XXV
A Madame Madame Ducoisin à V hôtel de M* rambassadeur de Hollande^ rue Bergère
A Paris.
t VIVE JESUS
De notre monastère de toalouse ee SS* mars 4767.
Après vous avoir dit un grand Madame très respectueusement, le reviens au stille du cœur. Hé bien, ma chère petite amie, vous voila établie. N'avois je pas raison d'espérer toujours quelque bonne fortune? Vous me paraisses très contente ; il faut donc que j'en sois. Vousavés bien quelque soubson(2), je ne dis rien déplus; mais le sc^et du soubson à part, personne ne sent plus vivement votre heureuse situation. Quels reproches ne mériteriés
(i) Cette lettre et les suivantes portent celle adresse.
(2) Quelque soupçon que la Sœur regrelle de lui voir épouser un protestant, et suriout un pasteur. Bien de plus original que lu <léiappoinlement et la défiance qu'elle laisse percer dans cette première lettre et dont on ne retrouve aucune trace dans les suivantes.
-A SdEDR A.-J. FHAItiSE
VOUS pas ? mais vous vous les faites, ie n'ay plus rien & vous dire. Il y a un article pourtant que j'ay peine i vous pardonner, vous avés eu tort de douter de mon s( cret. Lors de lacoosultatioQ, un petit mot de coufidenca n'aurait pas ete déplacé. J'ay apris comme vous dite^' votre mariage par le public, avec toutes les circonstao-^ ces, dont vous ne me dites mot. Quarante mille livres,' qui voua ont è\é données ; quinze mille livres de ranta^'*' attachées h la di^ité de votre époux. On n'a point sq dire, s'il avoit des biens paternels. J'ay fait tout ce qna j'ay pu pour découvrir tous vos avantages. Du reste, bien. persuadée que fut-il Uiroquois, Iluron, Turc, pis encore, tous sauriéa le métamorphoser par votre douceur, modération et conduite respectable- le vois par ce que vona me dites de son caractère que l'ouvrage est tout fait Vous ne le gaterés pas. U faudrait être. bi6i^d|abolique, pour vous rendre malbeui'euse. le. i^e.vemi pt^s pçi;4f;e iQ Courier. I! va partir.
Vous m'ofencés; qucsque vous me devés pour la con- EUltation? J'ay payé Sol. Soyéa tranquille, dites donc oe que Je vous dois. Me parloiàs plus de cet article. Toutes nos religieuses ont pi;is g^ftnd^ p^rt a votre bonheur. Nous voua aimons tpuj9^rB t«ndreu^eat Lora<^ue, vous aurés le tems écrivez moi quatre, pa^es. De vous' le veai tout savoir. Adieu mon ct^er 9<pt;ç. J^ prie toi^Qors pour vous; Dieu est tput puissant.
SrJulle.
as. b.
t VIVE JESUS.
Da nom noDUttro de ToutooM M 11 julUcl 1 141.
Que devés vous penser. Madame, de mon retard hnr
A VAViEMOlSBLLE ANNE CALAS. /i3i
jlKÎEidtre ï vbtare toi^iAirs pltiâ aimable letre en datte du 21 juin? rày voulu attendre de finir ma petite pacotille que j^ày rémUsè à Mr Lavayââe (sous la protection de Sol, JQardeDe ëtViàlet, pour trouver une comodité pr Paris) dont vous aùrés avis de l'adresse du porteur, s'il ne doit vous la remettre. Admirés, ie vous prie, trois branches renoncules faites par une bonne vieille de 67. Des deux œàîUéts, vous en prêsenterés un de ma part a Mr du Yoldlfi que j^àimè de tout mon cœur, puis qu'il vous rend heureuse. Témoignés luy ma parfaite reconnaissance. Àli ! si vous avîés eu un quelqu'un qui vous eut fait {Mâsér dès mauvais jours, mon affliction eut été extrême. ïbuiës lès fois que le lis vos charmantes letres, ie pense que vous àvës fait un beau songe où vous avés vu tout ce que ie sbûhaittois a ina chère petite amie et vous avés pris mes âMfè pour actions rêeles. Je n'ay jamais rien lait qui meiflte ÏQs sentimens de reconnoissance dont vous êtes remplie. U n'y a que votre unique bon cœur a quije les doive.
Tout ce que vous me dites qui vous interesse m'atriste et me console. La disproportion du vray de votre fortune, avec ridée qu'on m'en avoit donnée, m'a presque mise de mauvaise humeur. Mais elle est adoucie par l'essentiel de votre contentement Je vous savois très incommodée; le principe n'est pas incompréansible. Ménagés vôtre poitrine, vous l'avés délicate. Si dans six mois vous êtes iJoiaman d'une demoiselle, ie la veux Anne ou Julie (i). fié négligés pas de me donner de vos nouvelles; si vous né pbîivés écrllré , metes seulement : Je suis trop inco* modéè de telle chose pour écrire.
le né puis vous rendre les amitiés que vous faites à la
(i) M^* DUTointa n'eut que des fiU; mais Tatné qui mourut au bélit dlB quelques jours, et le second, ué l'année suivante, reçurent tous deux au baptême le nom d'Anne, qui était d'ailleurs un de ceux de M"* Calas, leur marraine.
Ma 1.EITBES DE L* sœun à.-J. FRAISSE
Sr de Mongasin, nous l'avons perdue le 10 may d'une hidropisie de poitrine Depuis trois mois qu'elle avait gorgà le sang, la groce fièvre ne l'avait point quitée. Nous l'avons beaucoup regi-etée. La supérieure, de Httnaud. Ponsen, Vialet et toutes nos sœurs vous font mîQe coiDpliuiens. Je vous prie de bien faire les miens à dame votre mère et sœur. Je sais charmée du plaisir que vous aïéa de voua voir souvent Mille choses de ma part k Mr Duvoisiu ,- si je le connoissois un petit brin, je le prierais de vous faire une embrassade ausi tendre que ia vous la ferais. le n'ay point entendu parler de la duchesaq Canuille, mais je luy say bon gré de son présent et plua encore de ses senliraeus, I^s raieus pour ma chère petite damote ne peuvent être plus tendres. C'est de tout le c<eur que ie suis et seray toujours toute à vous.
Sr Julie.
t VIVE J.
J'ay ete bien fâchée, Ma chère amie, de ne ponTt^ vous prévenir en son tems de l'arivée de la petite bœte afin de vous empêcher de payer le courler qui s'apele Petit, attendu qu'il l'etoft, H Laraysse n'ayant po trouver comodité. S'il vous a demandé c'est une friponnerie. Des douleurs de rumatisme m'empecher^t d'^ crire.
Je le fais aujourdhoy a la batte, devant entrer en retraitte ce soir. Veuilles ou non veuilles, ie prient bien pour ma chère petite amie. Jamais ie ne prie sifervem-
A.MAPIMOISELLE ANNE GALAS. ^33
mont qfàA lorsque vous en êtes Tobjet. Mais vous êtes admîrat^B en tout ; vous nous suives dans toutes nos tenaroBes. Bout la peu de tems que vous avés été chez 9000, ^ousiious savés par cœur. Rien ne vous oublie. •La principe part d^un bon cœur. Vous nous le devés par retour. Lorsque le reçois de vos letres on s'empresse de «avoir de vos nouvelles; ie lis et chaqu'une levé les yeux aa oiel pour implorer la miséricorde du Tout-puissant.
PaiiOD^de Ma^^ votre fille : Vous m'en avés bien Pair. Je V0QS en prie, attendes vous y et recevés la de bonne ftaoe. le suis très contente que vous la nourisiés. Le deioir vous y engage, et Tesperance de luy transmettre ATOtpe caractère. C'est le plus désirable. Ual si le pouvois vous l^eolever au moment qu'elle marchera seule ! le Taimerois à la.folie. Elle seroit bien la chère toutoune de cha4iu'une de nous.
,Si vous lises. mes letres a Mr Duyoisin que ie salue, ie
^ous.ilefenisde luy dire mon âge. le l'aime tendrement
•puisqu'il vous rent heureuse. Mes amitiés, ie vous prie a
■Madame votre Mère et sœur. Adieu petite damante, ie
■Yiiy ^m'enConcer dans ma solitude avec Dieu seul. Dans ce
monde c'est l'unique bonheur : commencer dès cette
vie ce que nous fairons etemelement le suis toute vôtre,
bien tendrement
Sr anne Julie Fraisse de la
Ce 97 7br« 4f 6f.
t VIVE JESUS
Il y a déjà longtemps, ma chère petite daniaute, que
i'etois bien en peine de votre situation. J'en demandois nouvelles a tout la monde. Kniin Sol, mal instruit, me dit que vous etiés revêtue d'une lille. Bon, je dis; voicyune petiteNanete; je l'ainioisdQja ala Mie; et plus foleraenl encore je revois, je projetais, ii me serabloit que ie la tenofs d^&; j'en etois rajeunie de dix ans.Jesavois bien que TOtre ternie etolt a la Hu du courant, mais a une première on peut se méprendre. Je n'ay scu le vray que par votre letre dont ie vous suis doublement reconnoiss^nte, écrite ISjoursaprès vos couches (1). Au lieu de voua afliger, bénisses Dieu d'avoir mis dans le sein de sa gloire votre pr* né! Nous ne naissons que pour le ciel, il s'y trouve; ie vous demende ([uclle fortune pouvi^ vous faire a vos enfants, pour si brillante qu elle bOit, qui puisse être oomp&rée? Ce doit être votre consolation
Ja vois avec biun du contentement que votre santân'cst point dérangée et vous êtes assés jeune pour réparer votre perte. Lorsqu'il y aura lieu, dites le moy. le ne puis ma passer de savoir tout ce qui vous interesse. Vous ne sauriâs croire, chère amie, combien souvent nous parlons de vous, et nos regrets de n'avoir pu voua tenir. Nous n'avons toutes qu'une voix sur vos aimables caillés. Je m'amuse quelquefois a regarder votre gravure; je la concerve soigneusement. Enilu tout ce qui est de vous me donne un plaisir singulier et me fait regretet les imposibllités de nous revoir jamais. J'avoiie mon folble : les larmes m'en viennent aux yeux quelque folx. Hal si je
(i; Anne rtiilippe U«nri, nls de Jean-Ja<:qucs Duvoisin vl de Anne CalaB son épouse, né le lO fiéctmbro 1T8T, hapliïédan* l'apporlcmcnt de sa mère ou présencu de SI. Sïrvurler, ancien, p»r F. G. de la Brour, cbapebin, ajant i>uur purrain Philippe Uebiui, reprcsenlé par M. llenri Dumas t;! pour marraine Anne Rose Cilu ta grand'mére nialoriiello " {Ileg, des bupl. de la Chap. dt HoUandt, au dépAl do l'Ëlat civil de Paris.) Il muuiul au lioul de quelques
poavois enlever ma chère Manete sur les ailes des vents, je l'embrasserois mille foix et puis, très fidèlement, je la rendrois a M' Duvoisin pr ne point séparer ce que Dieu a uni. (i) Vous nesauriés croire combien je suis sensible allionneur quMl m'a fait de m'ecrire quelque lignes. Faites lai mes excuses de ne luy repondre que de même. C*€St par discrétion; je say bien qu'a son attention, je devrois une letre en toute seremonie.
J*ay fait la distribution de vos respects et complimens a toutes. On y a repondu par des aclamations de Texcelance de votre cœur, et chaqu'une a recommencé vos éloges. Ils finissent toujours : quel domage!... Enfin, Dieu soit béni de toutes choses! il est tout-puissant; c'est ma consolation. Ne mourés pas avant moy, gardés vous de cette sotise ; mes larmes couleroient jusqu'à mon dernier soupir.
Adieu, ma chère amie. Soyés persuadée que mes vœux et mes souhaits pour votre bonheur sont indepandents des tems, parce qu'ils sont de tous. Je vous remercie des vôtres. Je me flate qu'ils sont de même. Je suis et seray toujours toute a vous de tout mon cœur.
Sr Anne Julie Fraisse de la Visitation Sainte-Marie Dieu soit béni,
de notre monastère de toulouse
Ce 13' janvier i7J68] secret pr Mr Duvoisin; que diroit-il
démon stille(2)?
(i) En appliquant celte parole de Jésus- Christ ( Malh 19. 6 ) à un mariage protestant, la vénérable Religieuse se montrait plus tolérante que la loi française, devant laquelle ces mariages ne furent reconnus qu*en 17 87.
(2) Le secret, c'est qu'étant née avec le siècle, elle a 68 ans.
LETTRES DE USWDHA.-J- FRAISEE
A Hûnsieur Duvoisin (snr la même feuQle) :
Je Euis, MoBsienr, plus sen»ble que je ne pnfs dire a TOtre attention. Vous santés combien le trésor que vous
"^1^ m'est cher et précieux. Vous la dépeignés au
. Son ame tendre ne m'est pas inconnue, non plus
ti rares qualités dont ia Seigneur Ta abondameul
Jouisses longues années du bonheur mutuel de
i-e si bien rencontrés. Je suis persuadée que con-
t Ei bien son caractère, vous eloignerés tout ce
luroit afliger sa tendresse. Avant de vous ladBvoir
e s vouanomraer, elle m'avoit parlé des grandes obli-
■ous qu'elle vous avoit et cela avec le cœur que vous
""nnoisés. Il me faut gêner pour ne pas voua re-
r de faire son bonheur, J'ay l'honneur de voua
aBsnrer de mon respectueux atachement
S' Anne Julie Fraisse
Enfin, ma belle dame, vous voilà résusitée après six mois de sépulture. Vous sentes bien que je veux quere- 1er. Mais ie commence d'en être lasse. Ne parlons plus du passé; ie mets le doit sur ma bouche et n'aime point de voir mes amies en faute. Nous voila reconciliées.
Votfe santé, ittë dites votis, est assés bonne. Vous me paroisses totijilnïrs contente, pleine de joye d'avoir bientôt poupon on tôutoune. Le mois de novembre décidera cette grande question. Ce qui mMoteressera le plus c'est de savoir comme vous serés. Ten seray dans Tinquietade. Je voudrais être assés avant dans les bonnes grâces de BP Duvoîsin pour qu*il m'en dît un mot dans ce tems &cheax, si votis n'êtes en état. Souvenés vous, s'il y a tôutoune, (le ^Ulie ou Anne; ce sera ma petite filleule. IM je pouTOis^nn JêHr me l'avoir auprès, je Taimerois a la. folie au desus de tous obstacles. J'en porte un en moy même ; j'ay fait la sotise de naitre trop tôt ; c'est irréparable.
Je pense que la santé du cher mari est bonne, puisque vous ne me chargés que de complimens pour M' Soi le les luy feray a première ocâsion. le suis toiyours a votre service pour cet article et tous autres ou je pourois vous donner des preuves de mon tendre atachement On se souvient toujours de ma chère Nanete dans notre maison ; nous en parlons souvent avec les éloges qne votre aimable conduite a mérité. le suis bien flatée que M!' Duvoîsin veuîlîe bien pencer quelque foix a moy. le vous en ay l'obligation ; ie vous prie de Pasurer de ma parfaite considération. Il y a un proverbe gascon : voyons si ie sauray l'écrire : « qui aimo mon miou aimo mon chiou (1). » Vous dires sans doute que malgré mon antiquité ie ne suis pas de mauvaise humeur.
Mes amitiés a Madame votre mère et sœur. Celle cy estelle établie? Concerve-t-elle relation avec ses religieuses? Si je Pavois eue auprès de moy, nous aurions ete amies. le la soubsonne de ne l'être pas trop avec ces dames.
Prenés tranquilement et comodement ce dont ie vay vous prier. Si vous saviés quelque marchant qui fit co-
(i)Qui aime mon chai, aime mon chien.
LSTIRsa DB hA SC8DR A.-J. PnilSSE
merce de fleurs ot qu'il vous fut posible de nO!L' en procurer ia pratique, vous nous fériés plaisir. Les irlutdoi» et aoglois en sont amoureux. Si mosieursles iollàBÛois etoleat dans le même goût, ie me flate de li préférence, s'il voua en parvenoit. 11 me praut des terrain que les nations se brouillent, ot voirdjsparoitre machers petite dame de notre royaume. En quolle terre dumoiuie soyés, voua me senSs toujours bien avaot dm! te cœur. Je sais toute a. vous, ma plus chère amie S* Anne Julie Fraisse da la V. s. M. D. a. b.
t VIVE JESOS
Permetés, Madame et très vénérable Maman, qoeje commence a présenter mes homages a votre illusm fils{l). Faites les luy entendre, je vous en prie- Il m'» causé bien des alarmes, Tannée ayant ete des plus funest» pour les pauvres mères qui y ont perdu la vie, La coœplaisance de M' Duvoisin et votre attention no pouvoieai venir plus a propos. Vous voila hors de ce mauvais pï- En vous félicitant, je me félicite de même, toujou:i atachée autant a vous qu'a moy. Et j'ose dire : bien pin?; puisque, en cas, je donnerois ma vie, hû bien degranJ cœur ! Ma chère Kanete, plut à Dieu qu'il ne falut qK ce sacrifice 1 il seroit bientôt fait.
Vous voulés savoir de mes nouvelles. Ma santé est très bonne; mon employ, Conseillère de nos grands Etats, archivesse. Si vous n'avés oublié notre maison, j'ay un fort joli local, très agréable Tœté ; nous Tapelons cabinet voûté. Si vous voulés le venir ocuper avec le petit marmot, a votre service* Le cher mari y seroit de trop ; mes otres ne sauroient aler jusque là. Je vous prie de l'asurer, malgré mon refus de logement, de tous mes souhaits dans tous les tems pour son bonheur ; de même qu^a Madame votre mère et sœur. le suis très sensible a leur souvenir. Je pence que si la sœur etoit établie vous m^en auriés fait part Notre sœur de Hunaud est toujours là. La S' Ponsan et Vialet se portent bien et vous remercient de votre attention pour elles, de même que toute notre communauté qui vous chérit tendrement
Ma chère amie, je veux vous aprandre comme on est en droit de finir ses letres, surtout lorsqu^on est maman. Je vous embrasse de tout mon cœur.
S' Anne Julie Fraisse De la V. S** M. Dieu soit béni.
De notre monastère de toulouse ce 4 janvier 1769, hay i
f VIVE JESUS
De ntre monastère de toulonse ce f 8 jnin 4769.
Vous êtes toujours plus charmante, mon aimable petite amie. Je ne pouvois avoir de plus sensible joye que la visite de M' Lavaysse. Voicy la première foixquej*ay eu la consolation de voir un quelqu'un avec qui j'ay pu
LETTRES DE LA SOECB i.-J. FRAIS5E
' tout ce qui vous interesse : santé, vie heuréUse a égards, fortune raisonable. société tranquille, arme tacquiuoit, trouvant eu vous trop d'agréments
s pour ne pas craindre que mal a propos Me
ente ; restime que voua mérités égalantla tenus met hors de ce dont j'avois peur, f oos . oiBn que je n'ay pas interogé de front, qu on •me comprendre ce que je cherchois; — Mais vit-elle 7 Sans doute bien ocupée et atentive enage. — Ce sont, m'a-t-on dît, ses querelles ïisinjilvoudroit, lors qu'il n'y est pas, qu'elle al : Sa santé en aeroit mieux, dit-il ■ Mais Hadaiiie '3 une raison ; Maman est venue... Je n'ay ^■■ Ire mari est facile qu'elle ne s'aille promenef. — ,j dit en moi même, me voila eclaircie, n'a ditmiile biens de vous deux, autant, pourmoy,de ie contentement. le trainblois toujours de vous sa- ... Hollande, mais par tout ce que M' Lavaysse m"a dltijecroy qu'il n'y a. rien a craindre. Mais savés vous une nouvelle î Votre letre, et ce que j'ay su d'ailleurs, m'a brouillée avec M' votre fils. Quoi l ce petit marmot, ce coquin vous a volé toute votre graisse ! jusqu'à son retour, io ne veux point l'aimer. Mon Dieu, votre poitrine I je l'ay vu si délicate qu'elle mérite vos attentions, je crains votre tendresse maternelle. Vous, faite comme je vous connois, vous vous reduiriés aux derniers abois. Eh l que ne le sevrés vous ? Il a neuf mois. En Angleterre trois mois suffisent. Nous sommes savantes de cette nation par l'ocasion d'une petite anglolse de trois ans et demi que nous venons de recevoir. Ses parents sont de la première distinction. Ils viennent de Paris où ils ont resté longtems ; avant de finir, ie sauray son nom ; peut être les conoisés vous?
Bevenous a vous, chère amie. Vous me témoignés une reconoisauce qui excède l'objet. U est vray que si j'a-
A ]lâiDmOI8BLLI AUNE CALA& UH
vois pu jder plus loin en efets, de grand cœur ie m'y seroi» ptrtée' avec ardeor. Mais que pouvois-je faire ? rien an prix de mes désirs pour votre bonheur. Toutes les fois que le reçois de vos letres, nous admirons votre cœnr, n^m ayant jamais trouvé, dans le grand nombre de nos élevés, qui ait de la resemblance, quoy que les soins aient ete bien autres. Il auroit falu être de fer, dur comme bronse, pour en agir mal avec un petit ange. Il ne seseroit pas mieux conduit. Nous en parlons souvant, La douceur, discrétion, modestie, politesse, vous auroit faite prendre pour une postulante des plus attentives. Plust a Dieu I ç'auroit été bien alors que mon transport m^auroit fait dire comme Siméon : Retirés votre servante etL paix. Oui, chère amie, j'aurois bien concenti a ma mort pour vous céder la place. Mon cœur s'atendrita'Cette pencée. Toujours la même a votre égard et jii8<|ii-aa dernier soupir, ie ne cesseray de chérir tendrement ma chère Nanete.
Repensés pas que ce petit air sans façon de ma part me Êuseoablier que vous êtes une grande madame et une maman respectable. le ne doute nulement que vous a^ayés le tour le plus convenable pour Teducation de ce cher en&nt Mais votre cœur vous causera bien des souf^ances ; votre ame tendre vous livrera de teribles c<xnbats avec votre raison ; ie vous en plains dayance.
Mes compliments a M' Duvoisin. Je suis bien sensible a son souvenir. Je vous charge de lui témoigner ma vive recouioisance de toutes ses bonnes façons vis a vis de voira. Lorsque vous en recevrés quelque témoignage singulier, tout de suite* vous lui en fairés mes remerciemens.
lifne emikrassadevderaapart, ie vous prie, aMadame^Totve mère et a la chère sœur. Je les remercie de penser <|iidfae fofxamoy. Adieu chère amie, soyés persuadéeque tonte notre* couonauté vous aime, vous estime^ La S*" Via-
U3 LSTTRB DK LA SOEDB A.-). FRAIBSE
let, Poosan, Harie Rose, S' de Tille et toutes les «itros vous embrassent, sous chérissent. Adieu, je suis et seray toujours toute a tous.
S' Anne Julie I'^haisse.
De la V. S" M. D. s. b.
t VIVE JESUS
C'est belle fête, Ma chère amie, lorsque vos letres arîrent-lepensois: ma chère Nanette m'oublie. Je ne seray jamais capable de cette très grande faute a son égard ; non, jamais. Vous êtes toujours dans mon cœur par un souvenir tendre, profond, sincère et solide... Je m'arete et garde en. moj tout ce que je veux dire. Ha 1 si je pouvoia embrasser ma chère amie, que ne luy dimis-je pas7lLes sentiments me fouroiroient les expressions les plusfortes; encore seroient-el les au desousduvray.'
Vous voila a la veille de votre voyage en Suisse. Que ne ferlés vous pas pour la santé de ce cher mari, avec votre ame tendre, un cœur afectif, vif, empressé, toujours prête à vous conter pour rien vis à vis les intérêts de l'objet de votre amitié. Vous voila tirée au clair. Jamais le souvenir de vos aimables qualités ne s'efacera de mon esprit.
Mr Duvoisin mérite tous ces sentimens. Je désire que l'air natal le remete- Je n'aurois jamais deviné qu'il fut Suisse, a tout ce que vous m'en avés dit Vous savés le proverbe dans notre paîs. Non, il n'estpoint Suisse, et ma
A M4D1M0ISELLE ANNE GALAS. A/ilS
chère Nanete n*en sera jamais. le vcus connois assés pour m'asurer que vous prenés pour badinerie ce que je dis. Mais sérieusement je plsdns le petit enfant de votre absence. Si je pouYOis Fenlever, le mètre dans notre selulle, TOUS le bien soigner de tout mon cœur, ie le fai« rois.
A votre retour ne manques pas de me donner nouvelles de Bffr Duvoisin, de ma chère amie, du petit enfant, de Madame votre mère et sœur. Asurés les combien je suis sensible a leur souvenir. Si elles veulent Tagreer faites leur une embrassade de ma part II ne seroit pas de la décence de vous en dire autant pour le cher mary, mais ie le prie de vous la faire pour moy.
Nos élections et remue ménage ne seront qu^au mois de May de Tannée prochaine. Toute notre communauté vous fait mille amitiés. Nous parlons souvant de vous, de la conduite admirable que vous avés eue dans notre maison. Votre cœur reconnoisant fait le si:yet de nos éloges. J'ay chargé la Sr Vialet de vos complimens a regard de sa famille ; elle vous asure de toute son amitié.
Reste a vous parler de ma très vénérable personne. Je me porte très bien dans le fonds de la santé, mais soufrante des douleurs de rumatisme ; a mon âge, il faut bien quelque coup de cloche. Mais ie suis toujours de bonne humeur; le noir de laviellesse est encore loin de moy. le n'iray pas le chercher, peu désireuse de cette conformité avec ceux de mon âge ; elle n'est pas assés charmante. Adieu, ma chère amie. Aimés moy toiyours un peu et soyés toigours sure de toute ma tendresse.
S' Anne Julie Fraisse de la V. S** M. D. s. b.
N'oubliés pas au moins de m'ecrire a votre retour ; ce sera a la fin d'Août ou tout au moins dans 7bre.
LETTRES DE LU fOEUFI A.-J. FEAI
Knfiti, mu chann&nte Nonete, vous voicy de retour, l'étois iaquiattô (lu reUrt et toute emprosséo du succès de foyage, aussi bien que des avantures quipouvoient ' sur vos pas. Je vois que tout en ost heureux et ,„.4nd et très intéressant objet est rempli. Vous chère amie, toute jojeuse du retour de la Ho..u; de ce cher mari. Je vous en félicite, ot a luy, je le prie de m'en permettre les assurances. La continuité dépend de hien des soins. Lorsqu'on a été éssentielement ataquâ, peu de chose fait culbuter. Je suis très sure de vos attentions. Vous en êtes remplie ; elles sont de votre caractère. Je me connaj point celuy du cher mari ; mais, s'il ne veut se soumctre, grondés sans ménagement. Brouillés vous, s'il le faut; au renouemeot, les liens en seront plus forts, lors que revenant a luy il reconnoitra sas torts.
Ne luy Usés point cet article. S'il étoitdemauvalse humeur il publleroit que les Moniales sèment la division dans les famiUes. Quel scandale 1
Je ne me sens point encore du. taciturne de la vlelless& Ma santé cbancelle un petit brin dans cette saJaon, sans rien d'alarmant.
Tout ce que vous me dites de votre petit poupon annonce un heureux avenir. J'aurois Wen voulu le voir en matelot ; c'est un coup d'œuil divertissant Mais vous avés grand tort de l'apeler petit morveux ; quant ou est capable de sérieux et de reQection, on ne mérite point une expresIOQ autant IttJDrlense ; vous luy en devés des excuses. H me semble vous voir auprès de cet en-
A XiOllMOISEIiLK AHHE GALAS. i^tkS
fant le caresser, luy parler raison, atentive a tout pour sa santé et son éducation. Heureux les enfans qui vous auront pour mère ! Vous êtes- pourtant bien pareseuse.
Vous me savés, chère amie : mon cœur est rempli de t^dresse pour vous ; n'i^és donc attention qu'au principe» sijeyous déplais dans ce que je vais dire. Mon affi«tione8t>extFeme de vous voir apeler illustre Tennemi de Dieu eit de toute religion ; ce sentiment est môme qioié'à la ^tre. 'Peut*!! y avoir quelque chose de grand dMS l^omme lorsqu'il s'opose a Fauteur de son être ? Que se TOBB diroi»*je pas si je suivois Timpétuosité de JMQ «mir et de mon esprit ? Depuis votre lettre, j'en pMle ma km Dieu ; c'est toute ma ressource ; mais, eonme eeUela ne peut tarir, je ne cessent jusqu'à mon tanier soupir de le conjurer d'avoir un re^^d de mir sef!icGrde:âiirima ohece Nanete, dont l'ame m'est bien pins elifireque ma vie.
Toute noftre communauté vous, en dit de même, bien aoHdble a votre ^securenir. Jamais vous ne serés oubliée eheziioas. On est tout content l<»*sque m^aiivent vo$ iiouvélIeB. Je vous charge d'une embrassadâ a madame votre Buonan et ehere sœur; je ne say par quel endroit JliQr mérité leur souvenir ; je les en .remercie. N'emlDraoéB pas le cher mari; de quel ton la reoeyeroit il ? ie n*en say rien. Adieu^ ma chère, et très ohere amie, toute a vous plus que iene puis dire.
Sr Anne Julie Frabsb delaVS*'M.D. & b.
• nlrt aiMiMtèMde
iM28*tl>ra4T7Q.
r.EfTHES DE L4 SCEDR &.-I. FRAISSE
t VIVE JESUS.
Je suiaafligéeavec vous, ma chère amie; votre douleur fait la mlene. Je connois votre creur et n'ay point donté de V09 tendres sentimens pour tous les enfants que Dieu vous donnera ; vous eerés toujours uue bien bonne maman. Vos réflections prises de la religion me consolent. Lorsque le calme sera entier,après vous ètreafligée, vous ilevés rendre grâces au Seigneur de l'heureux sort de ce cher enfant. Quelle fortune auriés vous pu luy faire à l'égal de la gloire dont il jouit î l! est en Dieu ; il y sera éternelement. Tous les royaumes de la terre peu- Tsnt 11b entrer en comparaison ? Dans sa petite coorce, 11 est parvenu a la possession du bonheur qu'il nous faut acquérir plus ctaëremeut. Luy, sans obstacle ni au dedans de luy, ni sur ses pas, mais d'un vol rapide, se repose dans le sein de la Divinité. Cessés, ma chère Bladame Nanete, de vous aHiger. I>renës des sentimens plus conformes au vray.
Je supose puisque vous ne m'en dîtes rien que vous n'êtes pas dans le cas d'espérer un promt remplacement. Mes complimens, je vous prie, au cher mari. Il est sans doute bien afligé. Les coasequences que voua tirés de son someil etapétit sont très justes. Voua avés droit d'espérer qu'il n'y a point de vice essentiel, mais 11 est des personnes qui parviennent à une grande vieillesse avec une santé foible, et des infirmités de toute la vie. C'est un malade bien soigné, je pence. Hon Dieu comme ma chère amie doit s'empresser i, le sonlager,
à XÀDEKOISELLE ANNE GAL4S. &47
avec le soaci dans Tespritet le cœur, de le faire jamais assés, et à son gré I
Vous voyés bien que je ne vous ay pas oubliée. Vos aimables qualités sont trop avant dans mon cœur et dans celuy de toute notre communauté. C'est une fête pour chacune lorsque je reçois de vos letres. Je serois bien grondée, si je ne leur en faisoîs part. Toutes vous font mille amitiés et vous asurent une place au noviciat, si monsieur Duvoisin le veut bien agréer. Il est vray que son consentement est necesaire ; après quoy nous vous ouvrirons la porte avec grand plaisir. Laisés luytout; vous seule nous sufirés. La sœur de Ponsan et Vialet veulent être distinguées dans la foule des compllmens. Je ne veux pas me brouiller avec le cher mari ; si ma proportion doit le choquer, il faut la luy soustraire.
Je vay vous dire un petit mot de moy, puisque vous le voulés. Mes douleurs sont rumatismales et ne peuvent guérir à mon âge ; mais j'ay fally mourir par des coliques dont fay oublié le nom. Elles étaient très singulières; c'est une maladie, qu'heureusement M.S0I connoit.Il a toujours asuré qu'il meguériroit;il y a réusi, malgré toutes les alarmes de nos sœurs. Elles m'ont duré trois mois ;il m'en a falu autant pourreprendremesforces, et depuis deux mois, je suis hors dUnfirmerie. Me voilà dite bien au long, adieu chère amie; je suis une babillarde. On s'oublie quand on parle avec ce qu'on aime. Vous ne me dites rien de mère et de sœur. Bien de compllmens si les voyés. adieu toute à
avons.
S' Anne Julie Fraisse
de la V* S*« M. D. s. b.
Je sois très môcontento, Ma toute chère amie, des nouvelles que vous me donnés de ce qui vous intéresse et de celle que vous ne me donnés pas. Je Tay cherchée dans votre letre, mais point Si elle avoit iieu vous ne me le laisseriés pas ignorer. Il faut ne vouloir que ce que Dieu vaut. Votre santé rae parait défectuause. Celle du choc mari n'est pas conforme a vos souiiaits ; je vous prie de tuy témoigner ma reconnoissanee de son souvenir. Asurés le du mieu très afectueux. Kn priant pour voua, chère amie, jo le fais pour luy ; c'est bien de tout cœur que je vous désire a touts les deux le souverain bonheur. L'espérance est la dernière chose qui meurt en nous. lorsqu'on a un Dieu tout^-puissant.... Je me tais et meta le doit sur la bouche, et non sur le cœur qui sera toujours le même, en désirs des plus vite.
Faites bien mes amitiés à Madame votre mère et f/lfi-itue votre sœur. Elles sont bien bonnes de se souvenir encore de moy. Je vois avec bien de la poine la continuité de la mauvaise santé de votre chère sœur. Con>bien de petits soins ma chère Nanete n Vt^lle auprès de ses malades? Tout ce qui est enelleresplrelesattentioes.
Commentvoussouvenés vous toujours de nos petites aOiires î en voicy le détaiL Notre Savoyarde, après ses six années de Supériorité est de retour a notre maison d'Annecy qui l'a faite Supérieure, et nous, notre chère mère d'Bunaud qui vous reçut chés nous. La Sr de Ponsan est assistante, Sr Marie Louise sacriataine, Sr Vialet le cabinet des ouvragea. Je leur ay fait a toutes, vos amitiés. Toutes commencent, par premier mouvement, a lever
A MAtBMOlSBLLB AKME GALAS. /^49
les yenx au ciel, et puis vos éloges recommencent Ils n*ont jamais cessé; on parle toujours de vous avec une tendre amitié.. Toute noà^ communauté tous chérit tendrement. Yotre bonne conduite dans notre maison vous a marité ces sentimens. Si Monsieur Duvoîsin veut vous le permettre, noud vous receverons avec grand plaisir.
aurions d*uBe bonne vielle. Mr Sol m*à guérie de mes coliques; je n*en ay que quelque rare et léger retour. Mes douleurs augmentent avec Tage. Je ne suis pourtant pas a infirmerie; oela ne va donc pas trop mal.
Adkra, cbere amie, je suis l^en toute a vous, je vous asure ; mais bien tendrement
Se anne julie Fraisse, de la V. S*« M. D. s. b.
àê Mtrvaomtère d» tMlooM ce f jwikr 177t.
Enfin, ma toute chère aimable Nanete, vous voicy résucitée, oa moy résucitée dans votre cœur. J'attendois vos nouveUçs^avee la dernière impatiance; je pensoisque quelque voyage dans les cantons suisses me privoit de ce ptaiÉiv:r Je td^us remercie de votre félicitation, a Toca^ipu de la canonisation de notre sainte fondatrice. J'aurois bien voulu tenir prés de moi, à la grille de notre infirmerie, ma petite amie.
U y.a^eux ans que nous en fîmes la célébrité. Ah, si vous y aviésété présente, peut être aurais-ie vu, ce quV P^ ^ûoj) j'aurais consenti de mourir. Mes désirs au- T^Awt-été remplis.
PK U SCBDII A.-I. FHAISSE
Tons voilà hors des c rai BlKs qu'on a souvent à subir dans THu oa vous êtes. Les termes daDgereux sont passés. La cosiliiait^ des roemigeinens vous fairont, j'espere,arriver faeureusemrat an port. Je ne compranspos bien ceque TOUS me dites de votre déménagement Je tous croyais logée dans le même hautel de Mr l'ambassadeur; que Ingemeni. nooriture, tous n'avlés à vous ea mêler; que la rApubliqae d'hollande s'en avisoit comme de leur amtnssadeur. Vous ne devés point douter que le ne m'intéresse a tout ce qui fait Intérêt à ma cb ère amie. Et voire ■dresse vods me la donnés cavalièrement, sans me dire si c'est même rue, mfime fauboui^. le metray toujours i l'bot^ d'ollande. le n'eu say pas davantage.
A presant ma santé va assés honnêtement pour mon Bge. Mes coliques me saluent quelques Toix, mais sans suites dangereuses comme dans leur commencement, ou je lUUs périr. Les douleurs tout doucement augmentent. Je commencay hier de vous écrire et n'ay pu finir qu'aujonrd'huL Vous me dites une parole que je voudrois bien plus étendue. Mon cosur est uni au votre pour la vie ; Mon Dieu, quels désirs n'ay je pas, quil le soit éternelement et que des ce moment il n'y eut plus d'obstacle! Les larmes m'en vienent aux yeux. Si mon Dieu me fait miséricorde, comme je l'espère, je lui demanderay bien qu'il retende sur vous. Les prières des saints qui nous sont manifestées dans l'apocalipse, n'ont et ne peuvent faire tort aux mérites de Jésus-Christ
U faut qu'avec quelqu'une de vos charmantes caresses, votis engagiez M. Duvoisin a me donner de vos nouvelles au commencement du mois d'octobre. J'en seray inquiète des premiers jours. Je n'ose l'en prier ; faites luy agréer mes complimens, ie n'ose dire amitiés; mais faites en bien pour moy a Madame votre mère, et chère sœur.
Il vous faut tirer de votre catalogue Sr Marie Louise, Il y a sis semaines qu'one fièvre maligne l'a emportée à
A UDEMOISILLE ANNE CALAS. /^5i
Tonsième joDF, à la suite d'un asthme étisie. Elle n'a pu dans cet état résister à la violence de sa fièvre. Notre Supérieure vous embrasse tendrement et dit que votre cœur est unique. Le moule en est cassé (1).
ée Botn mOBUtère datoolMM M !•' juillet 177».
A Motuieur Monsieur Duvoitin a Vhotel de Moneieur V ambassadeur d'Hollande,
a paris»
t VIVE JESUS.
Je ne puis, Monsieur, vous faire un remercîment a Pegal de ce que je sans de reconnoisance pour avoir bien voulu m'aprandre Tetat de ma chère amie que j*aime toijgours bien tendrement Je vous félicite a tous les deux de cet heureux événement dan^ toutes ces circonstances. Plaise a Dieu que cet enfant (3) ait le bonheur de con« cerver la robe d'innocence dont il est actuêlement revêtu
Oserai-je vous prier, Monsieur, d'embrasser pour moy ma chère Nanete et de Tasurer que toute notre communauté s'intéresse a tout ce qui la regarde. Nous ne l'ou -
(i) Le reste delà leltre manque.
(2) Alexandre BenjamiDjOé à Paris le jeudi 24 septembre 1772* 11 ftat baptisé par son père ; il eut pour parrain Alexandre-François* Ganbert Lavaysse, le compagnon de captivité de son aïeul et pour marraine MUe Anne Bose Calas, sa tante. (Voir sur ce fils de Na<nette, le seul qui ait vécu, la note XV à la fin dn volume.)
■hRM^HiritettMV mmUÊtwams ootpoieaonsds ses
W»MB<h qw > T«w f4ae«nlle au gratitude de mra (•■pta^B» <* 4*B *ev 17^ ^Îcd \oiilu voits , de même que oe ; TOQS me comblas. J'ay e considération. Mon- ■MbbMImmb serrante
Sr Anne <alîe Fbaissb de T. S- H. n. s. b.
j-TivE osas.
Tae noofaUes, «hère unie, sont un beaume & mon cœur ; il «st Umuoiu« le manie pour tous. Vos lettres sont toiÙ<Mirs cbërsG a aotra communauté ; chaqu'une s'empresse de tea entendre et vos éloges recommencent Combien avons BOUS démerdé de petits enfants ! Après dii ans de soins et d'éducation nous n'en recevons signe de vie. Vous, pr^qne seule, vous souvenés toujours de nous, et ne nous ayant connues que par des voyes qui dévoient no'13 rendre destestables a vos yeux, si votre bon cœur et votre heureux caractère ne vous avoient fait discerner notre innocence et le désir que j'avois d'adoucir vos malheurs. Vous portés votre reconnoissance bien au delà (tu peu que je faisois, et y comprenés ce que j'auroLs fait 6f j'avois pa Mes désirs s'etendoient loin ; c'est tout, et ce dont vous croyés me devoir un peu de part dans votre cesur. Vous en avée une bien grande dans le mXen.
A MADEMOISELLE ANNE GALAS. /lôd
Je pousse mille soupirs y^rs le ciel et vous aime trop tendrement-pour ne pas vous souhaiter lé vray bonheur. Les larmes m*en ylenent aux yeux ; ne m*en sentes p^ mauvais gré.
' La rigueur de la saison augmente mes douleurs ; il faut bien que cette maison de boue dont nous sommes revêtus finisse un jour ; il n'y en a pas tant pour tous.
Je vois avec grand plaisir que M' Duvoisin est a presant en bonne santé, de même que Madame votre mère et M^'e votre sœur. Je vous prie de lesasurer de ma sensibilité a Phonneur de leur souvenir, et leur dites bien des choses pourmoy. Vous aurés soin d'asurer Mr votre fils de tous mes tendres sentimens ; je laise les tems propres a cette commission au tems que vous jugerés bon. La Sr Vialet et toutes en gênerai et particulier vous font mille amitiés. J'ay dit a Mr Sol l'article qui l'intéresse, il vous en remercie et vous assure de ses respects.
Adieu, chère amie, je vous embrasse de tout mon
coeur.
Sr Julie, de la V. S** M. D. s. b.
de ntr'e mèntst. de toulouie ce 6* jaiiTier 1773.
Vous ne doutés point, chère amie, que je ne sois au nombre des morts. Je n'ay jamais perdu de vue votre letre, malgré ma maladie et l'augmentation de mes douleurs. Cet article me met souvant dans l'impuissance d'écrire. Je suis a presant remise et mes petites forces sont revenues, mais mon rumatisme subsiste.
ÙbU LETIBXS DB LA S(EDa A.-J. PAAISSB
Vous voulés que j'oublie la datte du 6* janvier 1774. Je le veux bien ; voua me aavés da bonne oomposition. Tout en moy subsista malgré ine» vieux jours.
Mon Dieu, ma chère Nanete, dans quelle cruële situitioQ a été votre cœur a la maladie du cher mari ! Je le conois, ce cœur teudre, afectif, tout plein de feu. Maî^ je vous trouve bien paroseuso : vous ne me parlés que da Mr votre fils et point de vos autres enfants. Je vous plaias da tout mon cœur. Terrible maladie de n'avoir que fils unique. Mais il ne Tant vouloir que ce que le bon Dieu veut
Je vous prie, faites mille amitiés de ma porta votre Maman et cbere sœur. Mes complimeus a Mr Duvoisin. Je suis bien sensible a l'honneur de leur souvenir. Toui«s celles de nos reUgieuses qui vous ont vue chés noua voui font mille tendres complimens. Celles qui etoit Supérieure lors de votre entrée (1) est devenue aveugle; ella me charge de vous dire mille choses pour elle.
Adieu mon cher cœm-. Je suis toute a. vous et vous embrasse tendrement
Sr Julie de la V. S" M. D. a. b.
Verbal de David de Beandrigne (i)
L'an mil sept cent soixante un et le treizième jour du mois d'octobre, nous François Raymond David de Beaudrigu^, Ecuyer, Gapitoul, étant dans notre maison d'habitation vers les onze heures et demy du soir, sont survenus les sieurs Borrel ancien Gapitoui et Trubelle négociant de cette ville, qui BOUS ont dit que, passant dans la grand' Rue, accompagnant up Monsieur qui avait soupe avec eux, ils ont trouvés vis à vis
(l) Copié par moi sur roriginal à Toulouse.
ftSS SOTKfc
de la maison du S. Cuins un nombre infini de personnes et ayant demandé le sujet de cet attroupemenl, il leur a Été dit qu'on avait trouvé dans la inaisoQ dudit S. Calas un homme assassiné et mort ; et sur cet avis nous nous sommes rendus à l'hûiel de ville pour prendre notre main forte et après avoir fait avertir maître Honyer notre assesseur nous nous sominea rendus avec noire dit assesseur et la main forte, chez le S Calas, après avoir fait avertir Mesâeurs les gens du Roy qui se sont trouvés absents; et ayant trouvé la porte d'entrée de la ditte maison fermée avons frappé ï la d. porte qu'une fille de service nous » ouvert, et étant entré dans Talée il s'est présenté il nous un jeune homme et l'ayanl interpellé de nons dires'd n'y avait pas dans la ditte maison un cadavre, mort depuis peu de mort violente, il nous a dit que le lait était vray, et ayani pris de sa poche une clef il nous a ouvert la porte de la hoMlique qui donne dans la ditte allée et nous a conduit aopri's la porte d'un iiiayasiu qui est "a suiUe de ladite Iwulique auprès de laquelle avons trouvé le cadavre d'un jeune homme wucbè sur le dos, nue tête, en chemise, n'ayant que ses enlottes, ses bas et ses souliers ; et ayani demandé au dit jeune homme qui était le dit cadavre il nous a répondu que c'étoil son frère 61s du S Calas marchand, et ayant examiné ledit cadavre il nous a paru qu'il n'était pas mort de mort naturelle, ce qui nous a obligé de mander venir M* Latour, médecin et les Sieurs Peyronnel et Lamarque, chirurgiens jurés de cette ville; lesquels s'étaut rendus, après avoir exigé d'eux le serment en tel cas requis, nous leur avons enjoint de procédera la veriflication du cadavre et de dresser la relation de son étit et de la cause de sa monetde la remettre incessamment devers le greffe; et de suite après que lesdits sieurs Latour, Peyronnel et Lamarque ont eu procédé, nous avons fait transporler ledit cadavre dans l'hôtel de ville, kla chambre de la gène, de même que son habit qui s'est trouvé sur le contoir du même magasin où ledit cadavre étnit étendu. El ayant fouillé les poches de sa veste et de son habit il si est'trouvé son mouchoir
NOTES. /i59
dindienne dans une des poches du d. habit et dans les deux poches de la Teste il si est trouvé plusieurs lettres et pafners inutilles et dans les poches de la culotte un canif et un couteau k pliant. Ledit habit étant en drap bleu mélange ayec une veste danquin. Ledit cadavre portant des culottes aussi danquin, bas de soye noirs et des boucles de fer à ses souliers et celles des jarretières étant de laiton de même que les boutons des manches. Et en nous retirant affin de prendre des éclaircissements et découvrir la preuve de la cause de la mortdud. cadavre, nous avons fait conduire dans Thotel de ville les S" Galas père et fils, la D^^* Galas mère, la fille de service dud. Galas, le S Lavaisse et un espèce d*abbé qui se sont trouvés dans la maison et dans la chambre du S' Galas père, et de ce dessus avons fait et dressé le présent verbal que nous avons signé avec ledit M' Monyer notre assesseur et notre greffier pour être statué ce qu'il appartiendra David de Beaudrigue
Capitoul
Monyer, assesseur,
= Michel DiEULAFOY
greffier
Les ArchîTes du Gapitole.
n Ges archives sont d'énormes volumes solidement reliés, les feuilles sont en parchemin. Au commencement de chaque année, se trouve avec leurs portraits, le nom des huit Gapitouis chargés de la direction et de la surveillance des huit ar-
oM nons.
■wiwnts de U C\U: Tous l<?s portraits ont été déchirés
110 eo remarque encore quelques îcsliges.
les Us auDces, soït avanl, Miit après le prcicÈs de Calas,
nplMesila relaiion des principaux ÉvËnements &'j
• ipnsfe dans un st;)e assez clair; l'éciiture est trë»-
, I grosses lellrcs. L'année 1760 est coniplËte, mais
»■ Il qu'un cherche la suivante, 1701, pendant laquelle
I I aflain! des Calas, — sept feuilles de parchemiii ont
sées en blanc, elles terminent un Toluiue; le voluint^
amence avec l'aonée 1TG2.
m ùll bien siguificstîf. Los Capilouls, qui faisaient -mâmes l'histoire de leurs actes admiiiislraiirs, '- i; supprimer de leurs annales l'année 1761, plutM
uiunUoonerle procès de Calas. Ce ^leiic«, ii défaut d'au ives, les jugerait à lui seul, fil inuteependantajoulernuc remarque. Danslevolumcsuinnl, ï la première page, sur le verso de la couverture du livre, riu lit unr observation écrite de la main de U. d'AldéguJer, auteur d'ttne Hiiloirt de louloute, el aoden bibliothécaire : <c Observation essentielle : les pages qui contenaient l'histoire du procès de Calas ont été arraeliéPs. Toutes les piÈces relatives à ce proets, qu'elle qu'en (ut l'importance, ont été détruites. " Telle est, ii peu prés liiléralemcni, la teneur de cette note; elle semblerait jusliliée par les débris que l'on loit, de trois ligatures en lil, qui lixaienl évidemment quelques feuilles du livre.
" Hais, d'après l'avis du bibliothécaire actuel qui occupe cette fonction depuis trente ans, ces fils retenaient les portraits des Capitouls de 1762, portraits, qui, comme tous les autres, ont été arrachés.
T Nous ne pouvons que nousraiifter h cellederniére opinion, — il seraîldifliciled'eipljquer le motifpour lequel sept feuîllesde papier ont été laissées en blanc, quoique terminant un volume; — elles élaicuL plus quesuflisanies pour renferuKr tousies détails des événements de 1701, — il est des années qui ne rem-
NOTES. Wài
plissent pas plus de cinq feuilles. D'ailleurs il est complettemenf iniexsct que les pièces du procès aient péri, même à Toulouse. . ' «c L'année i76â, depuis le commencement jusqu'à la fin, ne contient pas un mot qui ait trait à Taccusation portée contre Galas, ni à sa mort, qui cependant, eut lieu cette année. C'est un fait positif.
« n est certain que l'année i76i n'a pas été écrite. On pourrait penser que les sept feuilles de parchemin étaient réservées à l'année i760, que cette année n'est pas terminée. — Ce serait une erreur, car on lit ceci k la fin de cette année 4760 : (ce sont les Gapitouls qui parlent; ils font leur rapport annuel) : n II ne nous manque, disent-ils, que kur approbation, (celle des citoyens témoins de leur administration) Hie sera de leur part un bienfait^ et pour nous une récom' pense. Dixi » Le secrétaire a fini ; 1761 va commancor, on tourne et l'on trouve sept feuilles de papier en blanc : le tome suivant s'ouvre par l'histoire de l'année 1762. »
Extrait d'un Brief intendlt.
Mémoire du brief intendit pour réitérer l'interroga**
TOIRE, QUE BAILLE JDEVANT VOUS, MESSIEURS LES CAPITOULS, LE PROCUREUR DU Roi CONTRE LES NOMMÉS, e<e., ACCUSÉS ET DÉCRÉTÉS.
16* Interroger le Sieur Lavaisse s'il étoit logé chez le sieur Ga- Ecingy ^pour quoy il passa presque toute la journée avec Galas Cadet et s'ils ne proposèrent pas (^ic). a i'ayné de promener avec luy
47° InteiTogef lu JU Sieur Lavùssc s'il u'a conseillé luy m que dans lu crainte de rabjuraUoD pubUquc, il oe falût plus ditfi^rer àa se défaire de Marc Antoine Calas, s; le Sieur Caxeiog et Clausade ou autres n'ont été de mËme
18* S} aiicuD de ceux de la reUgîon prétendue reformée uve« lesquels avoit (ai;) conféré depuis sou arrivée de bordeaux na dit que la religion exîgeroil la perte de Marc Antoine Calas, et s'il ue la dit lu; même, et s'il u'a entin asiate k aucune assemblée ou Conlèrauce ou cette resolution aye été prise, priacipaleinent le matin treize du courant.
19' Sy étant logé chez le sieur Caiaing il a lU vu dans l'intervalle du quatorze au treize (nr) pleusieiirs personnes de leur secte avoir des Conférences secretles avec le iùeur Cazeing et les sieurs Calas père et Ris, et en quel nombre, s'ib ne pairessoient gerieus comme des gens qui ont une affaire imporlanie
20* S'il ne vit pas ks sieur Calas père et fils se rendre cLez Cazeingau matin, s'ils y demeurèrent longtemps, s'ils conférèrent en présence de luy qui repond
(lie) Les interroger, s'ils n'exécutèrent eux mêmes l'action le soir a l'entréedela nuit, eu faisant mettre a genoux ou assoir sur deux cbaises M. A. Calas.
31 Si ne l'ayant pas fait eux mêmes, ils ont loué ou fait louer des gens a prix d'argent, qu'ils ont introduit ou souffert qu'ils furent iutroduits dans la maison pour détruire M. -A. Calas, qui etoient ces gens la, d'où ils étoient et quand ils s'en retournèrent
22° S'il n'est vray que leurs confédérés de la R. pr. ref se chargèrent du soin de trouver des zélés ou des serviteurs pour l'action et de les introduire
23* Les interroger enfin si ce ne fut eiucméme qui étranglèrent Marc Antoine Calas, quel est celuy d'entreux qui le lit metire a genoux ou assoir, ou le coucha par terre, et qui
est celay qui tordit la corde et s'ils ne le suspendircut après qu'il eut perdu ses forces.
Délibération et sentence des Gapitools.
Par Derant Messieurs Roques de Rechon avocat Gapitoul, David de Beaudrigue, Chirac, Boyer, Gapitouls, Forlup, Labat etCarbonnel assesseurs
M* Garbonnel, assesseur, Rapporteur, ayant fait le Rapport sur le Bureau et la Procédure faitte D'authorité des Capitouls à la Requette du Procureur du Roy, Pour Grime de Parricide, Contre Galas Père et fils Cadet, Tépouze du dit Galas, le S' Gaubert Lavaisse et Jeanne Yiguiere, servante du dit Galas, accusés, a Eté D'avis de Relaxer les dits accusés, et de faire le Procès à la mémoire du Cadavre de Marc Antoine Calas, D^ns Compensés.
M Labat assesseur a Eté Davis au Contraire, vu ce qu'il Resuite de l'entierre Procédure, Prenant Droit D'icelle, et des aveux Consignés dans les Interrogatoires des accusés, Rejettant Les qualifications, sans avoir Egard aux objets et Reproches Proposés par la dite Calas mère Contre la Dem"* Durand, et son fils abbé, témoins, et les rejettant, Condamner Les dit Galas Père et fils Cadet, Et l'epouze du dit Calas Père a Etre Pendus, et ensuitte leur Corps Brullés Et Condemner aussy Lavaisse aux galleres Perpétuelles et de mettre La dite Viguiere Servante hors Cours et de Procès, de Condamner Les dits Galas Père et fils Cadet, Dem"* Galas mère et Lavaisse aux dé^
hSà noisG.
peos, ceui cnlre Le dil Proeureur du lloy de (aie) La rlile
Viguiere Demeurant Compensés,
M° Foriup ussesseur u ElË Duvis su Cuutraire qu'avant EKre
Unût DeISnitivËiaent hux Parlies, Ledit Calas Père Seraap-
a la question ordinaire Et Extraordinaire, et Surcis
meut des autres accusés, jusqu'après Le Rapport Tait
,. ii^iiial de torture. Dépens Reserves
Il Bojer Capiton) a Elè Da™.an Contraire Dappliquer a la qtieslion ordinaire et extra^irdinaii'e le dil Cdas Père, et fils Cadel, ut la Dem"' Calas luere, et que le dit Lsîaisse et Jjinne Viguicre Sticont PreeeatCiS 4 La dite question, Dépens Iteservés.
M Cliirac Capiloul a Etù du mâme avis de M. Bojer.
M David Capilaul, a Eté Davis au Contraire et (uc) de cehij de M* Labal assesseur, a la diSerence seulement qu'il a Eté Diiïia au contraire de Condamner la dite Jeanne viguïere Servante, a Cinq ans D'hôpital
H' Roques de Rechon Capitoul a ElÈ Davis au Contraire de Condaniaer les Cinq accusés a la question ordinaire et Extraor-
Et M' Roques de Rechon Président du Burreau Etant Revenu sur les avis
M'Carbonnel assesseur Rapporteur a per^sté M' Labat sest Rangé de Lavis di^ M' Rojer Capitoul, de mémo que M' Forlup assesseur, et M' David Capitoul Et M' Roques, auquel avis au nombre de six la Sentence a tend et Pass6. ains; le Ccrliric le greffier Criminel Soussigné Michel DieuLaFoy greffier, ainssy Signé a Loriginal, CoUationné, Michel DicuLaFoy greff. Signé
Collationné
DjtRBAII
De la torture.
J'ai cherché en vain Texplication du mode de torture que suhit Jean Galas. Chaque parlement avait à cet égard ses usages qu'il n'était pas lui-même libre de changer. Dans quelques reésorts, ces usages étaient d'une barbarie étrange et exceptionnelle ; je me garderai d'en donner aucun exemple. Toulouse n'est citée nulle part à cet égard. Je n'ai trouvé aucune explication sur les habitudes locales dans V Histoire des Institutions de Toulouse, par M. du Mège.
Les formes les plus habituelles de torture étaient l'extension des membres et la question h l'eau. Il faut y joindre l'estrapade, qui consistait à suspendre l'accusé avec un poids très-lourd aux pieds et à lui donner tout à coup des secousses violentes.
Dians le ressort de Paris, l'extension des membres et la question à l'eau étaient jointes ; il parait qu'à Toulouse elles étaient distinctes. La question ordinaire, telle que Galas l'endura, parattavoir consisté en l'extension des membres par une machine assez compliquée. L'eau était le moyen adopté à Tou« louse pour la question extraordinaire, A Parts la différence entre l'ordinaire et l'extraordinaire n'était qu'un prolongement et une aggravation des mêmes tourments. - La torture avant le jugement était dite préparatoire ou pur^ gative ; on la considérait comme un simple moyen d'information. S\ le patient n'avouait rien, il ne pouvait être condamné.
Quand, au contraire, la condamnation à mort était déjà prononcée, la torture avait pour but d'obtenir la désignation des complices ; et on l'appelait définitive ou préalable, définitive^ opposition à la question préparatoire, préalable quant au supplice qu'elle précédait.
Pour la question préparatoire, le juge pouvait se contenter, s'il le voulait, de V ordinaire, La question j»réa2a&to au contraire ^
nons,
irenait uécessairement Yordinmri et VtxlToor iustice De devait plus aucun inèDagemcnl a ..^ MiiQrances, dans ce cas, Étaîenl u.
lance de la peine de mort. 11 devait tire conduit au derijilice immédiatement après, parce que, disait la loi, son art crmiiti/vè et ne lui appartenait plus. Tel fut le sort
■ Ds voudrions épargner a nos lecteurs tous ces détails lii-