I-c teiniilc de l'Auditoire. Intérieur
LA VILLE
(i538). Puis (1559), il y en eut dans le bâtiment du collège, et, jusqu'à ce qu'on eut « meilleure opportunité », dans la salle destinée à « la première des classes S « peu fréquentée, cela est naturel, pendant les premières années. » Mais, le i5 juin
i562, à propos des « lectures publiques, » il est arrêté, vu que le collège « n'est pas guères propre pour les leçons publiques, et qu'il vaudroit mieux les faire à Nostre- Dame-la-Neufve,... qu'il soit ainsi fait". » — Et, dès lors, à l'ombre du grand temple, où Ton prêche, et de l'autre côté de l'ancien cloître, où. siège le Consistoire qui veille sur la morale calviniste, voici dans l'Auditoire la'haute école, presque l'Université.
La place de la Taconnerie devint comme le quartier latin genevois. Les lundi, mardi et mercredi, à deux heures de l'après-midi, Calvin et Bèze, alternativement, professaient. Les étudiants accoururent. « D'après un témoignage souvent cité, et qu'il n'y a pas de raison de révoquer en doute, si l'on n'y cherche pas autre chose que ce qu'il contient, les leçons de Calvin ont réuni jusqu'à un millier d'auditeurs ■'. » — A la mort de Calvin, il y avait trois cents étudiants réguliers '*.
C'est alors que l'ancienne halle aux fromages, qui se trouvait devant l'Audi-
Lc tcmi>Ic (Je l'Auditoire. La chaire, (p. 343.)
au grand temple de la ville tous les jours deu.x leçons. L'une d'elles en Ebrieu du vieil testament, et dure depuis neuf heures jusques à dix [elle était donnée par Farci]. Et quant à l'autre leçon, qui est en grec du nouveau testament, Jehan Caulvin la fait à deux heures après mydi. »
i. 4 juin 1562. Regts/res du Conseil, Vol. 57, f. 66'''. — i. Ihid., Vol. 57, f. 71. — Bernouilli (1676): « A côté de l'église cathédrale de Saint-Pierre [dans la chapelle des Macchabées] est l'auditoire où se donnent les leçons de droit et de philosophie. Vis-à-vis [Notre-Damc-la-Neuve| est l'auditoire de théologie, où, en même temps, on prêche en allemand, en italien, et pendant l'hiver en français. Les deux auditoires sont mal aménagés. Je leur souhaiterais d'être comme les écuries de nos oies (iinsere Gdmstalle) à Bâle : cela vaudrait mieux. > — A propos de l'auditoire de philosophie, dans la chapelle des Macchabées, De La Corbière (copie Bourrit) dit: « Il n'y avait point de porte au dehors pour entrer dans la chapelle. L'on y entrait par une porte de S' Pierre, et celle par laquelle on y entre à présent était autrefois une fenêtre, qui fut convertie en porte, lorsqu'on y fit un plancher, dans le temps que M. F. Robert Chouet était professeur en philosophie, environ 1670. • — :i. Borgeaud, p. 57.— Opéra, X\X, p. 10. De Genève, le 3 otobre 1561, Bcaulicu à Farci. « C'est merveilles des auditeurs des leçons de Monsieur Calvin, j'estime qu'ilz sont journellement plus de mille. . — 4. Borgeaud, p. 63. Bèzc à Bullinger, 4 mai 1564.
La ville haute
toire, « fut accomodée pour le pourmenoir des escholiers et pour les inquants [en cans] de libvres, comme de faict il y a, tant dans la dicte hasle que es lieux circonvoisins d'icelle place, plusieurs -boutiques et magasins de libvres pour l'usage et commodité des dicts escholiers, qui ont leurs auditoires des leçons publiques tant au dict temple de la dicte Nostre-Dame que en la susmentionnée chappelle du dict cardinal '. »
Malheureusement, Texténeur de cet Auditoire, et en
c; particulier sa façade, ont été fort « restaurés. » On a tout
I transformé, en 1874, par l'addition d'un étage.
V5 N'oublions pas de noter que sur cette place habitaient
les Jacquemayne d'Orléans, Michel, sa sœur Antoinette,
c femme de François Bernier, et une autre sœur, Catherine,
qui devint la femme de Whitingham-, le célèbre Ecos-
1^ sais, ami de Knox et ami de Calvin, diacre de l'église
7- Vj'^ anglaise à Genève. Dans cette maison fut signé le contrat
de mariage ^ le 3i octobre i556, ainsi que la quittance
dotale^, le 7 octobre i557. Et ici aussi, en présence de
Whitingham, fut signé le testament •" d'Antoinette, le
17 juillet i558.
La maison était juste au milieu du côté gauche de la place, en regardant Saint- Pierre, et l'on peut être sûr que là fréquentèrent Whitingham, Knox, Goodmann, les
j s il
Plan de la Taconnerie.
{Archives. Anciens plans.)
principaux Ecossais et Calvin lui-même.
I. M. D. G., XXII, p. 272, Goulart. — 2- Voir l'Appendice : Un prétendu beau-frère de Calvin. — 3. « En l'hostel et habitation des dits Michel Jacquemin et François Bernié, en la première chambre haulte d'icelui hostel. > Archives, Jean Ragucau, 1 556-1 558, p. 80-82. — 4. < En l'hostel et habitation dud. Bernié, située prez la place de Nostre-Dame la Ncufve, près Sainct Pierre. » Ibid., 2= partie, p. 96-98. — .'i. « Testament de Antoinette Jaquemin, femme de François Bernier,... en l'hostel du dict Bernier, situé en la place de Nostre-Dame-la-Neufve, prez S' Pierre, presens... spectable Willelme Wihtingham, diacre de l'église anglaise en ceste cité, beau frère d'icelle testatrice. » Ibid.
JEAN CALVIN III
SIXIÈME PARTIE Le Bourg-de-Four.
UELQUES pas plus loin était la porte ou l'arcade du Bourgde-Four, appelée aussi la porte du château. (Pages 92 et 342.) Cette porte, ce passage voûté, de dix pieds de large sur dix-sept pieds de long, « formait, dit Blavignac, un carré placé à l'intérieur de l'enceinte. Deux arcs à plein cintre, de dix pieds d'ouverture chacun, se trouvaient Tun du côté de la ville, l'autre du côté de la campagne. (L'ouverture de ce dernier était moindre que celle de l'arc intérieur et l'arc extérieur seul avait été muni de portes.) » Ces arcs étaient ornés d'archivoltes moulurées. — « La porte paraissait avoir été couverte d'une terrasse à laquelle on accédait par un escalier placé du côté du Nord. Vis-à-vis, un local correspondant aurait pu contenir quelques soldats. Au-dessus de l'arc extérieur, on lisait une inscription*. » C'était la fameuse inscription de Gondebaud, que voici, d'après la restitution d'Ed. Mallet :
[GVNDEJBADUS REX CLEMENTISS[IMUS] EMOLVMENTO PROPR[I]0 SPATIO MULT[IP]LICAT[0]^
Si l'on rapproche ces mots de ceux contenus dans le titre d'une Notice des proi'iiices des Gaules, faite peu après la conquête germanique : civitas gennavensium quae nitnc Geneva, a Giiudabundo Rege Biirgiindionuiu rcslaiirala, on peut traduire l'inscription et la compléter comme suit : Gondebaud, roi très clément, à ses frais propres, en multipliant [c'est-à-dire en augmentant] l'espace c'est-à-dire l'étendue, l'enceinte; et on peut ajouter ces mots:] restaura la cité. »
Tout près de cette porte, Jacques Gruet, qu'un exact historien a appelé « ce
1. M. D. G., V, p. 93 (Blavignac). — C'est en 1840 que cette porte a été démolie. Blavignac {Eludes sur Genève, 1874, H, p. 41, 42) dit : • Cette porte, surchargée de trois étages habités, et posée sur le sol sans aucune espèce de fondement, n'offrait pas une lézarde. » — 2. Les lettres entre crochets ont été suppléées [lar lid. Mallet. — M. U. G., IV, p. 305 et ss. : < L'inscription de Gondebaud à Genève. »
LA VII.I.E HAUTE
païen du Bourg-de-Four, » avait sa petite maison « en la quelle se tenoit et habitoit luy seul, sans avoir personne qui habitoesse avecque luy. » Ce fut lui qui afliclKi son malheureux placard dan^ la ciiaire de Saint-Pierre, le lundi 27 juin 1541. Du reste singulier « homme cle plume. » Il n'avait point d'ccritoire, et il était obligé d'en emprunter une (]uantl il voulait écrire ses a jolies lettres et bons contes '. »
Tout à côté aussi habita un célèbre F'rançais, Agrippa d'Aubigné, « dans la maison démolie en 1840, à peu près sur le terrain occupé parcelle qui appartient à iM. Auguste de la Rive, rue de l'Hôtel de Ville, N° 14*. » C'est là que s'étaient élevés le château des comtes de Genevois, et, plus anciennement encore, le palais de Gondebaud, dont nous allons parler. La maison qui se trouvait à cette place était celle des Burlamachi, dont Agrippa d'Aubigné avait épousé la veuve'; il vint habiter avec elle au printemps de 1623. — Un peu plus tard, le duc de Rohan, arrivé à Genève Me 10 mai 1637, logea pendant huit mois dans cette même maison, qui appartenait à la veuve d' Agrippa d'Aubigné.
Nous voici en face du château burgonde"", et nous commençons par lire l'ancien texte de Grégoire de Tours, qui longtemps a constitué toute l'histoire ". « Les Burgondes avaient pour roi Gondeuch [Gondovic], de la race du persécuteur Athanaric. Il eut quatre fils : Gondebaud, Godégisèle, Chilpéric et Gondomar. Gondebaud égorgea Chilpéric et noya la femme de son frère avec une pierre au cou ; puis il condamna ses deux filles à l'exil. Chrona, l'ainée, prit l'habit ; la plus jeune s'appelait Clotilde. Clovis envoyait souvent des députés en Bourgogne, et ceux-ci virent la jeune Clotilde. Témoins de sa beauté et de sa sagesse, et sachant qu'elle était du sang royal, ils en informèrent le roi Clovis. Celui-ci dépêcha à Gondebaud des messagers chargés de la demander en
I. E. RiUer. Discours du 35 avril 1895, p. 6. - i. M. D. G., XVII (,1872), p. 186. — ;l. D'Aubigné écrit lui-même : « C'estoit avec la vefvc de M. Balbany de la maison des Burlamasqui, de Luques.... » M. D. G., XVII, p. 315. — C'est ici (Chaponnicre, A/biiin de la Suisse rommide, I, 1842, p. 38 et ss.) qu'il mourut le 9 mai 1630. M. Louis Uufour-Verncs maintient, contre un article du Biilktin du prolestattlisme (du 15 février 1893), cette date qui est la date des Actes de Genève. Bulletin de la Soc. d'hist. et darch., I, p. 273, «Note sur la date de la mort d'Agrippa d'Aubigné. » — 4. Saint-Pierre, Fascicule I, p. 77. — 3. A propos de Gondebaud et de son arianisme, Pictet de Sergy (Genève, I) fait des réflexions et des rapprochements vraiment curieux. « L'arianisme, déjà alors appelé par les catholiques romains la < faction genevoise... » (p. 437). — « La liaison de l'arianisme avec la disposition à se soustraire au joug de l'église de Rome, qui fut si énergique au seizième siècle, dans l'ancienne Bourgogne transjurane, est une circonstance digne d'être remarquée et qui ne l'a pas été suffisamment. Un biographe de l'amiral de Coligny l'indique d'une manière piquante : « Bientôt vint à se réveiller en lui son vieux sang burgundc et arien ; » dès lors il fut le champion le plus énergique de la Réforme » (p. 437. "• 4'- — Lors du premier schisme, en 137g, . une nouvelle papauté revint s'établir à Avignon.... Quel était le pape ?... le dernier héritier delà maison de Genevois,... l'habile et sanguinaire Robert de Genève, pape sous le nom de Clément VU. L'évêché de Genève se trouvait naturellement dans la partie de l'Europe soumise à l'obédience des pontifes d'Avignon » (p. 441). — « Lors du nouveau schisme de 1439. l'anti-pape se trouve Otre l'élix V, premier duc de Savoie, qui quitta le trône papal pour le siège épiscopal de Genève » (p. 442 1- — ' i^uf ce sol arien, retraite peut-être des Albigeois, deux princes, se disant papes, auront contribué, bien avant l'arel et Calvin, à détacher Genève de l'Eglise romaine . (p. 442)- — 0- Histvir,' des Francs, II, x.will. 'rr.idiiction de M. Guizot, 1862, I, p. 96, 97.
348 LA VILLE
mariage. Le Burgonde, n'osant pas refuser, remit la jeune fille entre les mains des députés, qui se hâtèrent de la mener au roi. Clovis l'ayant vue fut transporté de joie et l'épousa. »
Ce texte a été amplifié non seulement par Frédegaire, mais aussi par la légende populaire et la légende monastique *.
Aujourd'hui, qu'en reste-t-il ? Des quatre frères, Godemar ayant disparu, on ne sait comment Chilpéric régna à Lyon, Gondebaud à Vienne et Godégisèle à Genève. Mais M. Kurth affirme que Gondebaud ne fut pas le meurtrier de Chilpéric et de sa femme. 11 donne cette première preuve, qu'au témoignage de saint .■\vitus de Vienne, Gondebaud aurait pleuré Chilpéric. La preuve est-elle suffisante? Il donne cette seconde preuve, plus forte : « Quant à Caretène [la femme de Chilpéric], nous savons par son épitaphe qu'elle a vécu jusqu'en 5o6, et qu'elle est morte dans son lit, nombre d'années après le mariage de Clotilde'^ » — Ce que l'on peut donc admettre, c'est qu'à la mort de Chilpéric, survenue vers 490, le royaume burgonde fut partagé entre Gondebaud, qui résida à Lyon, et Godégisèle, qui résidait à Genève. Caretène alla chez lui avec ses deux filles, Sédéleube et Clotilde. Sédéleube devint la fondatrice de l'église Saint-Victor, puis se retira elle-même dans le cloître et s'y cacha sous le nom de Chrona. Et ce serait à peu près dans le même moment que Clotilde ^, après avoir habité quelques années le château de Genève, en serait partie pour la Gaule, où elle exerça sur Clovis l'influence qui devait l'amener à embrasser la religion chrétienne et catholique. Cet événement, à son tour, devait décider du sort de la papauté et du catholicisme en occident. Le moyen âge avec Clotilde, les temps modernes avec Calvin seraient ainsi partis de Genève \ comme des germes, que le vent disperse aux quatre coins du monde.
La critique de M. Kurth, en contestant l'assassinat du père et de la mère de Clotilde, enlève tous les motifs de vengeance de Clotilde et de son époux, Clovis. Pourquoi, et du reste quand, celui-ci aurait-il fait la guerre fameuse qui amena Gondebaud à réédifier Saint-Pierre et à dresser ses remparts? — Au surplus, la critique de Rilliet avait déjà contesté ces deux faits, qui reposaient beaucoup moins sur l'inscription dont le texte n'est pas absolument précis, que sur le titre de l'homélie d'Avitus : Dicta in dedicatione basilicœ Genova qiiam hostis incenderal-'. Or, Rilliet, reprenant avec sa science plus exacte une opinion de Gau-
1. Voir G. Kurth, Saiiile-Clotilde (lyoo). Appendice. Le texte de Frédegaire est dans Fredcgarii et aliorum chronica Vilœ saiictonim, édit. Hruno Krusch, 1888, p. 99-101. — 2. Kurth, p. 174. — Voir l'épitaphe dans Leblant, Iiiscriptious chrctieiims de la Gaule, t. I, p. 70, N" 31, d'après Kurth, p. 24, n. i. — .1. Kurth, p. 28, 29. — Albert Jahn {Die Gescliichte der Burgundioiieii tind Biirguitdicns, 1874,11, p. 21) non seulement traite de légendaire tout ce qui a été dit sur les fiançailles de Clotilde et de Clovis, mais pense que, si quelque chose était vrai, ce quelque chose se serait passé à Lyon et non à Genève. — 4. Dans la péroraison de son grand discours au colloque de Poissy, Th. de Bèze, s'adressant à Catherine de Médicis, rappela le souvenir de Clotilde en ces termes : « Nous espérons... que sous vostre heureux gouvernement, madame,... l'ancienne mémoire de la tant renommée roync Clotilde sera rafraischic, laquelle servit jadis d'instrument à nostrc Dieu, pour donner sa cognoissancc à ce royaume. » Histoire ecclcsiastiqiie (édit. Baum et Cunitz), 1, p. 577. — .1. C'est de là que Spon avait tiré son affirmation devenue classique :
LA VILLE HAUTE 849
tier, soutient « qu'il n'est point question là de la basilique de Genève^ c'est-à-dire de l'église cathédrale, qui aurait été appelée ccclcsia, mais d'une basilique à Genève^ soit qu'il faille chercher celle-ci dans l'intérieur ou au dehors de l'enceinte de la ville'.» Et du coup, avec l'incendie qui s'éteint ou du moins se déplace, disparaissent les circonstances historiques, qui auraient provoqué la construction des remparts.
« Il ne nous paraît pas résulter, dit Rilliet, des informations qui nous sont conservées que, du temps de Gondebaud ou de Sigismond (du moins jusqu'en l'année 522, au delà de laquelle notre homélie ne peut pas se placer), Genève ait eu à souffrir d'un état de guerre assez grave pour que, dans le centre même de la ville, prise d'assaut, des édifices religieux aient été livrés au.x flammes. L'histoire ne fait aucune mention d'une catastrophe de ce genre, que les chroniqueurs n'omettent pas en général.... Les seules hostilités de quelque importance dont il soit alors parlé, et à l'occasion desquelles ce désastre aurait pu frapper notre ville, c'est, d'une part, la lutte engagée contre Clovis par Gondebaud et par son frère Godégisèle, auquel était échue la résidence de Genève; c'est, d'autre part, la guerre faite par Gondebaud à ce même Godégisèle, qui, dans le combat livré près de Dijon par les deux frères à l'armée de Clovis, était passé avec toutes ses troupes du côté de l'ennemi, ce qui avait amené la défaite de Gondebaud. Dans la première de ces circonstances, ce furent les Burgondcs qui envahirent le territoire des Francs. Genève fut donc l'un des points de départ des agresseurs, et non l'un des points d'attaque exposés aux incursions de l'ennemi. — Dans le second cas, quoique ce fiit dans Avignon que Gondebaud eiit été chercher un refuge, et dans Vienne que Godégisèle vainqueur eût établi son trône, il n'est pas impossible que des faits de guerre se fussent passés sous les murs de (jenève, pendant que le premier de ces princes était poursuivi dans sa fuite vers Avignon, par les troupes de Clovis. Mais si, dans cette occasion, notre ville avait été saccagée, comme Vienne le fut bientôt, dans le siège que Gondebaud lui fit subir pour tirer vengeance de son frère, les historiens ne s'en seraient probablement pas tus. — L'incendie dont parle le titre de l'homélie, mais sur lequel le texte de celle-ci semble muet, avait donc été, selon nous, le résultat d'une incursion faite par l'ennemi sous les murs de Genève, plutôt que d'une attaque en règle qui aurait porté dans cette ville la dévastation. Aussi, pour le dire en passant, ne croyons-nous point que la restauration de Genève, attribuée à Gondebaud par un document sans valeur, doive s'entendre, si elle a eu lieu, de la réparation de grands dégâts commis dans son enceinte, mais qu'elle s'applique plutôt à ces travaux d'agrandissement et d'embellissement auxqueK les princes aiment a
. L'armée de Clovis courut tout le royaume de Bourgogne, où elle fit des ravages épouvantables. Genève fut enveloppée dans cette commune disgrâce. Les Français saccagèrent cette ville et y brûlèrent une église. C'est ce qui paraît par le titre d'une homélie d'Avitus, archevfquo de Vienne. » Spon, Histoire de Genève, 1730, I, p. 24, n. /;. M. D. G., XV, p. 272, n. 4, et toute la Noiite de M. Léopold Dclislc, Iliiii.. p. 265 et ss., p. 273, et n. i.
i. M. D. G., XVI, p. 37-
35o LA VILLE
attacher leur nom. C'est uniquement, d'ailleurs, à des travaux de ce genre que se rapporterait, d'après l'ingénieuse restitution d'Edouard Mallet, l'inscription mutilée où il est question des dépenses qu'aurait faites Gondebaud pour étendre l'enceinte de Genève '. »
Aussi, plus sûrement que tous ces souvenirs de guerre et de pillage, le château de Gondebaud doit évoquer en nous le souvenir d'une œuvre de paix et même d'une œuvre de justice. C'est ici sans doute que durent venir les principaux personnages, les plus habiles jurisconsultes des Etats de Gondebaud, lorsque ce roi, avec leur conseil, publia le recueil de lois bourguignonnes, que l'on connaît sous le nom de Lois Gombe'.tes, auxquelles Sigismond, son fils, mit la dernière main -.
A peu près sur le môme emplacement ^ — désigné en effet par la topographie pour soutenir un château fort — au palais burgonde avait succédé le château des comtes de Genevois {castrum comitis gebennensis (1291), castvum gebennense (1220), le château de Genève'. Le comte de Genevois, possesseur de ce château, était avoué, ou défenseur civil et armé, de l'Eglise, et avait le droit de faire exécuter les sentences criminelles, le tout à titre d'attributions d'un fief, relevant de l'évèque.
Les comtes de Genevois furent les possesseurs du château depuis l'établissement de leur dynastie jusqu'à leur lutte avec Pierre, devenu comte de Savoie en 1263'''. C'était, nous est-il dit, un « homme sage, fier, hardi, et terrible comme lion,... et fut si preux qu'on l'appelait le second Charles Mayne ''. » On com-
I. M. D. G., XVI, p. 38, 39. — i. D' Chaponnière: « L'ancien palais Gondebaud à Genève. > Album de la Suisse romande, 1842, I, p. 38 et ss. — « De tous ces codes des Barbares, celui de Gondebaud est à la fois le premier par sa date, et le premier par la sagesse de ses principes.... « La loi des Bourguignons, dit > M. Guizot, révèle une société plus régulière et plus développée que toutes les autres; l'élément romain » y prévaut encore sur l'élément barbare. > Si ce code est un titre de gloire pour le monarque qui s'occupa de le faire rédiger, peut-être est-il permis de penser qu'un reflet de cette gloire peut s'étendre sur la cité qui vit ce travail s'opérer dans son sein, sur le pays qui fournit, il y a treize siècles, la plupart des hommes éclairés, véritaiiles auteurs du Code bourguignon. Ces circonstances donnent à la /o/ Go;«ée//f un titre tout spécial à l'intérêt des habitants de Genève: elles lui assignent dans l'histoire de cette ville une place qu'il est étrange de n'avoir vu jusqu'à présent aucun historien lui accorder. » Pictet de Sergy, Genève, I, p. 83, 84. — -■). GalifTe, p. 244, 245: < Tout [étendue, situation, débris romains...] confirme l'opinion, qui fait du palais comtal le palais genevois des rois burgondcs de la première race. Mais il est permis de supposer que ces souverains étrangers... ne firent que s'approprier à Genève, comme sans doute à Vienne, à Lyon et à Besançon, la demeure de l'antique préfet ou gouverneur romain. » — Blavignac (Etudes sur Genève, 1S74, II, p. 87-96) : « Le château du Bourg-de-I'"our, plus souvent appelé château de Genève dans les anciens actes, était construit, non dans la forteresse gallo-burgonde, comme l'écrivent en moutonnant, sur une fausse assertion de l'auteur de \' Ancienne et nouvelle police de Genève, presque tous nos historiens, mais en dehors de la face orientale du castcllum, entre l'arcade du Bourg-de-Four et l'angle Sud-Est des murs, dans l'espace occupé par la maison du vidomne ou du Parquet, qui a conservé ce dernier nom jusqu'à présent, et par les constructions qui l'avoisinent immédiatement.... A notre vieil ami, P. Escuyer, qui a publié son Plan liislorique de Genève, en 1825, revient l'honneur d'avoir indiqué le premier [en rectifiant l'erreur de Scnebier, 1788, de Henri Mallet, 1807. de J. Picot, 181 1] avec une sagacité parfaite le véritable emplacement du chfiteau qui nous occupe. . — Le dessin publié par Escuyer, dans son album intitulé: Genève ancienne et moderne, est une pure composition de fantaisie. — \. M. D. G., VII, p. 1S6. •'). Ibid., p. 242. 11. Ibid., p. 223.
LA VILLE HAUTE 35
prend qu'il ait Jeté « les fondements de l'agrandissement de la maison dont il devait plus tard être le chef. » En i25o, il déclara la guerre au comte de Genevois, Willelme, et s'empara de son château, que, par sentence arbitrale du 28 juin i25o, il eut le droit de garder jusqu'au paiement d'une indemnité énorme de loooo marcs-. Mais, n'y résidant pas habituellement, il mit à sa place un •gouverneur ou châtelain {caslellanus)'K Le comte de Savoie ne consentit à restituer le château à ses anciens possesseurs qu'en 1288 ou 1289, et seulement quand il se fut emparé de l'autre château de Genève, du château de l'Ile, qui, à cheval sur le pont du Rhône, était la vraie clef de Genève*. Quelques années après, en 1291, le bailli du Chablais (au comte de Savoie) s'empara de nouveau du château du Bourg-de-Four, en faisant dresser deux machines de guerre, dont l'une devant Saint-Pierre. Au bout de quatre jours de siège, le château succomba aux projectiles qui lui étaient lancés, et le comte de Savoie y établit un vidomne, 2 septeml)re 1291 •'. — De nouveau il le rendit le 26 janvier 1294''. Mais le château passa, en i3o5, aux mains de l'évèque de Genève, comme gardien ou séquestre '. — C'était en réalité la perte du château pour le comte de Genevois. Et, finalement, le 22 avril i32o -, Edouard de Savoie et une partie des citoyens de Genève entrèrent en armes dans le château, et le détruisirent, enlevant même les meubles et les provisions qui appartenaient à l'évèque. Celui-ci se plaignit en vain (4 juin i32o) de ce qu'avec un orgueil cruel (crudele siiperbia), on avait tout radicalement détruit (fiinditiis dinicrunt}^ qu'on lui avait pris une partie de son mobilier, et même son vin, etc. '\
Du reste, le comté de (jenevois disparut, fut annexé au comté de Savoie, le 5 août 1401. Le dernier comte de Genevois vendit tousses droits à Amédée VIII, par un acte passé à Paris, à l'hôtel de Nesle, moyennant une somme de 43000 florins et la cession de la seigneurie de Châteauneuf en Valromey '". — Dès lors, la maison de Savoie, transformée en duché (1416), possédait tous les territoires compris entre le lac Léman et les Alpes, tous... sauf les possessions de l'évèque de Genève.
Les comptes des dépenses du château nous prouvent que le château féodal était, comme tous les châteaux de l'époque, un assemblage de tours, de tourelles, de murs crénelés, datant sans doute d'un peu toutes les époques. Il y avait un puits, un four, des ouvrages avancés fermés par des portes et des serrures. La garnison (ordinairement de six à douze hommes et trois ou quatre guets) était munie d'arbalètes, de traits empennés, de balistes. Et la citadelle était très
I. M. D. (j., VII, p. 223. — C'est ce comte Pierre qui faillit conclure un contrat d'assurance avec les citoyens de Genève. Le contrat ne fut pas définitivement signé, et môme il fut annulé, le 23 aoiit 1267. — 2. Ibid., p. 222. — 3. Ibid., p. 265. — i. Ibid., VIII, p. 197. — ">. Ibid., p. 203. - fi. Ibid., p. 207. — 7. Ibid., IX, p. 128. — H. « Anno 1320, die martis ante festum B. Georgii. > Ibid., p. 304. — 9. Ibid., XVIII, p. 41. — Bonivard écrivait, en 1550, que cet édifice avait été ruiné < longtemps devant nous, et n'est en mémoyre d'homme qui vive de nostre temps. » En effet, l'inventaire de 1475 i"di(]uc au lieu du château, plusieurs propriétés. — JO. Ibid., XXIII, p. 13S.
forte, car, sauf en 1291, où, attaquée par des machines de guerre placées devant la cathédrale, elle succomba après quatre jours de siège, elle changea toujours de maître après arbitrage ou composition. « Nous nous souvenons parfaitement, dit Galiffe, pour y avoir reçu le jour et passé notre première enfance, des bâtiments qui ont précédé, sur cet emplacement, les maisons de la Rive actuelles. Le corps de logis, qui donnait sur la rue, était relié par « l'arcade, » de l'autre côté de la dite rue, à de vieilles dépendances voûtées formant remise et écurie, et pour lesquelles les plans du dix-huitième siècle indiquent une épaisseur de mur considérable. Ce premier corps de logis donnait, comme à présent, sur une cour fermée au midi par la demeure principale, que dominait du côté de la vue deux terrasses superposées, longées par la ruelle qui descend encore aujourd'hui vers la rue du Manège ', où elle est fermée par une porte. Le tout était plutôt vieux qu'antique, et devait avoir été remanié à diverses reprises depuis le quatorzième siècle ". »
Chacun sait que l'Eglise a horreur du sang {ecclesia abhorret a sanguine), qu'elle en avait tout particulièrement horreur au moyen âge, époque de l'inquisition K Elle condamnait à mort, mais elle n'exécutait pas. L'évêque de Genève condamnait à mort, mais faisait exécuter par un prince temporel. Et ce rôle de bourreau était fort recherché, car il était, à sa façon, un symbole d'intervention et de puissance. Donc, le possesseur du château du Bourg-de-Four exécutait ou faisait exécuter par son représentant les sentences capitales de l'évêque et, tant que révoque fut le prince, toutes les sentences capitales. Quand « le chastel de Genève » eut été « arrasé,... l'on transmua cette préhéminence à un chastel, à un quart de lieue de Genève, appelle Guaillardt. » Et alors voici ce qui se passait : « Quand les syndiques havoient jugé un criminel à peine corporelle, ils disoient au vidomne : « Et à vous vidomne commandons faire mectre ceste » nostre sentence en exécution.» Et lors le vidomne le faisoit prendre par ses sergens, et le menoit jusqucs au lieu ou havoit esté le chastel, qui pour ce encores est appelle la porte du chastel, et là faisoit crier par trois fois : « Il ha » icy personne pour Monsieur de Savoye, seigneur de chastel Gaillardt? » Alors à la troisiesme le chastellain de (iaillardt accompaigné de ses sergens et le bor-
I. La ruelle, ou plutôt le couloir, existe encore. «Les fouilles exécutées en 1S20 pour la pose des fondations de la grande maison Eynard firent découvrir un souterrain haut de six pieds, large de quatre, qui, situé dans la direction de l'ancien château comtal, pourrait bien avoir servi d'issue secrète en cas de siÈge. ' Pictct de Sergy, Genève, I, p. 75, n. i. — i. Galiffe, p. 245, 246. — 3. < Aux termes du droit canon, l'évêque, en sa qualité d'ecclésiastique, ne pouvait, sous peine d'irrégularité, soit de privation de sa charge, faire verser le sang ou exécuter un criminel. Cette charge était donc dévolue au dignitaire laïque le plus élevé de son ressort. . M. D. G., VII, p. 184, et n. 12, Mallet. — Un peu en vertu des mêmes idées, le comte protégeait les Juifs et les lombards (banquiers), parce que l'Eglise excommuniait les Juifs et les prêteurs h intérêt.... C'est au château du Bourg-de-Four que Juifs et lombards apportaient leurs redevances. M. I). G., VII, p. 270.
LA VILLE HAUTE 353
reaii, estant à cheval, s'avançoit et disoit : « Ouy, je y suis moy. » Et lors le vidomne luy disoit : « Mess'* les syndicques hont condamné ce N. à telle peine; » si vous commande mettre leur sentence, en exécution, » et le luy livroit, et le chastellain le livroit au borreau ; et pour monstrer que ceste rémission ne se faisoit pas au Duc comme à souverain, mais cfunmc à inférieur, ils ne le menoient •pas exécuter rière luy [dans ses terresj, mais en Champel qui est rière Genève [et lui appartient], et ne luy pouvoit le Duc faire grâce, ouy bien l'évesque, jusques sus Teschelle, ou sus l'eschaffaut, et ha esté faict de nostre temps*. »
Bel exemple de Tenchevêtrement des fictions moyen-âgeuses! Or, en 1527, un riche bourgeois, nommé Cartelier, fut accusé d'avoir conspiré avec les Mamelucs, le parti savoyard. Le procès fut long et passionné. Un arrangement intervint entre l'évèque et le Conseil. Cartelier serait condamné publiquement, remis aux mains du bourreau, la corde au cou, à la porte du château. Là Tévèque enverrait des gens qui lui apporteraient sa grâce, moyennant « une belle mayson qu'il havoit et certaine somme de deniers-. » Ainsi est fait. Le 20 février 1527, François Cartelier est sorti des prisons de Févêché ; il est conduit à la Maison de ville. Là, il est Jugé et condamné par les syndics, comme traître, à être mené en Champel, avoir la tète coupée et être mis en quatre parties ^.
Le pauvre Cartelier « estoit subgect aux gouttes, et le tenoient aux pieds, quant Ton le mena pour estre condemné, si que à grandt paine il pouvoit mectre l'un pied devant l'autre'*. » — On arrive cependant à la porte du château, pour « remettre [le prisonnier] au chastelain de Gaillard à la mode acoustumé. » Mais « nonobstant qu'il fust mandé par ung officier du visdonal led. chastelain ne s'y trouvast point, de quoy furent prinses testimonialles [c'est-à-dire fut dressé un procès-verbal] ". »
Cartelier n'en est pas moins remis aux mains du bourreau, « le lincol au col. » A ce moment, comme il était convenu, apparaissent les officiers de l'évèque, qui lui apportent sa grâce. Mais voici que le peuple ne voulait consentir, et le poussait « tousjours plus outre contre Champel, » et empêchait qu'on lui ôta la corde. Un syndic, cependant, y réussit, et alors, oh! prodige, « mon homme de courir contre l'éveschée en telle vitesse qu'il ni eust eu lacquais qui l'eust sçeu attaindre, et fut guery de ses gouttes*^. »
Cette curieuse scène marqua la fin de la servitude de la ville vis-à-vis du duc de Savoie, en matière criminelle. Les syndics n'allèrent plus à la porte du château, où le châtelain de Gaillard ne s'était pas présenté : ils remirent leurs malfaiteurs, dès le i5 décembre i528, pour « avoyr la teste couppée, foettés et bannis, » au procureur fiscal de « Mons' de Genève, devant la Maison de ville », et comme le dit procureur ne voulut pas payer le bourreau, ils eurent leur bourreau qu'ils payèrent, " et eust pour avoyr couppé la teste dix fi. et cinq iL pour le foetcr ". » — La liberté commençait comme elle pouvait.
I. IJonivard : De ^ancienne et nouvelle police de Genève, p. 9 et 10. — i. Ibut., p. 35. -- ■'!. ^^ D. G., Journal du syndic lialard. X, p. 94, 95. — i. Bonivard, p. 35. — ">■ M. D. G., X., p. 95 - '•• Honivard, p. 35- — 7. M. D. G., p. 187, 188.
JEAN CALVIN III ■! 5
LA VtLLÉ
Après avoir franchi la porte, nous voici sur la place du Bourg-de-Four ', « où se tient, nous est-il-dit vers lôoo, le marché du bestail, comme chevaux, bœufs,
vaches, chèvres, moutons et pourceaux, et autres semblables, comme aussi le marché du bled, froment et autres graines -. » — Etant un marché , le Bourgde-Four était aussi une place d'hôtelleries. Douze du moins ont laissé leurs noms, et quelques-unes leurs enseignes : a Coquille, la Pomme d'or, le Griffon, j Chêne, la Tète-verte, le Lion-vert, a Roche, le Genévrier ^ Peut-être ne IJI - -,vitYj,fcij(>ffli. '. H \a-t-il pas nous être très facile de recons- »s=r, J njyil|^j|i|,,j-Y^^^ litiicr l'ancienne physionomie du Bourg. I']n tout cas il nous faut commencer par enlever le mur de soutènement qui s'élève comme une chaussée à travers ^S^ la place : ce mur ne date que de 1816 à Le Bourg-de-Four. 1817. « Les cours et les devants des mai-
(Angle de la rue des Chaudronniers et de la rue gQ^s, qui se rapprochent de l'entrée de la
rue de l'Hôtel de Ville, sont, ainsi que les arbres, autant de points de repère de l'ancien niveau, qui était très irrégulier''. » [Page 355.)
Mais ce n'est pas tout. Car, en i565, donc une année après la mort de Calvin,
des Belles-Filles, auj. ; rue Etienne Dûment. Maison Clioisy).
I. Toujours la même abondance d'étymologies. De La Corbière fait venir Bourg-de-Four de boarium forum, et suppose que c'était un marché aux bœufs. C'était en tout cas un marché. Un document du treizième siècle (1288) désigne déjà cette place sous le nom ûe. forum vêtus (vieux marché). R. G., N" 1259. Voir aussi : N°* 1309 et 1639. — Le 5 mai 1290, soixante-treize citoyens de Genève reconnaissent que l'évéque Guillaume, à leur demande, a transporté son marché de Genève de la porte de Marchez (soit de la Tcrtasse) dans le haut de la ville, où il était précédemment {ubi alias esse solebat) à la grande porte qui mène au bourg vieux de Saint- Victor {per quaiii iliir versus burguiii i>etus S' Victorii). Au bout de vingt ans, l'évCque pourra de nouveau transporter le marché où il voudra. R. G., ISi° 131 1. M. D. G., I'', p. 121. — 2. M. D. G., XXn, p. 272. — .'!. Blavignac, Enseignes, p. 9. — « On rencontre encore çà et là de petits tableaux rectangulaires en bois, fixés contre les façades des maisons. Ce sont de vieil-les enseignes flottantes que les règlements de police ont forcé de dépendre, et que l'on a conservées comme souvenir, aujourd'hui bien illusoire, du droit d'auberge inhérent à certains immeubles ; ces débris d'un autre âge ne laissent pas que d'offrir un certain intérêt. > Ibiti., p. 13. — 1. Galiffe, p. 168, n. i. — «Tout porte à croire que l'abaissement considérable qui a existé dans le milieu de la place du Bourg-de-Four jusqu'en 1820 ^époque où cette place fut à peu près nivelée) était artificiel, soit créé de main d'homme. Une sorte de large fossé, dont les traces évidentes se retrouvent dans l'enfoncement de la rue de la Fontaine et de la rue de Saint-Léger, aux deux extrémités du Bourgdc-Kour, avait été creusé sur toute la face orientale de la petite ville. Il avait pour but de suppléer aux escarpements qui manquaient à cette partie de la ville. • Pictct de Sergy, Genève, I, p. 78.