‹ Jean Calvin, l'homme et l'œuvre;Chapitre 29 sur 43 · JEAN GALVIN · texte numérisé non relu

JEAN GALVIN

Strasbourg', on y avait institué des cours de théologie; ils eurent lieu régulièrement à partir de 1532 et furent donnés par Bucei*, Capiton et Hédion dans le chœur de la cathédrale. Tel que Jean Sturm l'avait organisé, au moment de l'arrivée de Calvin, l'ensemble des études comprenait non seulement l'instruction élémentaire et des cours supérieurs de grec, de latin, d'hébreu, de mathématiques et de droit, mais encore, comme couronnement, l'enseignement de la théologie par les pasteurs susnommés. Cette organisation ordonnée, rationnelle et progressive de l'éducation stras bourgeoise a dii profondément impressionner Calvin et exercer une influence sur ce qu'il fit plus tard à Genève. Les pasteurs chargés de l'enseignement théologique désiraient naturellement la collaboration de l'auteur de l'Institution et, dès janvier 1539, il exerça ses nouvelles fonctions ^ d'abord sans honoraires, puis, à partir de mai, en échange de la modeste indemnité dont nous avons parlé. L'enseignement théologique consistait à interpréter l'Ecriture Sainte et il semblerait naturel de supposer que le sujet des premières leçons de Calvin fut l'interprétation de l'épître aux Romains. Son commentaire sur cette épître, dont la préface est datée du 18 octobre 1539, fut, en effet, publié à Strasbourg par Wendelin Rihel en mars 1540^ et inaugura la longue série d'explications du texte sacré qui devait mettre Calvin au premier mng des exégètes parmi les chefs de la Réforme. Mais certains témoignages semblent prouver que

' Ici encore les sources et la bibliographie ont été bien résumées par Doumergue, ii, 428-440.

* Lettre à Farel ; Herminjard, v, 230; Doumergue, ii, 434. C'est Capiton qui lui demanda sa collaboration.

3 Opera, xlix, 1-296 ; Herminjard, vi, 74-78 ; comparez ihid., V, 230.

A STRASBOURG Sj5 I

le sujet des premières leçons professées par Calvin fut l'interprétation de l'Evangile selon saint Jean et qu'elles furent suivies par celle des épîtres aux Corinthiens*.

Ces leçons eurent du retentissement, attirèrent beaucoup de compatriotes et coreligionnaires de Calvin à Strasbourg et accrurent sa l'éputation. Et à tous ceux qui vinrent il put montrer un échantillon, petit, il est vrai, mais frappant, d'une communauté chrétienne telle qu'il l'entendait, savoir son Eglise, composée d'exilés pour la foi, convaincus, bien disciplinés, clairement enseignés et unis par le culte en commun, pendant que leur pasteur prenait sa part des intérêts religieux de la ville et étendait son influence bien loin au delà de ses murs.

Cette activité multiple, pastorale et professorale, était accompagnée de travaux littéraires qui révèlent la puissance et la concentration d'esprit dont Calvin était capable en dépit d'une santé débile se manifestant par des migraines, des indigestions, de l'irritabilité nerveuse ^ résultat sans aucun doute du surmenage de l'étudiant de Paris et d'Orléans et de l'excès de préoccupations et d'ennuis subis à Genève. Au mois d'août 1539, il fit paraître une édition soigneusement revue et fortement augmentée de l'Institution^. Bien qu'encore éloignée de la perfection dans l'arrangement logique des matières qui caractérise l'édition de 1559, on peut dire que, dans celle de 1539, la doctrine exposée par l'Institution atteint sa forme définitive. p]lle y est partout traitée avec plus d'ampleur, de sorte que cette

' Jean Sturm, Antipappi,\i. 20; Herminjard, vi, 74-78; Doumergue, n, 434.

2 Lettres à Farel, Herminjard, v, 88, 270; vi, 312, 313. » Texte, Opera, i, 253-1152.

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