CALVIN A CLAIR AC
M. Schmidt (Gérard Roussel, p. 101, n. 2) conteste la visite de Calvin à Roussel. « Ce que dit Fl. de Raymond d'une entrevue que Calvin aurait eue à cette occasion avec Roussel est controuvé; Roussel était resté à Paris. » — M. Bourgeon (La Réforme à Nérac, p. 28, n. 1 ) réfute M. Schmidt en ces termes : « Il faut d'abord savoir à quelle époque on peut placer le voyage de Calvin à Nérac. Les deux dates de 1533 (novembre, décembre) et de 1534 (après le mois de mars) peuvent être indifféremment acceptées. Calvin s'enfuit de Paris en novembre 1533, et il était de retour dans la capitale vers le milieu de 1534. — i° A la fin de 1533, la persécution amenée par l'affaire de Nicolas Cop se déchaîna avec tant de violence que les prédicateurs de Marguerite furent obligés de se taire. Rien d'étonnant et de plus conforme à ses habitudes de prudence, que Roussel se soit dérobé aux recherches en se retirant dans son abbaye de Clairac. L'entrevue aurait eu lieu en décembre 1533. 2° Au commencement de 1534, Roussel, qui pouvait (même dans l'hypothèse précédente) être de retour à Paris, est jeté en prison. Mais il est délivré dès le mois de mars, et, après avoir essayé en vain de prêcher à Notre-Dame, il retourne presque aussitôt dans les Etats de la reine. L'entrevue aurait eu lieu, alors, en 1534. »
Nous adoptons cette seconde hypothèse comme la plus probable. Elle échappe, semble-t-il, aux objections de M. Herminjard. « Merle d'Aubigné, dit-il, affirme que Calvin eut dans la même ville, Nérac, « probablement vers la fin de février, » une conférence avec Gérard Roussel. La chose était matériellement impossible, puisque ce dernier personnage passa tout l'hiver à Paris, où il se trouvait encore le Ier avril. » (Herminjard, III, p. 201, n. 1.) Ce qui est certain en effet, c'est que Nicolas Cop, écrivant à Bucer, le 5 avril 1534, lui annonce la sortie de prison de Roussel. Un autre document (Le journal de l'abbaye de Saint- Victor) dit: « Le mercredy premier jour d'avril 1534, Gérard fut empesché par le peuple de prescher avant l'absoute en l'Eglise de Paris, par ce qu'il estoit estimé luthérien. » (Herminjard, III, p. 159 et 162.) Roussel n'a donc pas quitté Paris avant le Ier avril. Mais n'est-il pas très naturel que, réduit à l'impuissance, se trouvant en danger, il ait quitté la capitale, à ce moment même, pour se retirer dans son abbaye?
D'après M. Schmidt, il aurait accompagné Marguerite en Normandie. Et l'honorable historien cite une lettre de la reine, publiée par Génin: « de Normandie mars ou avril 1534. » Mais d'abord cette indication est bien vague, et ensuite la lettre ne fait aucune allusion à Roussel. (Génin, Lettres de Marguerite d'Angoulême, 1841, p. 284.) Il n'y a donc pas jusqu'ici d'argument décisit contre le récit de El. de Raymond, et la visite de Calvin à Clairac.
Appendice N° X.