‹ Jean Calvin, les hommes et les choses de son temps (volume 3)Chapitre 143 sur 176 · DE GROTIUS A LA FIN DU DIX-HLUTIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

DE GROTIUS A LA FIN DU DIX-HLUTIÈME SIÈCLE

à nos pères, cela revient à dire qu'ils ne sont pas, autant que ceux-ci le pensaient, justes et rationnels, que ce ne sont que de faux principes, ou au moins des principes incomplets '. » — Rt enfin citons M. E. Faguet : « Pour moi rhonime n'a pas de droits. Il n'en a aucun, absolument aucun. Je ne sais pas même ce que veut dire un droit de l'homme. Droit fondé sur quoi ?... Un droit ! Qu'est-ce qu'un droit ? C'est, ce ne peut-être que le résultat d'un contrat.... En dehors de cela, il n'y a pas de droit du tout. Les partisans des droits de l'homme disent : « Les droits que nous avons en tant qu'hommes, par cela seul que nous sommes hommes. « Qu'est-ce que cela signifie ? En quoi être homme donne-t-il un droit ? Quel droit l'homme naissant apporte-t-il inscrit sur le front- ? »

Enfin, plus récemment encore, un professeur de droit, qui a un nom, a émis le vœu que « la phrase d'Auguste Comte : « Le mot droit doit être écarté du lan- » gage politique », fût affiché à la Chambre des députés ^ >)

Peut-être le moment serait-il venu de délaisser le Droit dit historique, le droit allemand et païen, et de revenir au Droit dit naturel, au Droit français et chrétien '*. — Ou bien suffirait-il, pour faire une fois de plus rejeter ce droit français et chrétien, que ce Droit ait été incontestablement rénové et formulé à l'usage des temps modernes par Calvin et l'école des publicistes calvinistes }

1. M. D. Parodi, p. 265. — « Telle théorie et telle morale peuvent être diverses et contradictoires selon les temps et les lieux, mais elles sont toujours nécessaires pour donner de l'utilité un critère positif, pour en fournir une méthode telle quelle de détermination, méthode qui, d'ailleurs, vaudra précisément ce que vaudra la théorie elle-même. »• Ibid., p. 267.

2. E. Faguet. Le Libéralisme, 1903, p. 5. M. Faguet écrit, il est vrai, p. 7 : ^ Cela n'empêche pas la Déclaration des Droits d'être ma charte. Mais on verra plus tard en quel sens et pourquoi. »

3. Léon Duguit, professeur à la Faculté de Droit de l'Université de Bordeaux : Le Droit social et le Droit individuel, 1908, p. 12. — Voir aussi du même auteur : Les transformations générales du droit privé d'après le Code Napoléon, 191 2.

4. Je ne sais s'il est possible de trouver un exemple plus dramatique de l'obscurcissement de la pensée française par la pensée allemande, que l'analyse, par Ch. Beudant, du livre De la nature des choses, 1886, de Ambroise Danten. Danten pose les principes que voici : « Dans la nature il n'y a pas de droit, il n'y a que des faits... Le droit social prime le droit de l'individu... L'Etat est souverain de la pensée, des biens, de la liberté et de la vie des peuples entiers. » Et de ces principes, il tire la conclusion que voici : « Un homme d'Etat célèbre, dans l'ivresse d'un triomphe qui avait sans doute dépassé ses espérances, a laissé échapper un jour cette parole qui a paru scandaleuse : la force prime le droit, a-t-il dit. En vérité, quand j'y songe, je ne sais si cet homme n'a pas raison, et si je ne dois pas aller plus loin que- lui et dire: la force, c'est le droit lui-même. » Xo'n Ch. Beudant. ji. 154, 221, 222, 241-244.

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