‹ Jean Calvin (volume 3)Chapitre 23 sur 94 · LATOUR PERCE · texte numérisé non relu

LATOUR PERCE

Tour Perse. Dernière enseigne, conservée au Musée épigraphique. (p. 197.)

C'est à la Fusterie qu'ont subsisté les restes des derniers dômes. (Page 200.)

La place de la Fusterie, qui avait, en 1487, 98 toises carrées, s'appelait anciennement de Meyrins, comme la portion de la rue du Rhône qui y conduisait à partir du Pont. Cette place, ainsi que celles du Molard et de Longemale, avait son port sur le lac (il existait encore vers i83o)4; et, jusqu'en 1487, ce fut là qu'on débarqua, entreposa et travailla les f listes, « dont ceux du dict Genève font grand traffic, » c'est-à-dire les grandes pièces de bois de construction amenées, par le lac, des forêts du Jura et des Alpes. En 1487, il fut défendu « aux fustiers de mettre plus de fuste en la Fusterie 5, » et on la fit paver,

i. Herminjard, IX, p. 489. — 2. Auprès. Entre la maison Thorens et la maison Baudichon était, en réalité, la maison Chapeaurouge. — 3. Froment, p. 82. — i. « Le port de la Fusterie, tel qu'il existait encore il y a une quarantaine d'années [dans les vingt premières années du dix-neuvième siècle], est représenté dans les vues de P. Escuyer. » Galiffe, p. 174, 175. — 5. ier mai 1487. — Flournois, Extraits (Grenus).

LA VILLE

ce qui du reste n'avait rien d'extraordinaire, car c'était alors la façon d'entretenir les rues et les places, et même les chemins. Le pavage eut lieu en mai 1487. Déjà le 4 novembre 1474 il avait été question d'une quête volontaire pour ce pavage. D'après Galiffe, toute l'ancienne Genève et ses faubourgs devaient être pavés. Et comme il est dit que Saint-Gervais ne fut pavé qu'au commencement du seizième siècle, Galiffe pense que la portion du Bourg mentionnée est seulement celle qui date du quinzième siècle. (?)

Après avoir été le quartier des charpentiers, la place devint, le siècle suivant, le marché au foin *.

Dès le i5 décembre i5o3, les Registres parlent d'une fontaine d'eau vive sur la place.

Le temple de la Fusterie, ou Temple-Neuf, comme son architecture et son nom l'indiquent, a été bâti fort tard : il date seulement du commencement du dix-huitième siècle. Jusqu'à cette époque il n'y avait eu que trois temples servant régulièrement au culte public : Saint-Pierre, la Madeleine et Saint-Gervais. Quant à l'Auditoire, anciennement Notre-Dame-la- Neuve, et à Saint-Germain, ils existaient bien, mais ils ne servaient au culte qu'accidentellement, tempopairement. Il fallait donc que le grand nombre des services suppléât au petit nombre des sanctuaires2. Le 10 mai 1708, on proposa de faire un nouveau temple à la Fusterie, parce que les anciens ne contenaient pas assez de places. Et la sixième raison que l'on fit valoir, à l'appui de la proposition, fut : « Que l'honneur de l'Etat y était engagé, étant honteux que des la Réformation , quoique la ville soit augmentée en nombre et en richesse, on n'ait pas encore trouvé moyen de bâtir un temple 3. »

La première pierre fut posée le 16 novembre 1713, et le temple fut inauguré le i5 décembre 171 5, par le pasteur et professeur Bénédict Pictet4.

Dômes de la Fusterie, en 1822 par P. Escuyer. (p. 199.)

i. Galiffe, p. 175. — 2. Ibid., p. 182. — 3. Auguste Cramer, Coup d'ail sur les Registres du Consistoire de F Eglise de Genève, M. D. G., IX, p. 48, n. 19. Voir, Ibid., VI, p. 3. — i. Archinard, Les édifices religieux de la vieille (lenève, p. 348, 349.

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