Foster, o. c. p. 413. — i. Ibid,, p
LE CONTRAT DK GOUVERNEMENT OU l.A CONSTITUTION 485
auparavant erraient, sauvages, dans les forêts. — - Mais la théorie resta sans conséquences. Seulement Marsile de Padoue, Occam, Nicolas de Cusa en indiquaient la tendance ultra-individualiste, posaient l'individu isolé avant la société, et déduisaient de cet individu toute société.
Cette théorie fut acceptée au seizième siècle par le Droit naturel. Et ce furent les publicistes catholiques qui la développèrent.
Mais il n'y a pas trace de ce second contrat, du Contrat social proprement dit, dans Calvin. La société apparaît ici, dès le premier jour. L'homme a toujours été en société. C'est Dieu qui a dit : il n'est pas bon que l'homme soit seul, et il y a eu dès l'origine la famille et les familles, la société. Mélanchthon dit que l'homme est créé iii societatein^ pour vivre en société. C'est l'idée de Calvin.
Dans le calvinisme il n'y a pas place pour le Contrat dit social '. — La mentalité de Calvin est aussi éloignée de celle de Bossuet que de celle de Rousseau. Et de ce fait nous tirerons plus tard les conséquences.
1. C'est ici un des points capitaux, sur lesquels Calvin et Rousseau sont en absolu désaccord. Chez Calvin il n'y a pas place pour le Contrat de société ; chez Rousseau il n'y a pas place pour le Contrat de gouvernement. Et ce fut un acte révolutionnaire au premier chef, quand Rousseau abolit la doctrine du Contrat de souveraineté ou de gouvernement. Avec sa logique radicale, il déduisit de ses prémices qu'il n'y avait pas, qu'il ne pouvait y avoir de Contrat de gouvernement ; que l'institution du gouvernement « ne contenoit qu'une simple commission, » qu'il n'y avait pas d'acte bilatéral, que la Généralité avait toute l'autorité législative et e.xécutive. Tout le reste s'ensuivit. Le Contrat de gouvernement détruit, du coup furent détruits tous les droits des gouverneurs ; la Généralité, dès qu'elle se réunissait, avait tous les droits, et c'était la révolution en permanence. Chaque assemblée régulière doit être ouverte par ces deux questions : « S'il plait au souverain [au peuple] de conserver la présente forme de gouvernement ? » et « S'il plaît au peuple d'en laisser l'administration à ceux qui en sont actuellement chargés ? »