ET A MES AMIS GENEVOIS
genevois et bienveillant.... Et puis, après ces deux foyers scientifiques, auxquels je n'ai rien trouvé de comparable dans aucune des nombreuses villes où le hasard de mes études m'a conduit, je pense à tous ces autres foyers familiaux, qui depuis des années m'ont été si cordialement ouverts, où, entre deux séances de travail, ou bien le soir, la journée finie, il m'a été donné de me reposer et de me réconforter en causant amicalement philosophie, psychologie, théologie, et puis toujours de nouveau histoire, histoire vieille et toujours vivante ; je pense à cette hospitalité genevoise si caractéristique, point provocante sans doute, mais qui finit par ne paraître avare de paroles que pour être plus prodigue de témoignages effectifs de services, de dévouement, d'affection....
Puissent ces pages écrites avec un amour sincère de la vieille Genève, la Genève de celui qui fut un si vrai Français et un si bon Genevois, la Genève calviniste, prouver à ces amis, — dont je n'ai pas besoin de mettre ici le nom pour qu'ils sentent que je parle d'eux, maître vénéré, collègues de même esprit, camarades de même volée, élèves trop reconnaissants, familles où le bonheur semble intact, familles où il y a des vides creusés par le deuil, — qu'au vingtième siècle encore, il est possible à un Français, malgré la tristesse de toutes les démolitions, d'éprouver, en voyant de loin Genève et Saint-Pierre, ce que ses pères les réfugiés, éprouvaient eux-mêmes... un tressaillement de joie et de reconnaissance.
Montauban, le 16 juillet 1905.