‹ Jean Calas et sa familleChapitre 75 sur 100 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Lorsqu'on aura nommé le tribunal qui doit juger le tond de l'afaire, faites m'en part au plus tôt. Nous avons <te nos religieuses presque dans toutes les villes du

(OLe 4 juin, Louis XV, en son conseil, avait cassé les arrèls des ^touls et du Parlement de Toulouse.

roy«ii)ive;ttymë^poiit^iiir^^ piwQfétiéÊMnr'

noiMmc^ ert; p^tôcftto&s.' Tôî(}o«râ ètttffÂ'èaÉéè^ M vWtf etnr ûtllléi,' diâposôs' de ce qui d!ep(Éid de- tfcmcC lilt^ Mère Saperieiire yoQsr «sure do* plàisii' seils^kl ôê y80^' heureux suooès.' Bile vous titt itiÛÏQ et m'illef anlIBAf dc remerciemens de vos' soinis à r^àrà du SLetar Francés. Toutes DOS religieuses vous félicitent; j*ay répandu la nouvelle dans le moment Madame de Trèfle est prtede ses couches. Notre Mère lorsqu'elle lui écrira luy fidra vos complimens.

Je vay écrire a Monsieur Dauriac pour lui Aire mes remerciemens et hiy dire la reconnoissance que vous m*en témoignés. Il faut se manager tout le monde; les occasions viennent, le molÀs qu'on y pensé. J*enverray la bonne nouvelle aux personnes que vous me nommés. Dites bien des choses de ma part a Madame votre mère et chère sœur ; vous ne sàuri<âs le^ eil dire au delà da vray. Dites moi, ma chère Nanete, si la suite de vos afaires, pour le recouvrement de vos biens, ne vous necesitera pas de venir un temps dans ce païs. N'oubliés pas cet article lorsque vous m'écrirés pour m'aprandre le parlement qu'on aura nommé. Je suis et seray a jamais toute

a vous

S' anne Julie Fraisse

delà V. S'^M. D. s. b.

f VIVE JESUS.

Dentre monastère de toulouse ce S7 juin 1764.

Je viens, ma chère petite amie, de recevoir votre aima-

ble lettre et j'apprens en même temps le départ de Janete pour Paris, qu'elle nous a dit être demain. J'en profite avec empresement Ge m'est un plaisir sensible que dans notre eloîgnement vous soyez persuadée de mes tendres sentiments. L'afoiblissement des temps n'auront jamais action sur eux.

Je vous félicite du tribunal ou votre afaire est évoquée; on ne pouvoit rien faire de mieux a vos intérêts. le ne ^n^e point mauvais ce que vous me répondes sur notre TiijB. Ju^y a présent que vous êtes instruite de tous vos odeurs, et que mon ^tachement vous est connu, quelle etoit ma situation vis a yis de vous, les alarmes o\i j'etois, et ]^ précautions que nous prenions toutes pour qu'ils ne yous fusse^t pas connus. J'ay toi^'ours empêché quç les écrits de Voltaire vous parvlnsent. Il valait mieu;x que TOUS 9'en connusiés que lors que vous sériés ^ans vue Vitre oitu^tion^

J[e comprens qu'a présent vous n'aurés plus besçin de M' Dsuiriac; en cas, vous savés tout ce que ie vous suis, ^'su^ que dès la conclusion de votre afaire, que j'espère aljdr vite, vous m'en ferés part, et de la ficsation de Yojtre demeure qui sans doute sera a Paris. Vous le savés, ie veux être instruite de tout ce qui vous intéresse, et vous savoir hors de toute afaire. Notre Mère Supérieure vo^sfait mille amitiés, aussi bien que toutes nos Sceurs. Elle vous prie de faire remetre la letre que Janete vous donnera a son adresse. Ce sont les mêmes que vous fûtes ^ok et qui nous écrivirent qu'elles avoient vu une jeune ^ fort jolie dame qui nous etoit bien atachée.

Je suis très obligée a madame votre mère et sœur 4^ ^eurs sentimens ; j'ose dire me les devoir par juçte retour. Embrassés les pour moi, ie vous prie. Je suis, ma chère amie, avec la plus vive tendresse, vQtre très hun^- •^fe obéissante servante S' Anne Julie Fraissb de la V. Ste

Vousdeïés sans doute, ma chère petite amie, me croire morte, enterrée, depuis bien du tems. Me voicy resucitée. Ma chère Naoete 3 été malade, me disoit-elle, dam sa dernière lettre ; ie l'aj été aussi à mon tour. Je n'ay jamaiE perdu le désir de vous renouveiler les asurances de mon très tendre attachement Je suis en peine et dans des inquiétudes terribles sur votre afaire. Nous en parlâmes beaucoup bieravec M'Soli son discour me mit en perplexité. 11 me dit qu'il ne craignoit point le jugemen% qu'il le desiroit, bieu persuadé que si l'afaire se juge, ce sera favorablement, mais îe crus apercevoir qu'il craignoit qu'elle ne seroit pas ju^ée. Tirés moy de peine sur cet article, donnés moy de vos nouvelles, j'en veux af(»ids, de maman et de votre chère scenr. Je fais a toutes les deux mille et mille amitiés. Toutes nos sœurs vous en font des plus afectueuses ; elles me demandent souvent de vos nouvelles ; elle vous aiment bien toujours.

Mademoiselle de Grave et Mademoiselle Nftutooiflr, l'une et l'autre Madame dont ie ne me sonviens du nom, ont vue consiance admirablement scrupuleuse: elles ont fait chaqu'one une fille pour nous rendre dans la suite des tems ce qu'elles ont cru ne pouvoir faire. C'est bien faire les choses. Nous avons perdu la sœur de Catelau dHm accident d'apoplexie.

n m'est inutille de vous repeter que si vous avés b6-

' soin de moy impres de M' Dauriac, ie suis toute a votre

service. le ne pense pas que vous me fair tés le tort d'en

douter. Que ne puis-je avoir ocasion de satisfaire le desIr

A HADKMOISELLE ANNE GALAS. /l09

de VOUS être utille, et vous prouver par des efets les sentimeDs de mon cœor ! Notre supérieure vous asure de son tendre atachement Je suis, ma chère amie, mais de tout le cœur, toute a vous.

S' anne julie Fraisse de la v.

Avés vous vu notre premier président a Paris? Il pouroitbien vous rendre service, luy quia ete aux requêtes.

t VIVE JESUS

De Dire monastbre de loiilouse ce 42 décembre 1764.

J'ay reçeu, ma chère petite amie, votre letre avec un plaisir toujours nouveau. Mon cœur est flaté de voir que le votre ne m'oublie pas. Kous voicy au terme ou vous espérés lejugementde vos afaires. le me doute que je seray de mauvaise humeur jusqu'au moment ou ie vous sauray contente, hors d'embaras, et décidée sur Thabitation de vous trois (i).

Au moment du jugement, je prévois bien d'aucupations.

'le me contente que dans vne grande et belle feuille vous

Dïetiés : Vous avons tout gagné, — tianete Calas. Et à votre

loisir, vous m'en dires tout le vous connais vive, sensi-

(i) Ici se tronycnt les mois qui suivent; ils sont peu lisibles et me P^Taiggpnt inintelligibles : Pour les chapeaux se sont d'autres débrè-^ ^^cments,

bla 3U âeruior point, de l'honneur jusqu'au bout dos ongles, pleioe de sentimeDS, voila ma ohere Nanet« bien peinte au Bkturel. En conséquence la santé paye pour tout, et ie ne suis point surprise de son dfe-angsmiint ; ce na pentetre autremeut. J'espère qu'ua jour, plus tranquille, dans un sort plus heureux, vous vous remetrés.

Je vous eu souhaitte va semblable à celuj tie M'" Gaillard, que voua avés vue chés nous. Vous pouvës U n^- 1er: vous lui avés eumoutié d'ouvrages (1). Elle vient de se marier ; n'ayant que seize ans et avec vint cinq mille liTrea de rente, elle a épousé M' Treil receveur de Castres, qui n'a pas moins de quatorze mille livres de rente.

Notre Mère Supérieure vous embrasse de tout son cœur; toutes nos religieuses et S' de Ponsau, Mongasin, l'infir' mière, Vialet voua asureatde toute leur tendresse. Je puis TOUS asurer que vous avés si bien captivé touts nos cceurs qu'il n'y en a pas uno qui ne soit toute empressée de vos nouveUes. Jagés si au i^ P'^- ^'^f^ '^^ ^'V disons pas bien des choses pour vous. Le'sa^ dit que la peraévérajwi^ eatla patience a attendre les mostens de Dien et la p^ection de l'œuvre... Il faut bien que ma chère petite amiemepermete de respirer quelque fois (2). Je pense actuellement qu'un quelqu'un qui ne nous conoi1a^>it pas et qui veroit nos lettres, vou3,jeuneetJolie demoiselle protestante, et moj, vieille et laide religieuse en seroît bien snrpfis. Je ris toute seule de cette pensée-

rai écrit a M' Dauriac Je salue bien tendrement votre chère maman et sœur. le ne suis pas en peine de qud

(l) Phrue Lraduile mol i mat du paloii languedocien, poDr : todi liU Rvei enielgoé des iravaui d'alguitle;

(1) Eit-U néceaa^re de dire que Vceavre dont il l'igil d'tUeOdre la çerteaion, et la choses c[ue lea religieuses demandeul i Dlea, c'eit U couwniaa i'kata CaJas 7 Kn parler ia lemp* en itnipa, même d'uoe bçon dilooruée el diacrète, c'eit ce qiu la beaM «bot >pptUu Tapirer gutlptefoit.

A BADIMOISELLB AVNE GALAS. &11

osmt rov» toi» etc» iservles nmtaêlenieiif dun vos màla^ dteB. VMeCTialety a quî j*ai fait vos complimens, vous ttiflttit d& leur sensibilttô a votre sonvenir et vous protestent de lecor atachement Vous ne doutés pas du mien, n TOUS est dévoué jusqu^a mon dernier soupir. le suis votre W» humble obeisante servante sr anne julie

dclav. s'* m. D. s. b.

^oubliais de vous parler de ma santé comme vous souhaittés. Quand ie voua écrivis ie sortois dune maladie telle qoB j'eus avant votre sortie. A présent nous sommes toutes eorumées» gripe ou> la tête en baraquete {sic).

XVIl (4)

A Mademoiselle

Mademoiselle Anne Calas maison de monsieur Langloy Conseiller au Grand Conseil rue

neuve Saint Eustache A Paris.

t VIVE JESUS

Oe notre Memttère de touloaie, ce SO mari 4761.

"^e commençois, Ma chère petite amie, de murmurer ^[^^"^teusement contre vous. Par le retara du distributeur ^^^<i= iMres, la votre ne me fût rendue que samedi ;

Ct^OeCttriettte, écrite après la rtiiabililatioii des Caias, porte cette ^^^NW'alHiiqae lestsutraxitefl^

/il2 LETTRES DE LA SOEUR A.-J. FRAISSE

et des la veille toute la ville publioit vos heureux succès. Enfin vous respires I Et j'en dis de même par la joye de vos triomphes. J'espère que vous retablirés votre santé dans une situation tranquille qui vous fera jouir du fruit de vos travaux. Je vous connois ; Combien votre cœura-t-ilsoufert ! quels déchirements ! quelle violence! j'en ay bien pris ma bonne part Dans votre séjour chez nous, je ne vous temoignois pas ce que ie santois, mais mon cœur etoit toujours attendri sur vos malheurs.

Lors que vous serés un peu débarassée de toutes vos occupations, j'exige de votre amitié, et pour contenter la mienne, que vous me parliés de trois choses. Ou fixcés vous votre demeure ? Espérés vous de rapeler quelque chose de vos biens ? Et vous, ma chère petite amie, vos aimables calités, votre mérite personnel et votre sage modestie vous prometent-elles un établissement convenable, l'honneur de la famille réparé, seul obstacle a ce dont vous pouviés vous flater ? Vous me trouvères peut être indiscrète, mais vous sentes bien que c'est le cœur qui parle et qui désire. Il me semble que vous possédés tout ce qui peut plaire a la créature. Je laisse à Dieu, et ie le prie, de faire en vous tout ce qui peut le contenter. Du reste, si vous me faites quelque confidence, je vous en jure le secret.

Notre Supérieure et toute la comunaute vous assurent de la part sincère qu'elles prennent a Theureux succès de cette terible afaire. Elles vous embrassent et vous ayeraent toujours fort tendrement. le vous prie de témoigner a la chère maman et sœur tout ce que ie sans de leur contentement ; mais dites le leur bien ; ce ne sera jamais a l'égal du vray. Mon Dieu ! si ie pouvois vous embrasser, ie le fairois bien tendrement. Adieu mon cher cœur, vous me serés toujours chère. S'il se présente quelque occasion ou ie puisse vous être utille, ô de grand

cœur ie seray a votre service. Mais que peut une reli-

gieoseiDes prières au bon Dieu pour qu'il accomplisse

en TOUS sa sainte volonté.

IB suis avec Tatachement le plus inviolable toute a

Toas. .

S' Anne Julie Fraisse

de la V S*- M. D, s. b.

t VIVE JESUS.

De notre monaslfere de toalooiA ce 17 aTril 4766.

Je ne puis vous dire ma chère petite amie, tout le plaisir dont j'ay été saisie a la lecture de votre aimable letre. Si j'avais apris d'ailleurs ces aimables nouveles, je ne vous iurois jamais pardonné de ne me les avoir point détaillées. Vous m'aviez fort bien rendu le dispositif de Tarret; hj été bien aise de le voir dans toutes ses circonstances. S'U est admirable il est encore plus juste ; l'équité de- 'ûandait qu'on vous tirât de Topression où vous avez S^i plus de trois ans. Efacons s'il ait possible les malheurs passés et saches un peu vous livrer à la satisfaction d'être parvenues au point qui étoit a présent l'objet ^® vos désirs. Votre caractaire, je le say, vous rend plus f^Dsible aux afflictions qu'aux plaisirs ; c'est pourquoy ie vous exhorte a vous élever au dessus de vous-même ; 6t suivant le cours des évenemens, soyés contente et

LETTHtS t>E t.A SOEUn 1

joysHâe. (Uns un pais ou le^ tstos couronnées font à. l'eiv vie d'«asuj'eit> vos larmes.

Notre parlement a fait, dit-on, d69 asembléds secrètes,. pour examiiifiriU légUimit^ desipouvoirs doa requetoa, mais ils n'ont rien trouvé a pouvoir les combatre. lU disent qu'ils feroat imprimer la procédure et la donneront au public pour, leur' justification. Je répons qu'ils s'en garderont bien. le puis pourtant vous assurer qua tout ce qui vous connoit s'est rejoui de vos triomphes. Notre supérieure, toutes nos religieuses, en sont transportées et me chargent de vous le protester, surtout toutes celles que vous nommés. Vous êtes admirable et unique, nous ne trouvons dans aucune de nos élèves de plusieurs années, les mêmes souvenirs qui sont dans votre bon cœur, pour huit mois de séjour dans notre maison. Il est vray quo vous avés gagné touts les cœurs. Durant plusieurs de nos récréations, Il ne s'est parlé que de ma chère Nanete, dont chaqu'une faisoit les éloges ; ils étoieu t oondospu cet élan: Mon Dieu quel domagel...

Si le It«r fait qu^que chose en votre faveur, le veux le savoir; Bi. vousi pouvés flxw votre demaoradt .Psria, j'en ^ra^ fortaise; on est i portée de tant heap^elBkaa aiiMiiBlescaseom. Jem'atteudaift bien que o'4raot!d'«ir< trefondsiqualemagazin, rien n'était garanti.

Pour. ma troi^ème question Je n'endesespere^pis; lev uBcoBloia.poîiUaur votceforlune* ienanajrqae tromque. VOUS' n'en I II vés pointi; mais ie.ne puîsjueperauadffl't'qiitt . vo&«,figure, vosj-ar-as csUtés,. ne voua vaillaat |>lua.4U« . des sommes .considérables en cas; et en cas, aassmaiiquerau respect que nous devons à St Paul (l), si l'sven- . ture regarde un catoUque, fraachisès le pas; le mosba^

(i) AlhMlan incb. t. de 1> i" éplira-Boi floTinibleiM) t. fl.~Oi>> - ^^dûn^wti.gui nc'ODt point m<irii*:it amfeta^ifiHHemri'ttt--

A VABEKOISELLB ANNE GALAS. UiS

gonds bien d*6n répondre à Dion, et St Panl bien loin de s'en f&cher en sera très content N'oubliés jamais que vous m^ayei promis de me faire part des evenemens qui TOUS arrlyeront Vous voyés, que îe me donne les airs de vous donner des conseils avant qu'ils me soyent defflendés; tout est permis a Tamlûé. Avec vous mon cœur pence tout haut le conte si fort sur la bonté et la soli- M de YOtre- espîft, que ie vous croy en garantie de partMper aux'ditnmables sistemes dont pttrls est infecté. ' Tons avés natorelement le cœur et l'esprit pieux, un petit rayon de la Tray "lumière fairoit'dë vous une par- Mtte chrétiens Yons avés été si bien reçues a Yersaillés que ie ne doote point que si quelque chose vous y menait, vous ne recnleriés pas.

11 serait bien a souhaitter que si lé vice chancelier parie an Roy, on se joignit à luy pour fortifier la demende. Si le chancelier n^etoit déplacé je vous ofrlrois mes ser- Tices auprèë de madame Dauriac sa fille. J'ay fait lire a M' Sol votre letre devant ma nièce de Bertier qui étoit aVec luy. Elle vous en fait son compliment M' Sol qui vous fait bien les siens s'est chargé des Yîalets et Carpelle. Mille amitié de ma part a la chère maman et sœur et ne cloutés pas que ie ne sois a jamais avec les sentimens les plus tendres, votre très humble et afectionnée

amie

S' Anne Jolie Faaisse

De la' V. Ste M. D. s. b.

On me gronde fort sérieusement et chacune veut être nommée a leur tour; Sr Vialet, Sr de Ponsan, Sr de Ville, de Mongasin, Marie Louise, Marie Rose, Sr Caseîrals, et Srde Serres vous embrassent de tout leur cœur.

LKTTRBS DE LA SOECR I.W. FHllWE

^r t VIVE JESUS

Ue ïoicy résuscitée. Ma chère petite amie. J'ay tant de choses a voas dire que les pensées m'etoufeot. Je viens d'être malade. le m'inrormois toujours avec M' Sol s'il n'y avoit rieu de nouveau dans votre positiOD. J'ay roceu en son tems la charmante nouvelle de la gratification du Roy, de votre presantation a la Reine, et tout ce qu'elle voua dit d'obligeant; et touts vos heureux avantages me saisissent comme s'ils m'apartenoient. Ta ne sens pas plus sensiblement ce qui me touche que ce qui voua interesse. Mes plaisirs sur le changement de votre fortune ne sont modérés que par l'afiUction de ne voir jamais luire un petit espoir de votre vray bonheur, qui ne peut consister que dans ce qui ne finit jamais; ttctoëloment les larmes m'en viennent aux yeux, vous chérissant comme moy même.

Jen'avalsjamais regardé votre demeure chez H Dumas comme suite de letre de cachet. le n'ay pourtant pas oublié qu'elle vous fut signifié, mais ie regardois ce cérémonial sans concequence, et en liberté à Paris de vous loger ou il vous plairoit. Jignore votre nouvelle adresse; je me serviray de la môme.

Voyés, ma chère Nanete, comme le bonheur vous suit, a tous. Le voyage de M' votre frère dans cette illustre compagnie (1) n'est pas indiffèrent et prouve le nondeshonneur de vos malheurs passés. Ce sont mes petites observations, a part moy ; lorsque le m'intéresse, ie suis

c quel personaagv l'un desjeanei

A KADBMOTSELLE ANNE GALAS. UH

comme les animeaux de TApocalipce, qui avaient des yeux devant, et derrière.

le ne suis point surprise de votre fixation k Paris. Ce seroit une ingratitude de quitter cette ville après tant de bienfaits. le m^attens tous les jours a quelque brillante nouvelle sur vous, ma chère petite amie. Ne soyés point scrupuleuse a regard de S' Paul. Si le cas échoit, si vous me laissiés ignorer une minute seulement cette douce idée dans laquelle mon esprit se promené, supposé qn^èlle se réalise, ie ne vous le pardonerois jamais. La nouvelle de la gravure m'a divertie ; ie la trouve char* mante, ie voudrois bien la pouvoir voir, bien mieux enclore roriginal. le suis quelque foix toute triste lorsque j*en vois l'implacable impossibilité.

Je me suis informée de ce que disent les messieurs du Parlement A presant pas un mot Aux premières nouvelles du gain glorieux, ils carillonnèrent beaucoup sur le droit, et le fait ; les messieurs des Requêtes ne pouvoient, disoient-ils, toucher a leur arrêt. On fit courir bien de faux bruits ; mais c'est tout. A présent ces Messieurs n'en parlent point; ils sont tous ocupés de M' de ntz-James, des affaires de Rennes et de Pau, d'un grand projet de noblesse a venir pour les membres de leur corps, n'en voulant recevoir qui n'ait quatre générations. Bs sont en dispute entre eux sur ce fait

Vousm'avés fait un plaisir des plus sensibles par les copies de Mrs des Roquettes, et Vice-Chancelier (1). le les ay faites courrir de toutes mes forces, .l'y ai trouvé une augmentation a ce que je savais deCOOOliv, pour les fraix des voyages et procédures; 36,000 liv. ne sont pas indiférantes; et la gloire de les tenir de Sa Majesté, preuve d'innocence persécutée. Je me persuade que Jannete ne sortira

(0 II s'agii des letires que nous avons reproduite» plus Iiaul,

/||18 LETTRES DE LA SOBUR A.-J. FRAISSE

point 8ÛB â^oa lîv. de la manse commune et ¥iTnL.a¥ec vous autres sans discution.

N(^e Sœur Dkuaaud est bien sensible a votre soiurenjr et touto» nos religieuses; elles vous eherissant tei^dremont; toutes, vous embrassent Notre Sc&ur Jaquele-se sQ()t tropi honorée que vous vous rapeliés qu^elle existe et vQUS.pres^te ses respects. le ne manqueray pas de. pfQORtec vos cosaplim/8n3. aux Yialets, Gardel&et Sol ; û. eo^seca. 1q. porteur, comptant de le voir aujourdhujr,.

J'ay i;«^ndH-for4i exactement, ma chère amie^ attends. leSi p^^intsqw vous intéressent personnellement; c'est avant tout Venons, a ce qui nous regarde. J'ay ri detout mon OQ^ur avec notre ancienne petite mère*. Voua ete& charmante, admirable, unique dans votre espèce ! Gom* ment a^és. voua gardé dans un petit coin de^votre mémoire, avec. le& choses prodigieuses qui vous ont ocur pée» notre, élection au terme juste ? Je vous entent a merveille ; jîay souvent pénétré vos pensées sur cet article m^grévjotre discrétion. Vous aies croire que noussonunes devenues foies, lors que ie vous dirai la Supérieure, que ni vous, ni nous, n'avons jamais vue, mais a la veille de la voir. Pour notre justification ie vous dirai une grande histoire. La voicy en racourci : notre institut a été fondé a Annecy ville de la Savoye. L'Eveque est Eveque et Prince de Genève. S* François de Sales qui en etoit TEveque nous y établit cette maison que nous y avons ; nous la respectons grandement ; c'est la source. Elles fournissent des Supérieures aux maisons de l'ordre qui en veulent. Il y en a une, a nos religieuses de Montpelier, qui a gouverné six ans; elle devoit s'en retourner chez elle. Nous en avons eu fantaisie ; c'est l'élection que nous avons faite le 23' de May. le conte qu'elle arrivera a la fin de ce mois par tout le cérémonial qu'il a falu écrire a l'Eveque de Genève qui est son supérieur; il faut qu'il envoyé sa permission. Ce sont des délais qui finiront

A VADSMOISELte ANNE GALAS. hi9

bftntxyt-; J*y rais ^es rateressee poar €n!r mes oaùpk^ tions; il m'^a fslti écrire Bans fin et me meier de tout, en qualité <f assistante. Voilà notre histoire. Vo«u3 en sei^és \Âm surprise ; en tout cas, vous n^etes pas seule : on en parle partout.

Vdtre efttere Maman et Sceur veulent bien tecevOîr les asuFances de mes tendres sentimens. Vetis ne doutés pfts ^ eem que j^y pour vous et qui ne finiront -qu^a mon dernier -soupir. Je isufs toute a vous. Votre très li^ittible obdsaiite servante Sr anne;fulie Fraimh

de la V. S* M. D. s. T).

de tooloiue, ce 4S« juin 476o.

t VrVE JESUS.

De nelre momMlère 4e towleMt ce 99 sefleabM AIW,

Votre^letrè, ma petite amie, m'a comblée de je^e. J*é» M» a« mom^t de vous écrire pour soule^ger Taflfctiôn dont mon cœur étoît pénétré, au risque #y metM le comblé pau* votre reponce. Je m'informois de vos neuvellës à ceux que j'en croyais instruits et l'on m^asia^que TOUS eties sa fbrt dans les bonnes grâces de Tambassa'deurtr Angleterre que ie m'attendoîs a tous momens d'iH prandre un grand mariage, dans ce royaume, fie ne vous 6acMe pas que la mort me serait plus douoe et que j'en prandrois des regrets jusqu'à mon dernier soupir. VoM pensés sans doute : qu'est ce que cela fait? ie i^is aussi ferme en France qu'en Angleterre. Ma chère NMete^ l'eis* péraooe est la dernière chose qui meurt en nous. Tout le

bis au dornior poiËt, de l'honneur jusqu'au bout des ongles, pleine de .seatimeus, voila ma chère NaiieM bien peinte au naturel. En conséquence la santé paye pour tout, et ie no suis point surprise de aon dérangemaut; c& na peutetre autrement. J'esp»^ qu'un Jour, plus tranquille, dans un sort plus heureux, vous vous remetrés.

Je vous en souUaitte va semblable à celuy de M'" Gaillard, que vous avés vue doéa nous. Vous pouvég la rape- : vous lui avés eu montré d'ouvrages (I). Elle vient de marier ; n'ayant que seize ans et avec Tint cinq mille es de rente, elle n épousé I' Treil receveur de Cas- I, qui n'a pas moins de quatorze mille livres de rentfi.

notre Mère Supérieure vous embrasse de tout son cœur; toutes nos religieuses et S' de Ponsan, Mongasin, l'infirmière, Vialet voua asui'ent de toute leur tendresse. Je puis TOUS asurer que vous avés si bien captivé touts nos cœurs qn'il n'y en a pas une qui ne soit toute empressée de tos nonreltes. Jugés si au boa Dieu nous ne luy disons pas bien des choses pour vous. Le sage dit que la persévérance eatb patiencaa attendis les momËns de Dioa et la perfection de l'œuvre-.. Il Taut bien que ma chère petite amie me permete de respirer quelque foix (2). Je pense actuellement qu'un quelqu'un qui ne nous conoitrojt paa et qui veroit nos lettres, vous,jeune et jolie demoiselle protestante, et moy, vieille et laide religieuse en seroît bien aifrpris. Je ris toute seule de cette pensée.

J'ai écrit a M' Dauriac. Je saliië bien tendrement votre chère maman et sœur. le ne suis pas en peine de quel

(1} Phrase tTttduile mol i mol du palois luiguedadcD, pour: TDiu lai avez eDBeigné dei iravaui d'aipiille.

(3) Eil-11 néceiulre ds dire gae l'auvrt dODt 11 a'agll d'auendra ta pertecllan, tt let choses qu« les religieuics demiDdem i Dlen, c'eat la coDveiaion d'Aaw Calaa ? Ha parler de tempa es tcmpa, nitiae d'uœ (afaa déleorode et diacrèle, c'eat c« que la booiM HMW *pprlle reipirer gaelgtie[ois.

A XÂDEMOISELLE ANNE GALAS. Ii2i

un cœur comme vous ? Ha si vous le voyés ce cœur vous vous y trouveriés bien empreinte. Je receveray avec grand plaisir Testampe dont vous me parlés. J*y verray ma chère petite en figure; si ie ne puis la voir en réalité ; pourvu qu'il n'y ait point de nudités.

le prans grande part au nouveau bienfait du Roy en faveur de M' votre frère Louis. Oserai je vous demender s'il se soutient dans la Catolicité ? le crains la reponce ; mais ie suis persuadée que de quelle façon qu'il en soit c'est à votre bon cœur qu'il doit cette gratification malgré..... le vous reconnois a ce trait, vous aurés employé vos protections en sa faveur. Vous voilà toute au long. Je vous connais jusqu'au fonds. Noubliés pas que Dieu ne vous a donné un cœur que pour luy. Adieu ma très chère petite amie, que j'aime très tendrement. Je sois et seray toujours toute a vous,

S' Anne Julie Fraisse De la V. S" M. D. s. b.

Notre sœur de Hunaud se fâche de ce que ie ne vous pas qu'elle vous aime de tout son cœur.

t VIVE JESUS

De ntre monastère de touloaie ce if janvier 1766.

Jay receu dans son temps, Ma chère plus petite amie. Vos deux charmantes letres, celle du 8* X»>'f« et celle du ^" de l'an. Vous dcvés toujours vous tenir pour assurée, lors que vous voyés le retard de mes réponses, que ie

sots malade. A votre ttremlere, le cbmmeiicois une malattlp qui wlon les premiers cotunencéttens devoit me condoir» 3 la mort, mais deux saigbêes dans le premier Jrnir et cinq medPiîines m'ont tirée d'afairés. Ma convalescence a été lante ; la mort de Mr Daufiac sans testameut m'a fait un chagrin ifiexpt1matil&, voyant mon frero et deux neveux sans avoir du pain. Ils ne stlbsîstolent que par one panslon.. on espère que l'heHliere du suig la continuera.

RcvOTions & votre pj^miere letre. le suis très contente do ïOtro rranchise; vous me là devés, et a vous même et 1 votre reltglou. le suîs afligée de Vos sefaHmens, Hiais ne ï>iit9 l'être de )a probité et verfté (jnl sera toujours en vous. Comment pt>uvé5 vous penser que ma tendresse Eu poisse ctrs aliiblio? Non, ma chère Nanete, jamais rien n'eu sera capable. Vous êtes trop dans tfiOn tteur ; voto n'es ssrtirés jamais. Ce n'est que par votre bon caractère que TOUS croy^s m'avoir des obligations. Je n'ay fait a vMra4sanl«se«M'Bcdn«. tt jmta^ qtf'By |«fctt {Mnr voQsT rien, Totm psavro a>ftet,'n prix de M^e #«*■ rois vouln faire. Qu'aurois je fait, si j'avoispnTnneeiélante catollque ; effacé le souvenir de vos malheurs ; une fortune égale a oe que vous mérités ; ou mieux encore, one bonne religieuse, voila ce que J'aurois fait, et ce que le vous souhaitte pour repondre a vos souhaits dans cette nouvelle année.

J'ay porté vos complimens a notre Supérieure, a la sœur de Hunaud, Vialet, et a toute la communauté. Elles vous font mille bons soiUlMts et amitiés.

le ne trouve rien a dire a votre façon de vivre. le vous remercie de m'avoir donné le plaisir de m'en instrtdra. TObt est fbrt bien inehàgé. N'oubliés pas, dans Mb f^lis, de ih'ebvO^p^ei' f estampe; elle me tient & ccénr et me sera chère. le suis bien contente que Mr Louis se Mmtfênne dtttts la ciitolicité. Vous fâlrës, ie vous prie.

uyo^ yn))iyw>9 d^ ^^ PVt, mais, biea s^i:ée, pourvu. q^ço, ig^îuiçf^ P^ ^ la obèr^ msvaaAQL e^ siçeur. le. suis tçe9 ^çnsii^ aleum si^tijoeas, l^ leur eu, ^ voués a 1*^9 tQuI) w moins.

Yoj^y,etôs[>Qurifflisedft froi^ de ce païa; il e^t a^freuiib le n^Qig^ BHJift.p]u^ j'aj pi;év,enu yx>s conseils^ la^ ch^wfrete mf^jsn^^ tp92j|9ais& Pef^is l^ p*^ d^lalune de. Xb;« la^glace n9.Qp||^%<gi;i,^j^^ Toutecett&lvini^ l&tenas.

a^^ on, 4;î^)^; ie^r derniçgçs qujûQ;z;jd jqmi;sl le can^ sedli^/Ôt iâf (^^wmw^- W i^MT d(B 1^. luua de jaavier. Lq, «Ote^l , xwnf^|jpqftÇ|4es Iji^au^ jougs, i^aisu la g)ace,subsi^;te ;

iLq^Q^tl^ ^W^^^^W' ^^^^(^^^ 4Vii. se.peprant ^.^Ijjytfl9^pap)r^e^ tpajQjw^ Noua n^esperous plu;sla. %^. C)^ cs^aniit^:; il i^estt pas. po^ibl§. qfx^, de nos

I|||[^.i$iioos da. gendre Ma"^'^ Destel^es, et. sq^v Car thi^çiiu^^ tçi^ièra. Satnedji dernier elles, sçat. mo^es k vq^ d^^irbçp*A. de. distance. Dimapiçt^e. dernieç. npiis a;ïipl)$Ui^,speQtaple.danâ notice chceur, lesi deuxenterror mens de suite. le n'avois jamais vu pareille jQbpse..

IK^ Qardellpy YJal^ et Sol à qui ie fais exactement vos coinpUm^ssf vous font bien les- leurs. Et moy, ma chère petUe amie^ ie vous asure de ratachement le. plus vray aKQc lequel ie.suis toute a vous

Sr anne julie de la v. s** m« D« s. brf

f. VIVE JESUS

De ntre monastère deToaloase, ce % avril 4766.

Voug^n'et«s^Pftô, sans doute, surprise, ma chçre petite.

«mie, du retard de ma réponse a votre aimable lettre du 22* février. Vous vous rapelés peut être quemon usage de n'écrire en careme que pour ce qui ne peut être relarde m'a empêche de me donner ce plaisir, et voua voyôs que te prans au plus vite le premier courier.

Je suis toujours dans l'admiration des sentiments dont TOlre cœur est rempli. Il semble que le Seigneur ait pris plaisir a renfermer dans cet aimabie cœur toute la gratitude et reconnolsance qui semble aujourdbuy être banie du comerce des humains, qui tournent a tous les vents. Tous vos sentiments a mon égard ne peuvent avoir d'autre objet que les désirs que j'avois de pouvoir faire pour vous. Pour ce que j'ay fait, ce n'est pas la peine de s'en souvenir ; mais il est vray que si j'avois pu et que mon état eut eleauséptible de fortune, ie n'en aurois voulu que pour vous la donner. A l'égard de l'esentiet, vous n'en doutés pas. Trop heureuse, si au prix de tout mon sang, ip le pouvois encore! N'en parlons plus; ces propos sont trop accablants ; ils echapent a la plénitude de mon cœur.

Que pouvés vous tant dire, ma chère petite, a vos amis pour nous les aquerir î Que nous sommes des IwDnes personnes, qui ne vous ont pas tracacée, et qui vous cherisent tendrement Votre bonne conduite, et tout ce que vous mérités, vous ont atiré de notre part tout ce dont vous nous loués. Vous ctiés admirable ; a vous voir, on vous auroit prise pour une postulante des plus modestes, et recueillies. Souvenés vous, lorsque vous pasiés nos dortoirs, les yeux baissés, sur le bout des pieds. C'est savoirtoutbien faire.

Que dit Ma'"" votre sœur avec ses religieuses 7 En est Il comme vous avec les vôtres î Faites luy bien mes amitiés sans oublier Madame votre mère. Hier on délivra l'estempe. Mon Dieu '. q'u'il me tarde de revoir ma chère Nanete I Nous saurons bien nous rapeler tout ce qui lui

A MADEMOISELLE ANNE GALAS. Zi25

manquera ; phisionomie et couleurs sont empreintes dans

notre souvenir.

Notre Supérieure et mère de Hunaud, de même que la S^ Violet, Ponsan, Mohgasin vous asurent de leur tendresse, et toute la comunauté. J'ay fait vos complimens a Bf^ Yialet, Gardelle et Sol et a Madame Gay que j*ay vue ce carême. Us vous en font mille et mille. Si ie vous rendols tout ce dontonme charge, les uns et les autres, ienefinirois. Fermetés que ie profite des ofres obligeans que vous me faites pour vue petite commission : ie souhaittequatreonces desoye tordue comme celles que vous m^avésvu travailler. Nous lesapelons soye legis. Je veux que ces quatreonces me fasent quatre nuances en rouge, savoir un rouge brun, un ponceau, un seris et un couleur de rose clair. On ne peut aler si juste pour le poids ; un peu plus, un peu moins ne doit pas vous embarasser. Noos fairons bientôt un envoyé de fleurs aune marchande apeléePastele, et nous luy donnerons ordre de vous payer. Vous voyés qu'au preinier besoin ie vay sans façon. Au retour de votre part, ma chère !Naaete;siie puis vous être bonne a quelque chose ce seroit bien de tout le cœur. Je me flatte que vous n'en doutés pas. Ce seroit en vous une injustice horrible, étant toute a vous, mais

bien tendrement

S' Anne Julie Fraisse

delaV. S^M. D. s. b.

le ne me souviens pas pas si dans ma dernière ie vous dises la mort de Ma**"' Destelanes et sœur Catherine. Et ce carême, nous avons perdu d'une purimonie S' Claude Julie. Nous l'avons bien regretée ; son âge, sa douceur, sa politesse nous la rendoit bien chère. Je vous fourniray a la première ocasion une comodlté franche pour mon petit paquet, en cas vous n'en conoisiés pas.

Tlf fiîC pKC £K SB mqB 1. V" Sot dB «Mt 08 qae TQOS

■e diaiés ifohiiigMt poor Iqr <bas loGm deraiœe. Je b'^T ea qae irop '«•*'*■" de le nv dazaU huit joojs^ B a pnaçie haAôé cbâi Boas, poor «se petile^enfknt de.

JTIe Varqoid de Païlan](^& qui au bo« de loa;t^^,sqiiU^ «M alée an oeL V SU. aakàt œn son. Je Injr dis qaa le Bon Dûa aota bëoii de U peine de cbotar notre mai- MO ponrnoos eaie%^ ces pannes eibnta qui aaas soitt coalié& Il me répondit que Dotre màsqa ëbA leclKanin da cfeL — Evnrqnoj donc ne roos Mtes roos pas fra« risftaoddn T — Je me fairois, dit-il, Trere conpecboox, si J'étola ansri sur de ma part de paradis que cette petite qol y fera dans- nue heure.

Ne trouvés vous pas que cette conversation es^ charimate vis & vif un protestant I Dien BoIt béni I dûHit ado^ rn- Htdeielnfl et s'y Boametre. n m'en focbe bien ponr-

A MADEMOISELUS ANNE GALA& Zi27

tanjb! M](.,cb^re p^tJlte amij^ a.bieasa.bouQQ p^t.dans.

SoJ^gme^Ji.ai'oreille.qjie cett^ gravure vauAfoit beai^ coup dans^r^emaigne., rep ai ejiç toute rejpjuievj^ans pr^r ju^ce.de,tQuts.l^ j^ipns etgrace^.spirituêlo^ quç ie vofis< 80iiha|tte|.ie ne pi^. me défendre de vous 30uhaf^er die«si^, ayaifJlj^f^.tempof^çU Moa,cceur seroU.en grande sou,7. fk^çe^si ie,yQus y/savois.

Jç yo]QS pfurjie,^,]^tpns rompus, tout çomm^ il me vi^nt» , de Fabondance du cœur. Mais n'oubliés pas que c'est uneu bonni^ vi^jy^^ je. ne veux ^s^ que voi^s mpoiiriés mes letrep^.saijâ a);er|^4.ui^ la d^tte .du.sieolç est celle de mqi^. ag^ Iff^u^ .mfi^qg^ ,easef][)bl^.lu^^..et; moy d'ua même,, Pa%r-»f««ft^wWs jan^ai^',

^Ê^i Ain|g(^dq,mifi pajj a p^m^. et, 1^ .ctiere .s«îur, Oiv^f ti;çi5,,bi^.rçpses^nti^ M^ma?^ e(..v9u^ voua re^ se^^^Y!^ iejç. djfeç/j^fîf^ de. l'ag^ Adieu m^.^bereJNar ^^q)^r|é çhçBW,tqiypu^ îteijjJpçnip^t.Tçute^ rvgus.

srAane JuUe FitAisas^ DelaV. St^ M*- IX 1 s. .b<

t. VIVE JEsyp.

De nlre monastère de toulouse ce 6« août 4776.

Voup ne.dQutés pas, Ma chère petite amie» que depuis avoiç receu vptrQ.magififique presant, parfait dans,toutes se5pajr|ieg, je n'jiy été malade.. Avec quelque^.aj^cés de fievpe,j'en.guj9 quitç^,,.Mais après .vQ^s^ypiT; remerciée, pér- OAÇi^ m^reiyroçhçs ; vofu^ jn-axés. sauvant jpfejTt de, me

s DE LA StMVE k.~I. PBAISSE

faire mes petites commissions et me reodre service dans votre grande ville, le plus beau théâtre de la France; et vous m'obliges a n'oser plna respirer avec voas. Votre boncrenr me touche et le mien soufre de ne pouvoir vous procurer tout la bien que le vous souhaiite. le vous en prie, rendes moy la liberu5, en cas de besoin, d'avoir recours a vous sans que votre bource en soufre, sans quoy ie no puis prolîter de votre bon goût. Vos soyes sont des plus belles; les couleurs, la nuance, la groceur, tout est au mieux.

Je garde avec grand soin votre estampe. Souvent ie la considère par le plaisir de quelque resemblanca il faut se contenter de la figure et faire un sacrifice éternel de l'original I Mon Dieu, avec quel plaisir i'embrasserai-je !

Brisons a ce discours frivole dont ie n'ay que la fumée. Dans les entredeux de vos îetres ie demande de vos nouvelles; personne ne m'en sait donner. Il me semble toujours qu'il y a quelque chose de nouveau a aprandre. Mes dedra me font illosion : ie me représente toujours un sort heureux a ma chère Nanete. Mon esprit s'en ocupe. Mais si votre. situation présente venoita changer, ie ne vous pardonnerois jamais de me la laisser ignorer.

11 y a bien des choses qui me combleroit de Joye sur ma chère petite amie J'en parle souvant au bon Dian; s'il fait semblant d'être sourt, peut être ne le sera-t-il pas toujours.

Il y a longtemps que nous n'avons vu Madame Gardelle; elle est fort prés de ses couches. le ne manque jamais de faire vos complimens à M' Sol et le charge des autres lorsque le ne les voy pas. Toutes nos sœurs persévèrent malgré le tems et l'eloignement a vous aimer tendrement. Notre supérieure. S' de Hunaud, S' Vialet, PODsan, S' Marie Louise, toutes a l'envie me chaînent de mille et mille asurances d'amitiés. Il fait un chant aussi vif que le froid de ce dernier hiver. Je crains qu'il sera

A MADEMOISELLE ANNE GALAS. i!i29

ausi long. Bénisons Dieu.de tout; c'est lui .qui nous a faits, il faut donc vivre pour luy .

Mille complimens et amitiés de ma part a Madame votre Maman et la chère sœur. Adieu, ma chère amie, aimés moy toujours un peu en retour de la plus tendre et sincère amitié. le suis et seray toujours votre fidelle

amie.

S' Julie.

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