‹ Jean Calvin (volume 2)Chapitre 77 sur 123 · IV. Jean-Antoine Gautier · texte numérisé non relu

IV. Jean-Antoine Gautier

C'est avec plaisir que des pages d'un Pierson, d'un Fontana et même de certaines lignes d'un Cornélius et d'un Kampschulte on passe aux gros volumes de Gautier, l'auteur de Y Histoire de Genève. Il est une preuve que tout ce qui est ancien n'est pas destitué de valeur et que tout ce qui est nouveau est loin d'être scientifique.

Né à Genève le 26 septembre 1674, Gautier fut nommé professeur de philosophie en 1696. Son enseignement contribua grandement à substituer la méthode cartésienne à la méthode scolastique. Membre du Conseil des Deux Cents (1704), puis du Conseil des Soixante (1710), recteur de 1 7 1 7 à 1721, il fut nommé conseiller d'Etat en 1723, abandonna le professorat, et mourut à peine âgé de cinquante-quatre ans, en 1729, déjà usé par des travaux excessifs.

Il commença son Histoire en mars 1708. Les archives venaient d'être classées et étiquetées dans la « Petite-Grotte » et la « Grande-Grotte, » les deux salles voûtées, dans la Tour de l'Hôtel de ville, où elles se trouvent encore. Il arrêta le seizième livre de son Histoire à l'année 1608, et termina son manuscrit par ces mots: « Fait et fini le 3me juillet 17 13, à 7 heures du matin.... La us Deo! Amen ! »

C'est de nos jours seulement qu'on a entrepris la publication de cette Histoire : cinq volumes ont paru ; il y en aura huit. Et les savants éditeurs du premier volume, MM. Victor van Berchem et Edouard Favre, après avoir vécu des mois dans la familiarité de notre historien, et après avoir vérifié sur les Registres du Conseil toutes ses citations, lui ont rendu ce bel hommage: « Par la conscience de ses recherches, l'exactitude de son récit, la modération de ses jugements, Jean- Antoine Gautier a mérité l'estime et les éloges de tous ceux qui se sont occupés de l'histoire genevoise. Il a l'esprit judicieux et les vues larges d'un historien, qui est, en même temps, un magistrat. Sans doute il est de son temps ; il a subi l'influence du milieu où il a vécu, mais sa situation officielle n'a jamais altéré chez lui la constatation scrupuleuse des faits, ni le respect de ce qu'il croyait être la vérité. Enfin son style simple et grave, fortement marqué de l'empreinte du grand siècle, assigne à son œuvre une place dans l'histoire littéraire de la Suisse romande. » (Histoire de Genève, I, Préface, p. xii.) « Il a traité, en particulier, l'époque de la Réforme, avec une sûreté de renseignements et une ampleur dignes de l'importance du sujet. » (Ibid., p. xm.)

Appendice N° II.

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