‹ Jean CalvinChapitre 18 sur 115 · LA BIBLE · texte numérisé non relu

LA BIBLE

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plus tard, avant de partir pour l'Italie, il fit de nouveau son testament, mais il oublia Jeanne. « Certainement, dit son ami Fabri, il lui aurait légué quelque chose, si seulement il y avait pensé (si modo ejus memor fui s set) l. »

Calvin et son frère Antoine étaient ses héritiers pour une moitié; l'autre était pour les pauvres. « Bien qu'il fût réduit à une pénurie très voisine de la misère, a dit un auteur trop souvent injuste envers Calvin, le Réformateur, toujours mû par un sentiment de générosité et d'exquise délicatesse, voulut partager avec Jeanne sa portion d'héritage, ainsi que celle de son frère, et pria Farel et Fabri de prendre des mesures en conséquence 2. »

Quant au lieu de la mort d'Olivétan, il est aussi incertain que la plupart des circonstances de sa vie. Les savants éditeurs des Opéra le font mourir à Ferrare, en février 1 538 3. Mais le non moins savant éditeur de la Correspondance déclare qu'à ce moment il était à Genève, puisque Toussaint (18 février 1 538) et Fabri (23 février 1 538) l'y font saluer. Du reste, Fabri dit nettement qu'Olivétan, « son très ami, bien plus son âme, et la moitié de lui-même, » est mort en août 1 538 4. Beaucoup d'auteurs ont dit qu'il fut empoisonné à Rome. Les preuves manquent pour affirmer ou pour nier.

On voit avec quelle raison M. Herminjard conclut : « On dirait que les amis d'Olivétan se sont entendus pour épaissir les ténèbres qui entourent sa vie... ; ceux qui font tendrement aimé, et qui lui ont voué les plus vifs regrets, n'ont pas su ou n'ont pas voulu conserver une seule de ses lettres, pas môme une signature de sa main. Tout est détruit 3. »

Bible d'Olivétan :

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Tout..., sauf son œuvre qui reste indestructible. (Pages 119 et 120.)

Quand Olivétan n'aurait fait qu'initier Calvin à la Réforme, il mériterait un souvenir et une reconnaissance impérissables.

Mais il a fait plus. On a dit : « Entre les souvenirs des peuples, il n'en est pas qui puissent se rapporter à un fait plus important que la traduction de la

1. Opéra, Xb, p. 343, Libertet à Farel. — 2. Douen, Encyclopédie des sciences religieuses, IX, p. 791. « Calvino ex suo est vivendum, nisi, ut scribit, fratres gravare velit, » écrit Farel à Libertet. — 3. Opéra, Xb, p. 315, n. 2. — 4. Herminjard, V, p. 228 et 282, — 5. Ib'ul., V, p. 280.

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Bible d'Olivétan : début de la Genèse.

Bible en leur langue. » Or Olivétan est, avec Le Fèvre d'Etaples, l'homme qui a donné sa Bible au protestantisme français : notre Bible. Cette Bible de 1 535 , voilà le vrai granit dans lequel la physionomie d'Olivétan continue à vivre, plus nette et plus précise que dans aucune statue.

La Bible de 1 535 {Page 119) nous révèle d'abord sa modestie. Il fut le plus modeste des Réformateurs. L'histoire a donc eu raison de l'envelopper de ses voiles : elle n'a fait que respecter la pudeur de son âme.

Voici le titre de la préface de la Bible : « P. Robert Olivetanus, l'humble et petit translateur, à l'Eglise de Jésus-Christ. Salut. »

Que veut-il ? « Tirer et desployer iceluy thrésor hors des armoires et coffres Ebraïques et grecs, pour,... après l'avoir entassé et empaqueté en bougettes françoyses [une bougette est un petit sac de cuir que l'on porte en voyage], le présenter à l'Eglise. »

Il n'est qu'« ung petit page ou laquays, » au prix d'un chevalier tel que saint Jérôme1. Il est moins encore et dit: « Ces petits labeurs de moy, qui suis comme l'ung des plus petitz artueil des bas et humbles piedz de ce corps, » qui est l'Eglise 2.

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