‹ Jean Calvin (volume 3)Chapitre 71 sur 94 · GENEVOISE · texte numérisé non relu

GENEVOISE

On sera certainement heureux de trouver ici le jugement qu'a porté sur les principales gravures que nous avons reproduites, M. Ch. Bastard, c'est-à-dire le collectionneur émérite qui non seulement possède la plus belle collection de gravures genevoises, mais qui, en même temps, en est le connaisseur le plus autorisé.

La première vue de Genève, tirée de la Chronique de Nuremberg de 1493, n'a aucune valeur : elle est donnée dans le volume pour sept villes différentes.

« Il faut sauter à l'année 1548, et ouvrir la Cosmographie de Sébastien Munster, pour avoir une représentation fidèle de la Genève d'alors. Il y a eu douze éditions en diverses langues de cette chronique entre 1548 et 1578. Cette vue, prise de l'emplacement actuel des jetées, a servi fort longtemps de type pour représenter notre cité.

» Nous trouvons ensuite, en 1640, donc un siècle plus tard, la vue de Genève, tirée de la Topographia Helvetiœ, de Mérian. Celle-là est prise du Bois de la Bâtie, et, de même que son aînée, elle se reproduit en tous formats, avec plus ou moins de petites variantes, pendant une longue période.

» La première était gravée sur bois; la seconde, sur cuivre. Ce sont donc les deux plus anciennes vues connues.

» Entre deux (gravure de Munster et gravure de Mérian) nous pouvons placer cinq gravures de Martin Banni: Pays de Genève, prise à vol d'oiseau; Combat de Pinchat; Combat du fort de Versoix; Combat du fort de l'Ecluse; Combat de Bonne. — Ces feuilles sont des plus intéressantes pour l'histoire du costume, et si nous en jugeons d'après la pièce qui représente la « prinse du fort de la Cluse, » le paysage est très fidèlement traité. — Ces cinq planches, très rares, se vendaient à cette époque (1590) isolément, comme feuilles volantes, avec une page de texte explicatif.

» Nous pouvons citer, comme gravures exactes du dix-septième siècle, la grande vue panoramique en deux feuilles, gravée en 1655 pour Pierre Chouet. Cette vue prise en perspective aérienne, de l'entrée de la rade, donne une bonne idée de l'enceinte et de l'intérieur de la ville; — puis les pièces de François Diodati (S'-Pierre; le Pont d'Arve; Le manège de la Corraterie). Nous n'avons pu savoir si ce dernier était graveur de profession ou simple amateur. Ses œuvres sont bien dessinées,

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