‹ Jean Calas et sa familleChapitre 72 sur 100 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

La sœur Anne-Julie Fraisse ou de Fraisse était née ^vec le dix-huitième siècle, le 6 janvier 1700. Élevée sous le règne de Louis XIV, il est probable qu'elle en- ^^a au couvent dès les premiers jours de la Régence. *^'influence qu'elle sut exercer au dehors en faveur des ^alas, le mariage de sa sœur avec M. de Bertier, d'une ^^ille* considérable de Toulouse, sa parenté très-proche avec M. d'Auriac, président au grand conseil et Sandre du chancelier de Lamoignon, tout indique que '^s parents d'Anne- Julie occupaient une position éle- ^^e; mais je n'ai pu trouver nia Toulouse, ni ailleurs, ^^cun renseignement à leur sujet.

Il importe peu. C'est par son caractère personnel que ^^ Sœur Anne-Julie nous intéresse.

Voici comment Fhistorien des Eglises du désert app#r ^i^it cette correspondance qu'il m'a confiée et que je Publie aujourd'hui, selon son désir.

les leOns aial fhifwiinrn de pensée et souvent de Ijn ée se broaSa- arec ta joute Calas, qui n'aoûtTodsaeooinalir dans leur maison, ces rescwUn anara et aartml U sœor Julie devinrent ses r^ fomr 11 lie. Il y eat nn commerce du plus tendre It entre «Ite et tont« ta communauté. C'était un ^iir bWD aimant et une bées respectable personne que ■r Fraisse. Noos n'antns jamais mieux senti, qu'eu cette correspoodance touchante, combien les plus •nliiiHfils cte t'ime ont eu qudquerois la vertu re tesfauoes dérotes (1). q uT caractère général de oes lettres me parait être la seosibiyté la plos vraie, la plus chaleureuse, exprimée avec l>eauconp de naturel, de grïce et d'esprit. Le langa^ est souvent incorrect. Quelquefois, il est le reconuaitre que iense a pensé en patois

unuguedec la phrast ^n «ic traduit négligemment en français. Plus souvent elle commet des arcliaïsnies, et pade, aoB y songer, sous le r^ne détesté de Voltaire, la langua vieillie i& Louis XIV, qui s'est oonservée plus, pare aitre Lesmurs du couvent que sur le tbé&tre dik monde et dans klittératuredujour. Souvent aussi elle se permet, conune le ducideSaiot-Simon, ces inversionabrèves et hardies, ces coostnictiDnB bizarres et rapides çilue tieiuieot con^te ai des lois de la sptaxe, ni du génie de la langue, mais qui permettenld' exprimer énergiquement autant de sentiments et d'idées que de mots. C'est aioù que dans.la.lettre.zxv, elle s'arrête et se reprend au moment où son vœu le plus cher, celui de la conversion d'Aune Gala»,, vientde lui échapper QQHveiuis.&tis: «Je

(i)Cb. CoqiuTtl.HùtointmBttmtétBimrl, l a> > lil.

■ AViimiUiiiT 863

^ftkêetafUmjowê Je^mêat^, ;tn ééiire des, plus vt'fs. r» . Ce

môme style se retrouve dans sa lettre à H. d'Aïuiiç^ii^

'j|ttrlantr{daAM6 Qala^, ptaiiteiao&.smaHHmtjMa^- lettre

rSvuie a«iet foi iilfleaait^pliis ;-i^i9«^ir^i9iie t«at*4iH tve^ «ile^ae tmtciNÉiU^t^QmÂe^er^t^efipmtani;!^ laeaiiriaresgtt r<estwhdrt»ti<»»flçmBteot 9t4cÛes, <sQ]ame -elle semât \ QbiÂgéç^iStrfoe paiBti441ieat^ àrwe réser^ apieJtabeoiiuBaQdfiQtci^ewe&tJa djacrétjyûo^Jftid^aiâté, 4l«slrt:ttmii}ftetidiicbaiE)t^4a<la.vw Vii^fitti^œ

* lkèiiM4#$i(MW»;iMi^,fM^ .4^jiWis fjAein ^j^'iésM^OOret

sMetélofpwcip^jp^^art ^pbi%pi»{ûadi ^ mf^ ^mf\. il en est ainsi de sa belle lettre (xxxiv) sur la morWbi^ftls -âiaèdteffibMtte \\ dle%>a«£a&faccmta tm»^^ ceJoiv fon- ?9iMttef-fMii»de<^yilQ)8dûe9MCg(te Ate«tioA.idu:étieiW!?> •ipi.*fi«iî&n(MMoleot. (HabitaeUooe&t, . nen ..A^t .plus "^aÉnahlei^faiiitei^phM g»<9ie l84aaite tetlmiiik toxi^- Sieuse septuagénaire. Ml6#avîiit^)en./e&ftiSiHxa9t^^ accomplis lorsqu'elle écrivait gatment à sa jeune amie : Le noir delaviellesse est encore loin de moy^je n'iray paàle ekereker^-ÇLxKsaù)

Dans Fabandon charman^de œs ewiseries intimes^ elle a par moments le tort de parler le jargon puéril du cou-

^ i«Qt; et sa parole d'ordinaire si vive , si nette» preod Ucfrs une afféterie qui choque nos hd^itudes^ mûs^cpii est toutcTHans le mot, jamais danS:il^phjcase/X)n ambrait mieux qu'elle écrivit un fils et une fille au lieu d'un poupon et d'une toutoune ; une jeune dame et non une

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damote mais j'ai scrujiuleusemeDt respeclé le sljle, in^mâ diiis ceï migiiardises qtii après tout, sonl le goût du terroir.

Elle oe cherche pas UQ inslant ie mot le pins convenable quand elle en a trouvé ud, énergique et précis, qui dit bien ce qu'elle veut dire ; son langage n'est pas celui d'une prude, et il y a dans ses lettres telle expression que nous aurions hésité à reproduire, si nous ne nous liions imposé la règle invariable de n'y rien changer, et d'en conserver jusqu'à l'orthographe tantôt fautive et tantôt vieillie. Nous le devions par un double motif : cette correspondance est pour nous uq appendice au procès des Calas, ou du moins uo témoignf^e rendu à celle famille tant calomniée, témoignage contemporain ettrès-éclairé; c'est eu même temps une œuvre littéraire trop naïve, troporiginale, pour ne pas être recueillie dans sa pleine intégrité.

La sœur Fraissemérite une place à la suite de ces quelques femmes d'élite, auteurs sans le vouloir, dont les eltres vives et naturelles sont un des ornements de notre littérature et comptent parmi les créations les plus attrayantes de l'esprit français.

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