‹ Jean Calvin (volume 2)Chapitre 13 sur 123 · Froment, p · texte numérisé non relu

Froment, p

PRÉPARATION ET DEBUTS DE LA REFORME A GENEVE

(magna oratio) avec plus d'ardeur encore que de coutume. Un moment, transporté lui-même d'enthousiasme, il se serait écrié : « Nous sommes prêts à sceller de notre sang la vérité de la religion que nous annonçons; la mort la plus cruelle ne nous effraie point s'il faut nous y exposer pour soutenir la bonne cause, et nous voulons bien la subir et nous nous y condamnons à présent nous-même, si les prêtres peuvent faire voir que nous ayons avancé, soit dans la dispute, soit dans nos sermons, quoi que ce soit de contraire à la Sainte Ecriture1.-» Puis, se jetant à genoux, il aurait laissé jaillir de son cœur une de ces prières abondantes et passionnées, dont le torrent semblait vouloir entraîner toutes les âmes pour les emporter jusqu'à Dieu. — Ainsi Farel.

Et les catholiques? Les religieux furent mandés pour fournir leurs raisons. Cordeliers, Dominicains, Augustins parurent deux jours après, au nombre d'une douzaine, et tous, les uns après les autres, répondirent qu'ils « ne savaient rien répondre (se nihil scire respondere) au sommaire de la dispute, qu'ils étaient des gens simples, accoutumés à vivre comme ils furent enseignés de leurs pères, et ne s'informant pas de choses semblables (non inquirentes similia) -. »

L'après-midi, les prêtres séculiers, réunis chez le grand vicaire, ne firent pas aux syndics une réponse plus honorable. Ils déclarèrent qu'ils n'avaient que faire de la dispute en question, qu'ils ne voulaient point entendre non plus des sermons de Farel, et que leur intention était de vivre comme leurs prédécesseurs 3. « Alors les députés du Conseil leur déclarèrent, comme on l'avait aussi déclaré aux religieux, que le magistrat leur ordonnait de cesser de dire la messe jusqu'à nouvel ordre. Ainsi fut abolie la messe dans Genève 4, » et le « Marchant » entonne un chant de triomphe : « Que ferés-vous maintenant, pouvres prestres? J'ai pitié de vous. Vous estiés icy si gros et gras, si riches et puyssans, si bien à vostre ayse, par vos faulx miracles.... Vostre Dieu de l'armère [armoire], je vous demande, que ne vous a-t-il deffendus ? Il deffent (comme vous dictes) les temps, la pluye, tonnoyrres et ventz. Je crains fort que ne Pavés trop longuement tenu prisonnier, veu qui [qu'il] ne vous a aydé à vostre nécessité. Nous en avons plus eu de pitié que vous-mesmes, car l'avons fiancé et jecté hors des prisons,

par la puyssance du nostre C'est bien ung aultre Dieu que le voustre : il n'est

endormy, ne dedans ung armère, mais est puyssant allencontre de tous ses

1. Gautier, II, p. 459. Les Registres du Conseil parlent seulement d'un « grand discours » et notent la déclaration de Farel, « que lui, et ses compagnons avec lui, se sont déclarés prêts à soutenir tout ce qu'ils ont prêché, même jusqu'à la mort, comme en ce moment même ils se déclarent prêts à subir la mort s'ils ont dit quelque chose contre les saintes écritures. » (Un opuscule, etc., p. 15.) Gautier s'est-il vraiment borné à amplifier ce texte? — 2. Un opuscule, p. 17. — .'5. Le 29 novembre 1535, les prêtres mandés devant le Deux-Cents répondirent, par la bouche de leur représentant, Rolet Dupan (Roletus de Pane) : « Que ce n'était pas leur affaire de soutenir telles choses, qu'ils n'avaient pas la science suffisante pour cela. » Il faut lire, dans le procès-verbal original, et reproduire ces mots incroyables : « sua non esse sustinere talia, cum nec sint sufficientes, nec sciant. » Registres du Conseil, 28, f. 164 v°. — 4. Gautier, II, p. 461. — Il y a ici une certaine amplification de Gautier. Le 10 août (deux jours avant la scène du 12 ici racontée) le Conseil avait décidé de suspendre la célébration de la messe. Le 13 août, toutefois, il discute encore la question de la messe.

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ennemys, ayant force et puyssance pour confondre tous ceulx qui se eslièvent contre luy et ses membres : mettant ses ennemys soubs le scabelle de ses pieds 1. »

A propos des dernières scènes qui amenèrent la ruine du catholicisme, les catholiques parlent de profanations et de vandalisme. Ils n'ont pas tort. Mais ils oublient de parler des découvertes amenées par ce pillage, et comment les fidèles purent se rendre compte des « trucs » avec lesquels, pendant si longtemps, les bons pères avaient multiplié leurs impudents miracles : le truc pour faire respirer, grâce à de l'air introduit dans leur corps, les petits enfants morts avant le baptême; le truc pour faire chanter, toutes les nuits de Noël, grâce au vent passant dans des tuyaux, les corps saints de saint Gervais, de Nogaire, de Celse, et de Pantaléon2; le truc pour faire apparaître dans le cimetière certaines âmes, lesquelles étaient simplement des écrevisses porteuses de petites bougies.... On découvrit aussi que le cerveau, vénéré depuis des siècles, de l'apôtre Pierre était une vulgaire pierre ponce, et que le bras de saint Antoine, sur lequel on venait prêter les serments les plus solennels, était une chose innommable. Quant aux Augustins, « ilz avoynt faict peindre dans leur reffectoyre, une grosse et grasse femme, faysans semblans de descoudre ung pasté, avec ung grand verre, là où il estoit escript : Ecce quam bonum et quam jucundum habitare fratres in unum, c'est-à-dire : Voyez qu'il est bon et joyeulx que les frères soyent habitans ensemble3. » — Vandalisme et profanation! Oui. Mais qui avait commencé? Quand il s'agit de nettoyer les écuries d'Augias , ce n'est pas trop de tout le torrent révolutionnaire.

Du reste, il suffit de noter ce que Kampschulte avoue. Il cite d'abord la déclaration de l'un des plus acerbes adversaires du protestantisme, Florimond de Raemond, et se l'approprie : « Sur tous, les vices et Y ignorance àe plusieurs prestres (confessons hardiment que tous nos malheurs sont en partie visiblement nez de là) leur servit d'un beau prétexte pour les esloigner de l'ancienne Eglise ''. » Puis il ajoute : « Un évêque, qui à l'heure du danger abandonna son troupeau, et crut pouvoir arrêter le développement de la « secte maudite » en lançant de loin l'excommunication; un clergé qui en grande partie savait mieux manier l'épée des soldats que l'épée de la parole divine, et dans les moments même les plus critiques devait être rappelé par le pouvoir civil au devoir de mener une conduite honnête ; des moines qui, appelés à défendre leur cause, avouaient purement et simplement leur impuissance et leur ignorance, de pareils bergers, de pareils conducteurs ne pouvaient guère protéger contre la tempête le troupeau confié à leurs soins. Et cependant, peut-être plus funeste encore que cet état moral du clergé, fut son manque absolu d'instruction.... L'ignorance

1. Mémoires et documents, XX, p. 365, 367, 368. — â. Voir Extrait des Registres publics, 8 déc. 1 535 > Froment, p. CLIX. — 3. Froment, p. 151. — 4. Fl. de Raemond, p. 903.

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était la règle presque sans exception.... Il suffit de rappeler un seul fait : dans la ville on ne trouva pas un seul prêtre capable de lutter avec les adversaires1. » Nous n'avons pas dit autre chose.

Alors en 1 535 , le 4 décembre, commence à apparaître ce qui sera la fameuse devise de Genève : Post tenebras lux9-.

Les armes de la ville portaient la clef et l'aigle. « Des lettres de la Seigneurie à ses députés, écrites en novembre i53o, ont pour cachet l'empreinte d'un petit sceau, où les armoiries de Genève sont représentées d'une manière intéressante : l'aigle couronnée et lampassée devient essorante; l'écu, d'une forme gracieuse, est entouré des mots pos : tenebras : spero : lvcen : premier monument portant la devise qui dès lors accompagna presque toujours l'écusson genevois 3. » Cette devise est tirée du chapitre XVII du livre de Job, dont le verset 12 se termine, dans la Vulgate, par ces mots : post tenebras spero lucem (après les ténèbres, j'espère la lumière). Le 4 décembre 1 535, le Conseil des Deux- Cents ordonna que cette devise serait placée sur les monnaies 4. Et les premières monnaies émises en suite de cette décision furent des deniers, qui, d'un côté, présentent les mots : Deus noster pugnat pro nobis (notre Dieu combat pour nous) et, de l'autre, le nom de la ville avec la devise: Post tenebras lucem (après les ténèbres, la lumière, sous-entendu : j'espère) 5.

1. Kampschulte, I, p. 170, 171. Pour trouver des prêtres qui fussent des hommes, Kampschulte est obligé de chercher des femmes, les religieuses de Sainte-Claire. Et nous ne voulons pas refuser de joindre notre estime à la sienne. Elles furent dignes. Mais quelle superstition que la leur! Leur simplicité était si grande, qu'une fois sorties de la ville, il y en eut (raconte sœur de Jussie elle-même) qui voyant « quelque bestail es champ cuidoient des vaches que fussent ours, et des brebis lanues que fussent loups ravissans » {Le Levain, p. 212). Tels furent les plus honorables soutiens de l'Eglise! — 2. Le plus ancien monument connu sur lequel on trouve la clef et l'aigle est un parchemin de l'année 1449. Blavignac, Armoriai genevois, 1849, p. 36. Archives de Genève. Portefeuille historique, N° 588 (première pièce) — Il y a un autre dessin dans le Livre des Ladres, N° 16, de 1446. Mais le dessin est collé sur la troisième page de la couverture, et on ne peut exactement en déterminer la date. — 3. Blavignac, p. 46. — 4. Le Procès-verbal de cette séance importante présente une curieuse particularité. Il est raconté que Claude Savoye, conformément au mandat à lui donné, montre un spécimen de la nouvelle monnaie, un marc, lequel porte d'un côté : Geueva civitas post tenebras spero lucem, et de l'autre: Dominus noster pugnat pro nobis, 1535. Or le mot spero est biffé. On avait écrit la devise entière ; puis, pour gagner un mot, on sous-entendit spero, et on le biffa comme inutile. On peut dire que, grâce à ce procès-verbal, nous voyons la nouvelle devise genevoise se

Armoiries de Genève (1449).

CALVIN A GENÈVE. PREMIER SEJOUR

Post tenebras lucem , et un peu plus tard post tenebras lux. Le mot spero (j'espère), rayé sur les registres, n'est plus seulement sous-entendu, il a complètement disparu de la devise, et l'explication de Roset, prématurée pour i535, se trouvera vraie : « Et pour ce que leur ancienne devise estoit Post tenebras spero lucem, ils feirent mettre de l'un des costés de ladite monnoye: Post tenebras lux, ayans osté spero, disans qu'ils avoient attainct la lumière1. »

Quelques semaines plus tôt (29 septembre et &^%t\ J4 novemDre)5 les Genevois avaient commencé à VJSSawg) — P'!J@%@B) réorganiser leurs services hospitaliers. Au lieu des ^^^^T v^""â"W^ sePt hôpitaux divers, en fort mauvais état, ils en

avaient constitué deux, l'un, au pont du Rhône, qui

Monnaie de 1535. , . .

était une maison pour les passants (ce qui permettait d'interdire rigoureusement la mendicité), et l'autre, le véritable hôpital, dans l'ancien couvent de Sainte-Claire 2. Il eut à sa tête un pieux et généreux hospitalier, Claude Salomon, dit Paste 3.

Tout devenait nouveau: 1 536 devait être l'année de naissance de la liberté et de la Réformation !

Et cependant la situation de Genève n'avait jamais été plus désespérée. C'était le moment de la guerre des Peneysans, c'est-à-dire des troupes soudoyées par l'évêque et le duc (Peneysans, du château épiscopal de Peney, château fort des catholiques), « qui faysoynt jour et nuict à force allarmes, pilloynt et desroboynt tous les biens, bestial et meubles, qu'ilz pouvoynt trouver de ceulx de Genève 4. » Ils saisissaient même les hommes, les femmes, les enfants, les

former sous nos yeux. Registres du Conseil, vol. 28, f. 168 v°. — 5. Blavignac, p. 49. — Nous reproduisons cette monnaie d'après le beau travail de M. E. Demole, Histoire monétaire de Genève de ijjj à 1J92 (1887), dans les Mémoires de la Société d'histoire de Genève, série in-40, vol. I.

1. Roset, Les chroniques de Genève, p. 211. — 2. Au même moment (23 novembre), avait lieu la réorganisation du service pénitentiaire : l'ancien évêché devint la prison unique. A. Roget, Les Suisses et Genève, II, p. 191. — 3. Ibid. Herminjard, V, p. 34, n. 3. Ce Claude Salomon, dit Paste, avait été l'un des premiers, des plus ardents et des plus sérieux promoteurs de l'Evangile à Genève. Son nom est continuellement associé à celui de Baudichon. Il signe la lettre des Evangéliques de Genève (5 mai 1533, Ibid., III, p. 51); et plus tard Farel (19 juin 1538, Ibid.,V, p. 34-35), rappelant le « commencement, » raconte comment Dieu « touchea le cueur de ce bon personnaige, » et comment jusqu'à sa fin il pria Dieu « qu'il ne laissât la ville sans sa saincte Parolle, et que l'Evangile n'en fust osté. » A propos de ceux qui « ont commencé ou plustost relevé leur Hospital de Ste-Claire, » Froment désigne « principalement ung nommé Claude Salomon, dict Paste, bon citoyen et bourgoys de Genève; lequel, incontinent après que les Dames de Ste-Claire en furent sourties, ne cessa après le Conseil, avec des aultres, que cest Hospital ne fust relevé et redressé, et au lieu de ces dames fust mitz afforce povres; et pour commencer cest œuvre, digne de mémoyre, y despendit tout son bien, assavoir or, argent et ses meubles. Et luy-mesme et sa femme servoynt illec les povres, et fust là dedans le premier gouverneur jusques à sa mort, et en son testament y donna tout son bien. » Froment, p. 236. — Claude Salomon ne fut en fonctions que pendant moins de trois mois, il mourut le 28 janvier 1536. — 4. Froment, p. 172. Froment n'exagère pas. Un

PRÉPARATION ET DEBUTS DE LA REFORME A GENÈVE

Les environs de Genève au XVIe siècle *.

* Vero disegno del lago di Geneva con i luoghi chel circondano. « Gravure sur cuivre par Dominico Alfano; sans date, mais avec une dédicace à l'infante Catherine d'Autriche, duchesse de Savoie, laquelle a régné de 1587 à 1597. Cette carte très fantaisiste est curieuse à examiner. » Exposition nationale suisse, Genève 1896. Cartographie. Catalogue spécial. Que M. Henri Le Fort, à qui appartient cette carte, et qui a bien voulu nous la prêter pour la faire reproduire, reçoive nos sincères remerciements.

maltraitaient, les tuaient, les brûlaient. « La chose est tant dure à porter, écrivaient les Genevois aux Bernois, le 29 juin 1 535 , que c'est pitoyable, et nous ne sçavons plus que faire, mais sûmes en grosse désolation1. »

Les prêcheurs se lèvent au milieu du peuple comme les prophètes de l'ancienne alliance. Tous les jours il y a sermons et oraisons au Seigneur 2.

seul fait : Une Genevoise venait de Gex. Les Peneysans lui enlèvent son argent, sa marchandise, lui coupent une main, et, comme elle se plaint, ils lui plantent un couteau dans le cou. Puis ils la laissent mourir au milieu du chemin. (Herminjard, III, p. 303, n. 4.)

i. Herminjard, III, p. 304. — i. Froment, p. 180.

CALVIN A GENÈVE. PREMIER SÉJOUR

Une lueur d'espoir brille. Repoussés par les Bernois, les délégués genevois s'étaient adressés aux Neuchâtelois, qui, émus de pitié, envoyèrent au secours de leurs frères en la foi mille hommes, conduits par Jacob Wildermuth1. Malgré le froid, malgré la neige, la troupe traverse « les grandz déserz boys de la Jou ; » elle se nourrit de « quelques troncs de choux et de raves2, » et, débouchant dans la plaine, bouscule les Peneysans à Gingins (10 octobre 1 535), leur tue quatre cents hommes 3, n'en perd elle-même que sept ou neuf, et s'apprête à marcher sur Genève. Tout à coup Diesbach, l'ambassadeur bernois 4, accourt après la bataille et décide les Neuchâtelois à rentrer chez eux.

La déception était cruelle. Or depuis quelque temps se trouvait à Genève un capitaine français, M. de Verey, lié avec un autre Français, réfugié pour cause de religion, Laurent Maigret, dit le Magnifique. Ce Verey faisait entrevoir l'appui du roi de France, brouillé avec son oncle, le duc de Savoie. Des conciliabules ont lieu. On décide (3 octobre) de conquérir à trois (Genève, Verey et Maigret) le pays à l'entour de Genève, et un « dernier escript » fut passé, le 19 octobre (quand on sut que les Neuchâtelois ne venaient pas), en la maison du syndic Bandière 5.

Le pacte était dangereux. François Ier aurait été un voisin aussi incommode que le duc de Savoie. Mais, comme le dit le secrétaire Roset, « la nécessité les contraignoit ; il fut conclu d'accepter le secours d'où qu'il vinst6. »

Ce qui risquait de perdre définitivement Genève la sauva. Une alliance de Genève avec la France, et pis encore! Car de Verey, développant ses idées, fit au

1. Ce Jacob Wildermuth, dont le père avait assisté aux fameux combats de Grandson et de Morat, était entré en relation avec Farel à la fin du mois de novembre 1529. L'intrépidité du Réformateur devait plaire au brave capitaine, qui s'était distingué sur les champs de bataille d'Italie (1512, 1513, 1515), et qui, six ans plus tard (1535), conduisant les Neuchâtelois à la délivrance de Genève, remportait la brillante victoire de Gingins. (Herminjard, II, p. 211.) Sa lettre du 3 décembre 1529 respire une vraie piété. Il y parle du « pauvre pieux Farel. » « Je retiens ici Farel, ajoute-t-il, et je le fais prêcher dans les maisons, parce que je sais qu'il peut ainsi faire du bien, quoique cela m'attire des menaces. Mais je puis bien apprendre à les braver, sachant que Dieu est plus fort que l'homme ou le Diable. » {Ibid., p. 212.) Son zèle ardent pour la Réforme explique à lui seul le rôle qu'il joua à Neuchâtel, à Valangin, à Payerne. » Plût à Dieu, s'écrie-t-il en 1531, le 18 juin, que j'eusse eu vingt Bernois avec moi! Alors, avec l'aide de Dieu, nous n'aurions pas laissé arriver ce qui est arrivé. » {Ibid., p. 344.) — 2. Froment, p. 194. — 3. Mémoires et documents, XX, p. 370. Mais le chiffre est évidemment exagéré. Voir Grenus, Fragments, p. 211. — 4. A Berne, le peuple était de mieux en mieux disposé pour le peuple de Genève, mais le gouvernement résistait à l'impulsion populaire. Ami Porral, l'ambassadeur genevois à Berne, écrivait : « Mer Bertol, le prédicant, nous avoit recommandé en son sermon, cejourmesme [9 juillet, avant une séance du Conseil], tellement que le cueur du comeung estoit fort esmeu à pitié. Mais nostre Seigneur n'avoit pas encoures humilié le cueur des esperviers. Ce sera quant il luy plaira. » (Herminjard, III, p. 314.) Plus tard, un autre envoyé genevois, Baudichon, signalait la même situation : « Sachés que oncques en ma vie je ne veys les bourgeoys et comunaulté de Berne de sci bon volloir pour une ville de Genève, corne il sont maintenant; et murmurent fort le comun contre les gros, de ce qu'il nous font tant journ[o]ier, en nous faisant malfondre [morfondre]. » {Ibid., p. 377.) — 5. Froment, p. 189; Herminjard, III, p. 384, n. 7. — 6. Roset, p. 204.

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