A,IU$«M0I8ILL£ ANNB CALAS
JjH^^JSi^u^quqy ievoQs ^rois très souvant Gomme le resté Versuadée que votre frère n'arrivera pctot à Paris, vous vouliez des nouvelles de Gardelle ; éDe a accouché d'un enfant mort, et mort depuis trois mois. C'est inimaginable. Elle etoitgroce de quatre mois; étant a Montauban, elle se troubla de voir vn cabriolet ou son marit sa sœur etoient et qui fut renverse par le cheval qui prit la fougue. Depuis elle ne sentit plus son enftntse remuer; elle neg^it plus et trois mois après elle en a accouché, de ' la taille de quatre mois. Elle se porte bien. Mademoiselle de Grave est mariée, depuis TD mois avec M' de Treyâle, .à Gastelnaudary , homme de condition, huit mil livres de rente; on luy a donné quarante n^- livres. Elle vint nous voir dimanche. le la l^y^grpce.. Elle.i^ toçgours aimable et nous est fort atta^lifo..!^ charmante Nautonier ne nous a jamais écrit, WfiB fJOk^fktjB^i Tjeijrort de prier sa tante de nous commu- ^j^gpeâe^fffu^ le n'ay pu savoir
.Q^A.jiai^te,']]ijGd e^i^^ a encpre épousé. Dans ma dernière iMre )(àeV{>1^ nérecey^ jpas sans doute, (i) ie vous faijpis jâeik J^n^ifat^ pauvres enfants.
D^ notre !p^ tout commence dealer au mieux
j)Q ^^pr.^e JA' le premier présidant. Après un train
aijrèux contre luy, lés esprits s'apaisent ; on prand d'au-
^tjliçs^ W^es. le py que vous vous y intéresés. le ne say plus
;îi()WçéÛ9^à.Y9]uti()onner, maisbien à vous demander des
.yc|^t«i IVotré îni^ vous jfait mille îâmitiés ; Notre sœur de
m/j]ju(.c&ere. petite amie. Aimés bien le bon Dieu, j^^^^jieyQj^^^ dçjà vraye lumière. Soyés toute
l||i|jij^n n'y^àqùé luy seul qi^ puisse nous rendre heu- ||i^'^é 9uis et.fier^y toiyours toute à vous.
S' Anne Julie Fraisse dé la V. st* M. D. s. b.
'M5 LETTRES DE LU SOKOH A.-1, PHilSSE
mes teBili-es compUmens, le vous prie, à madame votre mère et sœur.
Voicy bien du temps, ma chère Pianete, que je u"ay eu de vos nouvelles, ni vous des mienes. le voudrais bien pouvoir me ilater de ce dont ie puis vous assurer à votre égard, que l'oubli ni l'indiferance, n'y a nulle parL Vous êtes toujours dans mon cœur et josqu'à mon dernier soupir, ie ne cesseray de dcmender ,i riieu votre salut, avec autant d'ardeur que le mien. Lu; seul sait mes desirs et mes soupirs. Il faut briser a tout ce que je pourrais vous en dire. C'est un article qui m'atendrit jusqu'aux larmes.
J'af vu ces jours cy M' Gardels, sa Tame et madame Guay. Ils m'ont dit que madame votre mera avait obtenu 700 fr. de pansion. Je vous prie de luy témoigner combien j'en ay du plaisir; et vous 3,000 livres. J'espérais qu'il vous en seraitreconnû davantage, persuadée que les ventes de vos efets allaient bien plus loin. Cependant vous ayant été acordé, ce que vous autres avés demendé, c'est vn préjugé favorable pour tout le reste. J'espers qu'on vous rendra bonne justica
Des que vous aurés besoin d'une letre pour M' Dauriac dont vous me parliés dans votre dernière, écrives
A MADEMOISELLE ANxNE CALAS. 397
moy tout ce que vous voulés que ie dise. Vous la recevrés Courier par courier, et dites moy si ie dois vous l'adresser, ou a luy directement le ne ifay si la disgrâce de son beau père le chancelier, peut porter sur luy. Vous êtes en lieu de le savoir. Je crains ausi que dans cette saison sa goûte ne luy permete pas d*exercer, mais en tout cas, .vous me trouvères toi^jours disposée à tout ce que vous voudrés. le ne puis avoir de plus grand plaisir que de vous en faire.
Ha I si ie pouvois vous revoir sous ma patte qui n'est pas assomante , ie ne perdrois aucune ocasion de vous prouver ma tendresse. Si vous voyés M' votre frère, donnés luy la nouvelle de la mort de Tabbé Durand, vne fièvre maligne Ta emporté dans sept jours. (Il est mort en saint comme il avait vécu) (i).
Tay encore des nouveaux mariages à vous aprandre, dans le même goût des derniers. Nous avons eu dans la maison un mois Mlle Ville, sœur et jumelé de notre S' Marie Melanio, qui vous aprenoit les mitenes. Elle étoit venue faire une retraite pour se consulter sur vn choix d^etat Elle ce marie ce mois cy. Nous en avons une autre, peut être de votre connaissance, M'" Opiats, marchand au port, grande dévote (2). Elle est sortie. Je ne say pas si elle conclura comme les autres. Voyés le tort qae Nanete a eu de n'avoir pas dit : le veux être religieuse. Je croy que dans votre ville on parle de l'aventure de notre parlement Elle est remarquable et unique. Depuis son établissement, le président Belloc est mort d'apoplexie. Il parut une lettre au nom de son frère à M' le Gommendant pr luy demender permission qu'il put sortir
(1) Les mots que nous avons placés entre parenthèses sont biffés.
(2) C'est à dire Jlf"* Opiats, grande dévoie, dont le pAre était mar- <^d établi auprès d'un des ports de In Garonne à Toulouse, tels qne le port Garaud, le porl de In Daurade, le port Saint-Pierre.
398 LETTRES SE L\ SOEUR Jt,-1, FflA[S.SF. ^
des arra^s pr aller au tombeau. La rcponce fut qu'il la permettoit pour une fois soulenient. Il paroit tous les jours des écrits suposés assea amusans. Lo Comendant s'est logâ a Lalande dans uo vieux château de Hr Nicole et il n'est visitté do personne.
(Le reste delà page csl lombi de vitiuU, excepté te poslseriptum aimant) :
Il vous sera peut être utille de savoir qne Mr Dulvux le pÈro (1) est tombé d'apoplexie ù sa campagne ; il n'étoit pas mort hier matia, le n'eu say point de nouvelles depuis.
; ;:i.r !).::^,'.r6t'i'r!rb-
Vous jii'aurés sans doute pardonuée, ma ç^^ PQt^ amie, des soupsons que ma tendresse avoiç fait Q§IQ)e. Votre aimable lettre a tranquillisé mes alarme^ j&IJ|e f^ ]u€ de toute la communauté et chaqu'une fit le panegoiciiiuç de votre 'bcu cœur et des sentiments qui sont nés «vqç vous! Mon'IJieu! seroît-il possible qu,e de si ti^ellc^ n»^ lités... ie ne di^ rien de plus, w de Mongasia qui a on occasion de' vous voir ne peut se taire dfi toutes vos p9- Ute^es et tout ce que vous luy dites d'obligeant sur notre
(l) Pèro du Procnreiir qui «Igna la brocliure d« La SrIIb et qui fui BDKpendu trois nalg de ses ronctiona pour a'ètra Ingcrit en (tua, au nom do Caliu, coalroccriaintiiciea du David de Beaudrlgae.
sœur Tliérèse Félice. Elle vous en remercie et vous fait mille et mille complimens.
Que ne puis-ie, ma chère amie, vous exprimer touts les souhaits que ie forme pour vous dans cette nouvelle année! Vous les pénétrés, je désire que vous les senties Mon cœur vous est assés connu pour ne pas douter de leur sincérité et de leur étendue. J'espère qu'elle vous sera heureuse par une conclusion favorable a votre très malheureuse afaira Ne diferés pas un seul instant a m'en faire part, et, parla suite, du parti que vous autres prendrés de rester a Paris, ou l'endroit que vous choisirés. Vous le savés, ie vous l'ay dit souvant: ie suis malheureuse de vous avoir connue. Tout en moy s'intéresse à votre sort Quel sera-t-il ? pas si heureux que ie le desîre. J'écris a M' Dauriac, ausi vivement que vous pouvés souhaitter. le say qu'il a la goûte ; peut être ce sera un obstacle a pouvoir vous être utille.
le suis bien sensible au souvenir que vous avés de ma famille. Ma sœur (1), Monsieur de Bertier se portent très bien ; ma nièce vit, c'est tout ; elle est toujours aux soins dé W Sol (2). Je l'ay vu, et M*« Vialet et Gardelle. Je leur ay fait vos complimens ; les uns et les autres vous remercient et vous font mille souhaits, aussi bien que nôtre sœur de Ville. Sa sœur est toujours Mademoiselle ; deux mariages ont manqué.
Notre mère supérieure et toutes nos sœurs sont très sensibles à vos bontés; elles vous aiment de tout leur cœur. Monsieur Canpanne vient point; s'il retarde, ie minformérai ou il habite pour le reveiller. le vous prie de faire mille et mille complimens de ma part et une em^ brassade à Madame votre mère et a chère Rosete. suis avec les sentimens les plus tendres, et d'un cœur
(t) M»« de Bertier.
(î) Voir sur le D* Sol la nolcxu à la fin du volume.
qui vous est tout dévoue, votre très humble servante
le vous prie, lora que vous m'ecrirâa de ne pas ni^gliger, comme vom faites, de me donner des nouvelles de votresanté. Et la poitrine, que fait-elle?
r* iuDatat&r« Aa idoIouh e« IJ« AArttT>4.
Ne croyés pas, ma chère petite amie, que l'oubli ait part au retart de ma réponce. le ne puis et ne suis capable a votre égard que des sentimens les plus tendres. Vos lettres me. donnent toujours un plaisir nouveau. Votre derniero a bien couru en premier lieu touts nos ronds, a la récréation. Chacune s'empresse de vos nonvelles; elles vous font toutes, mille complimente, notre Supérieure a la tête. Notre Sœur de Mongasin et Sœur Viâlet voudroient vous embrasser; ie ne leur cederols pas, si ie pouvois avoir un jour cette donsolation ; ie m'en prendrois bien.
le remis votre lettre à Mr Sol pour découvrir Mr Caapan. Tous les Gardele, Vialets, Madame Gay, et les autres l'ont vue jusqu'à ma sœur qui seule prétend codnoitre ce Canpan de Castres. Il n'est point a Toulouse.
A MADEMOISELLE ANNE GALAS. AOl
Voyés a qtii nous devons remetre les fleurs, ou s'il n'en est plus question. Toutes vos counoissances et Mr Sol vous saluent le leur ai fait grand plaisir de leur donner de vos nouveUes. le suis bien fâchée de celles que vous me donés de votre santé. Il se peut bien que les eaux de ce pays vous soient contraires ; il y a des fontaines dont bien des personnes se servent, qui sont saines. Ménagés vous, ne prodigués pas votre santé ; vous le devés a vous même et aux personnes qui vous chérissent tendrement
Ma chère Nanete, mon cœur et mon esprit est bien rempli de vous; il en est ocupé plus que vous ne croyés; Vn objet supérieur le fixe et vous rend toujours présente a moy. Je suis a presant dans Patente a tous les courriers des nouvelles de vos afaires. Elles m'intéressent au point de me donner bien de l'inquiétude. Si le jugement est retardé et que vous souhaittiés une autre letre pour Mr Dauriac, vous n'avés qu'a dire : ie suis toute à vous. Point de paresse de plume, lorsqu'il est question de vous rendre service. Je fairais, ou tenterais Timpossible pour ma chère petite amie. Mon Dieu I qu'il me tarde de savoir votre sort I Quel qu'il soit, vous me scrés toujours chère, et jusqu'à mon dernier soupir, le bon Dieu sait bien que ie ne vous oublieray devant luy. Adieu, ma chère amie, je suis pour toujours avec Tatachement le plus inviolable, votre très humble servante, Sr Anne Jolie Fraisse de la V. S'* M. D. s. b.
Mille et mille complimens a madame votre mère et votre chère sœur. Je les remercie de leur souvenir. Elles ont bonne part dans le mien.
WS LsrntEs oc le. s«ob a.-j. fbaisbe
lA atRE n'ilL'SAL'D A u"' ANNE (
Vous nous donnés tant de témoignages de l'amitié que vous avés pour nous. Mademoiselle, que je m'adresse à vous avec beaucoup de confiance pour uue petite aflkire dont j'espere que vous tirei'és bon parti. Il est question de nous Taire parer seize Louis que nous avons prêtés h Str Franoés. Il s'estengagé dans le billet qu'il nous a fajt de nous païer dans tout ce mois-ci. Nous avons quelque aondflorson cwite, n'alant dénué aucun sl^e de Ttodepuis son départ de Toulouse, oi a nous, ni a aucun de ses p&rents ni amis. Ou prétend qu'il est & Paris avec Mad"° de Manse. Supposé qu'il y soit encore on quelqne part qu'il soit, si vous le pouvés. Je vous coqjure, H«demoieelle, de le presser de nous ptâer. Nous avons beaucoup pris sur nous pour lui rendre le service de loi pretter cet argent, qui nous est très nécessaire. Vous êtes assés de nos amies pour que je vous dise en confiance que nous avons été obligées d'emprunts. Vous sentes par là que Mr Francés nous feroit grand tort de retarder à nous rendre ce qu'il nous doit. Il se parle beaucoup de lui ; vous pouvés deviner ce qu'il s'en dit. Ses parents et amis le plaignent et le blfkment Je crains qu'il n'aura peut être pas osé se présenter a vous et qu'il sera inutille que je vous prie de vous intéresser pour nous procurer notre argent. Je suis bien convaincue que si vous
jpouvés quelqae chose vos bontés et votre amitié pour SOQS vous engagera a nous rendre ce service.
Pour moi, Mademoiselle, je suis très aise d^avoir cette occasion de vous renouveller les assurances de mon sincère attachement et de Tinteret que je prens a tout ce qui vous regarde. Je suis bien impatiente sur la concludon de vos affaires ; je vous prie instamment de m*en doimer des nouvelles. Vous êtes toujours estimée et aimée de toute notre communauté. Nous parlons sou- TQQt de vous, et nous prions toij^om^ beaucoup pour fOQ& Notre Sœur de Fraisse se porte assés bien, elle me diarge de vous dire mille choses tendres. Vous connais* ses ses 'sentiments pour vous. Les miens ne sont pas inMns sincères ; rendes moi la justice d'en être convaincue, et que je suis, Mademoiselle, votre très humble et tKé obéissante servante, S' Marie Anne d'Hunàud, Sup*^
delà Visitation S** Marie. D. S. B.
Notre Sœur de Fraisse vient de recevoir votre aimable Idttre que nous avons lue avec grand plaisir a notre récréation. Elle va écrire a Mr Doriac.
t VIVE JESUS
De notre monastère de toulouBe ce 80 mai 4764.
^atens a touts les couriers, ma chère et plus cliere petite amie, des nouvelles de votre malheureuse afaire. ^e m'informe; personne n'en sait mot. J'ay récrit a
Mr Dauriac, pas sitôt que vous me demenUiéa dans votre dernière; mais pour le mieux. Voyant le jugement retardé jusqu'après paques, ie ne luy écrivis que le mercredi Baict pour que le souvenir toucbat de plus près lo terme de l'afaire. Je vous diray même que pour ue pas araiblir ma solicitatioQ eu les multipliant, ie me suis brouillée avec le sieur Frausés qui m'en dameodoit pour sa belle. Obstinément ie l'ay refusé; ce sont des délicatesses que l'amitié inspire. le puis si peu pour vous, ma chère Nanete, qu'il faut bien que je laisse en valeur ce petit rien. Mon Dieu, que ne fairayie pas si les occasions égalaient ma bonne volonté pour toute vos intérêts.
C'est devant le Seigneur que ie m'ocupe pour Vous de ce qui vous rendrait vraiment heureuse. J'espère contre toute espérance et j'espereray jusqu'à mon dernier soupir. La puiasance du Très Haut est bien au dessus de nos resistences. Il faut tout espérer de ces moments precieui, réglés dans ses décrets éternels.
le ne Emis point encore consolée de la. perte que nom avons faite ce carême, de notre sœnr Marie-Heuriette Lapeirie, d'une ataque de colique, comme celle que vous lui aviés vue dans le t«ms que j'etois malade. On ne peut acuser le carême. Elle n'avoit jamais mangé maigre depuis ce tems. Sa colique la prit le jeudi de la semaine de la pasion elle samedi elle mourut Mous l'avons fort, regretée. C'étoit une fille d'un bon caractère qui n'avoit que trante deux ans. Les dames Notouier et de Grave sont au moment de leurs couches. La première s pris son logement au plus haut de sa maison et pleure voloi^ tiers lorsqu'elle voit du monde. C'est toig'ours la même; l'éloge n'est pas pompeux. Notre supérieure, ar Vialeti sr Ponsw et toutes vous font mille amitiés. Nous ne vont -oublierons jamais. Souvant ou chante vos louanges. le pence qu'il en est de même, partout ou l'ou vous connolt
Donnés moy de vos nouvelles en détail. Parlés moy de
tout ce qui vous interesse, plus que de toute autre chose.
Dites en plusieurs de ma part et mille amitiés à madame
YOtre mère, et chère Rosete. Je suis toujours avec Tatar-
ehement le plus tendre votre très humble servante
sr Anne Julie Fraisse de la Y. S'* M. d. s. b.
t VIVE JESUS
De Dire monattëre Je toulouse, ce 19 juin 1764.
Je suis si transportée de joye (1), Ma chère petite amie, qoe je ne say comme m'en m'expliquer. Lises dans mon cœur; vous y trouvères tout ce qui est dans le votre. Je prands bonne part de tout ce qu'il sent. Vos intérêts, vos plaisirs, vos peines sont des biens et des meaux qui m^apartîenent autant qu'a vous. 11 en sera toujours de mcane jusqu'à mon dernier soupir. Soyés loin, ou près, vous me serés toujours présente. Lors que je suis devant Dieu, c'est alors que je luy dis bien des choses pour