Ce journaliste avait blAmé une première réclamation d'Alexandre adressée au Journal des Débats , au sujet du mélodrame des Calas ; ce doit être celui de Ducange. Plus j'approuve le sentfment exprimé dans cette lettre, plus je dois m'étonner que ce même Alexandre Duvoisin ait écrit plus tard sur l'histoire de sa famiUe nne pièce de théâtre intitulée le Déjeûner de Femey^ et l'ait Jonée lai-même. MaJesuada famés /

par A-. 8. (ws 1820) un récit de quelques pages^ ob sent eocbevétréB d'une façon inextricable le romanesque el le réel, r histoire et la légende. On y lit tout un diali^oe de Maro-Anloine avec le père d'Eugénie (ramante imaginaire s'appelle Eugénie cette fois); le jeune homme refuse d'abjurer* Au sortir de cet entretien, tout égaré, il erre à l'aventure; un ami le rencontre et, pour le calmer, n'imagine rien de mieux que dé le mener dans une maison de Jeu, etc. Ce qu'il y a de plus curieux dans cette r^MKHliUi c'estun prétendu interrogatoire de Jean Calas, qu'il me semblait reconnaître en le lisant et que j'étais certain dfavOir vu quelque part; mais à coup sûr ce n'était pas aux Archives^ parmi les pièces du procès. Je cherche^ Je reUs» je ofois y retrouver les traees d'hémistiches, d'hexamètres à peine estropiés. C'était une scène de Chénier, qu'on avait traduite en prose, sans trop de peinie, il faut l'avouer, et qu'on donnait au public pour un interrogatoire authentique. Ce n'est pas la seule fois que pareille fraude a dû être commise et sans être soupçonnée.

Voilà le roman et le drame littéraires, frivoles, parisiens, sans autre but que d* intéresser. Nous retrouverons plus loin la légende toulousaine, sérieuse et partiale, tantôt pathétique et enthousiaste, s' élevant jusqu'à l'éloquence, tantôt hostile et haineuse, lentement élaborée, de génération en génération, dans les salons et dans les couvents par un parti qui se sentait vaincu sans vouloir s'y résigner.

Le premier qui releva le gant jeté par Voltaire, et osa contredire l'opinion de TËurope ne idt autre que le comte Jôéeph de Maistre. II dit dans ses Soirées de Saint-Pétersbourg et dès le pretnier Entretien:

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