‹ Jean Calvin, les hommes et les choses de son temps (volume 3)Chapitre 127 sur 176 · juin 1554. Opéra XV, p · texte numérisé non relu

juin 1554. Opéra XV, p

■2. Commentaires sur la Genèse, xil, i. Opéra XXIII, p. 174. Parlant d'Abraham chez lui, dans sa patrie, Calvin dit : « dans son nid > (nùlo siio affixum). Ibid., p. 173 — Lorsque Calvin était à Strasbourg, S. Grynée lui écrivit de Bâle pour lui recommander Pierre Caroli. « Tu sais, lui disait-il, quelle force et quelle douceur a la communauté de nation, et de langue, et de patrie. Chez nous [à Bâle], CaroU est comme chez des étrangers. Chez toi, il sera comme un frère. » (Sept. 1539. Opéra X'', p. 370.)

;î. 19 août 1561. Leçons de M. Jean Calvin sur le livre du prophète Daniel. Préface: Aux pieux Français. Opéra XVIU, p. 615.

4. Voir encore ce que Calvin dit à ce sujet dans la lettre-préface, à François I«"- (1535), de son Institution chrétienne; — dans sa lettre du 23 juillet 1563 à Frédéric, prince chrétien du Palatinat (Opéra XX, P- 73i 76, 78), dans laquelle Calvin console l'Electeur d'avoir été accusé de « calvinisme » ; — et encore 19 novembre 1552 ; Opéra XIV, p. 412.

•ï. Faisant allusion à un récit de Tacite, Hotman donne cette belle définition des Français : « Comment que ce soit, et quel accident que c'ait esté, qui ait donné ce nom aux François, quant à moy je suis content de croire, et suis bien d'accord, que ce fut cette gentille rencontre, de bon et heureu.x présage, dont il prit son origine, de sorte que dès lors ceux là portèrent méritoirement et proprement le titre de François, qui ayans abatu la domination des tyrans, se maintindrent en liberté honeste, mesme sous l'authorité des roys » {La France-Gaule, p. 288).

ne les élevoyent pas là pour estre des tyrans, ou des bourreaux, mais pour estre leurs gouverneurs, leurs tuteurs, gardiens et défenseurs de leur liberté, ce qui se monstroit bien par la forme de la République françoise, comme elle estoit establie pour lors '. »

Il n'est pas même exact de dire que Hotman était du moins pour une royauté purement élective. Parlant des Allemands, des Danois et des autres peuples, il dit : « Ils élisent leurs roys en l'assemblée générale des Estats de leur nation : toutes fois les fils ont la prérogative, et sont volontiers préférez, comme Tacitus l'a laissé par escrit. De moy, je ne pense pas qu'on sceut inventer une loy ou coustume, ni plus sagement ordonnée, ni plus profitable, pour la chose publique, que ceste police là". »

Arrivé à la Gaule française, Hotman montre qu'en général les fils succédaient aux pères, par « prérogative ». Mais que « le peuple avoit une souveraine authorité, non seulement à élire leurs roys, mais aussi à répudier les fils des roys, et élire des estrangers^ « k Le peuple s'estoit réservé toute l'authorité, non seulement d'élire, mais aussi de démettre les roys en l'assemblée des Estats ''. « Donc « la souveraine et principale administration du royaume des Francs-Gaulois appartenoit à la générale et solennelle assemblée de toute la nation, laquelle on a appelé depuis l'assemblée des trois Estats "''. »

Un chapitre est intitulé « De la sacrée et inviolable authorité [tie sacrosancta aiitoritate) de l'assemblée générale des Estats, » et on y lit ces lignes : a Nos devanciers, vrais François, et conservateurs de leur liberté, ennemis de toute domination et tyrannie turquesque, et soigneux de maintenir fermement cest excellent précepte : que le salut du peuple est la suprême loy, donnoyent et mettoyent toute l'administration du politique du royaume en la disposition de l'assemblée des Estats ''. «

Et enfin, comme conclusion : « Puis donques que ceste coustume et ce droict a tousjours esté en usage entre toutes nations, j'enten de celles qui vivent sous un gouvernement royal et modéré, non pas sous une domination tyrannique, en telle sorte que le salut du peuple estoit la suprême loy, on peut de là aisément conclurre, non seulement que ceste liberté tant belle de tenir assemblées générales de Conseil est une partie du droict des gens, mais mesmes que les roys qui, par mauvaises pratiques et cautelles, oppriment cette saincte et sacrée liberté, ne doyvent plus estre tenus en qualité de roys, mais de tyrans, comme ceux qui violent le plus sainct droict, qui ait jamais eu lieu entre les hommes, et rompent les liens de toute société humaine'. » — Le pamphlet de 1569, Discours par dialogue, rappelle presque textuellement les expressions de Calvin et expose déjà la thèse d'Hotman : « L'intention du peuple français et gallique [Hotman : Franco- Galliaj n'a pas été par la loi royale du pays de soulîrir un roi tyran, ni qui usât d'absolue puissance contre toutes lois, et fit toutes choses à son plaisir. Les rois

i. La France-Gaule, p. 288^, 288b. — 2. Jbid., p. 292^. — 3. Ibid., p. 293b. — 4. Jbid., p. 304I'. — 3. Ibid., p. 306". — 6. Ibid., p. 313Î, 315V, 316. — 7. Ibid., p. 309V et 310.

n'ont même levé tailles et autres tributs et impôts en France sans le consentement du peuple, qui est argument que la monarchie française est composée d'aristocratie et du populaire Etat » [c'est du Calvin]. « Le roi a des vassaux, lesquels lui font hommage et lui jurent fidélité, et lui au contraire s'oblige réciproquement [c'est du Calvin] au devoir de seigneur et de roi. » « Fausser la foi à ses sujets avec lesquels les rois se lient par obligation naturelle et réciproque [c'est du Calvin], c'est défaillir de roi pour décliner en tyrannie'. »

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