JEAN MICHEL ET JEAN CHAPONNEAU
i. Jean Michel. — 2. La contradiction de l'Histoire ecclésiastique. — 3. Chaponneau.
1. Le savant auteur de Y Histoire du Bcrry 1 a confondu Michel d'Arande avec Jean Michel. Celui-ci, moine bénédictin2, introduisit l'Evangile à Sancerre, en 1 5 3 4 :L A Bourges, il montait en chaire « tous les dimanches, à heure de midi (chose auparavant non accoutumée) en la paroisse appelée la Fourchaut4. » Puis Y Histoire ecclésiastique se borne à dire que ces prédications excitèrent du tumulte ; que Jean Michel revint de Suisse, lut découvert, condamné, et mené à Paris, où sa condamnation tut confirmée. Il fut exécuté une veille de Noël5. — M. N. Weiss a retrouvé cet arrêt de Paris, du 13 décembre 1539. Nous y voyons que J. Michel a été condamné, à Bourges, comme « relaps, » à être « trayné sur une claie en la place appelée le marché aux pourceaux, au devant de la grosse tour de Bourges; » là il devait être étranglé et brûlé. La Cour de Paris confirme cette sentence, et renvoie le prisonnier par-devant le bailly6.
Ces renseignements sont complétés par Catherinot (que la France protestante, ire éd., cite en partie, sans le nommer) ; nous comprenons pourquoi Jean Michel put être condamné comme relaps. <? Le 5 février (1537, N. S.), Jean Michel, luthérien, fit amende honorable devant St-Etienne, avec un grand concours. Son livre y fut bruslé, et l'auteur condamné à tenir prison pendant dix ans, avec défences à perpétuité de prescher l'évangile ny célébrer la messe "'. » Que se passa-t-il? Une lettre de Farel à Calvin, datée de Neuchâtel, 5 février 1539, dit : « Michel... comme tu le sais, a très ignominieusement renié Christ, et accordé plus que les ennemis n'avaient osé demander. Il n'a pas été content, avant d'avoir de nouveau troublé ces Eglises, renversant ce qu'il avait enseigné de bien8. »
A quoi Farel fait -il exactement allusion? Nous ne le savons pas. Farel ajoute qu'en ce moment, Michel, arrivé avec des lettres de recommandation de Grynée et de Carlstadt, est à Neuchâtel, avec Chaponneau, avec le beau-père de Caroli, et qu'ils s'agitent et troublent l'Eglise. Ces anciens moines avaient souvent plus d'ardeur que de sagesse. Cependant Michel prouva la sincérité de ses convictions par sa mort. Rentré en France, il fut bientôt ressaisi et condamné de nouveau. « 1539, le 24 octobre, Jean Michel bénédictin, fut, pour crime d'hérésie, dégradé devant
1. Raynal, III, p. 301. — 2. Histoire ecclésiastique, I, p. 72. — 3. Ibid., p. 33. — 5. Ibid., p. 75. — 5. Ibid., p. 77. — 6. Bulletin, XXXIX, 1890, p. 629, « Arrêt de mort de Jean Michel. » — 7. Catherinot, Calvinisme de Bcrry. — 8. Opéra, X'', p. 318.