I. Aulaid, p
-2. George Jellinek, professeur de droit à l'Université d'Heidelberg, La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, traduit de l'allemand par Georges Fardis, avocat, édition française revue par l'auteur et augmentée de nouvelles notes, avec une préface de M. F. Larnaude, professeur à la Faculté de droit de l'Université de Paris, directeur de la Revue du Droit public et de la Science politique. 1902. — Die Erkldrung der Mensclmi und Biirgerrechte, Zvveite erweiterte Auflage, 1904.— (Nous citons la seconde édition allemande.) « Quoi qu'il en soit de la valeur intrinsèque des propositions générales contenues dans cette Déclaration, il n'est pas moins constant que c'est sous son influence que s'est formée, dans le droit positif du continent, la notion des droits subjectifs et publics de l'individu. La littérature de droit public ne connaissait jusque-là que les droits des chefs de l'Etat, les privilèges des classes, des particuliers ou de certaines corporations. Les droits générau.x des sujets n'apparaissaient que sous la forme de devoirs de l'Etat, mais ne constituaient pas, pour l'individu, des titres caractérisés de droit. Ce n'est que par la Déclaration des droits de l'homme que s'est formée dans toute son ampleur, en droit positif, la notion des droits subjectifs du citoyen vis-à-vis de l'Etat, notion qui, jusqu'alors, n'était connue que du droit naturel. > (p. 2.) « Non pas tous les droits de l'homme, mais leur proclamation légale nous ramène à la liberté religieuse ; voilà qui doit être désormais considéré comme hors de doute. On peut aussi admettre comme certain que la notion de droits humains innés et inaliénables est devenue une force, capable d'entraîner les esprits, seulement dans les luttes politico-religieuses au sein des Eglises réformées et de leurs sectes. » (p. IX.)
L INFLUENCE POLITIQUE DU CALVINISME 6l5
sciences politiques (voir notre discussion dans la Revue de droit public^ p. 711- 714). Son exégèse, prodigieusement subtile, n'a pas réussi à entraîner deux spécialistes, qui ne demandaient vraiment pas mieux que d'être de son avis : M. Walsch (o. c, p. 227, 228) et M. Allengry (p. 370). — A noter encore Teffort de M. Darlu. Dans sa conférence sur La morale chrétienne et la conscience contemporaine (23 janvier 1900), il s'était efforcé de prouver que le christianisme, presque identique pour lui avec le catholicisme et même le monachisme, ne pouvait rien avoir à faire avec le monde moderne. Puis l'étude de M. Jellinek ayant paru, et les idées de M. Darlu étant discutées dans la Société française de philosophie, 3o janvier 1902, M. Darlu, obligé de reconnaître que l'idée de la Déclaration avait été apportée d'Amérique par Lafayette, émit le paradoxe que les idées américaines de 1774 (congrès de Philadelphie) provenaient... de la Libre pensée française ! Ce paradoxe donna lieu à des affirmations paradoxales aussi. M. Jacob distingua entre la vérité historique et la vérité psychologique. M. Henry Michel s'en tint à la vérité historique et au bon sens. II invoqua Quinet et maintint la source « puritaine, donc évangélique )>, des déclarations américaines, donc de la Déclaration française.
Mais nous avons parlé de deux tleuves et non pas d'////.
Si du point de vue où nous sommes placés, nous portons nos regards sur les limites vaporeuses de l'horizon, loin des sources à\x fleuve chrétien, nous distinguons les sources d'un autre tleuve. Il traverse la Grèce antique, Rome : c'est le fleuve païen.
A l'avènement du christianisme, il semble plus ou moins disparaître ; mais il coule sous le sol ; il reparaît au moyen âge ; il coule plus large à la Renaissance, et, au dix-septième siècle, nous le voyons porter Grotius et ses théories. Il grossit, grossit toujours.
Les deux fleuves se rapprochent de plus en plus ; les infiltrations se multiplient au dix-huitième siècle, du fleuve païen dans le tleuve chrétien. C'est le déisme anglais, avec Hobbes et même Locke, jusqu'à ce que les deux fleuves mêlent complètement leurs eaux : ce sont les rapides de la Révolution.
La Déclaration de 89, apportée par le flot chrétien (et déjà il n'était pas pur), est immédiatement saisie dans le remous du fleuve païen. Comme une roche, elle est rongée, émoussée, arrondie, colorée; là elle se brise; ici elle reçoit des dépôts de toutes sortes, qui la déforment; elle est méconnaissable pour les observateurs superficiels.... Les discussions deviennent assez confuses pour être éternelles.
On en est arrivé à vouloir faire sortir de Rousseau, qui nie les trois points fondamentaux de la théorie du Droit naturel, la Déclaration de 1789, qui repose toute entière sur ces trois points fondamentaux '.
I . Adversaires extrêmes et partisans extrêmes de la Révolution s'entendent parfaitement. Un des chefs les plus célèbres du parti conservateur prussien et luthérien, Stahl, a écrit: • Cette philosophie est celle de J.-J. Rousseau; ces principes sont ceux du Contrat son'ft/, qui fui, on pcul le dire, le catéchisme des
6i6 CONCLUSION
Faire le départ entre ce qui vient du tleuve chrétien et ce qui vient du fleuve païen, nous entraînerait beaucoup trop loin. — Et du reste l'influence du Christianisme et du Calvinisme est selon nous suffisamment indiquée par notre étude précédente. Nous ne notons que deux ou trois points où s'est manifestée l'influence du fleuve païen.
1. Tout d'abord c'est l'affirmation du principe qui contient tout : la bonté de l'homme. Nous avons vu que c'était le principe fondamental de Rousseau. C'était le principe fondamental des Encyclopédistes : « L'homme est méchant non parce qu'il est méchant, mais parce qu'on l'a rendu tel » (d'Holbach). — c Voulez-vous l'homme heureux et libre ? Ne vous mêlez pas de ses affaires » (Diderot) '. — On ne peut cependant pas dire que Rousseau, le baron d'Holbach et Diderot aient été des preuves particulièrement frappantes de la vérité de leurs principes.
Quoi qu'il en soit, ce principe est inscrit au fronton de la Déclaration de 1789 : « Considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption du gouvernement ; » et de la Déclaration de 1793 : « Convaincu que l'oubli et le mépris des droits naturels de l'homme sont les seules causes des malheurs du monde.... » — De ce principe découleront avec le paganisme et l'antichristianisme tous les Socialismes, toutes les Anarchies, toutes les révolutions. L'homme est bon ; l'homme serait bon et heureux si les gouvernements et la société ne le gâtaient pas et ne le tourmentaient pas ; donc au lieu d'améliorer l'homme, changeons de gouvernement, ou supprimons-le "^ !
2. Un second point sur lequel l'esprit chrétien fut vaincu par l'esprit païen, ce fut l'article relatif à la liberté religieuse. Au lieu de la liberté, on ne put arriver à proclamer que la tolérance •*.
hommes de 1789.» (Edgard Allix, La philosophie dit droit de F.-J- Stahl (1802 1861) et La philosophie de la Révolution française dans les Annales de l'école libre des sciences politiques. Douzième année, 1897, p. 5.) h l'extrême opposé, nous trouvons la série infinie des publicistes plus ou moins libres penseurs, de Paul janet {Histoire de la science politique) à Boutmy : < C'est le XVIII">" siècle, destructeur de toute tradition, créateur du Droit naturel [?], qu'il faudrait appeler à signer de son nom les conclusions pleines de sens et de vigueur de la Déclaration des droits de l'homme.' » Boutmy, La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et M. Jellinek, dans les Annales des sciences politiques, juillet 1902, p. 443-
1. Textes cités par M. Espinas, Revue internationale de renseignement, p. 329. 33o- ^V« année, iSg.S- T. XXX, p. 325 et ss. et p. 435 et ss., avec la réponse de M. Ed. Dreyfus-Brisac, p. 537-
2. « Si dans aucun pays, expliquera Condorcet avec une philosophie dont la naïveté désarme, il n'y a eu jusqu'ici de bonnes mœurs, c'est que nulle part il n'y a eu encore de bonnes lois. Pour détruire les mau vaises mœurs, il faut en ôter la cause. Et quelle est-elle ■ il n'y en a qu'une : les mauvaises lois. » Condorcet, Réponse au premier plaidoyer de M. d'Epresmenil. 1781. Oeuvres, 1847. VTI, p. 47- — Voir Brunetière, L'équation fondamentale, dans la Revue des Deux Mondes, 1903.
:!. Article français : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestât!' n ne trouble pas l'ordre public. » — Article américain: «Tout individu a un droit naturel et inaliénable d'adorer Dieu conformément aux commandements de sa conscience et de sa raison. Aucun ne peut être frappé, molesté, gêné dans sa personne, dans sa liberté ou dans ses biens, pour avoir adoré Dieu de la manière et aux moments qui sont le plus d'accord avec les ordres de sa propre conscience ou avec sa déclaration de foi, ses sentiments ou ses convictions, pourvu qu'il ne trouble pas la paix publique, ni les autres citoyens dans leur culte religieux. »
l'influence politique du Calvinisme 617
Ce fut une séance de « désordre », pendant laquelle le président donna « deux fois sa démission, » où « l'on amenda, sous-amenda, divisa, alambiqua et entortilla la motion de M. Castellane '. » Rabaut-Saint-Etienne, le fils du grand Rabaut, le pasteur du Désert, prononça un admirable discours en faveur de la liberté de conscience. — Mais ces hommes, qui copiaient les Bills of rights, n'étaient pas des Américains, n'étaient pas des protestants, et la coalition des représentants du catholicisme et des représentants de la philosophie proprement dite du dix-huitième siècle l'emporta -.
Mirabeau, dans son journal, s'écria : « Nous ne pouvons dissimuler notre douleur que l'Assemblée nationale, au lieu d'étouffer le germe de l'intolérance, l'ait placé comme en réserve dans une déclaration des droits de l'homme ''. » — M. Aulard écrit: « La déclaration n'est pas républicaine en un seul point, je veux dire pour ce qui est de la question de la liberté de conscience, où les purs principes rationalistes '* [>. !] ne guidèrent pas les rédacteurs. Au lieu de proclamer la liberté de conscience, l'Assemblée se borna (23 août) à proclamer la tolérance ". » Et enfin Walsch : « Nous ne voyons qu'un point où les déclarations américaines soient supérieures à la déclaration française. Cette dernière admet seulement la tolérance religieuse, tandis que ses aînées consacrent toutes la liberté de conscience*. »
Or cette vraie liberté de conscience avait été comme le noyau primitif autour duquel étaient venus s'agréger, s'organiser tous les autres articles des Bills. L'article le plus caractéristique était l'article le plus modifié.
3. Dans l'apport si différent des deux fleuves, le fleuve chrétien et le fleuve païen, nous trouvons, ce nous semble, une explication de l'énigme qui trouble tant d'esprits, l'explication des deux dates fatidiques : 1789, 1793. — Ces deux dates appartiennent également à la Révolution. Mais la Révolution n'est pas un bloc, et si 1793 représente Rousseau et l'esprit païen, en 1789 — malgré les grosses contradictions que nous venons de signaler — il y a l'esprit chrétien.
Mais il faut commencer par répudier la théorie du bloc, théorie soutenue par des esprits aussi irréconciliables que Groen van Prinsterer et par M. Aulard. D'après M. Aulard, seuls les hommes de 93 ont été logiques, etc. — A noter aussi l'apothéose de 93 par les Jacobins catholiques Bûchez et Roux '. — Mais
1. C'est un témoin auriculaire et oculaire qui parle. Walsch, p. r73.
2. Un Américain des plus considérables, qui avait joué un rôle important, dans la rédaction de la Constitution américaine, et qui était alors représentant de Washington à Paris, Morris, écrit le 4 juillet 1789 : < Ils veulent une constitution américaine, sans réfléchir qu'ils n'ont pas de citoyens américains pour soutenir cette constitution. » {Revue des Deux Mondes, i" septembre 1889, p. 169, Un témoin américain de la Révolution française, par A. Laugel.)
3. Aulard, Histoire politique de ta Révolution française. Origines et développement de la Démocratie et de la République (1789- 1804), p. 44, 45. — 4. Etaient-ce < les purs principes rationalistes > qui avaient guidé les pieux puritains d'Amérique ? — 0. Aulard. o. c, p. 46, 367. — 6. Walsch, o. c. p. 220.
7. Histoire parlementaire de la Révolution, i<^' vol. 1834, 41' et dernier, 1838. Les Montagnards étaient les catholiques, les Girondins n'étaient que des protestants, et on eut raison (pour les mêmes raisons) d'employer contre eux la Terreur, comme on avait autrefois eu recours à la St-Barthélemy. « La Terreur.
JEAN CALVIN V Jii
5i8 CONCLUSION
la théorie contraire est légitimement soutenue par les esprits indépendants et elle s'est trouvée éloquemment exposée par Saint-René-Taillandier dans son livre : Les renégats de i']Sg *.
Et Robespierre, c'était Jean-Jacques Rousseau^.
4. Et enfin nous pouvons réfuter Tobjection que Ton serait tenté de tirer contre nos conclusions de l'existence et de l'attitude du parti calviniste hollandais, qui s'intitule lui-même le parti antirévolutionnaire, et qui, nous le reconnaissons, a admirablement étudié et compris le rôle politique de Calvin.
Voici comment s'exprime le chef, le fondateur du parti, celui que l'on a appelé « l'incarnation de la vie nationale » de son peuple, Groen van Prinsterer (né en 1801). Il dit: « La Révolution part de la souveraineté de l'homme, la Réforme de la souveraineté de Dieu. L'une fait juger la révélation par la raison, l'autre soumet la raison aux vérités révélées. L'une débride les opinions individuelles, l'autre amène l'unité de la foi. L'une relâche les liens sociaux et jusqu'aux relations domestiques, l'autre les resserre et les rapetisse. Celle-ci triomphe par les martyres, celle-là se maintient par les massacres. L'une sortit de l'abîme et l'autre descendit du ciel ^. »
Et je ne dis pas non ; seulement je me hâte d'ajouter, avec Groen van Prinsterer lui-même : a Faut-il donc envelopper la liberté, l'égalité, la fraternité, la tolérance, l'humanité, le progrès dans une réprobation systématique ? N'y a-t-il rien de vrai dans ces idées ? Il serait absurde de le supposer. Elles répondent^ en partie, aux aspirations les plus nobles et aux désirs légitimes du cœur humain.... La Révolution qui les proclame^ les frappe de stérilité, ou, pour parler plus exactement, les dénature. Rameaux détachés de l'arbre évangélique^ ces idées, que la sève révolutionnaire empoisonne, ne portent que des fruits mortels.... Les idées de ijSg^ irréprochables en elles-mêmes, et en rapport avec la source dont toute vérité émane, devaient cependant, dans leur liaison avec l'incrédulité qui prédominait dans les esprits, devenir funestes ''. « — Et cela est parfait.
disent-ils, n'est ni un moyen à réprouver d'une manière absolue, ni un moyen à employer toujours; c'est une méthode, et, comme toute méthode, c'est par son but qu'on en juge. » — Or le but des massacres de la St-Barthélemy, et le but des massacres de septembre 93, était bon. Il s'agissait de supprimer le « mal ». (Cité par Saint-René Taillandier, p. 93 )
i. Les Renégats de 8(). Souvenirs du cours d'éloquence française à la Sorbonne, 1877.
i. Lamartine dit : « La politique de Robespierre est rédigée dans le Contrat social. > Laboulaye dit : •> De 1790 à 1795, Rousseau aurait pu dire ; Voilà mon Contrat social qui passe . » (Cité par Groen van Prinsterer, Ongeloof en Revolutie, p. 3^7, n. i.) «C'était de la phraséologie courante d'associer le divin Jean-Jacques et le divin Robespierre. » (Aulard, p. 269.) « En Robespierre, le fond de l'homme, c'était la croyance au néo-christianisme de Rousseau. » {Ibid., p. 424 ) — A propos de la fête décadaire dédiée à l'Etre suprême, dont la religion devenait religion d'Etat: « Le projet fut déposé le 18 floréal par Robespierre... Il essayait d'appliquer, telles qu'il les comprenait, les idées politico-religieuses de J.-J. Rousseau. Le rapport de Robespierre fut la paraphrase de ces idées, adaptées aux circonstances.» Ubid., p. 487-49°-)
3. Cohen Stuart, In menioriam Guillaume Groen van Prinsterer, 1876.
l. Groen van Prinsterer, Le parti antircvolutionnaire et confessionnel, 1860, p. 37. — « Délivrées d'un pareil alliage, les idées modernes appartiennent à l'Evangile. » {Ongeloof en Revolutie, p, 162, n. 2.) Cette phrase est indiquée comme se trouvant dans la partie antirévolutionnaire, p. 58, où on lit : c'Vous voulez
l'influence politique du calvinisme 619
Nous voilà donc tout à fait d'accord. G. van Prinsterer appelle : révolution ce qui est mauvais, païen, antichrétien dans la Révolution. Nous le désapprouvons comme lui; et il approuve, comme nous, les idées de 1789, qui sont des principes chrétiens et calvinistes '.
Aussi bien nos aiitirévolutionnaires calvinistes affirment-ils, comme nous, les trois principes fondamentaux du calvinisme : 1° les droits naturels - ; 2'Me droit de résistance, et 3° le contrat. Car si Gr. v. Prinsterer ne parle pas de ce dernier principe, qui en réalité est le second, c'est ce principe qu'a éloquemment développé le disciple, l'héritier de Gr. v. Prinsterer, le D'' A. Kuyper ^
Toutes ces pages étaient composées quand nous avons pu lire une étude de M. Herbert Darling Poster, The political théories of Calvinists before the puritan Exodiis to America, qui ont paru dans V American Historical Review d'avril 1916. M. Poster est un spécialiste, que nous avons eu plus d'une fois occasion de citer. Sa nouvelle étude traite exactement le sujet que nous avons traité nous-même, dans les pages que l'on vient de lire, et nous sommes absolument d'accord. Mais nous croyons devoir résumer quelques fragments, dont les informations complètent les nôtres.
1° Le premier fragment est relatif à la diffusion des écrits de Calvin et à leur influence en Angleterre et en Amérique. M. Poster apporte les résultats fort importants d'une érudition remarquable.
Il débute en citant un fragment de sermon, prononcé par un royaliste en 1663. « Dans nos considérations sur ces enfants de Genève, nous commencerons en parlant du père de cette fidélité, fidélité, dis-je, à leurs vieilles doctrines et affirmations anti-monarchiques. C'est le grand mufti de Genève qui, dans le quatrième livre de son Institution, chap. 20, § 31, expose sa propre doctrine sur ce sujet...» Il s'agit des lignes contenant la théorie de la résistance constitutionnelle aux tyrans.
« Or, dit M. Poster, il est probable qu'aucun autre livre de théologie n'a été aussi répandu et n'a exercé une pareille influence depuis la Réformation jusqu'à la révolution américaine. » Avant que les Puritains ne partissent pour l'Amérique, l'Institution avait eu soixante-quatorze éditions, en neuf langues, sans compter quatorze abrégés, ce qui donne une moyenne d'une édition pour trois générations. « Les Huguenots, les Ecossais, les Hollandais, les Wallons, les Allemands du Palatinat et d'ailleurs, et une écrasante majorité des colons américains du XYII""" siècle, ont été nourris de ces fortes théories politiques, tout autant que de ces forts principes théologiques. En Angleterre, l'Institution fut considérée « comme le meilleur et le plus parfait système de théologie » jusqu'à la suprématie de Laud. » — En 1636, Laud lui rendit un témoignage significatif II
les idées de 1789? Très bien: parce que vous les rattachez au principe évangélique. » Et encore; < Le programme de ijSç/, pour si excellent qu'il fiil par son but, n'était pas réalisable.. » « Les idées qui donnaient à la philosophie sa force entraînante étaient d'origine chrétienne. > (Groen van Prinsterer, Handboek der geschiedenis van het Vaderland (4™= édit., 1S75, p. 674. Voir encore Ibid., p. 547.^