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Le levain du calvinisme, p

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jusqu'à ce qu'une nouvelle augmentation, ou dotation, lui fit prendre celui de Bolomier1. »

Le chancelier Guillaume Bolomier n'est pas pour nous un inconnu : nous l'avons déjà rencontré dans son hôtel de Rive, à côté de celui de l'évêque de Nice. Une inscription se trouvait au-dessus de la porte des granges2 de l'hôpital général, granges qui, selon De La Corbière, étaient l'ancien hôpital Bolomier

lui-même : Patromis noster

miles Gui \ lliermus Bolomerius Fabi \ us in anno M.CCCCXLIII n | os funditus instauravit. (Notre patron, chevalier Guillaume Bolomier Fabius, l'an 1443, nous a complètement édifiés3.) Comme on sait que, en 1435 et 143g, Pierre Bolomier, frère de Guillaume, le chancelier, était recteur de l'hôpital de Saint-Jeoire, on peut penser que ce fait

décida le chancelier à augmenter la dotation de l'établissement et à le restaurer. — Devant l'hôpital, il y avait un puits \

En 1 53g, l'hôpital Saint-Jeoire-Bolomier devint une annexe du Grand-Hôpital, fut converti en granges, et destiné à renfermer les bestiaux servant à l'usage de l'établissement général 5.

L'inscription de l'hôpital Bolomier.

En effet, l'hôpital général était à côté ; c'était l'ancien couvent de Sainte- Claire, agrandi de certains immeubles voisins. Et nous voici en présence d'une des plus importantes créations de la Réforme genevoise.

Plusieurs hôpitaux ont déjà attiré notre attention : l'hôpital du Pont-du- Rhône, l'hôpital de Notre-Dame, l'hôpital des pauvres honteux, l'hôpital de

i. M. D. G., III, p. 207-209. — 2. L'inscription fut replacée lorsqu'en 1749 on rebâtit les granges, après un incendie. M. D. G., p. 211. — Un fac-similé l'a remplacée, en 1844, sur un retour de la façade du Palais de justice. Galiffe, p. 218 et n. 4. — 3. Ibid., p. 213. — 4. Le 15 novembre 1457, le Conseil ordonne de visiter et de réparer le puits qui est ante hospitale Bolomerii. Registres du Conseil, I, p. 245. — 5. M. D. G., III, p. 211, 213, 215.

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Saint-Léger, l'hôpital Saint-Bernard et l'hôpital Saint-Jeoire-Bolomier. Cela fait six (sans compter l'hôpital des pestiférés, qui resta toujours une institution à part).

Il faut nommer encore l'hôpital de Marlioz, ou de Saint-Jacques le Majeur et de Saint-Antoine fhermite, près de Contamine1, fondé en 1453 ~. Il ne faut pas oublier surtout l'hôpital de la Madeleine, seconde fondation du généreux François de Versonnex, le 4 janvier 1452 (pro pauperibits mendicantibus ibidem recepiendis). Cet établissement, d'après l'acte de fondation, était situé devant l'église de la Madeleine, donnant, du côté du Nord, sur la rue qui va de cette église vers le Molard, et du côté du vent, sur la ruelle qui va du four de Jacodaz vers la porte Punaise {versus porîam pugneysiam) 3. Le fils de François de Versonnex, Aymon, compléta la libéralité de son père en donnant (25 sept. 1466), « afin de recevoir les pauvres femmes enceintes, » la partie de l'établissement que son père avait réservée au logement du recteur de la chapelle de la Vierge, à la Madeleine4. En 1497, 1 hôpital possédait, semble-t-il, quatorze lits5. — Enfin, il y a lieu de mentionner l'institution dite Boite de Toutes- Ames 0 , une bourse de bienfaisance, dont il est question pour la première fois en 1452. Cette institution, avec ses procureurs, nommés par le Conseil général, puis par le Grand Conseil, se chargeait des enfants qu'on abandonnait dans les rues, accordait des viatiques aux passants nécessiteux, faisait des distributions de vivre, d'argent, subvenait aux nécessités des pauvres dans les hôpitaux du Pont-du-Rhône, de la Madeleine, de Bolomier et de Marlioz7.... C'était une sorte de bourse universelle, de bureau général de bienfaisance.

Ainsi, d'un côté, des services multiples, séparés, compliqués et insuffisants; de l'autre côté, un commencement de centralisation hospitalière entre les mains de la ville. Il était impossible que les inconvénients de la situation ne se fissent pas sentir de plus en plus vivement, et qu'on n'eût pas de plus en plus recours, pour y subvenir, à l'organisation déjà ébauchée.

La réorganisation fut une profonde transformation

Quand on lit dans les actes les indications destinées à préciser le but des diverses fondations hospitalières8, on est vite frappé du fait que ces hôpitaux

1. Assez loin de la banlieue genevoise. Il ne faut pas confondre avec le quartier moderne des Contamines. — -2. M. D. G., III, p. 271. — 3. Ibid., p. 424. — 4. Ibid., p. 432. — 5. Ibid., p. 270. — 6. « Boîte, soit pisside, pyxis scu boyta. » — 7. M. D. G., III, p. 341-360. Galiffe, p. 226, 227. — 8. Notre-Dame du Pont du Rhône : « Pour donner l'hospitalité aux passants pauvres {pro pauperibits pro teinpore afflttcntibus recipicndis et hospitandis). » - Hôpital du Bourg-de-Four : On y envoie, dès 1503, « les pauvres et les enfants abandonnés. » — Saint-Jacques du Pont du Rhône est élevé d'un étage, au quinzième siècle, pour recevoir {ad receplandnm et hospitallandum) les pauvres femmes sans ressources {pauperes imilieres christi verecundas). » — Saint-Léger: « Pour recevoir les pauvres de Christ {pauperes... perpétue hospitentur). » — Saint- Bernard : - Pour recevoir et hospitaliser les pauvres de Christ {ad recipienduin et liospitandum pauperes). » — Les pauvres honteux de Rive: son nom dit son but. Versonnex ajoute: * Surtout ceux qui sont tombés d'une situation autrefois heureuse dans la misère {de statu felici ad inopiam versos). » — La Madeleine : « Pour recevoir les pauvres mendiants (pro pauperibits mendicantibus). » — Marlioz: «Pour soutenir et consoler les pauvres qui affluent {ad pauperum... sustentationem). » — Ainsi il n"est jamais question de maladie, de souffrance. — Ces textes sont dans Galiffe, p. 217 et ss.

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n'ont pas l'air de s'occuper de malades. Les comptes de la Boite de Toutes-Aines ne mentionnent ni un médecin ni un remède. Et, en effet, « c'étaient des lieux de refuge pour les passants, pour les pauvres, qui n'avaient pas de domicile. En ce sens, l'étymologie du mot s'accordait mieux avec la réalité des choses. L'hôpital donnait Y hospitalité. On ne s'occupait point encore d'y soulager l'humanité souffrante l. » — A Genève, jusqu'à la fin du quinzième siècle, les seules maisons où l'on reçut les malades, c'étaient les léproseries. « Mais ces malades étaient incurables ; si on les enfermait, c'était pour les séquestrer et non pour les guérir. » Même l'hôpital des pestiférés semble dû à la même conception que la léproserie. Le médecin n'y apparaît que plus tard, vers 1490 2 : pour la première fois, on y engagea un chirurgien qui devait y rester à demeure.

En réalité, les hôpitaux étaient des dépôts de mendicité. La Réformation, préoccupée d'abolir la mendicité, fut ainsi conduite à la création de l'hôpital au sens moderne et d'un hôpital général. Cette nouvelle institution fut établie dans le couvent laissé vide par la sortie des Clarisses. Sans doute, on y réunit les mobiliers des petits hôpitaux vendus ou fermés, et on lui attribua l'ensemble des ressources existantes. Mais la plupart des anciennes redevances tombèrent, et il ne resta en définitive qu'une petite somme provenant de la vente de l'hôpital Saint-Bernard et quelques loyers de l'hôpital de la Madeleine. L'hôpital Bolomier, comme nous l'avons dit, devint une dépendance du grand hôpital 3. — Comme c'était encore insuffisant, on prit en face, de l'autre côté de la place, les bâtiments qui servirent d'écuries, de remises et de grenier à foin. C'est à travers ces bâtiments, qu'en i55q, comme nous l'avons vu, on ouvrit au public l'escalier des Degrés de Poule (anciennement de Pou lai 7 'les) 4.

Le projet de fonder à Genève un hôpital général remontait à 1 53 1 :i, quatre ans avant la Réformation. 27 mars 1 53 1 : « Qu'on les mette tous en un seul, pour secourir les pauvres, est-il dit. » Mais l'affaire n'est reprise que le 10 août 1 535 . Un commissaire est nommé pour « inventorier les biens des couvents. » Puis, le 29 septembre, on décide de faire deux hôpitaux et non un, « l'un à Sainte-Claire (abandonné par les sœurs un mois avant) et l'autre au Pont du Rhône, pour les passants 6. » Mais cette idée est modifiée. Il n'est plus question que de Sainte-Claire. Le 12 novembre, on choisit « l'hospitalier; » c'est le pieux Claude-Salomon Pasta « qui s'offre pour servir l'hôpital général de cette ville, et offre d'employer au dit hôpital sa femme et tous ses biens. Ce qui a été accepté, vu son zèle envers les pauvres, et même qu'il a déjà commencé de servir, avec dessein de laisser tous ses biens à l'hôpital érigé au couvent de Sainte-Claire. On arrête que le dit Claude-Salomon sera accepté pour hospitalier avec sa femme, et qu'on le proposera en Conseil général, qu'on élira aussi

i. M. D. G., III, p. 165. — -2. Ibid., p. 166. — 3. Ibid., III, p. 363. — 4. Galiffe, p. 11S. — L'hôpital général fut reconstruit de 1707 à 1712 (M. D. G., VI, p. 2), et devint le Palais de justice après la construction du grand hôpital cantonal. — 5. Odier-Cazenove, directeur de l'hôpital, L 'hôpital de Genève depuis son origine Jusqu'en 1842. Recherches historiques, 1862. — 6. Flournois, Extraits (Grenus).

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des commissaires pour faire les reconnaissances des biens des paroisses pour les appliquer à l'hôpital »

Enfin, les décisions préparatoires du Petit Conseil et du Conseil des Deux- Cents sont apportées le 14 novembre 1 535 au Conseil général, au cloître de Saint-Pierre : « Toutes lesquelles choses ayant été ouïes et bien comprises par le peuple là présent, le Conseil ordinaire ayant opiné le premier, il a été dit, résolu et arrêté unanimement que le dit Hôpital avait été saintement érigé, que les autres hôpitaux lui ont été joints très prudemment, et qu'il n'avait pas été moins saintement arrêté et pourvu que tous les biens des églises, chapelles, paroisses, monastères, couvents, confréries et autres semblables, appliqués par nos prédécesseurs à des usages pies, dussent être appliqués à l'usage le plus pieux de tous, celui de l'hôpital des pauvres-. » Salomon Pasta et sa femme sont acceptés pour « gouverner les pauvres, » et l'hôpital général de la Réformation est fondé.

Et, cependant, les Registres de cet hôpital, fondé le 14 novembre i535, « ne commencent que le 28 janvier 1542, et il n'a été conservé clans les Archives aucun écrit qui remonte à une époque antérieure3. » — Pourquoi? Le voici.

Calvin revient en septembre i5/\i. Le 20 novembre de la même année, les Ordonnances ecclésiastiques passent en Conseil général « sans contredicte », et, le 28 janvier 1542, s'ouvre le «Registre de l'hôpital, N° 1. » Calvin avait tracé le programme en ces termes : « Il sera mestier de veiller diligemment que l'hospital commun soit bien entretenu, et que ce soit tant pour les malades que vieilles gens qui ne peuvent travailler, femmes veufves, enfans orphelins et aultres pouvres. Et toutesfoys qu'on tienne les mallades en ung corps de logys à part et séparé des aultres gens.... Il seroit bon aussi que tant pour les pouvres de l'hospital que pour ceulx de la ville qui n'ont pas de quoy s'ayder, que [il y ait] 1111g médecin et ung chirurgien propre, qui neantmoins practiquassent en la ville, mais cependent feussent tenuz d'avoir soing de l'hospital et visiter les aultres pouvres 4. » (Septembre et octobre 1 541 .)

Au moyen âge, il n'y a que des hospices ; à la Réformation, il y a des hôpitaux et des hospices : mais ils sont réunis. — Les temps modernes séparent les hôpitaux et les hospices. On sait combien il y a encore de progrès à faire dans cette voie de la séparation.

1. Flournois, Extraits (Grenus). — 2. Archives. Nouveau recueil de règlements, N° 18. Voir aussi Flournois, Extraits (Grenus). — .'!. Odier-Cazenove, p. 12. — 4. Opéra, Xa, p. 23, 24. — « La direction de l'hôpital, ayant acquis en 1609 une maison et jardin joignant les Degrés-de-Poule, y fit construire des hangars et des greniers. La seigneurie, vu l'insuffisance des moyens de l'hôpital, consentit à payer 4000 florins pour ces réparations, 3 mai 1613. Puis, le 31 mars 1620, il est dit : « Sur la représentation que l'hôpital est obscur et fort incommode, la seigneurie consent que l'on convertisse les greniers récemment faits en chambres pour les malades. » Et dès lors, jusqu'en 1708, il y eut grand et petit hôpital. — Avant la construction de la nouvelle discipline, en 1709, la maison de correction était reléguée dans le petit hôpital (appelé aussi la Bertrande, du nom de la gouvernante), établi depuis le commencement du dix-septième siècle jusqu'au milieu du dix-huitième dans la maison au haut de la rue de la Fontaine, où sont maintenant le bûcher et les écuries. » Odier-Cazenove, p. 52, 81, 82.

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Quelques pas plus loin et sur remplacement occupé depuis 1765 par le temple luthérien, était lourdement assis le château de Coudrée, qui, d'après les plans et les vues du dix-huitième siècle, formait alors un immense corps de logis, flanqué d'une seule tour, laquelle se trouvait à l'angle supérieur de la rue du Boule. Mais il avait été plus grand et plus fort autrefois. La vue de Chouet montre qu'en 1 655 le château avait ses quatre tours angulaires, et Ton sait d'autre part qu'il était jadis entouré de murs crénelés *. Les rues du Boule et Verdaine passaient donc, étroites, le long de ces tours et de ces murs 2. — Et, sans doute, la face inférieure du château était isolée, comme les autres, des habitations, par un passage faisant suite à peu près à celui du Muret et de Monnetier 3.

Ce château appartenait à l'ancienne et illustre famille d'Alinge, seigneurs de Coudrée, qui, au seizième siècle, avait embrassé la Réforme. François d'Alinge, connu sous le nom de M. de Montfort, mourut en 1 58 1 , laissant vingt-deux terres à partager entre ses trois fils. Le plus jeune, Antoine, dissipa son patrimoine et rentra dans le giron de l'Eglise. Pierre et Bernard, restés fidèles, habitèrent souvent leur château de la rue Verdaine (ils avaient aussi une propriété, hors la ville, au Pré-l'Evêque). Isaac, fils de Bernard, né er 1 578, se retira tout à fait à Genève, pour y servir Dieu avec plus de liberté. Il demanda (18 mai 1 638) « à faire mettre ung banc à ses despens au temple de S' Pierre. » Puis, après avoir fait un pieux testament, il mourut, en 1634, âgé de soixante-seize ans, dans le château, sans enfant. Et en sa personne finit la branche protestante de sa famille 4.

Le château de Coudrée.

{Archives. Anciens plans.)

Le château de Coudrée faisait l'anode des deux rues : à «-auche, la rue du Boule, à droite, la rue Verdaine.

En descendant dans la rue du Boule (auj. rue de la Fontaine) 5, nous trouvons la minuscule impasse, la cour bien dix-septième siècle, dans laquelle se trouve la porte du passage du Muret, la porte de sortie, comme nous l'avons dit, du dernier évêque et du catholicisme genevois. {Page 370.)

1. Galiffe, p. 265. — -2. îbid., p. 122. — 3. Ibid., p. 162, n. 2. — 4. Etrennes religieuses, 1874, «Les seigneurs protestants d'Alinge-Coudrée, » par Th. Claparède, ancien pasteur, p. 167. — 5. L'inventaire de 1475 dit: carreria dou Bouluz. En latin, c'était de Bolo, nom d'une ancienne famille genevoise, qui, vers la fin du quinzième siècle, avait plusieurs immeubles dans cette rue, Galiffe, p. 118, n. 3.

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Entrée de la cour où se trouve la porte de l'évêque. Rue du Boule, auj. rue de la Fontaine, (p. 369.)

De cette rue du Boule, nous ne noterons qu'un détail : c'était un nid de démoniaques1. En 1607, on rapporta au Consistoire « qu'il y a plusieurs démoniaques en la rue du Boule, jusqu'au nombre de dix-sept. » L'histoire d'une de ces possédées a un intérêt particulier. Le dimanche 9 juin 1 555, Calvin maria, à Saint- Pierre , Jean du Boloz et Mie Prothot. Une fille, Marie Duboule (comme le nom de la rue même), naquit de ce mariage en novembre i556 2. Ce devait être l'arrière-grand'tante de Rousseau3. Elle fut accusée de sorcellerie. Un témoin dépose, le 1 1 décembre 1 6 1 3 , qu'il y a environ six ou sept ans, en la rue du Boule, il y avait divers enfants possédés du malin,... et qu'on entendit une voix disant que Marie était sorcière.... Marie Duboule entra en prison le 12 février 16 14, et un bourgeois vint déclarer que sa femme était affligée de malins esprits, qu'ils avaient parlé, déclarant être dix, et que Marie les avait

mis dedans pour quinze ans, « par ung dimanche, en

1. A propos de cette rue du Boule et de ces démoniaques de 1607, il y a lieu de noter une mesure prise par le Consistoire. A cette époque, M n'existait pas d'asiles d'aliénés. Or, il semble que le Consistoire de Genève en ait alors conçu l'idée. Le 7 octobre 1607, il propose de « resserrer» ces nombreux démoniaques, « ou tenir en un lieu tous ensemble pour les recognoistre, » c'est-à-dire pour mieux les observer, « et dans le but évidemment d'empêcher leur multiplication. » {Etrennes chrétiennes, 1892. « Les possédés et les démoniaques au dix-septième siècle, » par le D1' Ladame, p. 182.) — Notons encore que dans cette rue du Boule, après une existence agitée, et dont la fin ne tint pas toutes les promesses du commencement, vint mourir Froment, le 6 novembre 1581, «phtisique, avec longue maladie, âgé de 90 ans. » Le premier catéchisme français de Calvin, Th. Dufour, p. CCLV. Cet âge est en contradiction avec le renseignement que Froment lui-même a donné. — Notons encore que M. Pierre Vaucher a fait justice des procédés de F historiographie catholique, employés par M. Jules Vuy, dans sa brochure : Le réformateur Froment et sa première femme, comme A. Rilliet en avait fait justice à propos de la brochure de l'abbé Fleury. M. Vuy avait cité certaines phrases écrites par les ministres bernois et en avait conclu que Froment et sa

Porte de l'évêque, sortie du passage du Muret, (p- 369O

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ung souppé, par le souffle. » — Marie Duboule en fut quitte pour un seul « trait de corde » et le bannissement. Les cerveaux étaient du reste tellement excités, qu'elle n'aurait pu rester dans la ville.

femme étaient gens de fort mauvaise vie. M. Vaucher reproduit les phrases bernoises et ajoute: « Oui, c'est bien ainsi que les ministres bernois s'expriment. Seulement — comme M. H. Bordier l'a déjà fait remarquer dans la France protestante, 2e édit. , V, p. 244 — la lettre plus haut citée ne renferme pas un mot qui touche à la conduite privée de Froment : il n'est parlé que d'un démêlé relatif au rite du baptême, de la question de savoir s'il faut asperger une ou trois fois l'enfant, de l'importance exagérée que les pasteurs de Thonon attachaient à cette controverse et des coups de bec qu'ils s'administraient à ce propos. Le reste, n'en déplaise à M. Vuy, est une pure invention, et une invention d'autant plus étrange que le recueil de M. Herminjard est, grâce à Dieu, suffisamment répandu pour qu'il soit facile de constater l'abus qu'on en a fait. Ce serait à n'en pas croire ses yeux, si une expérience, déjà longue, ne nous avait appris à quels sophismes l'esprit de parti, mis au service d'une cause qu'on tient pour sacrée, peut entraîner certains auteurs. » — Quant à Froment lui-même, M. Vaucher conclut : « Sur l'homme lui-même et son humeur inquiète, son manque de judiciaire et de tenue, son médiocre souci des convenances ecclésiastiques, son âpreté au gain, etc., l'opinion de nos historiens est à peu près fixée. (Voir A. Roget, Hommes et choses du temps passé, IV, 1880.) Mais de ce qu'il avait au fond plus d'ardeur intempérante que de discernement, il ne s'ensuit pas qu'il ait été un mauvais drôle, ni qu'il faille exagérer encore, par d'insidieux commentaires, le mal que Farel a dit de lui. P. Vaucher, Mélanges d'histoire nationale, 188g, p. 107 et ss. — 2. « Inquise dès quei temps elle demeure en la rue du Bouloz. Répond qu'elle est née en la rue. » — .'î. Eug. Ritter, La parenté de J.-J. Rousseau, 161 4, 1902.

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