DE LA RÉFORME A GENEVE
Les environs de Genève, d'après la carte de Jacques Goulart, gravée en 1619.
Conseil (17 décembre) un discours des plus habiles, où il tirait un merveilleux parti de tout ce que Genève avait eu à souffrir de l'évêque, du duc et des Bernois eux-mêmes : « Affin que le Roy haye meilleure occasion vous ayder et faire rehavoir et vos biens et les terres parties de vostre ville... il fauldra bien que vous luy faictes quelque prééminence en vostre ville. » Il rappelle la prééminence de l'évêque, qui leur a fait la guerre, et le duc et son vidomne : « Vous hâves depuys, pour vous garder d'oppression, recouru au SUytzes [Suisses], vous sçavez comment vous en estes esté menés et trescassés par journées ; l'ung vous ha faict la guerre contre voz personnes; l'aultre contre vouz biens; l'aultre contre vostre
bourse, tant que vous estes destruyct.... Le Roy ne demande aultre sinon estre dict protecteur de vouz libertés, hus et coustumes, vous laisses vostre justice, vostre gouvernement, et tous vouz droictz, vous veult ayder à fortiffier, ne veult rien du vostre. L'évesque havoit la puyssance de faire grâce, celle puyssance n'est point à vous; quant bien vous laisserés cela au roy, ce n'est sinon cela de l'évesque. Cela luy dorroit [donnerait] le coraige vous envoyer tel secours que deschasseries vouz ennemys à ses despens. » — Les Genevois, qui « aymoient bien être secourus, mais ne vouloient point de prince, » répondirent avec une habileté plus grande encore que celle du négociateur : qu'ils avoient consulté, que ce n'était pas « petite chose, mais bien griefve et pesante, » qu'ils ne l'oseraient proposer au peuple, car celui-ci « ne s'est encore bonnement apperçeu de l'ayde et confort du Roy; » qu'en conséquence, il n'y a qu'à mettre à résolution les promesses d'aide et de secours pour « oster noz ennemys. » Le peuple sera « consolé et prendra cueur. » Alors on proposera « les affaires, » et le Roi « haura occasion soy contenter de nous1. »
Mais Berne comprit. La France allait mettre la main sur Genève. L'ambassadeur bernois à Genève se hâta d'informer son gouvernement : « Si vous ne despeschés, Messrs de Berne n'y seront jamais à temps; car si une fois les Françoys sont dedans le pays, on ne les en sourtira pas quand on vouldra.... » Et le chroniqueur ajoute : « Or ne furent laschez [lasches] les Seigneurs de Berne à fayre descendre six ou sept mille hommes, incontinent2 avoir heu le raport de leur commitz 3. »
Seulement on ne se trompa point sur le motif de ce changement et de cet empressement : « Aulcuns disoynt : « Si les Françoys ne fussent venus, ne les Bernoys aussi \ »
I. Registres du Conseil, vol. 28, f. 179 v° et 180. — 2. Il vaut la peine de citer, par ordre chronologique, quelques déclarations de Berne. Elle commence par dire à Genève qu'elle ne peut se sacrifier pour elle, « car la chemise lui estoit plus près que la robe. » (Froment, p. 178.) Faisant connaître le résultat négatif de la conférence d'Aoste, le 12 décembre 1535, les seigneurs de Berne écrivent à Genève: « Comme paravant, par plusieurs foys, vous voulons bien advertir que, sy le cas vient à faict de guerre, ainsi qu'est à doubter, que bonnement ne vous sceryons [saurions] secourir.... Voiyre sy vous nous admonestiés de vous secourir en vigueur de la bourgeoysie, ce que par cy-devant n'avés faict.... Car de mètre nous propres affayres en hasart, et les vostres prendre à nous, ne nous est convenable. » (Herminjard, III, p. 373, n. 4-5.) La diplomatie bernoise avait le langage peu diplomatique. Cependant elle était sur le point de le modifier. Le 17 décembre, le Conseil de Berne est indécis. (Lettre au bailli de Vaud.) Le 20 décembre, il entend un discours pressant de l'ambassadeur genevois, Ami Porral. On le renvoie pour une réponse au 22: une ambassade bernoise est à Bâle pour « avoir conseil » (Herminjard, III, p. 385.) Puis la volte-face est si subite qu'elle surprend même Ami Porral : « Je ne heusse jamais pensé que nostre Seigneur heust ainssy touché le cueur de noz amys, bons seigneurs et combourgeois fde Berne], à la persuasion de leurs amys mesmement de Bâle et de leurs païsans. » (Herminjard, III, p. 390, n. 1.) Nous savons ce qui acheva de décider les Bernois. — .'}. Froment, p. 201, 202. — 4. Ibid., p. 201. Citons ici M. Roget (Les Suisses et Genève, II, p. 219-220): « Qu'on ne pense point que la froide raison d'Etat et l'obéissance passive aux ordres d'un gouvernement guidé par l'ambition aient conduit les bataillons bernois sous les murs de la cité qui, avant de devenir la citadelle de la Réforme, était déjà le boulevard de la liberté. Non, un noble enthousiasme, une sympathie chaleureuse pour des frères longtemps opprimés, animaient les enfants de
PRÉPARATION ET DEBUTS DE LA REFORME A GENEVE
Berne qui, le 12 décembre, déclarait encore brutalement à Genève qu'elle ne devait pas compter sur son appui, se donne à peine le temps d'aviser ses baillis par un message (27 décembre), où elle déclare qu'elle ne peut plus se soustraire à ses obligations vis-à-vis de Genève1. Le 16 janvier 1 536, elle envoie une déclaration de guerre au duc et fait partir son armée, le 22 janvier, sous la conduite de Jean-François Naegeli. Déjà le 24, le général prend possession du pays de Vaud. Tout fuit. « Pour donner signe à ceulx de Genève, » les Bernois brûlent le
château de Rolle2, le couvent des cordeliers de Nyon, le château de Gex Les
voilà devant Genève. C'est la délivrance !
Et ce sont les représailles. Il est décidé qu'on brûlera et saccagera tous les châteaux des gentilshommes et des ennemis qui, depuis deux ans, font la guerre à Genève. Froment pousse un cri d'admiration : « Le saccagement qui estoit entour Genève estoit admirable, ouy mesme d'aulcuns petis enfans de Genève, qui estans seulement de l'aage de 12 à i3 ans, qui admenoynt avec eulx dans la ville de gros butins et prisonniers, qu'on ne les en auroit empescher ni contredire, tant avoit esté la crainte mise partout à l'entour de Genève. Aussi de tous coustés l'on admenoit des cloches, des blés, vins, en abundance, bestial, tous utencilles de maysons, comme coustres, linceulx, vestementz : les femmes mesme y couroynt, tant estoyt la chose véhémente. L'on voyoit brusler les chasteaux et maysons, de tous coustés, tant que sembloit advys, par la fumée, que n'y eust que des nuées entre les montaignes et sus le lac 3. »
En vain « les prescheurs crioynt incessamment à l'encontre, disant que on en faysoit trop, » et répétant : « il vous doyt souffire que Dieu vous aye deslivré de vos ennemys, et qui [qu'il] le vous aye mïtz entre vos mains, sans leur laysser rien, car en leur bien faysant vous les gaignerés à l'évangille '". » — En vain le magistrat lui-même menaça les pillards de trois coups de corde. Le capitaine général, Baudichon de la Maison Neuve, donnait l'exemple. On fut obligé de lui ôter son office et de le mettre en prison 5.
Pendant ce temps Naegeli reprenait sa marche triomphale, arrivait à Saint-
la rude Berne. L'empreinte énergique de ces sentiments a été déposée dans le Chant de l'ours, dont nous transcrivons quelques strophes : « Peuples, faites silence, et vous mes compagnons d'armes, répétez mon joyeux refrain. L'ours est sorti de son antre, la prudente bête, au pas ferme, au cœur intrépide; il s'est mis aux champs, et c'est pour arracher au trépas ceux que la terre entière avait abandonnés.... De quel cri de douleur n'a-t-elle [Genève] pas fatigué les échos des Alpes ? Tout dormait. Les rochers mêmes ont été émus ; les Confédérés sont demeurés insensibles. Berne seule a été attendrie. En cet âge de douleurs pour les enfants du ciel, de combats pour les pauvres de cœur, l'ours, l'ours a seul ouvert ses entrailles à la pitié.... » Ce n'est pas l'unique fois, dans l'histoire, que l'on constate un désaccord, une contradiction entre la politique des Etats et les sentiments des peuples.
1. Roget, Les Suisses et Genève, II, p. 203. — 2. Froment, p. 210. — 3. Ibid., p. 122. — i. Ibid., p. 223. — •">. Gautier, II, p. 505.
Calvin a genève. premier séjour
Julien, prenait possession du pays au nom de son gouvernement, s'emparait du fort de l'Ecluse, la clef du Jura, et s'apprêtait à pousser sa pointe, quand il fut arrêté par le roi de France, lequel voulait aussi profiter de la triste situation de la maison de Savoie.
Après être rentré à Berne, Naegeli en repartit aussitôt pour une seconde expédition, dans laquelle il s'empara des terres épiscopales de Lausanne, et, le 29 mars, il se rendit maître du célèbre château de Chillon. Il délivra Bonivard, enfermé là depuis six ans.
Quand on vit ainsi la maison de Savoie blessée à mort, chacun crut de son devoir de prendre part à la curée, et les catholiques ne furent pas moins âpres que les protestants. Les Fribourgeois, les Valaisans s'emparèrent de ce qu'ils purent « pour maintenir, disaient-ils, la chrestienté, » un peu comme le passant qui, dans un incendie, emporte une montre, pour qu'on ne la vole pas! Le roi de France et l'empereur prirent naturellement des morceaux plus gros.... « Et ainsi le povre Duc fust plumé de tous coustés en ung mesme temps1. »>
Genève aurait pu se laisser aller à une joie parfaite, si un nouveau nuage n'avait pas envahi son ciel à peine éclairci.
Dès le 5 février, pendant l'expédition, alors que les troupes bernoises occupaient la ville, les représentants de Berne avaient mandé les syndics, et leur avaient réclamé, pour leurs seigneurs, « le vidomnat et tous les droits de l'évêque, comme prince de Genève, ainsi que ceux du duc de Savoie. »
L'exigence avait au moins le mérite de la clarté : les Bernois voulaient être les maîtres. Mais les Genevois répondirent avec non moins de clarté qu'ils voulaient être libres. Ils n'avaient pas « si longuement résisté et bataillé, voyre plus de 3o ans, contre leurs ennemys, pour maintenir leurs libertés et franchises, pour se rendre maintenant subjectz et vassaulx à leurs grandz amys, ne à personne du monde : les priant de se despourter de telle demande 2. »
Berne, étonnée de cette audace, fronça le sourcil, commença « à chanter de la haulte game3, » menaça de rompre la combourgeoisie.... Mais Genève, délivrée des Savoyards, était plus forte. Le roi de France était toujours là. Berne céda et, le 7 août 1 536, fut conclu un traité qui ouvrait pour Genève la période moderne de son histoire. Il nous faut en bien préciser les conditions.
Berne obtenait que Genève restât ville ouverte pour les Bernois, et ne pût conclure, sans le consentement des Bernois, aucune alliance, ni aucun traité. De plus, Genève lui abandonnait la seigneurie de Gaillard, « quoi qu'elle fût à ses portes et tout à fait à sa bienséance; et elle perdit en même temps vingt-quatre villages, qui lui auraient parfaitement convenu » Même les biens des bannis, sur terre genevoise, étaient abandonnés à Berne.
1. Froment, p. 218. — 2. Ibid., p. 216. — 3. Ibid., p. 215. — 4. Gautier, II, p. 520.
PRÉPARATION ET DEBUTS DE EA RÉFORME A GENÈVE
Genève, de son côté, héritait des droits seigneuriaux de l'évêché, et de ses revenus, ainsi que des droits du vidomnat, ce qui constituait son entière souveraineté sur 1 intérieur de la ville. Elle conservait aussi cette souveraineté dans les mandements de Peney, de Jussy et de Thiez, relevant autrefois de l'évêché1.
Malheureusement, outre les premières clauses, qui étendaient tellement la puissance de Berne, et les secondes clauses, qui limitaient tellement (mais du moins en la reconnaissant) l'indépendance de Genève, une troisième série de clauses intervint au sujet des terres relevant du prieuré de Saint- Victor et du Chapitre. Ces terres restaient presque indivises, ou du moins Berne renonçait à la suzeraineté et aux revenus, mais se réservait les appellations, les* devoirs d'hommes et la remise des criminels.
Ainsi Berne enserrait Genève par ses bailliages vaudois, gessiens et chablaisiens, par son contrôle des alliances, par son droit d'intervention sur les terres de Saint-Victor et du Chapitre. Elle pouvait espérer qu'il viendrait un jour où il lui suffirait de menacer suffisamment son alliée pour l'empêcher de lui résister2. Alors elle réaliserait son rêve politique. Ce qui était retardé n'était pas tout-àfait perdu.
L'accord « perpétuel » avait clos l'ancienne histoire politique de Genève. Quelques mois auparavant, un autre événement avait clos son ancienne histoire religieuse.
Le dimanche 21 mai 1 536, la Réformation avait été officiellement acceptée par le peuple réuni en Conseil général. Voici le procès-verbal de cette mémorable assemblée : « Jouxte la résolution du conseil ordinaire, est esté assemblé le général, au son de la clouche, et à la trompeté, ainsy que est de coustume, et par la voye de monsieur Claude Savoye, premier sindicque, est proposé l'arrest du Conseil ordinaire et de Deux cents, touchant le mode de vivre. Et après ce, [à] aulte voix, est esté demandé s'il y avoit aulcungs qui sceusse et volsisse dire quelque chose contre la parolle et la doctrine qui nous est en ceste cité prechée; que il le dyent et asçavoir si très tous veulent pas vivre selon TEvangille et la Parolle de Dieu, ainsy que, d'empuys l'abolition des messes, nous est esté presché, et se presche tous les jours, sans plus aspirer ny voloir messes, ymaiges, ydoles, ny aultres abusions papalles, quelles qu'elles soyent. Sur quoy, sans point d'aultre voix qu'une mesme, est esté généralement arresté, et par élévation des mains en l'air conclud et à Dieu promys et juré que très tous, unanimement, à l'aide de Dieu, volons vivre en ceste saincte lox évangellicque et parolle de Dieu, ainsy qu'elle nous est annoncée, veuillans délaisser toutes messes et aultres séremonies et abusions papales, ymaiges et ydoles, et tout ce que cela porroit toucher, vivre en union et obéissance de justice.
1. Gautier, II, p. 518. — 2. E. Dunant, Les relations politiques de Genève avec Berne et les Suisses, de 15 j6 à ijô-j (1894), p. 26.
CALVIN A GENEVE. PREMIER SEJOUR
» Icy est aussy esté proposé l'article des escolles, et sur icelluy, par une mesme voix, est résolu que l'on taiche à avoir homme à cela faire sçavant, et que Ton le sallarie tellement que il puysse nurrir et enseigner les paouvres, sans leur rien demander de sallaire et aussy que chascung soit tenu envoyer ses enfans à l'escholle et les faire apprendre l. »
Ainsi, le jour où la Réformation est proclamée, se trouve aussi proclamée l'instruction gratuite et obligatoire : Farel est au temple, et son collègue Saunier est à l'école.
L'avenir s'ouvrait tout grand. 11 n'y avait plus qu'à s'avancer....
Malheureusement les difficultés étaient énormes.
Certains historiens se sont efforcés de peindre sous des couleurs séduisantes l'état de Genève à cette époque. Il s'agit pour eux de démontrer que Calvin et son oeuvre étaient inutiles. Mais les faits sont trop incontestables. « On ne peut nier, dit Kampschulte, que le désordre et la démoralisation n'eussent atteint dans Genève un degré menaçant, et ce serait presque un miracle qu'il en eût été autrement2. »
Constatons quatre faits principaux.
i° Anarchie morale. — Nous l'avons montré, d'après les aveux des auteurs catholiques eux-mêmes : une ignorance, une immoralité inouïes avaient été propagées clans le peuple par le clergé. Il faut ajouter que, depuis des années, Genève était devenue une sorte de camp, où chaque citoyen vivait l'arme au poing. Comment s'étonner de rencontrer les mœurs de la soldatesque à cette époque, le mépris des lois et la brutalité ?
2° La réaction catholique. — Le Conseil général avait voté la Réformation à l'unanimité, soit que les opposants ne fussent pas venus, soit qu'ils eussent gardé le silence. Mais les opposants existaient. Il se forma un parti catholique, qui avait de profondes racines dans des traditions plusieurs fois séculaires. Des prêtres célébrèrent le culte en secret. Quand ils eurent été forcés de sortir de la ville, leurs fidèles vinrent les trouver pour leur demander le baptême, la bénédiction nuptiale. Il y eut là une résistance plus ou moins considérable, mais presque irréductible.
3° L'opposition protestante. — Et ceci était encore plus redoutable que cela. La Réformation avait été pour plusieurs une émancipation. La liberté, oui, mais rien de plus ! Et ceux qui voulaient tant la liberté pour eux, la voulaient beaucoup moins pour la nouvelle Eglise. D'après eux, celle-ci devait être soumise à l'Etat, qui purement et simplement remplaçait l'évêque. N'était-ce pas ce qui se passait à Berne ?
i. Registres du Conseil, vol. 29, f. 112. Voir Amédée Roget, Histoire du peuple de Genève, depuis la Réforme jusqu'à l' Escalade, t. I (1870), p. 2. — 2. Kampschulte, I, p. 206.
PRÉPARATION ET DEBUTS DE LA RÉFORME A GENEVE
40 Les relations avec Berne. — Elles devenaient de plus en plus délicates pour les évangéliques. Ceux-ci savaient très bien ce qu'ils devaient aux Bernois. «En tout, leur écrivaient-ils (28 septembre 1 534), vous estez monstrez vrayement nos pères et protecteurs, et telz vous réputons *. » Le Conseil lui-môme (14 juillet 1 535) écrit: « Ne vous scerions [saurions] donner aultrc ny meillieur déclaration de nostre supplication, sinon que de tousjours vous prier, comme l'enfant bien apris, qui, quant son père luy demande : « Comme le veulx-tu ? » respond : « Ainsy qu'il vous plaira"2. » Malheureusement, ce qui aurait plu à Berne c'était la suzeraineté sur Genève, et celle-ci avait eu l'occasion de s'en apercevoir.
Les patriotes, épiscopaux à l'origine, avaient dû devenir anti-épiscopaux. Les patriotes, alliés à Fribourg, avaient dû devenir anti-fribourgeois. Les patriotes évangéliques, qui devaient tant à Berne, allaient-ils être obligés de devenir antibernois ?
Au milieu de ces difficultés, Farel travaillait avec toute son énergie. Il prêchait et faisait prêcher. Il réorganisait les hôpitaux, les écoles. Mais les qualités même de son tempérament intrépide, ardent, si utiles pour la conquête, ne le servaient pas également pour l'organisation.
Qu'allait-il arriver ? Genève, ce point stratégique, duquel dépendait l'histoire ultérieure de la Réformation, allait-il être définitivement gagné ou perdu?
C'était le moment pour la venue de l'homme providentiel, Calvin.
1. Herminjard, III, p. 211. Cette lettre semble avoir été composée par Claude Bernard, l'un des principaux évangéliques de Genève. Elle fut retenue par le Conseil. — 2. lbid., p. 317.
Marque de Froschower.